Prix à la consommation. L’alcool et les cigarettes en hausse de 17,3%
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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

Prix à la consommation. L’alcool et les cigarettes en hausse de 17,3%

 
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    L’indice des prix à la consommation (CPI), publié par la direction centrale des statistiques, a enregistré une hausse de 2,6% sur un an, en avril 2014. Le CIP est calculé...
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L’indice des prix à la consommation (CPI), publié par la direction centrale des statistiques, a enregistré une hausse de 2,6% sur un an, en avril 2014. Le CIP est calculé sur la base des prix arrêtés en décembre 2013. Six des sous-indices ont progressé. C’est celui de l’alcool et des cigarettes qui a enregistré la hausse la plus importante, soit 17,3%, alors que celui des transports a reculé de 5,5%, en raison de la baisse du prix de l’essence à l’international. De même, le sous-indice de l’habillement a accusé une régression de 1,7% en raison des escomptes accordés par les commerçants de détail en vue de redynamiser l’activité commerciale. Le sous-indice des télécommunications a décru légèrement de 0,1%, cette tendance baissière devant se confirmer ultérieurement à la lumière de la décision ministérielle de baisser les tarifs des communications.

Bourse
Hausse des profits des banques cotées

Les profits combinés des cinq banques libanaises cotées à la bourse (Audi Bank, Blom Bank, Byblos Bank, Bank of Beirut et Bemo Bank) ont enregistré une légère hausse de 0,7% sur une base annuelle au 1er trimestre de 2014, totalisant près de 243,51 millions de dollars, alors que ce montant était de 241,81 millions un an auparavant. Dans les détails, le total des revenus générés par les intérêts relatifs aux cinq banques a accusé une hausse de 12,8%, à 430,47 millions de dollars, ceux provenant des commissions et des frais divers versés par la clientèle ont représenté 128,65 millions, ou une progression de 12,92% sur la même période et, enfin, les revenus opérationnels ont totalisé 646,17 millions de dollars. La part de profits de Blom Bank de ceux cumulés des cinq banques cotées à la bourse s’est élevée à  35,94%, celles de Audi Bank (35,22%), Bank of  Beirut (15,11%), Byblos Bank (12,61%) et Bemo Bank (1,12%).       

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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