Meilleur bartender du Liban. L’art de la mixologie
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Nº 3002 du vendredi 22 mai 2015

Meilleur bartender du Liban. L’art de la mixologie

 
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C’est une initiative lancée par Diageo Reserve à l’occasion de la tenue au Liban de World Class pour élire le meilleur bartender du pays. A l’issue de la compétition, six ont été choisis pour prendre part à la finale, début juin. Certains médias et blogueurs ont été conviés à une tournée de mixologie en ville.
 

Il est 18h. La voiture-taxi affrétée par Uber s’arrête devant l’immeuble, sécurité routière oblige. Il vaut mieux ne pas conduire. La soirée promet d’être arrosée, parce qu’il faut bien goûter à tous les cocktails signature des finalistes qui ont emporté l’adhésion du jury. Alors la soirée commence tôt. En tout cas à Beyrouth, il n’y a jamais d’heure fixe pour se lancer au cœur de la nuit qui se profile. Les Libanais, après tout, sont bien connus pour aimer faire la fête.
Première destination, Hamra, le BistroBar Live. Deux des lauréats y officient derrière le zinc; ils ont été prévenus, ils sont prêts. La mixologie peut commencer. C’est tout un art, un savoir-faire et du flair. C’est aussi beaucoup de recherches, d’expérimentation, d’expériences. Tous s’accordent sur ces points. Chacun, à son tour, racontera son histoire, ses débuts dans le domaine, dans le «bartending», un métier qui s’affirme de plus en plus comme tel, et non comme job de substitution l’espace d’une saison pour se faire un petit pécule, avant de reprendre le cours de la vie. Non, le bartending est indéniablement devenu un mode de vie.
Ahmad el-Saghir et Jassar el-Tahat préparent leurs cocktails respectifs, Elixir et Evening readings. Donner un nom à son mixage d’alcools, c’est déjà le visualiser dans un contexte bien précis, le contexte d’où l’inspiration a été puisée et dans lequel les saveurs seront goûtées. Les sources d’inspiration sont inépuisables, tout peut prêter à un nouveau cocktail. Ou plutôt, surtout, à détourner les classiques, en ajoutant un élément, en substituant une saveur à une autre, en contrastant les goûts. Devant le regard du client, le bartender mixe, mélange, emmêle ses ingrédients, ses bouteilles, transformant le zinc en véritable laboratoire, à la fois concentré, souriant et attentif aux moindres détails. Certains prendront le jeu beaucoup plus au sérieux, alignant les explications, reconstituant la manière dont ils ont présenté leur breuvage au jury de la compétition. D’autres seront plus légers, plus décontractés, plaisantant, discutant, même si la tension est perceptible. Après tout, il s’agit de remporter un titre, celui du meilleur bartender du pays, Lebanon’s World Class Champion 2015. Le lauréat aura également la chance de représenter le Liban en Afrique du Sud à la 7e édition du Diageo Reserve World Class Global Final, la compétition la plus prestigieuse dans l’industrie du bartending. Alors pour ouvrir la porte et la chance à plus de Libanais, Diageo a décidé de lancer une «wildcard» en invitant un 7e bartender à prendre part à la grande finale.

 

Des deux côtés du bar...
Presque 20h. Temps de se diriger vers l’autre bout de la ville, du côté de Mar Mikhaël, l’autre pôle attractif des soirées beyrouthines. Uber encore une fois, et c’est le débarquement à Central Station Boutique Bar, spécialiste des cocktails raffinés et inventifs. Refaat Ghostine prépare son Tanoshimu inspiré de la cérémonie de thé japonaise. Un cocktail à base de thé, qui dégage des effluves de jasmin, une impression de jardin typique, versé dans les traditionnelles tasses de thé du pays, et dont chaque gorgée dégage un goût à chaque fois différent, jusqu’à percevoir au palais les grains de l’herbe séchée. Une expérience déroutante et apaisante; une autre facette de la nuit à Beyrouth, à déguster.
Le thé semble avoir une place de plus en plus présente dans la mixologie beyrouthine. C’est au Junkyard, quelques pas plus loin, que Johnny Mansour prépare son Tea 10, inspiré cette fois du célèbre british tea. Avant de clôturer la soirée avec Alan Haddad et son Don the barrel, à base de tequila, un défi relevé, cet alcool se prêtant, généralement, moins aux cocktails.
Au-delà de la promotion, il y a la connaissance des métiers de la nuit, la sensibilisation à la sécurité routière, la responsabilisation de tout un chacun. Et le contact humain. Le bartending est une question de dosage, non seulement des alcools et des différents éléments pour parvenir au cocktail parfait, mais un dosage équilibré de sourires, de personnalité, de charisme, d’attention, et de rapports humains, d’abord des bartenders entre eux, en dépit de la compétition, ensuite avec les clients. Avoir une main de fer tout en gardant le sourire, être décisif et aimable, épuisant et gratifiant à la fois. De la patience, beaucoup, il en faut, pour tendre l’oreille, écouter, tout en pensant à ses propres rêves, ses propres ambitions, son avenir, dans un pays qui, malgré tout, reste bouché. Contrairement à ce qu’on pourrait le croire, ils ne cherchent pas tous à avoir, un jour, leur propre bar. Peut-être plus de responsabilités, plus de probabilité de mettre la clé sous la porte, ils sont bien nombreux les bars qui fleurissent juste quelque temps avant de fermer; peut-être l’envie de vivre une passion à fond; peut-être la nécessité de subvenir aux besoins de la famille; ou un désir enfoui de partir bientôt, à l’étranger, ailleurs là où Beyrouth restera un pincement au cœur, une mélancolie éternelle.

