Une page qui ne tourne pas
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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

Une page qui ne tourne pas

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Cette semaine, la presse étrangère transporte son traitement du dossier libanais quelques mois en arrière, comme si elle tirait les leçons de la guerre en Syrie dont le Liban n’est pas encore sorti.

Orient XXI
Le dispositif du Hezbollah en Syrie

Orient XXI est un site français d’information sur le Moyen-Orient qui publie de longs articles d’analyse.
Dans l’un d’eux cette semaine est décrite la force de frappe du Hezbollah en Syrie.
Parmi les éléments envoyés dans ce pays, le Hezbollah libanais a pris une place de plus en plus importante dans le dispositif. Si, à l’origine, l’importation de ces combattants avait été pensée comme un simple appui logistique et humain aux soldats syriens, la branche militaire du parti chiite s’est rapidement transformée en une véritable force de substitution, et ce depuis la bataille symbolique de Qoussair.
Entre 5000 et 10000 hommes du Hezbollah y seraient présents en permanence, officiellement pour sécuriser la frontière, porter assistance aux réfugiés et assurer la défense des sites sacrés chiites, comme par exemple le mausolée de Sayida Zeinab au sud de Damas. Le rôle déterminant du parti chiite s’expliquerait par plusieurs facteurs: tout d’abord, contrairement aux conseillers iraniens et russes, ses combattants s’expriment en arabe et peuvent ainsi être facilement intégrés dans des dispositifs mixtes avec l’armée syrienne. Ensuite, d’un point de vue opérationnel, le Hezbollah dispose d’un savoir-faire incontestable en contre-guérilla et combat d’infanterie, après des décennies de lutte contre Israël. Enfin, la proximité géographique du Liban réduit les difficultés logistiques, plus contraignantes lorsque les miliciens sont envoyés d’Irak ou d’Iran. Le Hezbollah a ainsi été responsable de la «sécurisation» de la frontière syro-libanaise, de laquelle il ne s’éloigna jamais, à l’exception de la bataille d’Alep.

 

Gulf News
L’économie au point mort

Dans les colonnes de Gulf News, premier quotidien anglophone de Dubaï, un article consacré au bilan du président Michel Sleiman liste les chiffres importants de l’économie libanaise.
Après 71 années de dysfonctionnement total, seuls quelques Libanais peuvent envisager l’avenir sous de bons auspices. En 2014, le PIB réel du Liban - estimé à environ 30 milliards de dollars - est détenu par 4000 familles (soit 20000 personnes réparties équitablement entre musulmans et chrétiens), tandis que la grande majorité de la population travaille dur pour maintenir un semblant de prospérité. La crise économique est une réalité. Sans les sept à huit milliards de dollars transférés par la diaspora libanaise vers son pays, la situation actuelle serait encore plus grave. Tous les budgets de l’Etat accusent des déficits et la collecte des impôts est dérisoire même si le citoyen moyen distribue environ 25% de son revenu à travers plusieurs taxes, dont la TVA qui s’élève à 10%.
La moitié de la population installée au Liban est composée de réfugiés, syriens ou palestiniens - auxquels s’ajoutent les travailleuses domestiques. Les jeunes diplômés libanais des grandes universités du pays migrent en masse. Chaque mois, environ 16000 jeunes s’envolent pour l’étranger, majoritairement dans le Golfe. Si les perspectives économiques étaient plus attirantes, beaucoup d’étudiants choisiraient de rester. Au fil du temps, la situation démographique du pays va fondamentalement évoluer.

