Immobilier. Les ventes ont reculé d’un milliard de dollars
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Nº 3030 du vendredi 4 décembre 2015

Immobilier. Les ventes ont reculé d’un milliard de dollars

 
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Il est clair que tous les indicateurs économiques ont enregistré une régression au cours des neuf premiers mois de 2015 sur un an. Le recul du secteur de l’immobilier est le plus percutant vu ses retombées indirectes sur plusieurs autres secteurs économiques productifs si l’on prend en compte le dicton populaire qui dit: «Lorsque le bâtiment va, tout va». En effet, le secteur de la construction et de l’immobilier est un pilier fondamental de la croissance économique d’autant que sa part représentait près de 20% du PIB. Aujourd’hui, sa part a reculé, pour tourner autour de 17%.
La valeur des transactions immobilières a ainsi enregistré une baisse de près d’un milliard de dollars de janvier à fin septembre 2015 sur un an, passant de 6,7 milliards de dollars sur la période couverte en 2014 à 5,7 milliards en 2015, soit un recul de 14%. Dans le même contexte, le volume du ciment délivré a régressé de 14,6%. Certains courtiers immobiliers sont persuadés que seuls les prix sur les appartements de grand standing ont été affectés à la baisse en l’absence des grandes fortunes arabes d’une part, et la satisfaction, dans un passé récent, de la forte demande des Libanais aisés, qui ont agrandi leurs appartements ou se sont déplacés vers des quartiers plus huppés, d’autre part. Reste le segment des jeunes couples qui sont en instance de s’installer, et les célibataires qui souhaitent quitter le giron familial pour gagner leur indépendance. La demande de ce segment de clientèle est bien définie: il s’agit d’appartements de petites et moyennes dimensions, dont le prix est inférieur à 400 000 dollars. Cette catégorie de demande n’aurait pas subi de coupe substantielle si l’on prend en considération la part des prêts logement dont les taux d’intérêt sont bonifiés grâce à la subvention de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci représente entre 52 et 54% du total des avances consacrées à l’acquisition d’une résidence principale. Ainsi, dans un environnement d’instabilité locale et régionale, la demande sur l’immobilier est concentrée sur un segment de jeunes résidants ou non résidants, dont le budget est limité, ce qui a entraîné un recul du nombre des transactions immobilières de janvier à septembre 2015 de 13% sur un an, en 2015. En revanche, l’existence de cette catégorie de demandes a contribué à maintenir sur pied le secteur immobilier dans son ensemble. A cet élément, il faudrait ajouter l’absence du marché de réels spéculateurs (le nombre de spéculateurs ne dépasse pas 20% des acheteurs); l’absence de bulle immobilière qui se traduit au Liban par un mouvement de hausse graduelle des prix pour ensuite se stabiliser lors du ralentissement économique dans un processus d’absorption des nouveaux prix; l’effet de levier des développeurs immobiliers relativement faible, qui comptent plutôt sur un autofinancement de leurs projets et, enfin, la disponibilité limitée des terrains à construire surtout dans les chefs-lieux des mohafazat.

A savoir
Le stock d’offres d’appartements laisse croire à une période longue de stabilité des prix de l’immobilier. Aujourd’hui, le marché est favorable à l’acheteur (buyer market).
La part de Beyrouth des permis de construire du total des permis émis est passée de 18% en 2007 à 7% en 2014.

Pétrole et gaz  
L’exode des cerveaux libanais se poursuit

L’exode des cerveaux et des ressources humaines qualifiées se poursuit. Une issue à l’imbroglio politico-sécuritaire libanais semble utopique. L’attente d’une solution paraît sans fin, même si le dossier stratégique du pétrole et du gaz doit impérativement avancer afin de protéger les ressources du Liban.
Avec la découverte des gisements pétroliers et gaziers off et onshore, de nouvelles opportunités d’emplois et d’investissements ont pointé à l’horizon, surtout pour les jeunes membres de la diaspora libanaise, qui avaient déjà une expérience professionnelle dans le secteur à l’étranger. «Je suis un émigré par la force des choses», a confié à Magazine Abboud Zahr, ingénieur qui dirige aujourd’hui la branche à Chypre de DEP OIL @GAS, une société active dans le secteur du pétrole dans l’île. «Il aurait été préférable que nous mettions au service de notre patrie nos compétences et nos expériences dans l’industrie des dérivés pétroliers, mais il semble que le rapatriement des ressources humaines libanaises qualifiées ne figure pas dans l’échelle des priorités des dirigeants du pays. Après une expérience professionnelle riche de plus de dix ans au Koweït dans le secteur du pétrole - les réserves en pétrole de l’émirat représentent 10% des réserves mondiales, alors que sa production est de 3 millions de barils/jour - et une autre en Allemagne où j’ai décroché un diplôme de troisième cycle, je suis rentré au Liban en 2011 et j’ai persuadé mes partenaires d’y fonder une société de fournisseurs de services divers aux compagnies pétrolières». Cette société a pour corps de métier l’élaboration d’études de faisabilité écologiques, des plans d’ingénierie, ainsi que de fournir des services divers de logistique et d’installation de pipelines. «Nous avons patienté trois années avant de décider de geler le fonctionnement de la société au Liban, afin d’éviter des charges fixes tels la location des locaux et les salaires des employés. Les politiques continuent de se disputer chacun sa part du gâteau, alors que le partage des blocs de gisements pétroliers est relégué aux calendes grecques», regrette Abboud Zahr. La compagnie DEP OIL
@GAS a été transférée à Chypre où elle opère actuellement. Le gouvernement de l’île a pris des mesures pratiques en adjugeant l’exploitation de six blocs pétroliers à trois compagnies étrangères, à savoir Eni, Total et Nobel Energy. Parallèlement, le gouvernement avait découvert des gisements gaziers non négligeables onshore et il poursuit ses opérations de forage dans le but d’un recensement général et en profondeur des potentialités gazières de l’île. A la question de savoir si DEP OIL @GAS se heurtait à des obstacles dans son travail, Zahr a affirmé qu’en dépit du fait que la société soit étrangère, elle n’a fait face à aucune entrave, les conditions de fonctionnement des compagnies étrangères imposées par le gouvernement chypriote sont claires, explicites et transparentes. «Notre société a déjà signé des contrats avec l’une des multinationales d’exploration de pétrole, Eni», a-t-il souligné. Dans ce contexte, il a rappelé que l’île de Chypre, étant membre de l’Union européenne, les lois et règlements appliqués dans ce pays sont ceux de l’UE. «Le mot bureaucratie est presque inexistant si l’on compare les procédés administratifs au Liban et à Chypre», a insisté l’entrepreneur. Selon notre source, il n’y aurait pas de clientélisme auprès des hautes sphères, le gouvernement adjuge les contrats et contrôle leur exécution. Il ne s’immisce en aucun cas dans les détails du travail au quotidien des sociétés. Le gouvernement chypriote s’intéresse aux résultats au bout du compte et à sa part de profits. Les compagnies financent leurs travaux, adjugent les sous-contrats et contrôlent les entrepreneurs.

