Bienfaits, risques, nouvelles techniques… La chirurgie de l’obésité l’ultime recours
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Nº 3030 du vendredi 4 décembre 2015

Bienfaits, risques, nouvelles techniques… La chirurgie de l’obésité l’ultime recours

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    Bienfaits, risques, nouvelles techniques… La chirurgie de l’obésité l’ultime recours
    L’obésité morbide est un grave problème de santé. Il s’agit d’une maladie multifactorielle, en partie génétique, qui a des conséquences médicales, physiques, psychologiques et sociales. La chirurgie bariatrique ou chirurgie...
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L’obésité morbide est un grave problème de santé. Il s’agit d’une maladie multifactorielle, en partie génétique, qui a des conséquences médicales, physiques, psychologiques et sociales. La chirurgie bariatrique ou chirurgie de l’obésité est la manière la plus efficace de lutter contre les complications médicales de l’obésité morbide ou du moins les prévenir. Magazine enquête.

La chirurgie de l’obésité se développe depuis quelques années déjà pour traiter l’obésité sévère et donne des résultats encourageants. Le traitement chirurgical est conseillé, généralement, en cas d’obésité morbide, définie par un Indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30 Kg/m2 (IMC = poids corporel (kg) ÷ taille² (m). Un traitement chirurgical sûr et efficace améliore l’espérance  et la qualité de vie des patients obèses morbides. «La chirurgie de l’obésité est essentiellement le traitement des conséquences médicales de l’obésité, affirme à Magazine le Dr Tommy Geagea, chirurgien spécialiste en chirurgie bariatrique à l’Hôpital libanais de Geitaoui. Le traitement chirurgical est indiqué lorsqu’il existe une pathologie associée à l’obésité susceptible d’être améliorée par la perte de poids, comme le diabète ou l’hypertension artérielle. «Les personnes qui ont décidé se faire opérer ont tout essayé et ont échoué dans leurs tentatives de perdre du poids. Cette intervention peut sauver des vies pour des personnes souffrant d’obésité morbide avec un Indice de masse corporelle supérieur à 30. Elles peuvent retrouver un poids acceptable et le conserver», précise le Dr Geagea. Les personnes obèses courent, selon lui, un plus grand risque que celles qui ont un poids santé normal de contracter des troubles médicaux comme une pression artérielle élevée, une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, du diabète, etc. Pour le chirurgien, l’obésité est un problème médical complexe qui relève de facteurs génétiques, environnementaux, comportementaux et sociaux. Tous ces facteurs jouent un rôle déterminant sur le poids d’une personne.
Cela dit, la chirurgie n’est une option que lorsque toutes les autres façons de perdre du poids, comme les régimes amincissants ou les changements d’habitudes alimentaires, ont échoué. Y a-t-il un âge précis pour être opéré? Le Dr Geagea répond qu’il n’y a pas un âge idéal et que des adolescents de 13 et 14 ans ont recours à cette chirurgie qui leur permet, non seulement de régler leur excès de poids, mais d’avoir une meilleure estime d’eux-mêmes.
Selon les chirurgiens interrogés par Magazine, il existe diverses techniques pour traiter l’obésité. Le but des interventions chirurgicales est de réduire la taille de l’estomac afin que seule une petite quantité d’aliments puissent être absorbés. Les opérations sont aujourd’hui plus simples grâce à l’utilisation de la laparoscopie, une technique opératoire qui consiste en de petites incisions dans la paroi abdominale. «La chirurgie de l’obésité est aujourd’hui moins agressive et plus efficace, admettent les médecins. Les gens s’intéressent beaucoup plus à ces traitements de dernier recours. Il arrive que certaines personnes soient victimes de complications à la suite de ces interventions, mais le nombre en est relativement rare. Il faut surtout s’assurer que le chirurgien est compétent et qu’il soit spécialiste dans le domaine. L’intervention peut mettre fin à de nombreuses maladies liées à l’obésité comme le diabète de type 2». Les techniques de chirurgie bariatrique sont nombreuses. Elles sont choisies en fonction du cas, de l’implication et de la motivation du patient. Le bypass gastrique, l’anneau gastrique, la sleeve ou la plicature de l’estomac en sont les principales.

