Liban et Proche-Orient
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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

Liban et Proche-Orient
Mercredi, 31 Juillet 2019 09:59

Confidences diplomatie

Frontières maritimes
Le tracé début 2020?

Des sources politiques à Beyrouth s'attendent à une réactivation du dossier du tracé des frontières maritimes et terrestres entre le Liban et Israël après la nomination d'un nouveau secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires du Proche-Orient, David Schenker, en remplacement de David Satterfield, qui devient ambassadeur américain en Turquie. Ces sources qualifient M. Schenker de grand connaisseur du monde arabe et de technicien, alors que M. Satterfield était plutôt un «idéologue» dépourvu du sens de la neutralité, défendant souvent les intérêts israéliens. M. Schenker était le directeur du cabinet du secrétaire à la Défense pour les pays du Levant, le plus important poste au Pentagone concernant les affaires arabes. Sa mission consistait à conseiller le secrétaire à la Défense dans les questions militaires et politiques pour le Liban, la Syrie, la Jordanie et les Territoires palestiniens. Avant de rejoindre l'Administration, M. Schenker était chercheur au Washington institute, spécialiste du monde arabe.
Les sources précitées pensent que la médiation américaine concernant le tracé des frontières reprendra intensément après les élections en Israël, le 17 septembre. Car il est peu probable que le Premier ministre Benyamin Netanyahu fasse des concessions politiques de peur qu'il n'en paie le prix dans les urnes. C'est d'ailleurs pour cette raison que les autorités israéliennes étaient revenues sur leur accord pour des négociations simultanées concernant les frontières terrestres et maritimes, comme l'exige le Liban, alors que Tel-Aviv souhaitait commencer par le tracé terrestre. Mais le Liban refuse de discuter de la frontière terretre, qui répond aux impératifs de sécurité israéliens, car il craint qu'une fois qu'il aura obtenu ce qu'il veut sur terre, Israël refuserait ensuite de procéder au tracé des frontières maritimes. Cependant, l'inflexibilité du Liban et le besoin des deux pays d'extraire et de commercialiser le gaz jouerait en faveur d'une solution, qui interviendrait fin 2019 ou début 2020 au plus tard.

 

Les sanctionnés à la table de Ali
L'ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdel Karim Ali, a réuni à sa table un grand nombre de personnalités politiques proches de l'Iran et de la Syrie. Les agapes ont été organisées, à la mi-juillet, en l'honneur du chef du bloc parlementaire du Hezbollah Mohamed Raad, du député du parti Amine Cherri et du responsable sécuritaire Wafic Safa, récemment frappés par des sanctions américaines.

En vacances
En dépit des développements politiques et sécuritaires qui se succèdent au Liban ces dernières semaines, les ambassadeurs des pays influents brillent par leur absence. Deux raisons se cachent derrière ce qui semble être un désintérêt de la part des grandes puissances à l'égard du Liban, soutient une source diplomatique à Beyrouth. La première est que certains ambassadeurs ont quitté leur poste avec les membres de leur famille pour les vacances d'été. La deuxième raison est une déduction de la première: si ces diplomates n'ont pas jugé bon de reporter ou d'écourter leurs congés, c'est que le Liban n'est plus une question prioritaire au vu des enjeux majeurs au niveau régional, notamment la question iranienne.


 


Bras de fer autour des nominations
Les nominations et les permutations diplomatiques n'attendent pas la reprise des réunions du Conseil des ministres, comme l'affirment des milieux politiques. Des sources informées assurent que malgré le retour à l'administration centrale de onze ambassadeurs dont la mission s'est achevée à l'étranger, la désignation de leurs successeurs n'est pas imminente. Un bras de fer semble engagé entre les principales forces politiques et les désignations pourrait traîner jusqu'au début de l'année prochaine, croient savoir ces sources.  


Zasypkin reste en poste au Liban

L'absence prolongée de l'ambassadeur de Russie Alexander Zasypkin, a déclenché des rumeurs sur son prochain remplacement. Des sources informées à Beyrouth assurent que Moscou, amplement satisfait de son ambassadeur, ne souhaite pas nommer un remplaçant à ce diplomate chevronné qui est en poste à Beyrouth depuis neuf ans. M. Zasypkin est en vacances avec sa famille et réintégrera son poste à la mi-août.

L’ancien Premier ministre Tammam Salam revient d’Arabie saoudite avec la ferme impression que le royaume est décidé à soutenir le Liban à tous les niveaux. Le député de Beyrouth ne mâche pas ses mots à l’égard du chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, à qui il reproche d’exacerber les tensions et de véhiculer un discours sectaire.
 

