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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

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Livre (195)

Fondateur et président honoraire de H&C Leo Burnett, Farid Chehab publie un livre intitulé Un pont sur le XXIème siècle, dans lequel il s’interroge sur l’incidence de la technologie et du numérique sur les différentes générations. Par joëlle seif

Quel est le but de votre livre?
Depuis un certain temps, je m’interroge sur l’éducation de mon petit-fils qui a 1 an. Autour de moi, tout le monde affirme qu’il apprendra et s’adaptera comme nous au nouveau monde. Pourtant, les progrès technologiques du XXIème siècle vont plus vite que notre propension à nous adapter et ils causeront certainement des dommages collatéraux. C’est ainsi qu’est née en 2015 ma réflexion sur la manière d’aborder le XXIème siècle et ses changements. J’ai concocté pendant deux ans ce livre mais la naissance de mon petit-fils en a été le détonateur.

Comment affronter les nouveaux défis?
J’ai passé ces deux ans à lire tout ce qui a été écrit sur ce sujet. J’ai été inspiré par de nombreux auteurs, que je cite d’ailleurs dans mon livre, comme Yuval Noah Harari auteur de Homo Deus, Alain Minc, Thomas Friedman et bien d’autres. Tous parlent de la révolution numérique mais peu avancent des mesures à prendre immédiatement pour amener les nouvelles générations à mieux affronter les défis. Avec beaucoup d’humilité et de passion,
je propose des perspectives éducatives. Ceci implique un changement radical de la méthodologie suivie dans l’éducation. Il faut passer du mode apprendre au mode créer. Il ne faut pas arrêter d’apprendre mais il faut surtout apprendre à créer, ce qui n’est pas le cas de notre système académique. A partir du primaire, le jeu est interdit. Or il devient de plus en plus évident qu’apprendre à travers le jeu prépare le cerveau à créer.

Qu’en est-il de la résilience, des idées, valeurs et tolérance que vous évoquez?
Qui dit mental, dit résilience. Mais malheureusement notre siècle ne nous prépare pas suffisamment à celle-ci. L’éducation doit renforcer la résilience chez les jeunes. En outre, le numérique introduit une révolution de toutes nos valeurs. Beaucoup d’entre elles ne s’adaptent plus à la nouvelle ère. Certaines valeurs religieuses sont dépassées et mises au défi. Il y a une nouvelle philosophie à prendre en charge pour instiller aux nouvelles générations une nouvelle palette de valeurs
plus adaptée au XXIème siècle. Nous souffrons tous d’une intolérance généralisée. Nous devons apprendre aux générations futures l’esprit de tolérance. Dans la dernière partie de ce livre, il y a une ouverture vers le futur de la symbiose de l’intelligence artificielle avec l’intelligence organique.

A qui s’adresse ce livre?
Pour ne pas jouer au scientifique, comme je suis un publicitaire, j’ai parsemé ce livre d’anecdotes pour en rendre la lecture agréable. Je vulgarise ce que j’ai pu assimiler en y ajoutant mon grain de sel. Nous avons besoin de résilience, d’idées, de valeurs nouvelles et de tolérance pour survivre au XXIème siècle. Ce livre ouvre beaucoup de débats. Certains éducateurs pourront trouver un non-sens à ce que j’écris mais l’essentiel est d’éveiller notre conscience vers une urgence inéluctable.
Le Liban a toujours vécu grâce à la qualité de ses services. La réforme doit commencer chez nous. Celle-ci ne réclame aucune infrastructure. Mon ambition est de mobiliser les écoles et les universités afin d’amorcer ce changement.

Joëlle Seif

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Éditorial
La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


 Paul Khalifeh
   

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