Un beau salaud. La fidélité, un véritable cauchemar!
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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

Un beau salaud. La fidélité, un véritable cauchemar!

 
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    Un beau salaud. La fidélité, un véritable cauchemar!
    Un beau salaud de Pierre Chesnot. Voilà la nouvelle pièce que Nadine Mokdessi présente, du 4 au 16 juin, sur les planches du théâtre Monnot. Comme chaque année depuis plus...
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Un beau salaud de Pierre Chesnot. Voilà la nouvelle pièce que Nadine Mokdessi présente, du 4 au 16 juin, sur les planches du théâtre Monnot. Comme chaque année depuis plus de vingt ans, les recettes des représentations iront à des associations. Cette année, ce sont l’Irap, LDSA et les Restos du cœur qui bénéficieront des dons. Bien évidemment, rire et bonne humeur seront au rendez-vous!
 

La comédie mise en scène par Nadine Mokdessi, Un beau salaud, possède tous les ingrédients pour vous faire passer un excellent moment en compagnie d’acteurs d’exception qui sont devenus au fil des ans de véritables professionnels au talent et au don de soi certains. Des bénévoles amoureux du théâtre et motivés par un souci humanitaire.
François Dumoulin, joué par un Alain Hochar, au talent plus que confirmé, est un Don Juan baratineur et menteur, coureur de jupons invétéré qui parvient à jongler entre Catherine, une épouse qu’il s’apprête à quitter, Barbara, une maîtresse dépressive, Mado, une ex trop maternelle, et Léa, une nouvelle conquête. Jusqu’au moment où les quatre femmes décident de se venger, le jour de son anniversaire. Catherine organise une petite fête surprise. Il y aura Betty, l’ex-femme de François avec qui elle s’entend bien, Evelyne, Paul son frère et sa belle-sœur. Débarque Barbara, la maîtresse de François depuis dix ans (Catherine connaît tout à fait son existence...), qui vient la prévenir que son mari a une nouvelle maîtresse et qu’il compte partir avec elle, le soir même en Australie. François qui pensait bien s’en aller ce soir-là, apprend qu’il va y avoir une petite surprise pour son anniversaire qu’il avait oublié (trop préoccupé à chercher comment dire à Catherine qu’il part)... Il finit par rentrer et des surprises, il va y en avoir… La fidélité c’est véritablement le cauchemar de l’homme marié!
Pourquoi Nadine Mokdessi a choisi cette pièce? «Sa construction originale m’a séduite, plus précisément le premier acte articulé autour de François Dumoulin qui fait un one man show en parallèle à l’action qui se joue sur scène», explique-t-elle. Avant d’ajouter: «C’est un vrai plaisir de travailler cette pièce à partir d’un canevas original. Le texte traite de manière subtile la mauvaise foi sans jamais tomber dans la bouffonnerie». Alors plus qu’une chose, achetez des tickets pour un grand moment de plaisir avec de superbes répliques et une contribution pour aider les associations caritatives libanaises qui en ont vraiment besoin en ce moment. 


Christiane Tager Deslandes

Bio en bref
Nadine Mokdessi a suivi une formation d’acteur au cours Florent en France. Ensuite, elle s’est initiée à la mise en scène avec Alegrina Escojido. Après avoir joué quelques pièces à Paris, elle retourne en 91 au Liban la tête foisonnant de mille et un projets. Elle donne des cours de théâtre à l’Alba, à Nazareth et, en 1993, crée son atelier. «Je ne voulais pas me limiter aux étudiants, mais ouvrir l’accès au théâtre à tous», dit-elle. Fin 1993, une représentation est donnée devant amis et parents. Une série de pièces va séduire Jacques Mokhbat, médecin fondateur de la société libanaise du sida. Il propose de reprendre le spectacle au profit des personnes atteintes de cette maladie. Et l’aventure commence. Les rentrées sont intégralement reversées à différentes associations.

 

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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