Quel était le but de la visite que vous avez effectué en Arabie saoudite avec deux autres anciens Premiers ministres, Fouad Siniora et Najib Mikati?
Cette visite s’inscrit dans le cadre de l’intérêt renouvelé de l’Arabie saoudite à l’égard du Liban, et qui s’est manifesté il y a quelques mois par la levée de l’interdiction faite aux touristes saoudiens de se rendre au pays du cèdre. J’ai appris de la bouche de l’ambassadeur du royaume à Beyrouth que 40 000 ressortissants saoudiens sont venus (à la mi-juillet, ndlr). Cet intérêt s’est aussi exprimé à travers la visite à Beyrouth – une première – d’une délégation du Conseil de la Choura et de l’invitation adressée au commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, à se rendre à Riyad, où il a reçu la plus haute distinction du royaume. Cela nous a incités à demander une audience au roi, surtout que depuis un certain temps, nous étions actifs sur la scène interne. Avec les développements régionaux, nous avons pensé qu’il fallait que nous portions notre action à l’étranger aussi. Le roi Salman nous a clairement exprimé son attachement à la stabilité et à l’unité du Liban et a dit que le royaume était «contraint» de soutenir ce pays du fait des relations historiques qui les lient. Il a affirmé que le Liban était un modèle de civilisation dans la région, avec un président de la République maronite, un chef de Parlement chiite et un Premier ministre sunnite. Selon lui, il faut renforcer cet équilibre pour préserver le calme, la stabilité et la force du Liban. Ses propos étaient clairs et il a donné des instructions au ministre des Affaires étrangères, Ibrahim al-Assaf, que nous avons rencontré après l’audience avec le roi, lui demandant d’écouter ce que nous avions à dire et de prendre les mesures nécessaires allant dans ce sens. Nous avons évoqué de nombreuses questions concernant aussi bien le Liban que la région, et nous avons exprimé nos craintes en cette période. Les responsables saoudiens étaient attentifs et nous ont fait part de leur évaluation des développements dans la région et de leur vision de l’évolution de la situation.

Et vers où se dirige la région selon ce que vous avez entendu?
Les responsables saoudiens ont exprimé une position claire au sujet de l’expansionnisme iranien dans la région. L’Arabie saoudite estime que ni le royaume ni les Arabes en général ont appliqué une politique expansionniste en Iran ou ont créé des outils d’influence dans ce pays. Pourquoi l’Iran, lui, fait-il le contraire? Pourquoi provoque-t-il des crises et des confrontations dans le monde arabe? Cela est inacceptable et tous les pays arabes doivent unir leurs efforts pour y faire face. Dans le contexte de cette confrontation, l’Arabie saoudite a à cœur les intérêts du Liban et souhaite que ce pays ne soit pas confronté à des dangers. Les responsables saoudiens nous interrogent sans cesse sur la politique de distanciation censée être adoptée par le Liban et qui est même mentionnée dans la déclaration ministérielle, alors qu’en réalité elle n’est pas mise en œuvre. Nous leur avons précisé qu’effectivement, il existe des lacunes à ce niveau et qu’un important parti libanais ne respecte pas cette politique et continue de s’impliquer dans des conflits régionaux, notamment en Syrie. Nous nous efforçons d’y mettre un terme mais nous ne pouvons pas prétendre avoir réussi jusqu’à présent.

Avez-vous senti chez les responsables saoudiens que vous avez rencontrés des craintes au sujet de Taëf et de l’existence de tentatives d’amender ou même d’abolir cet accord pour le remplacer par une autre formule?
C’est nous qui avons exprimé nos appréhensions à ce sujet et eux ont réaffirmé leur attachement total à l’accord de Taëf en tant que facteur essentiel pour la préservation de la stabilité et de la paix civile au Liban. Depuis un certain temps déjà, nous mettons en garde contre un déséquilibre car des hérésies qui sont en contradiction avec Taëf sont apparues. Cela porte atteinte à l’unité nationale et nous avons lancé des mises en garde à plusieurs reprises. Cette question est au cœur de notre action en tant qu’anciens Premiers ministres car nous avons assumé des responsabilités officielles et nous savons parfaitement quels sont les impératifs de l’Etat pour préserver l’unité du peuple et assurer un climat d’entente nationale dans le pays. Nous savons que depuis deux ans, des excès inacceptables ont lieu, le plus grave étant celui qui a eu lieu lors de l’accord de Doha, qui a, en quelque sorte, court-circuité Taëf en instaurant des approches nouvelles comme le tiers de blocage au Conseil des ministres ou le fait que le président de la République soit représenté par des ministres au gouvernement. Il s’agit d’hérésies qui n’aident pas, la pratique l’a prouvé depuis Doha à ce jour. Le Conseil des ministres doit être productif, efficace et fort. Or aujourd’hui, c’est tout le contraire, il est dispersé et faible, car il s’agit d’un gouvernement de coalition miné par les tiraillements entre les forces politiques qui y sont représentées. Le blocage prime. L’Arabie saoudite a joué un rôle primordial dans l’arrêt de la guerre au Liban et la conclusion de l’accord de Taëf.

 

Craignez-vous que Taëf soit remplacé par le système des trois tiers?
Si ce discours populiste, sectaire, exacerbé et radical se poursuit, je n’exclus rien. Si le système actuel n’est pas consolidé avec un discours rassembleur et constructif, positif et loin du populisme, tout est possible. Battre en brèche l’accord de Taëf et affaiblir la Constitution, la paix civile, et l’entente nationale, peuvent faire glisser le Liban vers le système des trois tiers et même vers l’effritement total.

