Sur les planches du Casino du Liban. Jeane Manson fête ses 40 ans de carrière
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Nº 3052 du vendredi 6 mai 2016

Sur les planches du Casino du Liban. Jeane Manson fête ses 40 ans de carrière

 
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    Sur les planches du Casino du Liban. Jeane Manson fête ses 40 ans de carrière
    Elle a fait fantasmer toute une génération d’hommes et de femmes. La plus francophile des chanteuses américaines, pulpeuse, féminissime, douée pour croquer la vie, était sur les planches du Casino...
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Elle a fait fantasmer toute une génération d’hommes et de femmes. La plus francophile des chanteuses américaines, pulpeuse, féminissime, douée pour croquer la vie, était sur les planches du Casino du Liban, où un public admiratif et fidèle l’a longuement acclamée.
 

Avec la sortie de son 27e album, Amour, Jeane Manson célèbre un événement important: ses quarante ans de chanson.
C’est en 1975 que l’artiste américaine fait la connaissance de l’auteur-compositeur Jean Renard. Quelques mois plus tard, en janvier 1976, sous l’impulsion de son mentor, elle est propulsée sur le devant de la scène en devenant l’interprète d’un slow langoureux qui allait se vendre à plus d’un million d’exemplaires en quatre mois: Avant de nous dire adieu.

 

Le Liban, dans le cœur
Ce titre fera d’elle l’une des chanteuses de variété les plus en vogue de la seconde moitié des années 70. C’est qu’en deux ans, trois millions de disques sont vendus. Et c’est d’ailleurs avec cette chanson qu’elle débutera son concert au Casino du Liban, dans le cadre du festival Les Nuits Nostalgie, reprenant avec une énergie époustouflante tous ses tubes et jonglant entre le français, l’anglais et l’espagnol. Fais-moi danser, Les larmes aux yeux, La chapelle de Harlem, Une femme, Vis ta vie, Tu es venu, Ce n’est qu’un au revoir, Ave Maria «pour, dit-elle, rendre hommage aux femmes du monde entier», insistant sur le fait «qu’il faut protéger les femmes». Un hommage aussi à Joe Dassin, Jeane Manson reprenant de sa voix sensuelle et profonde Un été indien…
La chanteuse déploie tout son talent sur les planches du Casino, bougeant langoureusement au rythme de la musique, s’accompagnant parfois de sa guitare... Pendant une heure trente, elle tiendra son public en haleine l’incitant à chanter avec elle, n’hésitant pas à se mêler à lui, assurant que «c’est le meilleur public du monde».
Un moment fort qui lui tira des larmes aux yeux: lorsqu’elle reprend le célèbre titre de la diva libanaise Feyrouz, Waynon, en langue arabe accent franco-américain, toute la salle se met debout d’un seul mouvement en l’applaudissant et l’ovationnant. Alors qu’elle assurait, la voix enrouée et la gorge serrée par les larmes, son amour pour le Liban et les Libanais.
A la fin du concert, Jeane Manson a signé et dédicacé ses albums se prêtant avec grâce au rituel des photos, promettant qu’elle reviendra de sitôt au Liban, «ce pays qu’elle porte dans (son) cœur».

Danièle Gergès

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Éditorial
Les anomalies d’une nation décapitée

La présidentielle est rangée dans les tiroirs place de l’Etoile, ou carrément mise au rancart, en attendant que les principaux ténors, dont on attend le feu vert, aient pris conscience du danger réel que court le pays: citoyens, entreprises, économie, autonomie… Chacun va d’un projet, taillé à sa mesure, allant jusqu’à contrevenir à la Constitution par des propositions anticonstitutionnelles, dépassant toute logique; à titre d’exemple celle d’un président de la République élu pour un mandat de deux ans. La nation poursuit son cours vers la dérive que rien n’arrête. Le peuple reste impuissant, malgré ses tentatives d’envahir les rues en signe de protestation. Mais ne suivra-t-il pas, encore une fois, ceux qui le mènent au désastre depuis des décennies.Les gens du «pouvoir» ont trouvé la parade en organisant tant bien que mal des municipales, toujours problématiques, à quelques jours de leur déroulement. Les appels pressants des candidats aux électeurs des municipales seront-ils entendus? Se heurteront-ils à des oreilles assourdies par de vaines promesses? Les citoyens éclairés se laisseront-ils une fois de plus berner, convaincus à juste titre de remplir leur devoir national? La baguette magique peut-elle opérer quand elle est manipulée par les mêmes «chorégraphes sur une même musique»?Quant à l’élection parlementaire, dont le sujet revient sur le tapis par à-coups, elle est, de toute évidence, renvoyée aux calendes grecques. Il serait inimaginable et un rêve trop beau de croire que le paysage sous la coupole puisse changer. Qu’une nouvelle génération prenne la relève dans un Parlement, dont les membres, confortablement installés dans leurs privilèges, ne se réunissent que pour voter la majoration de leurs émoluments, encaisser leurs chèques ou reconduire leurs mandats.Nos députés sont incapables ou ont-ils des raisons cachées de ne pas voter un budget depuis 2005? Pourront-ils encore le faire avant la fin de cette décennie? Où sont nos économistes chevronnés, professeurs des grandes universités nationales et d’ailleurs? Ne sont-ils pas écoutés ou ne veut-on pas les entendre? Alors que l’Arabie saoudite présente déjà son budget de 2030 en prévision d’un avenir improbable du pétrole, nos caisses résonnent dans le vide et l’Etat plonge dans la détresse de la faillite.Contrairement au proverbe qui veut qu’un problème en chasse un autre, au Liban ils s’accumulent et ne sont pas résolus. Ainsi, les déchets reviennent au galop, toujours sans aucune solution de longue haleine, mais on n’en parle plus ou presque. L’impression qui prédomine est que les Libanais s’y sont habitués ou désespèrent de les voir disparaître.Comble d’ironie, même si celle-ci paraît cynique, il est demandé aux Libanais de fournir l’électricité et l’eau aux réfugiés syriens, sous leurs tentes, alors qu’elles leur sont rationnées ou qu’ils en sont privés; depuis des années, ils paient le prix fort d’une double électricité et d’une eau desservie dans des citernes dont on ignore l’origine. Il est vrai que la situation de ces réfugiés n’est pas enviable, mais les pays riches se font forts de prendre des mesures drastiques pour empêcher ces caravanes de migrants de franchir leurs frontières. Le président français a fait l’ultime geste de générosité en invitant deux familles à rejoindre la France. Ne nous est-il pas permis de protester contre une situation aussi grotesque et minable?A l’occasion de cette semaine, marquée par la deuxième résurrection du Seigneur célébrée par la communauté grecque-orthodoxe, on ne peut que déplorer les divergences entre les Eglises chrétiennes qui, hélas, peinent à s’unir autour d’une même liturgie.Enfin, et cela n’est pas le moindre problème qui resurgit à chaque occasion: les rixes qui opposent des jeunes au nom de leurs héros respectifs. C’est ainsi qu’hélas, les étudiants de l’AUB, membres du Parti syrien national social, se sont confrontés à leurs compagnons de cours du parti Kataëb en raison des insultes que les premiers ont proférées contre le président martyr Bachir Gemayel dont le souvenir est toujours dans la mémoire de tous les Libanais.A ce sombre tableau on pourrait ajouter d’autres sinistres titres, mais on n’en finirait plus. Le seul espoir est qu’un messie tombe d’on ne sait quelle planète pour sauver un pays dont l’Histoire et la civilisation remontent si loin dans le temps.


 Mouna Béchara
   

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