Maguy Bou Ghosn. Une actrice au grand cœur
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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

Maguy Bou Ghosn. Une actrice au grand cœur

 
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«Il faut remplir son cœur d’amour et se lancer dans la vie». Telle est la conception de Maguy Bou Ghosn. Actrice de talent, dotée d’une très belle voix, elle estime que la célébrité est un don qu’il faut mettre à profit pour faire le bien. Sensible, elle est profondément émue par les enfants atteints du cancer et se bat pour la protection des femmes à travers son dernier rôle dans la série Kafa. Portrait.
 

Accueillante et chaleureuse, c’est à son domicile à Baabda qu’elle nous reçoit. La femme qui nous ouvre la porte, en jeans et queue de cheval, est d’une grande simplicité. L’entrevue avec Maguy Bou Ghosn ressemble à une rencontre amicale, autour d’un café traditionnel accompagné de biscuits et de fruits organiques cueillis dans son jardin à Nmeiriyé, village du Sud d’où son mari est originaire et où elle se rend souvent se reposer en famille et se ressourcer.
Maguy Bou Ghosn n’est pas née dans une famille d’artistes, mais ses parents lui racontaient qu’à l’âge de trois ans, ils la trouvaient toujours derrière le poste de télévision, essayant de le démonter pour y voir l’intérieur. «Je voulais imiter ceux que j’y voyais, je voulais danser et chanter comme eux». Son talent se manifeste dès son plus jeune âge. A l’école, elle imite déjà ses professeurs et, à 10 ans, elle participe à une émission pour amateurs, dans laquelle elle interprète des chansons de Feyrouz, alors que les autres en étaient aux chansons pour enfants. Elle obtient le premier prix. «Plus tard, j’ai commencé à étudier un peu de musique, mais mes parents ne m’ont pas encouragée. Ils craignaient que je ne quitte l’école». A l’université, elle suit des cours d’art dramatique et de mise en scène dans l’idée qu’un jour elle utilisera sa voix en tant qu’actrice. «La chanson est devenue pour moi un plus».

 

Un lancement en Syrie
C’est en Syrie que Maguy Bou Ghosn débute sa carrière d’actrice. «Pendant huit ans, j’ai vécu presque en permanence en Syrie. J’ai joué dans plus de vingt feuilletons syriens. J’ai également interprété des rôles de chanteuses et je me suis fait connaître sous le nom de l’actrice syrienne Maguy Bou Ghosn», confie-t-elle. Après ces huit années passées en Syrie, elle rentre au Liban et épouse le producteur et distributeur cinématographique Jamal Sannan. Elle donne naissance à deux enfants: Rayan (10 ans) et Yara (6 ans). Pendant cinq ans, elle met sa carrière en veilleuse pour s’occuper de sa famille. «J’ai consacré ces années à mes enfants, je voulais les voir grandir, jusqu’au moment où j’ai senti qu’il était temps que je revienne sur scène. J’en ressentais même le besoin». Au Liban, elle travaille avec le metteur en scène Antoine Rémy et fait aussi du théâtre pour enfants. «J’ai été souvent critiquée. On me reprochait d’avoir commencé au Liban à un niveau inférieur à celui que j’avais atteint en Syrie. Au fond de moi, je savais que j’y arriverai. J’avais la conviction d’avoir quelque chose à dire. J’ai une énergie que je libère en jouant, sinon elle m’étoufferait», dit avec simplicité Maguy Bou Ghosn. D’une grande modestie, elle estime que la vanité et l’arrogance sont la tombe de l’artiste. «Certaines personnes ne comprennent pas que ce
sont les gens qui vous élèvent ou vous rabaissent. Avec sa télécommande, le téléspectateur peut changer de canal et vous éjecter». Très proche des gens, elle a une excellente relation avec un public qui la suit de près. «J’ai constaté à quel point ils savent des choses sur moi et me connaissent bien. Je ressens ceci dans la rue, ils viennent naturellement vers moi avec beaucoup de spontanéité». Quand elle est triste, malade ou fatiguée, elle reste chez elle. «Je travaille pour me rapprocher des gens et j’estime qu’ils ont un droit sur moi. Quand je suis incapable d’être sous mon meilleur jour et d’aller vers eux, comme je le voudrai, je préfère rester chez moi». Des regrets, elle n’en a pas. «Je ne regrette jamais rien de ce que je fais. J’ai toujours le sentiment d’être au début de ma carrière. Il me reste encore beaucoup à apprendre. Je dois travailler encore plus sur moi-même. Je ne me contente pas de me trouver là où je suis maintenant. Je veux toujours faire mieux et donner plus».
Avec l’émission Celebrity Duets, le public a découvert qu’en plus de ses talents remarquables d’actrice, Maguy Bou Ghosn avait une très belle voix. «J’ai réalisé mon rêve de chanter, à travers cette émission. C’était une très belle expérience». Elle possède à son actif deux chansons écrites par Ghadi Rahbani et dont la musique est de Ghassan Rahbani. Se consacrer entièrement à la chanson ne figure pas dans les plans de Maguy Bou Ghosn. «Pour enregistrer ces deux chansons avec les Rahbani, j’ai dû faire des vocalises pendant quatre mois et suivre un régime alimentaire spécial. C’est très difficile. Pourtant, j’aime participer à des concerts au profit de la Croix-Rouge ou dans le style de One Lebanon avec d’autres artistes».
Entre l’actrice et l’humanitaire, c’est une grande histoire. C’est au service de grandes causes que Maguy Bou Ghosn met à profit sa notoriété. «J’ai une grande faiblesse pour les enfants atteints du cancer. Cela a commencé par un cas en famille traité au centre Saint-Jude. Cela m’a profondément émue et j’ai voulu offrir quelque chose à ces enfants». Les profits de son album vont au centre Saint-Jude qui soigne les enfants malades du cancer. Depuis l’année dernière, en collaboration avec Tarek Soueid et Wissam Sabbagh, elle mène campagne pour Min el alb lal alb  (De cœur à cœur). «Nous avons réussi à récolter la somme de 70 000 dollars que nous avons distribuée à des familles défavorisées. Cette année, la campagne était dédiée à l’association Kids First. Nous l’avons faite avec Jean Daccache et Wissam Sabbagh. Nous sommes, entre autres, descendus dans la rue et nous avons vendu des manakiche pour rassembler de l’argent. J’ai réalisé à travers cette campagne que beaucoup de personnes aiment faire le bien sans savoir où ni comment.
Il suffit de les orienter pour qu’ils agissent. La célébrité est un don qu’il faut utiliser pour faire le bien». Pour Maguy Bou Ghosn, l’important n’est pas d’être célèbre, mais à quoi tient la célébrité. «On peut devenir célèbre pour un crime ou un scandale». Pour elle, l’aspect physique est secondaire. «Une actrice ne doit pas être tout le temps belle. Nous interprétons des personnages de la vie réelle et la réalité n’est pas toujours belle. Il y a de tout dans ce monde». Elle a dû sacrifier sa longue chevelure, n’hésitant pas à adopter une coupe à la garçonne, pour jouer le rôle d’un garçon manqué. «Le public est intelligent. Il ne vous croit pas. On ne peut pas s’habiller de la même manière et avoir le même style dans chaque feuilleton».
Ses journées sont réparties entre sa famille et sa carrière. C’est elle qui fait la cuisine et elle utilise des produits organiques, cueillis du jardin de sa maison au Sud. «Je n’aime pas le système du delivery, je n’en fais jamais. Je ne compte sur personne pour cuisiner à ma place. Ne vous laissez pas leurrer, le plat le plus sophistiqué nécessite quinze minutes de préparation», dit-elle en souriant. Elle a réussi à ne pas laisser sa carrière lui voler des moments précieux auprès de sa famille. «Tout est question d’organisation et la personne organisée peut tout faire. Quand j’ai une satisfaction, elle se reflète sur mes enfants, je peux leur donner plus. Lorsque je suis trop prise par un tournage, quand celui-ci prend fin, je ne fais plus rien pendant quelque temps et je me consacre exclusivement à eux». Au début, ses enfants allaient se réfugier dans leur chambre dès qu’elle apparaissait sur l’écran. «Ils ont fini par m’expliquer qu’ils n’aimaient pas me regarder à la télé car c’est là où j’allais lorsque je m’éloignais d’eux. Je leur ai fait comprendre que j’allais là-bas pour travailler et c’est ainsi que je gagnais ma vie pour qu’on puisse vivre comme il faut. Depuis, ils s’occupent de moi. Dès que je rentre d’un tournage, ils m’apportent un verre d’eau, des fruits et me demandent si j’ai besoin de quelque chose ou si je suis fatiguée». Pour Maguy Bou Ghosn, il faut remplir son cœur d’amour pour avancer dans la vie. «Tout ce qui part du cœur parle au cœur et atteint l’autre. Dans la vie tout est bénédiction, même la douleur, car elle nous permet d’apprécier mieux ce que l’on a, la santé et les instants de bonheur. La vie est une part d’un tout».

Joëlle Seif

Ce qu’elle en pense
Social Media: «A travers le social media, le monde est devenu un village. C’est une découverte très importante. Je suis sur Facebook et Twitter. Je réponds personnellement à tous les messages. Mais il faut être prudent dans les opinions qu’on partage et qu’on écrit sur le vif».
Ses loisirs: «La natation et les courts voyages».
Sa devise: «Tout ce qui part du cœur parle au cœur».


Une loi pour protéger les femmes
La dernière apparition de Maguy Bou Ghosn, dans la série dramatiques qui passe actuellement sur les écrans, dans le rôle d’une femme battue et violée par son mari, est porteuse d’un grand message. «J’ai été très attirée par ce rôle basé sur une histoire vraie. La femme n’a pas besoin d’un garde du corps. C’est seule une loi qui peut la protéger. Il faut que cette loi soit votée. La femme se tait et supporte cette situation, car la première chose dont elle est menacée c’est la perte de ses enfants. De plus, elle n’a pas de maison propre et elle a peur de se retrouver dans la rue». Dans ce feuilleton, Maguy Bou Ghosn a demandé à être réellement battue pour ressentir toute la douleur de celles qui subissent ce traitement. «J’ai senti que ce serait une insulte envers toutes ces femmes si j’allais simplement simuler de recevoir des coups». Elle se dit surprise par ceux qui disent qu’il y a de l’exagération. «Et toutes ces femmes qui ont disparu récemment, de quoi sont-elles mortes? N’est-ce pas des coups mortels qui leur ont été portés? Personne ne peut savoir ce qui se passe derrière les murs clos. La douleur est muette. Elle ne fait pas de bruit», s’indigne l’actrice. 

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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