Intermédiation immobilière. On se presse, on se bouscule….
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Nº 3006 du vendredi 19 juin 2015

Intermédiation immobilière. On se presse, on se bouscule….

 
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    Intermédiation immobilière. On se presse, on se bouscule….
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Du concierge de votre immeuble au plus haut commis de l’Etat, il n’est pas surprenant un jour qu’aucun se présente à vous comme «agent ou intermédiaire immobilier», réclamant ses honoraires si une transaction venait à être conclue parce qu’il vous a indiqué l’adresse d’un bien-fonds à acheter ou à vendre. Dans ce métier, on se presse, on se bouscule…
Ce phénomène a pris de l’ampleur au cours des six dernières années, qui ont été marquées par un boom immobilier. Aujourd’hui, ce marché en déclin n’a pas pour autant jugulé l’appétit «des intrus» du métier. L’explication est primaire: les propriétaires immobiliers sont prêts à confier leurs biens à quiconque en adossant des risques énormes pourvu qu’il leur trouve acquéreur. Le secteur connaît un début d’essoufflement après une période de stagnation.
Il est clair que la législation libanaise ne comprend aucun article de loi qui définit les critères professionnels exigés pour la pratique par des individus du métier d’agent immobilier. Par conséquent, aucun permis de travail n’est imposé pour s’adonner à cette activité. La non-régularisation de ce secteur ouvre grand la porte devant tout un chacun de porter le titre d’agent immobilier. C’est la cohue dans le secteur.
Néanmoins, les articles 291 à 297 du Code des obligations et des contrats libanais évoquent le principe de «la commission». Joe Kanaan, président de Sodeco Gestion, fait remarquer, a priori, que le courtage immobilier représente «tout un processus». Il s’agit, explique-t-il, d’accompagnement de l’acheteur ou du vendeur du bout en bout de la transaction. La mission du courtier n’est pas simple. Il engage la négociation avec le propriétaire du bien-fonds et mène la transaction à son terme. Il peut être, parfois, chargé de la rédaction de l’avant-contrat et de la vérification des renseignements indispensables au bon déroulement du projet, tels les titres de propriété du vendeur, description détaillée du logement et de l’assistance du client dans ses recherches complémentaires (les certificats d’urbanisme, hypothèques, etc.). Beaucoup d’agents immobiliers sont également administrateurs de biens. «L’agent immobilier doit avoir de solides connaissances juridiques, commerciales et techniques, ainsi qu’un sens aigu de la psychologie pour convaincre et mener à bien les négociations», insiste Kanaan, qui s’interroge comment certaines personnes peuvent-elles confier leur patrimoine à des non-professionnels.
Dans quel compte sont créditées les arrhes et les cautions perçues par les courtiers? Quelle garantie a le client lorsque l’agent immobilier n’a pas de raison sociale, mais simplement pour référence un numéro de cellulaire, qui, de surcroît, peut ne pas lui appartenir en permanence? Comment le poursuivre en justice et où le notifier en cas de litige? Massaad Farès, agent immobilier confirmé, confie à Magazine, qu’après la création de R.E.A.L. en 2011, une association regroupant les courtiers immobiliers, un projet de loi réglementant le métier a été transmis au ministre de l’Economie. En attendant son approbation par le Parlement, R.E.A.L. a élaboré en coopération avec l’AUB un cours sur le courtage immobilier dans le cadre des programmes de formation continus. «A travers Magazine, je recommande aux clients de s’adresser à des courtiers détenteurs de la carte de R.E.A.L. pour avoir un minimum de garantie. En attendant sa légalisation, cette association a une autorité morale et agit pour résoudre les litiges à l’amiable», conclut-il.

