Fintech. Un modèle en attente d’un encadrement légal au Liban
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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

Fintech. Un modèle en attente d’un encadrement légal au Liban

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    Fintech. Un modèle en attente d’un encadrement légal au Liban
    Que l’on parle de FinTech ou de TechFin, il ne s’agit que de finance et de technologie. La différence est qu’au lieu d’être séparées, elles sont maintenant intégrées. Dans quelques années,...
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Que l’on parle de FinTech ou de TechFin, il ne s’agit que de finance et de technologie. La différence est qu’au lieu d’être séparées, elles sont maintenant intégrées.

Dans quelques années, nous cesserons de parler de FinTech, de TechFin, etc., et parlerons simplement de la finance fournie par la technologie d’une toute nouvelle manière. Dans ce secteur, on entend un lexique technique comprenant les mots rebanking, intelligence artificielle, blockchain, big data. L’impact économique de la Fintech est considérable, car de nouveaux moyens de financement, surtout pour les PME, sont proposés, s’appuyant souvent sur le mobile et sans intermédiaires. Le Liban assiste à l’émergence d’entreprises Fintech, et accueille plus de 15% des start-up Fintech de la région.
Au début de l’ère des start-up et de la Fintech, la question s’est effectivement posée. Allions-nous assister à une confrontation entre le modèle de la banque traditionnelle et le modèle Fintech, à une entente et une collaboration entre les deux, ou bien à une cohabitation et à un partage du marché? Si la banque traditionnelle garde pour elle la base clientèle, les moyens financiers, le savoir-faire bancaire et la réputation, et contre elle la régulation, le conservatisme et la lourdeur des processus; le modèle Fintech a pour lui la proactivité, l’agilité, l’alignement sur les jeunes, des coûts moins chers et un manque de régularisation. «On assiste actuellement à un rapprochement des deux modèles. La Fintech a le mérite d’avoir secoué les banques qui ont été obligées d’être plus agressives au niveau de la technologie et de proposer des systèmes plus en phase avec les attentes des clients. Le clash prévu n’a pas eu lieu, les banques peuvent se permettre d’acheter la technologie et nous assistons plutôt à une cohabitation positive entre les deux modèles qui, dans certains secteurs, tendent l’un vers l’autre», déclare André Gholam, Pdg de Logica, une société d’audit informatique. «L’IBL a déjà commencé à adopter les innovations financières et présente d’importantes opportunités de coopération avec la Fintech. C’est la coopération et la complémentarité entre la banque et la Fintech qui va prévaloir et non pas la résistance de la banque vis-à-vis de de l’autre modèle. Pour les cinq années à venir, notre stratégie est de nous positionner dans le monde de la Fintech et des start-up et de répondre aux besoins de nos clients et des marchés», souligne Salim Habib, Pdg de l’IBL, ajoutant que «ceci n’empêchera pas une certaine forme de compétition qui sera, à mon avis, saine et bénéfique pour le consommateur.»
D’après Antoine Lawandos, directeur général adjoint et directeur des Systèmes d’information à Blom Bank, le partenariat entre la banque et la Fintech est non seulement possible, mais plutôt souhaitable. La Fintech est au sens large la technologie au service des banques et institutions financières. Ainsi, elle a été de tout temps et indiscutablement partie intégrante de tous les moteurs bancaires, et ce à tous les niveaux: Front, BackOffice, Customer Facing, Self-Service, Interfaces utilisateurs, Systèmes et réseaux de paiements et la liste reste longue. Au sens restreint, ajoute-t-il, la Fintech est le cœur de métier des nouvelles entreprises, start-up ou autres, offrant des services dans le domaine de la banque, des finances ou des paiements, dans le but de remplacer des services existants ou éventuellement visant à les améliorer ou à les compléter, d’où le partenariat entre la Fintech et banques.