 

Les techniques utilisées
Selon le Dr Georges el-Hage, également spécialiste en chirurgie de l’obésité au Middle East Institute of Health (MEIH), les personnes qui bénéficient d’une chirurgie bariatrique sont obligées de modifier leurs habitudes alimentaires. «Elles doivent être suivies par un diététicien avant et après l’intervention pour maintenir de saines habitudes alimentaires et prévenir ainsi les carences nutritionnelles. Le sport est également indiqué pour éviter le relâchement postopératoire. Les différentes techniques chirurgicales diminuent les complications liées à l’obésité et donnent généralement de bons résultats, à condition que le patient opéré soit motivé à maintenir sa perte de poids», souligne le chirurgien. La prise en charge pluridisciplinaire avant l’opération et un suivi médical à long terme sont, d’après lui, nécessaires pour garantir la santé du patient. «Notre centre d’obésité et de contrôle de poids au MEIH permet la prise en charge du patient par une équipe pluridisciplinaire (nutritionniste, diététicien, psychologue, cardiologue, endocrinologue) pour éviter les complications, garantir la santé du patient et la réussite de l’opération à long terme, dit-il, en mentionnant que l’obésité est enfin reconnue comme une maladie chronique nécessitant un éventail d’interventions médicales. Même si les techniques de chirurgie se sont nettement améliorées, il existe néanmoins un risque de saignement, d’infections ou d’apparition de fistules qui nécessiteront souvent une nouvelle intervention. Des soucis digestifs ou des malaises après les repas peuvent, par conséquent, avoir lieu.
Pour le bypass gastrique, les chirurgiens mettent hors circuit une grosse partie de l’estomac et la totalité du duodénum, la première partie de l’intestin grêle où a lieu normalement l’essentiel de l’assimilation des nutriments (glucides, lipides, vitamines, etc.). Comme pour l’anneau, les personnes opérées sont obligées de réduire le volume de leurs repas. Mais de plus, une bonne partie des nutriments énergétiques, comme les glucides (sucres) et les lipides (graisses), n’est plus assimilée. La sleeve est une technique qui consiste à enlever une grande partie de l’estomac en pratiquant une incision verticale. Elle permet de réduire les volumes alimentaires en provoquant une satiété très précoce. L’opération se fait généralement sous anesthésie générale. Concernant l’anneau gastrique, l’estomac se trouve ainsi séparé en deux parties: une poche supérieure (là où arrivent les aliments) de très petit volume et une poche inférieure plus grande, les deux poches étant reliées par un chenal très étroit. L’intervention oblige à manger en petites quantités. Parmi les inconvénients, la perte de poids n’est pas toujours durable et l’implication du patient est plus importante pour la réussite de l’opération. La plicature gastrique est une
technique récente simple et efficace. Il s’agit de 5 à 6 incisions dans l’abdomen. La plicature de l’estomac est une procédure restrictive. Elle permet de réduire considérablement la taille de votre estomac et limite le volume de la nourriture. On se sent rassasié rapidement.

 

Témoignages
Agée d’une cinquantaine d’années, Mireille souffrait d’un excès de poids et décide de se faire traiter par la chirurgie. «Mon médecin m’a conseillé la sleeve, une chirurgie de l’obésité qui consiste à enlever une grande partie de l’estomac. Grâce à l’opération, j’ai déjà perdu près de 27 kilos. La chirurgie a changé mon quotidien, dit-elle. Mon seul regret est de ne pas l’avoir faite depuis longtemps. Les résultats ont été encourageants. Je me sens en meilleure forme physique, je suis plus à l’aise avec mon poids et je peux manger tout ce que je veux en quantités modérées. Mes bouffées de chaleur ont disparu et, fort heureusement, je n’ai pas eu des complications à la suite de la chirurgie. J’ai d’ailleurs conseillé à mon fils de faire la même opération pour perdre son excès de poids».
Egalement satisfaite des résultats de sa chirurgie, Liliane a perdu plus de 20 kilos. Elle confie, à Magazine, qu’elle avait essayé plusieurs régimes alimentaires, sans succès. «Je reprenais très vite les peu de kilos que je perdais. Mon dernier recours était l’opération que j’ai décidé finalement de faire. Je ne regrette pas mon choix. Les risques liés à l’opération sont minces par rapport à ceux de rester obèse. On me dit que je suis plus épanouie aujourd’hui. Je me sens mieux dans ma peau, ma qualité de vie s’améliore, le quotidien devient moins difficile», raconte-t-elle.

