Cabinet. Le chaud et le froid
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Nº 2896 du vendredi 10 mai 2013

Cabinet. Le chaud et le froid

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    Cabinet. Le chaud et le froid
    Alors que le cabinet Mikati expédie les affaires courantes, le Premier ministre désigné, Tammam Salam, s’active pour former son gouvernement qu’il pourrait annoncer d’ici le 15 mai. Un cabinet de...
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Alors que le cabinet Mikati expédie les affaires courantes, le Premier ministre désigné, Tammam Salam, s’active pour former son gouvernement qu’il pourrait annoncer d’ici le 15 mai. Un cabinet de 24 ministres semble se profiler. Mais les obstacles ne sont pas tous surmontés.
 
Un nouveau gouvernement d’ici le 15 mai, voire même pour ce week-end. C’est ce que semblent avancer plusieurs milieux proches du nouveau Premier ministre, Tammam Salam, chargé de cette lourde tâche. Après maintes discussions avec l’ensemble des partis politiques libanais, Salam pourrait opter pour un cabinet constitué de 24 ministres. Un chiffre qui n’est pas dû au hasard, mais bel et bien à la réalité de la scène politique libanaise.
Si on ne connaît pas encore les noms des ministrables, en revanche, la formule choisie semble entérinée. Tammam Salam formerait ainsi un gouvernement composé de trois tiers, à savoir un tiers (soit huit ministres) pour le 8 mars, un tiers pour le 14 mars et, enfin, un dernier tiers pour les centristes, dont le chef de l’Etat Michel Sleiman et désormais, Walid Joumblatt.
Selon des sources proches du Premier ministre désigné, il semble que Salam «insiste pour la formation d’un gouvernement de 24 membres, dont les portefeuilles seront équitablement répartis». Cela afin d’assurer «la représentation de toutes les composantes et un minimum de stabilité politique au gouvernement, malgré les grosses tempêtes qui entourent le Liban». Toujours selon ces sources, le camp du 8 mars pourrait scinder ses huit portefeuilles avec «l’octroi de quatre ministères au Courant patriotique libre de Michel Aoun (sur un total de 12 portefeuilles réservés aux chrétiens dans le gouvernement), tandis que le bloc Hezbollah-Amal récupèrerait 4 ministres. Le CPL se serait opposé à la rotation des maroquins, préférant conserver les portefeuilles de l’Energie et des Télécoms, tandis que le mouvement Amal souhaiterait rester aux Affaires étrangères.
Dans le bloc centriste, le président de la République Michel Sleiman pourrait nommer un cinquième ministre chiite, ainsi que deux ministres chrétiens. Tammam Salam et Walid Joumblatt pourraient nommer chacun deux ministres.
Enfin, pour le dernier tiers attribué au 14 mars, les différentes composantes se répartiraient la désignation des huit ministres comme elles l’entendent. Telle une épée de Damoclès, Tammam Salam aurait, selon les sources, mis sa démission dans la balance, si un des tiers composant le gouvernement venait à quitter le cabinet.
A quelques jours de l’échéance attendue, Tammam Salam continue de s’activer et de rencontrer les ténors de la classe politique. La demande du 8 mars d’obtenir le tiers de blocage semble ne pas pouvoir faire long feu. Salam devait rencontrer cette semaine une délégation de cette coalition afin de l’évacuer complètement, car la constitution d’un tiers de blocage empêcherait la formation d’un cabinet efficace.
Autre demande qui a de grandes chances d’échouer, celle de voir le nouveau gouvernement composé de personnalités candidates aux élections. Ce à quoi Salam semble fermement s’opposer, lui qui s’était prononcé au départ pour un gouvernement de technocrates. Toutefois, le Hezbollah pourrait faire des concessions sur le plan intérieur, préférant se consacrer pour l’heure au front syrien.
Si Tammam Salam annonce bel et bien la formation de son gouvernement d’ici le 15 mai, sa tâche ne sera pas pour autant aisée. Parmi les dossiers chauds et complexes qui l’attendent, la supervision des élections législatives, ou encore la consécration de la politique de distanciation, définie dans la déclaration de Baabda, et adoptée par son prédécesseur. Avec des écueils supplémentaires sur son chemin, comme l’équation peuple-armée-résistance défendue par le 8 mars et rejetée par le 14 mars, et par Salam lui-même. Il faudra aussi, au préalable, que les trois tiers s’entendent sur la déclaration ministérielle, ainsi que sur la ligne politique générale du gouvernement. Bref, l’heure de la délivrance n’est pas près de sonner.