Réforme du business model
Mais ces disrupteurs s’appuient sur des banques de la vieille école pour les services bancaires et l’infrastructure bancaire (comptes bancaires, paiements, intermédiation, conformité). Autrement dit, ils réinventent l’expérience utilisateur, l’interface utilisateur ou le modèle d’entreprise, mais pas «le tout». De plus, en comptant sur les banques pour faire des affaires, les entreprises de technologies financières sont des clients et génèrent ainsi des revenus pour la banque. Disons que c’est un modèle de co-pétition (concurrence coopérative) dans lequel les Fintech restent à la merci des banques, elles perturbent les banques d’un côté, mais leur rapportent des affaires de l’autre. A la fin, les banques continuent de gagner. Néanmoins, pour échapper aux retombées à l’ère de la disruption, les banques n’ont d’autre choix que de réviser leur modèle de travail, d’où les mots souvent utilisés de «reshaping the bank or rebanking». «Les banques doivent remettre en question leur modèle. On note des changements importants dans les grandes banques internationales. Goldman Sachs, par exemple, a remplacé la majeure partie de ses traders par des robo advisors (robots conseillers, ndlr)», dit André Gholam, mettant l’accent par ailleurs sur le fait que «si les banques ne se préparent pas dès à présent, le choc sera dur.
La préparation n’est pas uniquement technologique. Un développement en parallèle de l’ensemble des composants des processus est nécessaire: la direction, le personnel, les procédures, les lois… On a souvent vu dans le passé des technologies prometteuses qui ont fini dans un flop monumental. Ça prendra du temps, mais ça va venir et l’impact sera majeur.» Répondant à la même inquiétude sur le reshaping banks, Salim Habib considère que si les banques ne remplissent plus leur rôle de financement de l’économie, le risque est là. «Mais les banques sont conscientes de la pression du digital et du changement profond des mentalités des clients. Le financement de start-up technologiques ainsi que la création de fonds participatifs va introduire plus de concurrence et va pousser les banques à concevoir de nouvelles architectures en phase avec l’exigence des clients et à mieux s’intégrer aux réseaux sociaux en s’ouvrant aux potentialités externes par une démarche d’«open innovation».

Ubérisation de la finance
«Il est possible que l’ubérisation de l’économie et de la finance soit une solution d’avenir», souligne le numéro 1 d’IBL, faisant remarquer que «ce néologisme formé à partir du nom d’Uber s’est emparé du transport, de l’hôtellerie, de la restauration, du conseil juridique… La liste est longue et prouve à quel point le changement dans les modèles économiques et surtout des services est profond. Le monde de la finance n’échappera pas à cette évolution, j’en suis conscient. Mais si la banque s’adapte à ces changements et ces mutations, elle continuera à remplir ses fonctions et à jouer son rôle.» «Effectivement, dans beaucoup de domaines, on assiste à ce phénomène d’ubérisation. Il semble toutefois difficilement applicable au monde bancaire et financier, même si, dans certains cas spécifiques, il y a annulation du rôle d’intermédiaire de la banque. Les mentalités et les lois ne s’y prêtent pas encore. Mais aussi et surtout, les banques qui veulent garder leur monopole sur ce marché», dit le patron de la société Logica. On l’a vu récemment avec le lancement de la cryptomonnaie Libra de Facebook. Bien que différente des autres cryptomonnaies dans le sens de la stabilité de ses cours et de sa relative transparence, elle a immédiatement fait réagir les politiques et banquiers qui ont voulu l’encadrer et la réguler; sinon elle aurait d’un coup fait de Facebook la plus grande banque au monde avec plus de 2 milliards de clients. Evidemment, Facebook n’offrirait pas toute la palette de services d’une banque classique, mais les transferts et paiements seraient les premiers à être proposés. Ce qui toucherait la majorité des individus. Par ailleurs, les exemples de peer-to-peer lending et de crowdfunding sont des exemples parfaits de la disparition du rôle d’intermédiaire. On a remplacé la banque par une application (avec tout ce qu’il y a derrière) pour obtenir et gérer des prêts. Les estimations prédisent un volume de 1 000 milliards de dollars en 2024, venant de 26 milliards en 2015, rien que pour le peer-to-peer lending. D’après Antoine Lawandos, il n’est pas très exact de parler de l’ubérisation des services financiers car il est impossible de comparer le modèle complexe du métier bancaire au modèle plus simple du commerce en ligne voire même à celui des néo-banques. Celles-ci ont construit le modèle de leur métier autour d’un nombre limité de services centrés sur quelques produits simples et à faible risque et pouvant être uniquement proposés de manière numérique à une catégorie restreinte de consommateurs via un nombre réduit de canaux de distribution. «Ceci dit, la complexité supplémentaire des banques traditionnelles consiste actuellement à soutenir des réseaux de distribution hybrides dans lesquels le concept d’agence continue de jouer un rôle assez important mais dont l’importance va certes diminuer progressivement au fil des années», fait-il remarquer, ajoutant que «dans le commerce électronique, la transaction et son cycle de vie sont fondamentalement les mêmes quelle que soit la taille du portefeuille de produits. Dans les services des réseaux sociaux, le client devient lui-même le produit. Ceci ne reste pas vrai dans le cadre des produits et services bancaires, et particulièrement lorsque vous êtes une banque universelle agissant dans les secteurs de la banque de détail, la banque d’entreprise, des PME, traitant des opérations avec des correspondants, ou gérant des portefeuilles d’investissements variés. Dans ce cas, vous devez gérer une grande diversité de services et produits distribués moyennant plus de 5 canaux de livraison tout en tenant compte de réglementations de concordance de plus en plus strictes.»