NADA JUREIDINI

Quelques chiffres
L’âge requis pour une chirurgie bariatrique: de 14 à 65 ans.
Le nombre d’interventions annuelles: entre 2 000 et 3 000.
Le coût de l’intervention: entre 5 500 et 8 500 $.
Le pourcentage du succès de l’opération: 78%.
Le pourcentage de l’échec de l’intervention: 22%.

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Éditorial
Frangié ou le chaos

La question de l’élection présidentielle a confirmé que les chrétiens du Liban ne sont plus ces preneurs d’initiatives, ces rassembleurs de la nation, ces dynamiseurs, capables d’innover, d’imaginer, d’entreprendre et de rallier les autres partenaires à leurs idées. On le savait depuis déjà trois décennies, mais on continuait à espérer un changement des mentalités et des habitudes, des actes et des paroles. Dix-sept mois de vacance présidentielle étaient amplement suffisants pour qu’ils tentent de se repositionner sur l’échiquier national, qu’ils se libèrent de leur condition de suiveurs et redeviennent des décideurs, qu’ils recommencent à peser dans la balance. Ils auraient pu facilement y parvenir en s’entendant entre eux sur un candidat unique à la présidentielle et en portant son nom aux autres partis, qui n’auraient eu ni le courage ni la possibilité de le refuser. En vain. Certains leaders sont restés prisonniers de leur ego démesuré, de leur entêtement légendaire et de leur myopie politique. Au lieu de faire l’événement, ils l’ont regardé venir, initié par les autres et, aujourd’hui, ils en subissent les conséquences.Les autres, c’est Walid Joumblatt, qui s’est réservé une place de choix dans l’équation présidentielle dès la première heure, en présentant son propre candidat, Henri Hélou. C’est Saad Hariri, qui a fait mine d’appuyer la candidature de Samir Geagea tout en négociant la présidence avec Michel Aoun, avant de se rétracter et de passer au suivant… C’est aussi Nabih Berry, qui avait en réserve son candidat caché et qui imaginait, pendant tout ce temps, le scénario de sortie de crise et se donnait les moyens de le concrétiser. Entre-temps, les leaders chrétiens se neutralisaient mutuellement et attendaient que leurs alliés respectifs fassent pencher la balance en leur faveur. Ils se sont barricadés derrière des attitudes négatives, si bien qu’ils sont tombés des nues lorsqu’ils ont appris le projet de candidature de Sleiman Frangié. Ils en ont avalé leur langue. Que peuvent-ils dire du leader du Liban-Nord? Qu’il n’est pas représentatif, qu’il est manipulé, inféodé à telle partie locale ou tel pays régional? Ils savent très bien que cela est inexact. Lui reprocher d’avoir été «choisi» par Saad Hariri est encore moins vrai, car Sleiman Frangié, est, avant tout, le choix de l’Eglise maronite, qui l’a placé parmi les «quatre présidentiables forts», avec l’accord des autres «pôles» chrétiens.Berry, Hariri et Joumblatt ont le mérite d’avoir saisi le moment opportun pour lancer, défendre et vendre, au Liban et à l’étranger, l’option Frangié. Les leaders chrétiens, eux, ont semblé complètement déconnectés des réalités régionales et internationales. Ils n’ont pas vu qu’une «window of opportunity» s’était entrouverte, et qu’il fallait s’y engouffrer avant qu’elle ne se referme, pour prendre l’initiative et se replacer, ainsi, au centre de l’échiquier national. Comme, il y a un an et demi, ils auraient dû faire bloc derrière la candidature de Michel Aoun, ils doivent, aujourd’hui, choisir Sleiman Frangié, quitte à appuyer, demain, Samir Geagea ou Amine Gemayel.Sleiman Frangié n’est pas encore président et il se peut qu’il ne le devienne pas, même si les indices plaidant en faveur de sa candidature se multiplient. Mais une chose est sûre, si les leaders chrétiens choisissent la voie de l’autodestruction, le vide pourrait s’éterniser.De là à dire que les Libanais sont confrontés à l’équation Frangié ou le chaos, il n’y a qu’un petit pas à franchir.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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