Raids israéliens en Syrie. Objectifs militaires, messages politiques
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Nº 2979 du vendredi 12 décembre 2014

Raids israéliens en Syrie. Objectifs militaires, messages politiques

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La Syrie a accusé, dimanche, Israël d’avoir mené deux raids contre des sites militaires du régime dans la région de Damas, par le truchement de la télévision nationale syrienne et de celle d’al-Manar, dépendant du Hezbollah. Quels sont les objectifs de ces attaques aériennes?
 

«Deux hangars militaires dans l’aéroport de Damas, ainsi que des hangars sécurisés dans le petit aéroport de Dimas se trouvant près de la frontière libanaise ont été ciblés par l’aviation israélienne», rapporte un activiste de l’opposition syrienne contacté par Magazine et s’exprimant sous couvert d’anonymat. Les médias libanais et syriens ont signalé une dizaine de déflagrations entendues à proximité de l’aéroport de Dimas, ainsi que plusieurs raids aériens sur le secteur de l’Aéroport international de Damas. Une huitaine d’avions ont été impliqués dans l’attaque. Lors de ces raids, le système antiaérien se trouvant à l’aéroport a été activé et a tiré plusieurs missiles en direction des avions, selon des médias syriens.
 

7e attaque israélienne
D’après la source appartenant à l’opposition, les deux attaques auraient sans doute ciblé des entrepôts abritant des missiles destinés au Hezbollah. Ces missiles sol-air sont de fabrication russe et Israël veut éviter à tout prix leur transfert au Hezbollah. En effet, ce type d’armes risque de modifier l’équilibre militaire prévalant actuellement entre le parti de Dieu et Israël. En janvier, des avions de combat israéliens avaient bombardé des lanceurs de missiles S-300 dans la ville portuaire syrienne de Lattaquié, selon des informations rapportées par certains membres de l’opposition syrienne. Il n’est cependant pas tout à fait clair si le régime syrien est en possession de ce type d’armes. Le président russe, Vladimir Poutine, avait révélé en septembre dernier que la livraison des S-300 avait été suspendue, bien que certains de leurs éléments aient été déjà livrés.
Le haut commandement de l’armée syrienne a estimé que ces derniers bombardements servaient les intérêts des extrémistes d’al-Qaïda. Le ministère syrien des Affaires étrangères compte saisir le Conseil de sécurité afin de dénoncer les violations territoriales par Israël.
Cette attaque est la septième du genre sur la Syrie. Ces agressions ciblent en général des systèmes militaires sophistiqués, y compris des missiles antiaériens de fabrication russe ou de fabrication iranienne, ainsi que des chargements d’armes destinés au Hezbollah.
Le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, a menacé à plusieurs reprises de prendre des «mesures radicales» visant à empêcher tout transfert d’armes de la part de la Syrie au Hezbollah. La dernière attaque israélienne contre la Syrie a eu lieu en juillet dernier, ayant provoqué la mort de quatre personnes dans le Golan syrien. Le raid aérien avait eu lieu après le lancement d’une roquette en provenance de la Syrie vers le Golan occupé.
Un autre raid aérien israélien sur la Syrie, en mars 2014, avait visé des sites militaires dans le pays. Mise à part cette attaque, qui avait été revendiquée par le ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, Israël évite généralement de confirmer ce type d’opérations militaires sur la Syrie, avec laquelle elle est officiellement en état de guerre, depuis l’occupation par Israël, en 1967, du plateau du Golan.
Youval Steinitz, membre du parti Likoud du Premier ministre Benyamin Netanyahu, s’est contenté de déclarer à la radio publique qu’Israël avait «une politique de défense intransigeante qui vise autant que possible à empêcher le transfert d’armes sophistiquées en direction d’organisations terroristes (comme le Hezbollah)».

Mona Alami

Israël soigne les rebelles blessés
Selon un rapport de l’Onu, les Israéliens entretiendraient des rapports avec les  rebelles depuis plus de dix-huit mois, facilitant le traitement médical des combattants blessés. Le rapport trimestriel des Nations unies atteste d’une aide humanitaire apportée par Israël à plus de 1 000 Syriens. Israël aurait également ouvert des canaux de communication avec les rebelles syriens. Selon un article du Foreign Policy, cette coopération permettrait à Israël d’obtenir des renseignements sur l’activité du régime et des mouvances jihadistes dans les hauteurs du Golan occupé. En effet, en août dernier, le Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda, avait repris le poste-frontière de Qoneitra, ce qui avait suscité des inquiétudes dans les milieux politiques israéliens. Selon les rapports des Nations unies, des soldats des Forces de défense israéliennes auraient été observés permettant à des personnes de passer de la ligne «Bravo» - du côté syrien - à la ligne «Alpha» du côté israélien, ainsi que des discussions entre des membres de l’opposition armée et des soldats de l’armée israélienne à travers la ligne de cessez-le-feu à proximité de la position 85 des Nations unies.

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Éditorial
Le sursaut des mollassons

Avec la mort de Sabah, de Saïd Akl et de Nahawand, disparaît une partie de l’histoire et du patrimoine, qui ont fait la gloire du Liban. Une autre partie a été bradée par une classe politique inconsciente, irresponsable et corrompue, championne des occasions manquées. Si le Liban parvient toujours à vivoter malgré la terrible tempête qui frappe la région, s’il ne s’est pas encore effondré en dépit des vicissitudes, le mérite n’en revient pas à ceux qui le dirigent, mais au capital accumulé tout au long de son histoire. Nous vivons sur les réminiscences du passé qui, il faut le souligner, ne sont pas des ressources intarissables. Un jour, pas très lointain peut-être, ce capital sera épuisé et nous nous retrouverons, alors, complètement démunis, impuissants et vulnérables. Aspirant à l’éternité, cette classe politique a verrouillé le système pour nous empêcher de l’expulser par la fente des urnes. Son dernier fait d’armes a été l’autoprorogation, pour la deuxième fois consécutive, du mandat du Parlement. Elle ne semble pas pressée, non plus, d’élire un président de la République, car à ses yeux, le vide reste plus facile à gérer que d’éventuels changements, aussi minimes soient-ils, que pourrait apporter un nouveau mandat présidentiel. Ce sont toujours quelques mois de gagnés dans son inlassable marche vers l’immortalité. Mais l’heure est grave. Les circonstances actuelles que traverse le Liban sont inhabituelles. L’énormité des enjeux et le caractère existentiel des dangers qui planent sur la région, y compris sur le Liban, ne laissent plus de place aux mesquines manœuvres politiciennes. La cupidité, l’avidité et la rapacité ne peuvent plus être le moteur de la vie politique. Bientôt, il ne restera plus rien à ingurgiter. On ne peut certes pas demander à la classe politique de se débarrasser de ses instincts de prédateur, elle en est incapable. Elle peut, cependant, écouter l’un de ces instincts, celui de la conservation, dont elle ignore les appels du pied, qui deviennent, pourtant, de plus en plus lancinants. Avec ce qui se passe dans la région, nos politiciens locaux, malgré tous leurs talents de prédateurs, risquent bien de se retrouver au bas de la chaîne alimentaire. Aujourd’hui, la possibilité d’un déblocage de la présidentielle se présente. Ce ne sont évidemment pas eux qui ont noté l’existence de cette «window of opportunity», mais les émissaires étrangers qui ont débarqué au Liban ces derniers jours et ceux qui y sont attendus. Les Français pensent que le dialogue annoncé entre le Hezbollah et le Courant du futur pourrait assurer des circonstances propices à l’élection d’un président de la République, en partant du principe qu’il est possible de séparer cette échéance des nombreux dossiers litigieux entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Un tel scénario s’est déjà produit. En effet, l’élection de Michel Sleiman, en mai 2008, était le fruit d’un accord régional partiel, portant uniquement sur cette question. D’aucuns diront que l’élection de Sleiman était aussi le résultat d’une modification des équilibres internes, après le coup de force du Hezbollah contre le gouvernement de Fouad Siniora. C’est exact. Mais les rapports de force actuels ne sont-ils pas le fruit de l’intervention du Hezbollah en Syrie, qui a changé complètement la donne, depuis la bataille de Qoussair? Les chrétiens, car ce sont eux les principaux concernés par la présidentielle, doivent saisir cette occasion pour conclure, entre eux, un accord historique sur la question. Sinon, ce sont les autres qui le feront à leur place. Ils iront alors se lamenter, comme un mari trompé. Leur affliction sera d’autant plus grande qu’ils avaient été prévenus, mais n’avaient voulu rien entendre.


 Paul Khalifeh
   

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