Chômage
Entre 22% et 30%

Le chômage, un des indicateurs les plus percutants de la croissance économique, est difficilement quantifiable au Liban, en raison d’un manque de données précises sur la question. Ce problème est aujourd’hui aggravé par le nombre de réfugiés syriens qui travaillent illégalement sur le territoire libanais. Un phénomène qui ne gêne pas vraisemblablement le patronat, qui cherche à comprimer les coûts fixes et à économiser le paiement des allocations sociales et des cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), dont les travailleurs étrangers ne bénéficient pas. Selon le ministère du Travail, le taux de chômage serait de 22%, alors que les syndicats ouvriers avancent le taux de 30%.
Ce qui serait le plus sûr en termes de quantification est le chiffre avancé par une étude de l’Escwa, qui a estimé que les réfugiés syriens ont tiré à la hausse le taux de chômage au Liban de 10%. En temps de normalité avant la crise syrienne, le nombre d’ouvriers syriens travaillant au Liban variait entre 175 000 et 250 000, selon les saisons. Le nombre d’ouvriers syriens augmentait pendant la saison estivale en raison d’un recrutement plus important de cette main-d’œuvre saisonnière dans le secteur de la restauration en montagne et sur le littoral, en supplément de celles qui avaient des emplois temporaires traditionnellement dans les secteurs de la construction et de l’agriculture. Selon les statistiques du secteur de l’éducation, l’accroissement du chômage aurait dépassé 10%, vu que le taux de sans-emplois des nouveaux diplômés est de plus de 40%. Le Liban a besoin de créer 35 000 nouvelles opportunités de travail pour absorber les nouveaux venus sur le marché du travail chaque année. Or, dans le cas du meilleur scénario, entre 12 000 et 14 000 opportunités sont créées en rythme annuel si l’on se base sur le nombre des nouveaux inscrits à la branche des indemnités de fin de service à la CNSS. Parallèlement, un grand nombre de nouveaux diplômés s’installent dans les pays du Golfe où les opportunités de travail se réduisent. Notons que les expatriés libanais effectuent des transferts de l’ordre de 8,4 milliards de dollars par an, qui sont pondérés par ceux des ouvriers étrangers vers leurs pays mères, lesquels totalisent un montant approximatif de 4,5 milliards de dollars. Cette masse ouvrière comprend tant les Syriens, que ceux venant des pays d’Asie.

Dépôts des non-résidants
Hausse de 5,1% depuis début 2015   

Le bilan consolidé des banques opérant au Liban a montré un total des actifs de 179,4 milliards de dollars à fin avril 2015, soit une hausse de 2,1% depuis fin 2014 et de 7% depuis avril 2014.
Les dépôts du secteur privé ont totalisé 147,5 milliards de dollars, enregistrant une progression de 2,1% depuis fin 2014 et de 6,7% sur un an. Les dépôts en livres se sont élevés à 51,2 milliards de dollars, soit une croissance de 3,4% depuis fin 2014 et de 8% sur un an, à fin avril 2015. Quant aux dépôts en devises étrangères, ils ont totalisé 96,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 1,5% depuis fin 2014 et 6,1% sur un an, à fin avril 2015. Le montant total des dépôts des non-résidants a atteint 31,2 milliards de dollars fin avril 2015, soit une amélioration de 3,1% depuis fin 2014 et de 11,7% un an auparavant. Par ailleurs, le total des dépôts du secteur privé a progressé de 3,07 milliards de dollars, de janvier à avril 2015, contre 2 milliards de dollars sur la même période un an auparavant. Parallèlement, les dépôts bancaires des non-résidants se sont élevés à 6,1 milliards de dollars sur les quatre premiers mois de 2015, soit une hausse de 5,1% depuis fin 2014 et 14,6% sur un an. 

Liliane Mokbel

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Éditorial
L’enjeu druze dans l’Orient de la barbarie