Relations banques/Start-up
En Grande-Bretagne, la FCA (Financial Conduct Authority) met en place des lois en vue d’aider le développement de la Fintech. Quant à la régulation européenne, elle est la plus avancée en ce sens, notamment l’OPEN PSD2 (directive révisée sur les services de paiement) qui vise à définir un écosystème de coopération/compétition entre la banque et la Fintech, moyennant une règlementation qui va entrer en vigueur en septembre 2019 pour distribuer les rôles entre banques et Fintech. OPEN PSD2 vise à contrôler et réduire le monopole que les banques exerçaient sur les comptes de leur clientèle et sur les paiements et modes de paiements relatifs. OPEN PSD2 donne des droits aux clients d’utiliser les services de tierces parties, en l’occurrence des Fintech, désignées par la régulation en tant que TPPs (Third party providers) et pouvant jouer les rôles de AISP (Account Information Service Providers) ou PISP (Payment Information Service Providers), sans pour autant être des banques. La régulation donne le privilège aux banques d’assumer en même temps leur rôle de banque en plus du rôle de TPP. La régulation oblige les banques à ouvrir leurs systèmes moyennant des APIs (Application Program Interfaces) qui seraient mises à la disposition des TPP pour leur permettre l’accès direct à plusieurs banques depuis leurs applicatifs et la capacité d’offrir des services à valeur ajoutée à la suite du consentement explicite du client qui restera toujours sous le contrôle de la banque elle-même, et en respect de normes de sécurité règlementaires préétablies. Bien sûr, la régulation force les banques à offrir leurs services sous formes de APIs dans un respect strict de normes de sécurité telles que définies par le RTS (Regulatory Technical Standards) qui fait partie de OPEN PSD2 et en conformité avec la régulation/loi eIDAS qui régit les identités numériques ainsi que les services d’authentification qui y sont relatifs. Les banques devront mettre à la disposition des TPP accrédites selon les modalités de la nouvelle loi des environnements de «SANDBOX» ou les TPP pourront tester et faire évoluer leurs applicatifs, explique Antoine Lawandos, qui insiste par ailleurs que «le but de PSD2 est d’instaurer un cadre légal pour gérer la collaboration et règlementer la compétition sur l’offre de services autour des comptes bancaires et des services de paiement en ligne, faisant entrer en jeu les TPP – qui sont en fait des Fintech –, selon notre définition.
Au Liban, on voit de plus en plus une volonté des autorités publiques et financières de réguler ce marché de la Fintech. Mais la progression légale est lente. Répondant à une question lors du dernier forum organisé à Beyrouth par Euromoney, le gouverneur de la BDL Riad Salamé, a déclaré que toutes les circulaires en pipeline portant sur la Fintech ont pour objectif premier de protéger le consommateur, ajoutant que «la BDL ,en tant que régulateur, interviendra non seulement pour maintenir une stabilité, mais également pour veiller à la concurrence dans le secteur financier». Il a également réitéré l’annonce d’une émission prochaine d’une monnaie digitale propre au Liban. D’ailleurs, la lenteur de la législation dans ce domaine n’est plus de rigueur surtout après la promulgation de la loi 81 sur la signature électronique, il y a déjà neuf mois, alors que tout le monde l’a réclamé à cor et à cri. Cela sans parler de la circulaire 331 de la Banque centrale permettant aux banques d’investir dans les start-up.