 

Libération
Les soins médicaux trop chers

Le journal Libération pose la question de la situation sanitaire des réfugiés syriens.
Le manque d’aide internationale et les lacunes du système de santé contraignent les réfugiés syriens au Liban à se passer de soins, à s’endetter ou à retourner dans leur pays ravagé par la guerre, a averti Amnesty International. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, l’accès aux «traitements hospitaliers et (aux) soins plus spécialisés pour les réfugiés syriens au Liban» est «nettement insuffisant, et la situation est accentuée par l’énorme manque de financement international». Dans son rapport, Amnesty pointe également la mauvaise organisation du système médical libanais et le coût des soins rendant l’accès aux traitements pour les réfugiés encore plus difficile. Le HCR apporte une aide à certains Syriens ayant besoin de soins, mais il impose des critères restrictifs et demande une participation de 25% aux frais en raison du manque de financements.
Le rapport cite l’exemple d’un garçon de 12 ans grièvement brûlé, resté plusieurs jours sans soins, les blessures s’infectant. Quand il a finalement été hospitalisé, seul le coût du traitement de l’infection a été pris en charge, et non celui des brûlures qui peuvent pourtant avoir des suites irréversibles.

 

The Independent
Omar Bakri, fin d’une cavale

L’arrestation de l’un des prédicateurs islamistes les plus connus de Grande-Bretagne n’a pas échappé à la presse anglaise. The Independent lui consacre un portrait au vitriol.
Lorsque les violences éclatent à Tripoli où il s’est installé au plus fort de la guerre en Syrie, il se retrouve une fois de plus sur l’écran radar des autorités et s’enfuit après plusieurs raids effectués par les forces de sécurité contre ses proches.
Pendant cette période de clandestinité, Omar Bakri a accordé une interview exclusive à un journaliste arabe. «Je passe la journée à l’isolement dans un petit appartement meublé. J’y prie, lis le Coran et regarde les nouvelles. Au coucher du soleil, je me retire dans une minuscule pièce sans fenêtre». «Je ne peux pas quitter l’endroit où je me cache. J’ai peur que les gens me reconnaissent», ajoute-t-il.
Sur la crise syrienne, Bakri menace: «Nasrallah sera puni par Dieu pour tout ce qu’il a fait contre l’islam et les musulmans sunnites. Qu’il cesse d’accuser ses adversaires d’être des takfiristes et des terroristes».
Bakri critique le comportement de l’Etat libanais à son égard. «J’ai quitté la Grande-Bretagne et renoncé à la nationalité britannique de ma propre volonté. A Londres, la pression était surtout médiatique. Au Liban, j’ai été maltraité par la police, la justice et la classe politique. La liberté d’expression dont je jouissais en Grande-Bretagne, même pour ceux qui comme moi développent des opinions radicales, me manque».


The Christian Science Monitor
Les Palestiniens interdits de séjour

The Christian Science Monitor s’intéresse cette semaine à la situation des réfugiés palestiniens de Syrie.
Le Liban a décidé de sévir contre les Palestiniens de Syrie. Au début du mois, Beyrouth a en effet pris une série de mesures drastiques afin de limiter l’entrée sur le territoire libanais de réfugiés palestiniens de Syrie. Dorénavant, les autorités ne délivreront plus de visa à la frontière syro-libanaise et la prolongation des visas de ceux qui se trouvent déjà au Liban ne sera plus automatique. Les Palestiniens de Syrie devront faire une demande à l’ambassade du Liban à Damas et obtenir le visa de la Sûreté générale. Seuls peuvent entrer sur le territoire ceux munis d’une carte de séjour en règle. Des mesures visant à empêcher les dérives. Sur les 75000 Palestiniens de Syrie ayant quitté ce pays, 53000 se sont réfugiés au Liban.
Avant la guerre, les Palestiniens de Syrie avaient une bien meilleure situation que leurs compatriotes au Liban. La Constitution syrienne accorde aux Palestiniens une relative égalité des droits, leur permettant de vivre n’importe où dans le pays et d’effectuer n’importe quel travail. Au Liban, les Palestiniens sont interdits d’emploi dans le secteur public et dans de nombreux domaines professionnels.

Top Thèmes
Cette semaine, toujours à la une de l’actualité, le vide présidentiel qui semble s’être durablement installé selon les analystes qui se sont penchés sur la question dans la presse internationale. Tout en saluant le courage de Michel Sleiman qui aura au minimum tenté de sortir le Liban de l’impasse syrienne et de prôner une certaine neutralité, les analystes s’accordent sur le fait que la crise à la tête de l’Etat ne peut être réglée que par l’intercession des grandes puissances régionales. 

Julien Abi Ramia

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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