Liban et Proche-Orient
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Nº 3107 du vendredi 1er novembre 2019

Liban et Proche-Orient
Jeudi, 31 Octobre 2019 15:29

Confidences sécurité

Des vétos face à l'armée
Des sources concordantes affirment que des ambassadeurs de pays occidentaux qui fournissent une aide à l'armée libanaise en armes, équipements et entraînement, ont rencontré le commandant en chef de la troupe au tout début du mouvement de contestation. Il ont informé le général Joseph Aoun de leur opposition à l'utilisation de gaz lacrymogène et de canons à eau pour l'ouverture des routes bloquées,  sous peine de voir les programmes d'aide suspendus. 

 

Sécurité des camps
Les Palestiniens s'organisent Face à l'évolution de la situation consécutive au mouvement de contestation, les différentes organisations palestiniennes présentes dans les camps du Liban, y compris le Hamas et le Jihad islamique, ont formé, le 21 octobre, une commission sécuritaire conjointe. La centralisation de la sécurité dans les douze camps du Liban répond à l'inquiétude des habitants de ces camps et des forces politiques qui y sont présentes contre d'éventuels dérapages sécuritaires. Leur crainte est que l'élément palestinien ne soit intrumentalisé par un des partis en conflit ou par des acteurs extérieurs pour servir des agendas particuliers. «Nous ne voulons pas être des boucs émissaires au cas où le Liban sombrait dans un chaos généralisé, nous voulons être en mesure de faire face à tous les scénarios», affirme à Magazine une source à Bourj al-Barajneh.  

 



Mobilisation des réservistes?
Des diplomates de pays occidentaux et arabes en poste à Beyrouth ont rassemblé toutes les informations et observé les signaux concernant l'attitude du Hezbollah vis-à-vis de la contestation, surtout après que le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, ait estimé que le mouvement pourrait bien être instrumentalisé par des forces étrangères. Ces diplomates sont entrés en contact avec leurs interlocuteurs libanais habituels pour leur poser des questions axées surtout sur de présumés préparatifs militaires du Hezbollah pour rééditer le coup de force du 8 mai 2008. Ces diplomates cherchaient surtout à vérifier une informations faisant état de la mobilisation par le Hezbollah de ses unités de réservistes ainsi que la mise en état d'alerte des Brigades de la résistance, composées de combattants appartenants à différentes communautés religieuses. Cette question identique posée par des diplomates de pays différents montre qu'ils puisent leurs infos auprès de la même source.  


Un Repenti révolutionnaire
Une des caractéristiques du mouvement de contestation est qu'il comprend dans ses rangs des partisans de l'ensemble du prisme politique, allant de l'extrême gauche à la droite radicale, des tenants du nationnalisme arabe aux adeptes du fédéralisme au Liban. Le plus surprenant aussi est qu'il attire des personnalités jugées et condamnées pour collaboration avec Israël, comme l'ancien président du Conseil municipal de Saadnayel (Békaa centrale), Ziad al-Hosmi. Ce dernier avait été condamné à 15 ans de prison et avait été privé de tous ses droits civiques. Cela ne l'empêche pas d'être l'un des meneurs de la contestation dans sa région.  


35
pour cent. Telle est la réduction de budget à laquelle le Hezbollah aurait progressivement procédé ces trois dernières années, selon diverses sources. Si de nombreux experts s'accordent sur le pourcentage de cette baisse, ils divergent sur le montant du budget du Hezbollah. Celui-ci varierait entre 240 millions de dollars et 720 millions de dollars par an. Des coupes drastiques ont été opérées dans les aides financières apportées à des partis et personnalités alliés.


Aucune réaction
En dépit des événements que traverse le Liban et qui nécessitent la mobilisations des forces de l'ordre, les services de sécurité ont redoublé de vigilance après l'annonce de la mort dans un raid américain du chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi. Une source sécuritaire a affirmé que les services de sécurité n'ont noté aucune activité au réaction inhabituelle au sein des mouvances islamistes radicales du pays. Une preuve que Daech est  très minoritaire dans ces milieux. 

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Éditorial
La bête blessée reste dangereuse

Les pontes du système doivent trembler dans leurs fauteuils. Excédés par des décennies d’humiliation, qui a culminé avec une crise économique et financière sans précédent, les Libanais ont poussé un tonitruant cri de colère. Ça suffit!Le peuple libanais mérite mieux que cette classe parasitaire qui s’est enrichie d’une manière éhontée en pillant les biens de l’Etat et les ressources du pays. Une caste d’irresponsables et d’incapables qui ont mené le pays à sa ruine; une clique de corrompus qui éprouvent un tel mépris pour le peuple qu’ils étaient persuadés qu’ils pouvaient impunément continuer leurs pires excès sans que personne ne leur demande jamais de comptes; une bande de mafieux, qui ont détourné des dizaines de milliards de dollars empruntés à des taux improbables pour financer leurs palais, les mariages somptueux de leurs enfants, et autres indécences, au lieu de reconstruire une infrastructure détruite par leur interminable guerre, lorsque certains étaient miliciens et d’autres financiers de milices.En redistribuant une infime partie de ce qu’ils pillaient pour entretenir une clientèle plus ou moins importante, ils ont réussi à se régénérer, d’une campagne électorale à l’autre, en pensant pouvoir se reproduire à l’infini, rassurés que les murs du confessionnalisme qu’ils se gardaient bien d’abattre, empêcheront les Libanais de s’entendre, un jour, sur une cause unique. Mais ce système bien verrouillé a fini par rendre l’âme parce qu’il n’y avait plus rien à piller. Cupides, avares et mesquins, ils n’ont pas eu assez de courage ni d’intelligence pour puiser quelques miettes dans les fortunes colossales qu’ils ont amassées pour continuer à entretenir leur clientèle, si bien qu’une bonne partie de leur base, qui a sombré dans une grande pauvreté ou un désespoir extrême, s’est retournée contre eux.La révolte des Libanais est spontanée et authentique. Mais pour réussir à arracher au pouvoir des concessions durables et sérieuses, ils doivent rester focalisés sur la question sociale et économique qui transcende les communautés. Ceux qui essaient de les entraîner sur le terrain politique espèrent dissiper leur énergie et diviser leurs rangs. Chacun souhaite pour lui-même, pour ses enfants et pour ceux qu’il aime une meilleure justice sociale, davantage d’opportunités d’emploi, un avenir plus sûr. Mais lorsque des questions d’ordre politique sont abordées, il y aura autant d’avis qu’il y a de manifestants dans la rue. C’est là un piège dans lequel la classe politique veut précipiter le mouvement de contestation dans l’espoir de le torpiller.   Même blessée, surtout blessée, la classe politique reste très dangereuse. Comme elle a pillé l’Etat, elle n’hésitera pas à précipiter le pays dans les pires abîmes pour conserver ses privilèges. Il faut rester vigilant.


 Paul Khalifeh
   

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