Trump vs compagnies de technologies
Les États-Unis proposent d’empêcher les grandes entreprises de technologie d’offrir des services financiers et des monnaies numériques. Autrement dit de fonctionner en tant qu’institutions financières. Un projet de loi en ce sens a été transmis pour examen au Sénat et à la Chambre des Représentants après l’annonce par Facebook Inc. de son intention de lancer sa propre monnaie numérique – Libra - en 2020. Facebook et 28 partenaires, dont Mastercard Inc (MA.N), PayPal Holdings Inc (PYPL.O) et Uber Technologies Inc. (UBER.N), formeraient l’association Libra pour régir la nouvelle pièce. Aucune banque ne fait actuellement partie du groupe. La position du président américain Donald Trump est claire. En juillet dernier, il a critiqué la Libra et a demandé aux entreprises de technologies de solliciter une charte bancaire et de se soumettre à la réglementation américaine et mondiale si elles souhaitaient «devenir une banque». Ses commentaires ont été prononcés après que le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, eut déclaré aux législateurs que le plan de Facebook visant à créer une monnaie numérique, ne pourrait pas aller de l’avant s’il ne répondait pas aux préoccupations concernant la confidentialité, le blanchiment d’argent, la protection des consommateurs et la stabilité financière.

Un nouveau monde tout simplement
En tant que client, nous apprécions la technologie et la valeur ajoutée qu’elle nous apporte. Parler d’innovation est chose facile. Passer à l’exécution est plus difficile. Dans tous les cas de figures, la Fintech est sous-tendue par une dynamique évolutive. Pour le moment, peu d’entreprises Fintech ont évolué d’un modèle de P2P à un modèle de marché où la liquidité peut provenir d’individus ou d’institutions financières. Cette vague de technologies financières qui se mettrait en place sera la «banque de marché» (ou «banques de technologies financières»). Ce sera un type de banque basé sur les éléments simples suivants. Imaginez que vous soyez un client de cette «banque de marché» et que vous ayez besoin d’un prêt. Vous ne vous souciez pas vraiment si le prêt vous est fourni par le Lending Club ou la Bank of America, ce que vous recherchez est un processus rapide et sans friction pour obtenir votre prêt et le taux d’intérêt le plus bas possible. La question sera de savoir si la première «banque de marché» serait lancée par une banque de la vieille école (un opérateur historique) ou par une start-up de la Fintech? Il serait trop perturbant et le risque de cannibalisation est trop élevé pour qu’une banque assume le risque. La finance fournie par la technologie diffère de bien d’autres manières, mais nous allons bientôt cesser de parler de technologie de rupture, d’innovation ou de technologie financière. Ce ne sera qu’un nouveau monde financier transformé numériquement.

Liliane Mokbel

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Éditorial
La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


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