Plus de quatre ans après le début de la guerre en Syrie, les druzes syriens ont subitement été propulsés sur le devant de la scène, il y a une dizaine de jours. Le 10 juin, entre 20 et 30 villageois druzes de Qalb Laouzé, à Jabal el-Sammak, dans la province d’Idlib, ont été massacrés par des extrémistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Le lendemain, des rebelles, regroupés au sein du «Front sud», attaquaient l’aéroport militaire d’el-Thaala, le verrou de Soueida, bastion historique des druzes de Syrie. Cette région abrite près d’un demi-million de druzes, ce qui en fait la plus importante concentration démographique de cette communauté au monde. Le 17 juin, des rebelles islamistes encerclaient totalement la localité druze de Hadar, dans la province de Qoneitra, après de violents combats avec l’armée syrienne.Les chances que le timing de ces trois événements soit le fruit du hasard sont presque nulles. Il serait en effet curieux que les druzes, dont on a peu entendu parler ces quatre dernières années, soient impliqués par pure coïncidence dans trois incidents, en trois endroits différents de Syrie, en l’espace de dix jours. Il y a donc anguille sous roche.Sans être forcément liés, ces trois événements traduisent, vraisemblablement, une décision d’ouvrir le dossier druze de la part des rebelles et de leurs soutiens régionaux. En effet, dans la deuxième moitié de mars, une vaste offensive militaire et médiatique a été lancée contre le régime syrien, dans le but de lui arracher le contrôle de régions clés. Et pour accentuer son isolement, il est impératif de procéder à une coupure politique et géographique entre Soueida et Damas. Privé du soutien – même passif – de la communauté druze, le régime perdrait un de ses principaux arguments, celui de protecteur des minorités et défenseur de la Syrie laïque.C’est dans ce contexte qu’il faut placer les incidents des dix derniers jours. La bataille pour les druzes est un enjeu de taille aussi bien pour le régime que pour ses ennemis. Chaque partie veut essayer de tirer vers elle cette communauté, d’autant que la prise de Soueida par les rebelles ou sa neutralisation, menacerait les flancs sud et est de Damas, qui n’aura plus aucune continuité territoriale avec cette province limitrophe de la Jordanie.Dans ce jeu, les druzes ne sont pas des acteurs mais des pions, déplacés au gré des intérêts sur un grand échiquier par des puissances régionales et internationales. En effet, la situation n’est plus ce qu’elle était au XIXe siècle, lorsque chaque communauté religieuse dans ce Levant arabe pouvait se prévaloir d’avoir un protecteur étranger. L’Occident, mené par les Etats-Unis, a prouvé que la protection des minorités ne fait pas partie de ses priorités, sauf lorsqu’il s’agit des Kurdes. Le sort réservé par Daech aux chrétiens de Mossoul et aux Yazidis d’Irak en est la preuve vivante. Pour leur part, les puissances régionales ne se soucient pas du sort de ces minorités, car elles prétendent représenter les deux grands courants de l’islam, les sunnites et les chiites.Dans ce contexte, le sort des druzes est peu enviable. Ils sont confrontés à trois choix, moins reluisant l’un que l’autre. Walid Joumblatt prône une alliance avec les rebelles en Syrie, dans l’espoir de leur acheter une protection sunnite, garantie par la Turquie et l’Arabie saoudite. L’Iran veut les convaincre que leur salut passe par leur alliance avec le régime syrien, «protecteur des minorités». Leurs chefs religieux, connus pour leur sagesse, plaident pour une neutralité positive, c’est-à-dire que les druzes soutiennent l’Etat syrien, sans pour autant appuyer le régime.Dans les trois scénarios, le sort de cette communauté n’est pas garanti. Car à l’est de Soueida, Daech multiplie les attaques contre les villages isolés, à partir du désert syrien. A l’ouest, les rebelles islamistes, avec al-Nosra à leur tête, resserrent l’étau.Aux XIXe et XXe siècles, les minorités servaient de prétexte aux puissances européennes pour s’ingérer dans les affaires de l’Empire ottoman, dans le but d’affaiblir l’homme malade dans l’espoir de l’hériter. Aujourd’hui, la donne a changé et ces minorités constituent une source d’embarras pour l’Occident, qui, n’ayant plus besoin d’elles, n’est pas disposé à faire des guerres pour les protéger.Dans cet Orient de la barbarie, qui prend forme sous nos yeux, les choix des minorités et de tous ceux qui croient dans le pluralisme et la diversité sont limités. 



 Paul Khalifeh
   

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