De Van Gogh à Kandinsky. Une manifestation exceptionnelle à Montréal
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Nº 2979 du vendredi 12 décembre 2014

De Van Gogh à Kandinsky. Une manifestation exceptionnelle à Montréal

 
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    Jusqu’au 25 janvier, le Musée des beaux-arts de Montréal met à l’honneur les premiers chefs-d’œuvre de l’art moderne. Van Gogh, Gauguin, Matisse, Picasso, Cézanne et Kandinsky constituent les avant-gardes de...
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Jusqu’au 25 janvier, le Musée des beaux-arts de Montréal met à l’honneur les premiers chefs-d’œuvre de l’art moderne. Van Gogh, Gauguin, Matisse, Picasso, Cézanne et Kandinsky constituent les avant-gardes de la peinture française et allemande entre la fin du XIXe siècle et le début de la Première Guerre mondiale. Leurs œuvres se distinguent par leur originalité, leur force et leur beauté. Panorama guidé.

«Ce qui nous intéresse c’est l’inquiétude de Cézanne, c’est l’enseignement de Cézanne, ce sont les tourments de Van Gogh. C’est-à-dire le drame de l’homme. Le reste est faux». Pablo Picasso, 1935. L’expressionnisme est généralement compris comme un mouvement artistique allemand distinct. A ses débuts pourtant, à l’aube du XXe siècle, ce terme n’était pas attribué à un pays en particulier. Il évoluait dans une atmosphère cosmopolite bouillonnante en Europe. L’œuvre de Van Gogh s’est répandue (dix ans après sa mort) grâce au réseau d’échanges culturels entre les artistes allemands et français: voyages, expositions, revues, débats, correspondances, académies, galeries, cafés…
La complexité des influences interculturelles durant cette période a, en fait, donné naissance à une production artistique riche et fascinante: l’expressionnisme. Reconnu comme un mouvement de libération de la couleur et de la touche, affranchi des idées bellicistes et nationalistes des deux pays, ce courant a suscité une extraordinaire créativité et un climat d’échange synergique entre artistes. Et ce, jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale.
Un siècle après son éclatement, l’exposition De Van Gogh à Kandinsky retrace cette phase d’effervescence artistique. Une sorte de révolution dans l’art déclenchée par Van Gogh et Gauguin, traçant la voie jusqu’à l’art abstrait et avant-gardiste de Franz Marc et de Wassily Kandinsky.
On voit donc émerger dans ce climat politique et social, auprès de Cézanne, Gauguin et Van Gogh, les néo-impressionnistes avec Signac, les fauves avec Matisse et les cubistes avec Picasso. Comme on voit se développer les interactions avec les expressionnistes allemands de La Brücke (Le Pont), dont Kirchner, reconnus pour leurs couleurs vibrantes, puis ceux du Blaue Reiter (Le Cavalier bleu), dont Wassily Kandinsky et Franz Marc, célèbres pour leurs formes abstraites et leurs couleurs prismatiques.
Cette exposition, De l’impressionnisme à l’expressionnisme, 1900-1914, rassemble donc des chefs-d’œuvre français et allemands en les plaçant dans leur contexte historique: quand et où ils furent exposés, collectionnés, comment ils ont été vus et considérés par d’autres artistes, leurs inspirations mutuelles, etc. Pour montrer ce bouillonnement artistique, soixante collectionneurs internationaux, provenant de dix pays, ont prêté plus d’une centaine de tableaux, quelque cent dessins et gravures dont de réels chefs-d’œuvre signés par les maîtres les plus recherchés de l’art moderne. Une exposition documentaire contextualise cette période avec l’avènement de la Première Guerre mondiale: 200 photographies, cartes postales, revues, journaux, cartes et extraits de lettres donnent une vision intimiste de la terrible conflagration à laquelle certains artistes ont même participé.

