3 questions à Marwan Charbel
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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

3 questions à Marwan Charbel

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    3 questions à Marwan Charbel
    Depuis des semaines, Aïn el-Heloué vit au rythme d’incidents sécuritaires. Comment évaluez-vous la situation dans ce camp? La situation n’est pas stable. Plusieurs incidents ont eu lieu, mais les comités compétents...
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Depuis des semaines, Aïn el-Heloué vit au rythme d’incidents sécuritaires. Comment évaluez-vous la situation dans ce camp?
La situation n’est pas stable. Plusieurs incidents ont eu lieu, mais les comités compétents déploient leurs efforts afin de contenir les troubles et de rétablir la sécurité, car la dégradation de la situation n’est ni dans l’intérêt des Palestiniens ni dans celui des Libanais. J’espère que cette fois, la stabilité durera plus longtemps.

Il est question d’un plan de sécurité pour Aïn el-Heloué…
L’ordre à l’intérieur du camp relève des factions palestiniennes. A l’extérieur, la situation est différente. La coopération y est nécessaire entre les factions palestiniennes et les forces de l’ordre. Elle existe et il faudrait la renforcer pour rétablir l’ordre tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du camp.

Les différends entre les factions palestiniennes ont des répercussions négatives sur l’état de la sécurité. Croyez-vous que cela peut dégénérer?
Il faudrait, d’une façon ou d’une autre, régler les différends et trouver une solution radicale. Dans le cas contraire, les conséquences seront négatives et les civils à l’intérieur du camp en paieront le prix, comme partout. Dans l’intérêt de tous, il faudrait que ces différends disparaissent, parce que tout incident interne n’est dans l’intérêt de personne. Mais je ne crois pas que cela puisse aller plus loin. Ils sont tous conscients de l’enjeu et travaillent à éviter le pire. 


Arlette Kassas

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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