Riding on a cloud de Rabih Mroué. Quand fiction et réalité ne font plus qu’un
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Nº 3002 du vendredi 22 mai 2015

Riding on a cloud de Rabih Mroué. Quand fiction et réalité ne font plus qu’un

 
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    C’est au MoMA, à New York, que la pièce Riding on a cloud (Surfant sur un nuage) de Rabih Mroué a été présentée au public. Grâce à cette pièce familiale,...
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C’est au MoMA, à New York, que la pièce Riding on a cloud (Surfant sur un nuage) de Rabih Mroué a été présentée au public. Grâce à cette pièce familiale, on découvre comment la vie de Yasser, jeune frère de Rabih, a été transformée après qu’une balle l’eut touché dans sa jeunesse. Il est alors devenu aphasique.

Après Paris et le théâtre de la Bastille, Riding on a cloud va à la rencontre du public new-yorkais. Ce dernier a eu la chance de rencontrer les Mroué. Rabih a tenu à l’assurer: ce n’est pas l’épisode tragique dont a été victime son frère qui l’a poussé à réaliser cette pièce. Mais les répercussions de cet événement sur la vie de Yasser. Comment son quotidien s’est-il transformé?

 

Entre réalité et fiction
C’est quoi l’aphasie d’abord? Il s’agit d’un trouble de la parole causant une perte totale ou partielle de la capacité de parler ou de comprendre un message parlé ou écrit. C’est aussi l’impossibilité d’associer une idée avec les mots justes. En effet, à un certain moment, Yasser n’arrivait pas à identifier un objet d’une personne. Il ne se reconnaissait même pas dans une photographie. Et s’il arrivait à différencier un stylo d’un couteau placé en face de lui, il ne pouvait pas déchiffrer les images. Son médecin lui explique alors qu’il a un problème avec les représentations.
C’est, entre autres, pour relater ce quotidien que Rabih Mroué a voulu faire parler son frère. Sur scène, la vidéo préenregistrée est combinée aux paroles de l’acteur. Yasser est assis sur une table et, à côté de lui, des DVD et des cassettes.
Méthodiquement, il passe des uns aux autres. En face de lui, se trouve aussi un écran accompagnant ses mots. Les paroles du jeune frère de Rabih déconstruisent les faits et interrogent notre relation aux images. Elles nous rappellent surtout à quel point, dans le théâtre, tout appartient à la fiction. D’ailleurs, le réalisateur l’affirme dans une interview. Sa pièce, dont le nom rappelle le titre d’un poème de Yasser, peut être perçue via trois registres différents. D’abord, une confusion entre le personnage et l’acteur, qui sont une même personne. Puis une séparation entre les deux pour que finalement l’acteur quitte son rôle et observe son propre personnage en train de jouer un rôle. Compliqué mais révélateur d’une situation plus ou moins absurde. Ainsi, sur scène, on passe d’un registre à un autre invariablement et ces trois registres sont en train de changer tout le temps. Le but est bien précis: tenter toujours, et comme nous a habitués Rabih Mroué, de brouiller les frontières entre la fiction et la réalité.

 

Pauline Mouhanna, Etats-Unis

Bio en bref
Né en 1967, Rabih Mroué est un acteur, réalisateur et dramaturge. En 2010, il  a reçu une subvention pour Artiste Théâtre/Spectacle Arts de la Fondation des arts contemporains de New York et le prix Spalding Gray. L’œuvre de Rabih Mroué se penche souvent sur la question de mémoire et des moyens de lui être le plus fidèle. C’est sans doute pour cela qu’il utilise autant les images et les technologies de l’enregistrement.

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Éditorial
La fin de l’Histoire

Les hordes de l’Etat islamique se sont emparées de la magnifique cité antique de Palmyre, l’un des sites archéologiques les plus riches et les mieux conservés du Levant. Au-delà de la beauté des pierres, de la majesté des temples, de la splendeur des colonnades torsadées et des impressionnants monuments funéraires vieux de 2000 ans, Palmyre est un symbole. Celui d’un Machrek, berceau et creuset d’illustres civilisations, dont l’apport à l’Humanité fut crucial; symbole d’un passé glorieux, trait d’union entre l’Orient de Zénobie et l’Occident d’Aurélien, d’une continuité dans la marche de l’Histoire, d’un pluralisme ethno-religieux, qui fait la richesse de cette partie du monde. Les armées du conquérant de la Syrie, Khaled Ibn el-Walid, tout droit sorties du désert d’Arabie, n’ont pas tenté de détruire Palmyre ou d’autres sites du Levant. Les califes omeyades et abbassides, les Fatimides, les croisés, Saladin, les Mongols, les Mamelouks, les Ottomans, les colonisateurs franco-britanniques, aucun de ceux qui ont occupé, ou dominé, notre région au fil des siècles n’a songé à démolir ces vestiges du passé. Certains ne s’y intéressaient pas, d’autres, en revanche, les ont mis en valeur, estimant que pour grandir, il fallait savoir apprécier les grandes choses.Les crimes perpétrés par Daech contre les peuples du Levant et leur patrimoine archéologique n’ont pas d’équivalent dans le passé des Arabes et de l’islam. Pour cette excroissance monstrueuse d’al-Qaïda, l’Histoire commence il y a quatorze siècles, et tout ce qui vient avant doit disparaître, ce qui vient après doit faire l’objet d’une impitoyable révision afin d’en éliminer les impuretés. C’est cela l’islam du désert, dont la vocation est bien loin des préceptes du prophète Mohammad et de ceux qui, après lui, ont dirigé sa Oumma. En effaçant les traces du passé, Daech veut détruire les symboles qu’elles représentent, pour que domine sa vision d’un monde uniforme, plat, formaté, monotone, totalitaire, injuste, arbitraire, lassant et désespérant. Et c’est en construisant cet enfer, à coups de têtes tranchées, de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage, de minorités déracinées, et de populations martyrisées, qu’Abou Bakr el-Baghadadi promet à ses hommes le paradis.Le monde n’a pas encore pris la mesure du danger que représente ce groupe pour l’Humanité. Certains pays dits «civilisés» ne déploient pas les moyens nécessaires pour endiguer sérieusement l’avancée de Daech. Sinon comment expliquer le fait que cette organisation, soumise depuis neuf mois à des bombardements aériens quotidiens menés par des dizaines d’avions, parvient toujours à agrandir son territoire? Des Etats de la région continuent de trouver des convergences d’intérêts avec Abou Bakr el-Baghdadi, partant du principe que «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Le plus dangereux est cette tentative pernicieuse de réhabilitation du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, que certains espèrent voir rayé de la liste des organisations terroristes des Nations unies. Même au Liban, il existe des naïfs qui se croient à l’abri de la menace de Daech dans toutes ses versions, et pensent jouir d’une marge de manœuvre assez large pour jouer aux malins, dans l’espoir de régler des comptes politiques avec leurs adversaires locaux. Ils n’ont pas compris que la menace est globale, que personne n’y échappera, et que l’heure de l’union sacrée a sonné depuis longtemps. 



 Paul Khalifeh
   

Santé

Les conséquences de l’accident vasculaire cérébral. Lésions, séquelles, handicaps
Un engourdissement, une impossibilité de bouger, des troubles de la parole et de la vision et une perte de sensibilité…

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