Jenny Saleh
 

8-8-8 contre 7-7-10
Avant que la formule du 8-8-8 ne fasse son chemin, Tammam Salam aurait proposé au 8 mars comme au 14 mars sept portefeuilles à chacun, les dix restants étant répartis entre le bloc centriste et le Premier ministre lui-même. Une option refusée en bloc par le 8 mars, pour qui cela reviendrait à donner au 14 mars le contrôle de l’Exécutif, Tammam Salam étant proche de ce camp. La formule du 8-8-8 semble être donc la seule qui pourrait être retenue.

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Éditorial
Il ne reste que le rêve… et encore!

Alors que les magouilles gangrènent les institutions du pays, que le chômage bat son plein et que les citoyens, livrés à la loi de la jungle, souffrent d’une absence totale de protection, le Liban perd au fil des ans l’énergie de sa jeunesse. Jamais mieux qu’aujourd’hui, ne s’est appliquée au Liban, la célèbre formule de Georges Clemenceau: «Le pouvoir est tombé si bas qu’il faut se baisser pour le ramasser». Il fut une époque, très courte aux yeux de l’Histoire, où la jeunesse du pays, formée dans les grandes universités, que tous nos voisins nous envient, ne rêvait que de servir et de promouvoir le Liban, modèle de modernité, de démocratie et de liberté, pas seulement dans la région. Qu’en reste-t-il? Un pays qui s’apprête, quelque trente ans après la fin de la guerre civile pour les uns, et la guerre des autres pour certains, à rééditer la dramatique expérience. S’impliquer dans la crise syrienne, et encore plus dans son conflit probable avec Israël, est-ce dans nos cordes? En a-t-on les moyens? Au milieu de ce sombre tableau, nos universitaires, quelle que soit leur formation, privent, à leur corps défendant, le pays de leur savoir-faire et s’exilent vers des horizons plus cléments. Pendant que le Liban se vide de son sang jeune et de ses forces vives, ses dirigeants se disputent un siège place de l’Etoile ou un fauteuil confortable au Sérail. La question que les citoyens, ignorés par leurs représentants tant que les élections ne se dessinent pas à l’horizon, est celle de savoir à quoi sert un gouvernement dont l’inexistence passe pratiquement inaperçue ou ce Parlement, dont les réunions se font extrêmement rares, alors que ses tiroirs craquent sous les liasses de documents, jaunis à force d’attendre et très probablement devenus caducs. Dans cet abîme constitutionnel, où seuls les échos sifflent, les affaires aventureuses se multiplient. La dernière en date est celle du bateau promis à grands coups de déclarations outrageusement optimistes, après quelques décennies de rationnement électrique et même d’obscurité totale dans certaines régions oubliées. Lancée officiellement, par une publicité tapageuse et des panneaux prometteurs, la «barque turque», Fatmagül Sultan, nous promettait, «immense performance», deux heures de courant de plus dans tout le pays. Mais elle vécut ce que vivent les roses laissant derrière elle des relents sulfureux de négligence ou de scandale… l’avenir le dira peut-être. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis que les armes se sont tues dans le pays, mais la lumière des bougies, qui n’ont rien des romantiques chandelles, n’a toujours pas disparu dans de très nombreux foyers. En parallèle, les tours luxueuses jalonnent les rues et montent toujours plus haut, les boutiques offrant les collections les plus huppées remplissent les quartiers et les restaurants aux menus gastronomiques par excellence, pullulent pour le plaisir d’une minorité nantie. Mais tout cela paraît factice et, pour une affaire qui connaît le succès, combien ne sont-elles pas forcées de baisser leur rideau aussitôt levé. Le chaos que connaît le Liban, depuis si longtemps, fait la richesse d’autres pays de la région. La Syrie, elle, avait connu ses beaux jours et son développement dès les premières années de notre guerre. Elle n’a pas su, elle non plus, sauvegarder ses acquis. Il n’en reste pas moins que le Libanais, optimiste invétéré, retrouve son rêve au moindre signe de détente. Ainsi, nous avons assisté aux retrouvailles des «cousins ennemis»: Sleiman Frangié à Bikfaya à l’invitation de Sami Gemayel, le Courant patriotique libre, représenté par le ministre démissionnaire Gebran Bassil, prendre la route de Maarab et les émissaires de Walid Joumblatt chez Nabih Berry, comme l’ancien vice-président de la Chambre à Aïn el Tiné. Le tout ponctué de quelques informations, diffusées sans, peut-être, beaucoup de conviction, annonçant un gouvernement dans les prochains jours… Et voilà que l’espoir renaît, que la vie s’annonce plus belle, à la lueur de la détermination affirmée du Premier ministre désigné et du président de la République. Il n’en reste pas moins que les jeunes exilés, partis vers d’autres horizons donner la preuve de leurs capacités et de leurs compétences, ne sont pas encore près de rentrer au bercail.


 Mouna Béchara
   

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