Comment conciliez-vous entre votre soutien au chef du gouvernement Saad Hariri et vos critiques à l’égard de l’entente présidentielle qui le lie au président de la République. Il y a une certaine contradiction dans cette position.
Le soutien accordé par trois anciens Premiers ministres au président du Conseil est naturel, indépendamment de toute vision confessionnelle. Cet appui est motivé par des considérations nationales et par le souci de renforcer les institutions et la légalité. Comme je l’ai dit, l’accord de Doha, conclu dans des circonstances particulières, a porté le plus grave préjudice au poste de président du Conseil des ministres. Les méthodes qui sont mises en pratique par ce mandat depuis trois ans ont aggravé les choses. Ce parti a recours à la philosophie du blocage car il croit que c’est elle qui l’a mené au pouvoir et il n’a aucune raison d’y renoncer. Il continuera donc à pratiquer le blocage. Les élections, organisée avec une mauvaise loi, et qui ont donné les résultats que l’on sait, l’ont conforté dans ce choix.
Oui, il est de notre devoir de soutenir le Premier ministre et quelquefois nous avons senti que la fonction de président du Conseil était la cible d’attaques. Il était tout à fait naturel de nous élever contre ces pratiques et d’exprimer nos griefs.

Mais Saad Hariri réaffirme à tout bout de champ son attachement à l’entente présidentielle qui serait, selon vous, en partie du moins, responsable du ciblage dont fait l’objet la présidence du Conseil.
Il faut se souvenir que lorsque cette entente politique a été conclue, elle a soulevé beaucoup de questions et de critiques de la part d’une composante essentielle dans le pays. Cependant, nous avons espéré que cela sera une occasion pour tourner la page et une opportunité d’un nouveau départ pour le pays. Le président Hariri est la personne qui est la plus attachée à l’aspect positif de cette entente, et il travaille pour que les choses avancent. C’est lui qui a œuvré pour l’organisation de CEDRE afin de trouver des solutions à la situation économique difficile. A chaque fois qu’il prenait des initiatives ou adoptait des positions, l’autre partie avait malheureusement recours au blocage. Le dernier exemple est l’examen du budget, qui a nécessité 21 séances. On se souvient que tout a été discuté lors de ces réunions. Et puis, deux jours avant l’adoption du projet, le président du Courant patriotique libre (CPL) annonce une série de remarques et d’observations autour du budget. Pourquoi ne les a-t-il pas exprimées pendant le débat? Pourquoi ne les a-t-il pas exposées au début pour aider à préparer un bon budget? Cette pratique s’inscrit dans le cadre de la manie du blocage. Cela n’est pas rassurant, pas plus que ces tournées (effectuées par Gebran Bassil, ndlr) dans le pays qui charrient des discours sectaires destructeurs.

Fouad Siniora a fait de sévères reproches au président de la République Michel Aoun. Pensez-vous de même?
Absolument, nous faisons assumer la responsabilité de ce qui se passe au président Aoun car il couvre les agissements de son gendre. Comment le chef de l’Etat, qui affirme être ouvert à tous, vouloir dialoguer avec tous, être réceptif à tout, peut-il couvrir les comportements sectaires commis par son gendre? Il est demandé au président d’y mettre un terme. Il est censé être l’arbitre, le chef de tous les pouvoirs, l’autorité de référence, c’est pour cela que nous lui faisons assumer la responsabilité. Nous entendons le même refrain, selon lequel les chrétiens sont floués et qu’ils sont privés de postes (au sein de l’administration, ndlr), ce qui est faux, le but étant d’exacerber les sentiments, et de rassembler les gens sur des bases populistes afin d’engranger des gains (politiques, ndlr), ni plus ni moins. En ce moment, il est demandé à tous de consentir des sacrifices, comme le fait le président Hariri dans l’intérêt du pays. Il ne sillonne pas le Liban, lui, pour prononcer des discours exacerbant les tensions. Ce n’est pas utile pour le pays.

Le soutien saoudien se limite-t-il à l’aspect politique? Avez-vous senti chez les responsables du royaume une volonté d’apporter une aide économique au Liban afin de l’aider à surmonter la crise?
Les dirigeants saoudiens sont parfaitement conscients de la situation économique et financière du Liban, en plus de leur attachement à la dimension politique, en mettant l’accent sur le besoin de préserver l’entente nationale, la paix civile et l’unité des Libanais. Ils savent que les défis économiques auxquels le pays est confronté nécessitent des mesures précises pour aider le Liban, comme, entre autres, des investissements dans des projets ou des dépôts auprès de la Banque du Liban.

Un dépôt à la Banque du Liban est-il à l’ordre du jour?
Cette éventualité a été évoquée mais cette question doit être discutée avec les autorités officielles concernées, non pas avec nous. Nos rencontres avaient plus un aspect de conseil que pratique. Cela pourrait se concrétiser dans le cadre de la batterie d’accords que le Liban et l’Arabie saoudite doivent signer et qui n’attendent plus que la réunion du haut comité libano-saoudien.

Paul Khalifeh
Photos Milad Ayoub

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Éditorial
La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


 Paul Khalifeh
   
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