Trésor. Et si les ministres et les fonctionnaires voyageaient moins ….
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Trésor. Et si les ministres et les fonctionnaires voyageaient moins ….

 
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Ce ne sera ni le premier ni le dernier gouvernement à faire un usage excessif des voyages de ses membres aux frais de la princesse qui, dans ce cas, est le Trésor, et par conséquent les contribuables. Dans un mémorandum détaillé adressé au Conseil des ministres réuni le 17 janvier dernier, le ministère des Affaires étrangères a demandé au Trésor de s’acquitter des dépenses d’un montant de 14 milliards de L.L. soit près de 9 milliards de dollars couvrant les frais de voyages des ministres «en mission officielle» pour la période s’étendant entre 2006 et 2012. Ce qui est important à souligner est le fait qu’un ministre se déplace rarement seul à l’étranger. D’une manière quasi  générale, il est accompagné d’une délégation de «fonctionnaires privilégiés» qui ont droit à des indemnités de déplacement calculées sur la base de leur grade, du nombre de jours à l’étranger et de la distance qui sépare le Liban du pays hôte en fonction des heures de vol. Le comble est qu’à l’ordre du jour de cette même réunion du Conseil des ministres, un nombre record de projets de voyages ministériels et/ou de fonctionnaires était inscrit. Il y en avait près de 16, ont affirmé certaines sources. Toujours est-il que certains projets devaient simplement être régularisés dans le sens d’une approbation a posteriori du Conseil des ministres aux voyages effectués et ce en totale violation des règlements en vigueur. A titre indicatif, on citera entre autres projets une demande de voyage en France présentée par le ministère de la Jeunesse et du Sport pour assister à une activité sportive et une autre émanant du même ministère pour Rabat afin de prendre part aux travaux du sous-comité technique de suivi issu du Conseil des ministres arabes de la Jeunesse et du Sport. Une autorisation pour le ministère de l’Agriculture pour la participation de ses représentants à une réunion en France sur le thème de la plantation de 40 millions d’arbres forestiers, cinq demandes du ministère de l’Education et de l’Enseignement supérieur pour le voyage de ses représentants à Genève pour participer au conseil du Bureau de l’éducation relevant de l’Unesco, pour le voyage du doyen de la faculté d’information et de documentation de l’Université libanaise (UL) au Caire où se tiennent les travaux de la  5e édition du congrès sur le journalisme d’investigation dans le monde arabe, pour le séjour d’un professeur de la faculté d’information et de documentation de l’UL aux Etats-Unis afin de participer à un congrès scientifique et d’un autre de la faculté d’agronomie de l’UL à Montpellier dans le but de préparer un accord de coopération avec l’Institut d’agronomie méditerranéen (CIHEAM) et, enfin, pour le voyage d’un membre du corps professoral de l’Institut académique de technologie de l’UL en Turquie en vue d’assister à un congrès. Concernant toujours l’ordre du jour du Conseil des ministres du 17/1/2013, le ministère de l’Intérieur et des Municipalités a présenté une demande pour un voyage de ses représentants au salon Intersec 2013 à Dubaï et le ministère des Finances pour des voyages respectivement à Bruxelles et au Caire en vue de participer à des congrès sur l’activité de la direction des douanes. Des demandes de voyage au Caire, à Genève et à Vienne ont été également présentées par le ministère de l’Information, celui des Télécoms et enfin par la Cour des comptes.


Budget
Encore une fois un 12e provisoire  

Au Liban, c’est le provisoire qui dure. Pour la septième année consécutive, le ministère des Finances aura recours à la règle du 12e provisoire en attendant l’élaboration du budget 2013 après l’échec de la Loi des finances de 2012 devant la Chambre. Ce recours d’exception du Trésor, qui dure depuis 2006, rend difficile le contrôle par les contribuables des dépenses de l’Etat du fait de l’opacité des comptes publics. L’excès fait de l’usage du 12e provisoire a fait que les gouvernements ont pris le pli d’approuver les projets de budget des exercices financiers en cours alors, que par définition, le budget traduit des prévisions. A titre indicatif, l’actuel gouvernement a approuvé le projet de Loi des finances de 2012 en août de la même année, soit avec un retard de neuf mois conformément aux dispositions de la Constitution. Ainsi les dépenses publiques sont effectuées sur base soit du 12e provisoire, d’avances du Trésor et/ou de projets de loi non votés par le Parlement. C’est toute la légalité des dépenses des sept dernières années qui est sur la touche. Rien de surprenant si le budget d’austérité de 2013 a de grosses difficultés à surmonter avant de voir le jour. L’année en cours est celle des élections législatives et les surenchères des ministres, candidats à la députation, en termes de deniers supplémentaires pour leurs ministères respectifs, ne manquent pas. Le ministère des Finances est pris entre l’enclume des demandes de rallonge surtout émanant des budgets des ministères de services et le marteau de la conformité aux engagements pris par le Liban auprès des organisations internationales de garantir un frein au creusement du déficit budgétaire et/ou sa stabilité. Toujours est-il que la tâche la plus ardue du Trésor demeure celle de la dissociation entre les sources de financement du déficit budgétaire et les sources de financement du coût de la nouvelle échelle des salaires des fonctionnaires. Cette dissociation entre les moyens de financement entraînerait sans aucun doute une série de projets de loi portant sur les nouveaux impôts et taxes nécessitant des rounds interminables de discussions pour leur approbation à la lumière des recommandations de prudence faites par le Fonds monétaire international (FMI). Ceci dit, le gouvernement feint d’ignorer pour le moment les doléances des contractuels et des fonctionnaires des institutions publiques. Ces doléances devraient aboutir à l’élaboration d’une autre grille des salaires distincte de la précédente. Un autre élément sur le plan monétaire, tout autant important à prendre en considération dans le cadre du budget dans sa globalité, est celui de la difficulté du Trésor à trouver un financement à ses besoins en 2013 d’autant que le volume des échéances des dettes du Trésor, en plus des certificats de dépôts de la Banque du Liban, dépasse les 19 milliards de livres libanaises. Par ailleurs, l’augmentation de la dette qui a atteint près de 57,6 milliards de dollars, à fin 2012, en hausse de 7%, alors que la croissance économique s’est limitée à 1,5%, représente le plus grand danger pour l’économie. L’Etat est contraint de recourir à l’endettement et à creuser le déficit budgétaire. La preuve la plus éclatante est la tendance haussière qu’a entamée le secteur bancaire en termes d’avances au Trésor.

 

PAGES RÉALISÉES PAR LILIANE MOKBEL  
 

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Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

Santé

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