Nayla Rached

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Éditorial
La fin de l’Histoire

Les hordes de l’Etat islamique se sont emparées de la magnifique cité antique de Palmyre, l’un des sites archéologiques les plus riches et les mieux conservés du Levant. Au-delà de la beauté des pierres, de la majesté des temples, de la splendeur des colonnades torsadées et des impressionnants monuments funéraires vieux de 2000 ans, Palmyre est un symbole. Celui d’un Machrek, berceau et creuset d’illustres civilisations, dont l’apport à l’Humanité fut crucial; symbole d’un passé glorieux, trait d’union entre l’Orient de Zénobie et l’Occident d’Aurélien, d’une continuité dans la marche de l’Histoire, d’un pluralisme ethno-religieux, qui fait la richesse de cette partie du monde. Les armées du conquérant de la Syrie, Khaled Ibn el-Walid, tout droit sorties du désert d’Arabie, n’ont pas tenté de détruire Palmyre ou d’autres sites du Levant. Les califes omeyades et abbassides, les Fatimides, les croisés, Saladin, les Mongols, les Mamelouks, les Ottomans, les colonisateurs franco-britanniques, aucun de ceux qui ont occupé, ou dominé, notre région au fil des siècles n’a songé à démolir ces vestiges du passé. Certains ne s’y intéressaient pas, d’autres, en revanche, les ont mis en valeur, estimant que pour grandir, il fallait savoir apprécier les grandes choses.Les crimes perpétrés par Daech contre les peuples du Levant et leur patrimoine archéologique n’ont pas d’équivalent dans le passé des Arabes et de l’islam. Pour cette excroissance monstrueuse d’al-Qaïda, l’Histoire commence il y a quatorze siècles, et tout ce qui vient avant doit disparaître, ce qui vient après doit faire l’objet d’une impitoyable révision afin d’en éliminer les impuretés. C’est cela l’islam du désert, dont la vocation est bien loin des préceptes du prophète Mohammad et de ceux qui, après lui, ont dirigé sa Oumma. En effaçant les traces du passé, Daech veut détruire les symboles qu’elles représentent, pour que domine sa vision d’un monde uniforme, plat, formaté, monotone, totalitaire, injuste, arbitraire, lassant et désespérant. Et c’est en construisant cet enfer, à coups de têtes tranchées, de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage, de minorités déracinées, et de populations martyrisées, qu’Abou Bakr el-Baghadadi promet à ses hommes le paradis.Le monde n’a pas encore pris la mesure du danger que représente ce groupe pour l’Humanité. Certains pays dits «civilisés» ne déploient pas les moyens nécessaires pour endiguer sérieusement l’avancée de Daech. Sinon comment expliquer le fait que cette organisation, soumise depuis neuf mois à des bombardements aériens quotidiens menés par des dizaines d’avions, parvient toujours à agrandir son territoire? Des Etats de la région continuent de trouver des convergences d’intérêts avec Abou Bakr el-Baghdadi, partant du principe que «l’ennemi de mon ennemi est mon ami». Le plus dangereux est cette tentative pernicieuse de réhabilitation du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, que certains espèrent voir rayé de la liste des organisations terroristes des Nations unies. Même au Liban, il existe des naïfs qui se croient à l’abri de la menace de Daech dans toutes ses versions, et pensent jouir d’une marge de manœuvre assez large pour jouer aux malins, dans l’espoir de régler des comptes politiques avec leurs adversaires locaux. Ils n’ont pas compris que la menace est globale, que personne n’y échappera, et que l’heure de l’union sacrée a sonné depuis longtemps. 



 Paul Khalifeh
   

Santé

Les conséquences de l’accident vasculaire cérébral. Lésions, séquelles, handicaps
Un engourdissement, une impossibilité de bouger, des troubles de la parole et de la vision et une perte de sensibilité…

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