Bane Saleh. «Redonner à mon pays de mon amour»
Logo

Nº 3030 du vendredi 4 décembre 2015

Bane Saleh. «Redonner à mon pays de mon amour»

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Bane Saleh. «Redonner à mon pays de mon amour»
    Bane Saleh est une jeune Libanaise active résidant en Californie. Elle a créé récemment le site yourcleansource. Son but: permettre aux Libanais de protéger leur santé grâce à des mesures...
  •  
Notez cet article
(1 Vote)
A- A+

Bane Saleh est une jeune Libanaise active résidant en Californie. Elle a créé récemment le site yourcleansource. Son but: permettre aux Libanais de protéger leur santé grâce à des mesures simples d’hygiène. Le site a déjà un grand succès sur les réseaux sociaux.
 

Dans quelles circonstances avez-vous décidé de créer ce site?
Au départ, je me suis rendue au Liban avec un projet visant à améliorer la santé publique et la qualité environnementale. Je pensais au traitement des déchets infectés par des hôpitaux et déversés dans la mer. La contamination environnementale est, à mon avis, la principale cause de la croissance fulgurante des maladies au Liban. J’ai vite réalisé que mon projet n’allait pas aboutir. J’ai essayé de créer un plan d’urgence pour réduire l’impact environnemental de la crise, mais les autorités locales avec lesquelles j’ai traité se sont montrées inefficaces. Le gouvernement aurait pu continuer à trier les déchets quotidiennement avant de les jeter et réduire, ainsi, l’impact de cette crise sur l’environnement en protégeant la santé publique. Mais tout cela ne s’est pas passé malheureusement. En rentrant en Californie, j’étais vraiment anxieuse de quitter ma famille et mes amis dans une telle catastrophe environnementale. C’est alors que j’ai décidé de créer yourcleansource. C’était le mieux à faire en attendant que le gouvernement libanais sorte de sa paralysie. Ma formation en Scenario Planning et ma propre expérience personnelle en tant que patiente m’ont poussée à vouloir partager mon expérience et mes connaissances.

Avec quelles instances libanaises avez-vous travaillé sur place?
J’ai collaboré avec la Lebanese association against food poisoning. Ensemble, nous avons mis au point les vingt commandements à suivre pour survivre à la crise. Un officier en santé publique, travaillant pour l’Unicef, a traduit les commandements en arabe. J’ai également fait vérifier le contenu du site par deux médecins libanais. Le Well Being Center, centre médical local, a partagé le site avec ses patients. Et tout récemment, Cedar Environmental, compagnie spécialisée en environnement, basée aux Etats-Unis et gérée par Najib Saadé, s’est jointe à nous pour améliorer les commandements.

Comment le site est-il perçu depuis sa création?
Bien. Lorsque je l’ai proposé, je pensais que le nombre de visiteurs n’allait pas atteindre plus que 250 personnes. Or, jusqu’à ce jour, 5 500 visiteurs s’y sont rendus en un mois. En moyenne, 150 personnes par jour. 60% des visiteurs sont des femmes: des sœurs, des mères, des filles qui le partagent avec leurs familles. Le site est aussi très détaillé. Je reçois beaucoup de remerciements, quelques questions spécifiques et, parfois, mais rarement, des critiques. Les gens s’abonnent également pour recevoir les dernières informations.

Comment vivez-vous votre départ du pays?
J’ai quitté le Liban il y a cinq ans, parce qu’il me semblait inenvisageable de fonder une famille dans un environnement aussi toxique. Malheureusement, je n’avais pas les outils à l’époque pour me protéger. Je me suis toujours sentie coupable d’avoir abandonné les miens qui, eux, me regardaient toujours bizarrement quand je leur parlais de la toxicité de l’environnement et de l’impact que cela aurait sur notre santé et celle des générations futures. Immigrer est sûrement la décision la plus difficile que j’ai prise dans ma vie. Ce site m’a permis de recréer des liens avec ma communauté et de me reconnecter avec elle. Il m’a surtout permis de redonner à mon Liban un peu d’amour.