Gisèle Kayata Eid (Montréal)

Quelques repères
Le cubisme œuvres extrêmement abstraites, formes fragmentées, plans superposés, lettres et motifs figuratifs. Il dégage la structure profonde des choses, leurs formes essentielles (contrairement à Cézanne qui organise la nature, découpée en plans dans une lumière claire et fixe).
Le fauvisme Force expressive de la couleur, sensibilité émotionnelle et expression d’un sentiment intérieur. Il ne tente pas de dissoudre les objets dans la lumière, mais plutôt de créer des images qui reflètent leurs propres sensations.
Van Gogh, considéré père de tous les peintres, opère une osmose entre son univers extérieur et intérieur. «Il a frappé l’art moderne comme la foudre» avec ses couleurs vibrantes, expressives, et ses touches empâtées. Il met pourtant fin à ses jours en 1890.
Gauguin Symbolisme et utilisation singulière des couleurs vives, façon unique de transformer l’espace du tableau. Jugé trop exotique (il a peint en Bretagne, mais aussi à Tahiti), on lui a reconnu toutefois l’apport de sources non occidentales.
Matisse Analyse de la forme, recherche de l’harmonie et captation de l’essence du sujet plutôt que les détails. Il a créé une académie dans laquelle il enseigne les théories de la couleur développées par les impressionnistes et les
néo-impressionnistes.

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Éditorial
Le sursaut des mollassons

Avec la mort de Sabah, de Saïd Akl et de Nahawand, disparaît une partie de l’histoire et du patrimoine, qui ont fait la gloire du Liban. Une autre partie a été bradée par une classe politique inconsciente, irresponsable et corrompue, championne des occasions manquées. Si le Liban parvient toujours à vivoter malgré la terrible tempête qui frappe la région, s’il ne s’est pas encore effondré en dépit des vicissitudes, le mérite n’en revient pas à ceux qui le dirigent, mais au capital accumulé tout au long de son histoire. Nous vivons sur les réminiscences du passé qui, il faut le souligner, ne sont pas des ressources intarissables. Un jour, pas très lointain peut-être, ce capital sera épuisé et nous nous retrouverons, alors, complètement démunis, impuissants et vulnérables. Aspirant à l’éternité, cette classe politique a verrouillé le système pour nous empêcher de l’expulser par la fente des urnes. Son dernier fait d’armes a été l’autoprorogation, pour la deuxième fois consécutive, du mandat du Parlement. Elle ne semble pas pressée, non plus, d’élire un président de la République, car à ses yeux, le vide reste plus facile à gérer que d’éventuels changements, aussi minimes soient-ils, que pourrait apporter un nouveau mandat présidentiel. Ce sont toujours quelques mois de gagnés dans son inlassable marche vers l’immortalité. Mais l’heure est grave. Les circonstances actuelles que traverse le Liban sont inhabituelles. L’énormité des enjeux et le caractère existentiel des dangers qui planent sur la région, y compris sur le Liban, ne laissent plus de place aux mesquines manœuvres politiciennes. La cupidité, l’avidité et la rapacité ne peuvent plus être le moteur de la vie politique. Bientôt, il ne restera plus rien à ingurgiter. On ne peut certes pas demander à la classe politique de se débarrasser de ses instincts de prédateur, elle en est incapable. Elle peut, cependant, écouter l’un de ces instincts, celui de la conservation, dont elle ignore les appels du pied, qui deviennent, pourtant, de plus en plus lancinants. Avec ce qui se passe dans la région, nos politiciens locaux, malgré tous leurs talents de prédateurs, risquent bien de se retrouver au bas de la chaîne alimentaire. Aujourd’hui, la possibilité d’un déblocage de la présidentielle se présente. Ce ne sont évidemment pas eux qui ont noté l’existence de cette «window of opportunity», mais les émissaires étrangers qui ont débarqué au Liban ces derniers jours et ceux qui y sont attendus. Les Français pensent que le dialogue annoncé entre le Hezbollah et le Courant du futur pourrait assurer des circonstances propices à l’élection d’un président de la République, en partant du principe qu’il est possible de séparer cette échéance des nombreux dossiers litigieux entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Un tel scénario s’est déjà produit. En effet, l’élection de Michel Sleiman, en mai 2008, était le fruit d’un accord régional partiel, portant uniquement sur cette question. D’aucuns diront que l’élection de Sleiman était aussi le résultat d’une modification des équilibres internes, après le coup de force du Hezbollah contre le gouvernement de Fouad Siniora. C’est exact. Mais les rapports de force actuels ne sont-ils pas le fruit de l’intervention du Hezbollah en Syrie, qui a changé complètement la donne, depuis la bataille de Qoussair? Les chrétiens, car ce sont eux les principaux concernés par la présidentielle, doivent saisir cette occasion pour conclure, entre eux, un accord historique sur la question. Sinon, ce sont les autres qui le feront à leur place. Ils iront alors se lamenter, comme un mari trompé. Leur affliction sera d’autant plus grande qu’ils avaient été prévenus, mais n’avaient voulu rien entendre.


 Paul Khalifeh
   

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