Liliane Mokbel

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Éditorial
Frangié ou le chaos

La question de l’élection présidentielle a confirmé que les chrétiens du Liban ne sont plus ces preneurs d’initiatives, ces rassembleurs de la nation, ces dynamiseurs, capables d’innover, d’imaginer, d’entreprendre et de rallier les autres partenaires à leurs idées. On le savait depuis déjà trois décennies, mais on continuait à espérer un changement des mentalités et des habitudes, des actes et des paroles. Dix-sept mois de vacance présidentielle étaient amplement suffisants pour qu’ils tentent de se repositionner sur l’échiquier national, qu’ils se libèrent de leur condition de suiveurs et redeviennent des décideurs, qu’ils recommencent à peser dans la balance. Ils auraient pu facilement y parvenir en s’entendant entre eux sur un candidat unique à la présidentielle et en portant son nom aux autres partis, qui n’auraient eu ni le courage ni la possibilité de le refuser. En vain. Certains leaders sont restés prisonniers de leur ego démesuré, de leur entêtement légendaire et de leur myopie politique. Au lieu de faire l’événement, ils l’ont regardé venir, initié par les autres et, aujourd’hui, ils en subissent les conséquences.Les autres, c’est Walid Joumblatt, qui s’est réservé une place de choix dans l’équation présidentielle dès la première heure, en présentant son propre candidat, Henri Hélou. C’est Saad Hariri, qui a fait mine d’appuyer la candidature de Samir Geagea tout en négociant la présidence avec Michel Aoun, avant de se rétracter et de passer au suivant… C’est aussi Nabih Berry, qui avait en réserve son candidat caché et qui imaginait, pendant tout ce temps, le scénario de sortie de crise et se donnait les moyens de le concrétiser. Entre-temps, les leaders chrétiens se neutralisaient mutuellement et attendaient que leurs alliés respectifs fassent pencher la balance en leur faveur. Ils se sont barricadés derrière des attitudes négatives, si bien qu’ils sont tombés des nues lorsqu’ils ont appris le projet de candidature de Sleiman Frangié. Ils en ont avalé leur langue. Que peuvent-ils dire du leader du Liban-Nord? Qu’il n’est pas représentatif, qu’il est manipulé, inféodé à telle partie locale ou tel pays régional? Ils savent très bien que cela est inexact. Lui reprocher d’avoir été «choisi» par Saad Hariri est encore moins vrai, car Sleiman Frangié, est, avant tout, le choix de l’Eglise maronite, qui l’a placé parmi les «quatre présidentiables forts», avec l’accord des autres «pôles» chrétiens.Berry, Hariri et Joumblatt ont le mérite d’avoir saisi le moment opportun pour lancer, défendre et vendre, au Liban et à l’étranger, l’option Frangié. Les leaders chrétiens, eux, ont semblé complètement déconnectés des réalités régionales et internationales. Ils n’ont pas vu qu’une «window of opportunity» s’était entrouverte, et qu’il fallait s’y engouffrer avant qu’elle ne se referme, pour prendre l’initiative et se replacer, ainsi, au centre de l’échiquier national. Comme, il y a un an et demi, ils auraient dû faire bloc derrière la candidature de Michel Aoun, ils doivent, aujourd’hui, choisir Sleiman Frangié, quitte à appuyer, demain, Samir Geagea ou Amine Gemayel.Sleiman Frangié n’est pas encore président et il se peut qu’il ne le devienne pas, même si les indices plaidant en faveur de sa candidature se multiplient. Mais une chose est sûre, si les leaders chrétiens choisissent la voie de l’autodestruction, le vide pourrait s’éterniser.De là à dire que les Libanais sont confrontés à l’équation Frangié ou le chaos, il n’y a qu’un petit pas à franchir.


 Paul Khalifeh
   

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