Propos recueillis par Pauline Mouhanna, Etats-Unis
 

Le site en bref
yourcleansource est vraiment un outil d’information complet. Quand on s’y rend, on réalise que le programme proposé pour sortir de la crise des déchets est faisable. Cinq étapes sont établies: purifier l’eau, introduire des vitamines et des suppléments, varier son alimentation en insistant sur les bienfaits du miel, de l’ail et du thym. Prendre bien soin de sa maison et, enfin, désintoxiquer son corps.

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Frangié ou le chaos

La question de l’élection présidentielle a confirmé que les chrétiens du Liban ne sont plus ces preneurs d’initiatives, ces rassembleurs de la nation, ces dynamiseurs, capables d’innover, d’imaginer, d’entreprendre et de rallier les autres partenaires à leurs idées. On le savait depuis déjà trois décennies, mais on continuait à espérer un changement des mentalités et des habitudes, des actes et des paroles. Dix-sept mois de vacance présidentielle étaient amplement suffisants pour qu’ils tentent de se repositionner sur l’échiquier national, qu’ils se libèrent de leur condition de suiveurs et redeviennent des décideurs, qu’ils recommencent à peser dans la balance. Ils auraient pu facilement y parvenir en s’entendant entre eux sur un candidat unique à la présidentielle et en portant son nom aux autres partis, qui n’auraient eu ni le courage ni la possibilité de le refuser. En vain. Certains leaders sont restés prisonniers de leur ego démesuré, de leur entêtement légendaire et de leur myopie politique. Au lieu de faire l’événement, ils l’ont regardé venir, initié par les autres et, aujourd’hui, ils en subissent les conséquences.Les autres, c’est Walid Joumblatt, qui s’est réservé une place de choix dans l’équation présidentielle dès la première heure, en présentant son propre candidat, Henri Hélou. C’est Saad Hariri, qui a fait mine d’appuyer la candidature de Samir Geagea tout en négociant la présidence avec Michel Aoun, avant de se rétracter et de passer au suivant… C’est aussi Nabih Berry, qui avait en réserve son candidat caché et qui imaginait, pendant tout ce temps, le scénario de sortie de crise et se donnait les moyens de le concrétiser. Entre-temps, les leaders chrétiens se neutralisaient mutuellement et attendaient que leurs alliés respectifs fassent pencher la balance en leur faveur. Ils se sont barricadés derrière des attitudes négatives, si bien qu’ils sont tombés des nues lorsqu’ils ont appris le projet de candidature de Sleiman Frangié. Ils en ont avalé leur langue. Que peuvent-ils dire du leader du Liban-Nord? Qu’il n’est pas représentatif, qu’il est manipulé, inféodé à telle partie locale ou tel pays régional? Ils savent très bien que cela est inexact. Lui reprocher d’avoir été «choisi» par Saad Hariri est encore moins vrai, car Sleiman Frangié, est, avant tout, le choix de l’Eglise maronite, qui l’a placé parmi les «quatre présidentiables forts», avec l’accord des autres «pôles» chrétiens.Berry, Hariri et Joumblatt ont le mérite d’avoir saisi le moment opportun pour lancer, défendre et vendre, au Liban et à l’étranger, l’option Frangié. Les leaders chrétiens, eux, ont semblé complètement déconnectés des réalités régionales et internationales. Ils n’ont pas vu qu’une «window of opportunity» s’était entrouverte, et qu’il fallait s’y engouffrer avant qu’elle ne se referme, pour prendre l’initiative et se replacer, ainsi, au centre de l’échiquier national. Comme, il y a un an et demi, ils auraient dû faire bloc derrière la candidature de Michel Aoun, ils doivent, aujourd’hui, choisir Sleiman Frangié, quitte à appuyer, demain, Samir Geagea ou Amine Gemayel.Sleiman Frangié n’est pas encore président et il se peut qu’il ne le devienne pas, même si les indices plaidant en faveur de sa candidature se multiplient. Mais une chose est sûre, si les leaders chrétiens choisissent la voie de l’autodestruction, le vide pourrait s’éterniser.De là à dire que les Libanais sont confrontés à l’équation Frangié ou le chaos, il n’y a qu’un petit pas à franchir.


 Paul Khalifeh
   

Santé

Bienfaits, risques, nouvelles techniques… La chirurgie de l’obésité l’ultime recours
L’obésité morbide est un grave problème de santé. Il s’agit d’une maladie multifactorielle, en partie génétique, qui a des conséquences…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved