Alep à feu et à sang. Moscou et Washington veulent rétablir la trêve
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Nº 3052 du vendredi 6 mai 2016

Alep à feu et à sang. Moscou et Washington veulent rétablir la trêve

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    Alep à feu et à sang. Moscou et Washington veulent rétablir la trêve
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Alors que la région d’Alep fait toujours l’objet d’intenses combats, les Etats-Unis et l’Onu poursuivent leurs efforts diplomatiques avec la Russie pour tenter de rétablir la trêve en Syrie. Moscou a annoncé que des pourparlers sont en cours pour parvenir à un gel des combats.


Tout faire pour sauver une trêve qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est la délicate mission que se sont fixée l’émissaire spécial de l’Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, le leader de la diplomatie américaine, John Kerry, et son homologue russe, Sergueï Lavrov.
Le rétablissement de la cessation des hostilités, qui avait pourtant semblé bien partie, s’avère très difficile. Et c’est la ville d’Alep qui en a plus particulièrement fait les frais ces derniers jours.
Alors qu’un accord conclu entre Moscou et Washington – entré en vigueur vendredi 29 avril à minuit et renouvelé pour 24 heures dimanche soir – stipulait un arrêt temporaire des combats sur les fronts de Damas et de Lattaquié, la capitale économique de la Syrie, Alep, a été exclue du cessez-le-feu.
La semaine dernière, près de 250 personnes sont mortes, tuées par des bombardements de l’aviation du régime ou par des pilonnages au mortier de la part des rebelles.

 

Violents combats
Les journées les plus meurtrières auront, sans aucun doute, été celles de mercredi 27 et jeudi 28 avril, avec le pilonnage d’écoles, d’hôpitaux et d’immeubles d’habitation, dans un véritable déluge de feu. Les obus et les roquettes se sont abattus parfois au rythme d’un projectile toutes les vingt secondes sur les quartiers résidentiels, alors que les troupes gouvernementales dans les quartiers ouest et les rebelles à l’est se livraient à de violents duels d’artillerie, selon RFI. Dans le même temps, des avions du régime bombardaient copieusement des zones densément peuplées. L’hôpital al-Qods, qui prenait principalement en charge les cas pédiatriques, situé dans une zone tenue par les rebelles, a notamment été bombardé par l’aviation syrienne, tuant quatorze personnes parmi le personnel et les patients. Un bombardement qui a suscité l’indignation de la communauté internationale, qui n’est pas, pour autant, parvenue à faire cesser les combats.

 

«Hors de contrôle»
Pour la seule journée de vendredi, trente personnes, essentiellement des civils, sont mortes dans des duels d’artillerie entre les secteurs contrôlés par les troupes gouvernementales et ceux sous l’emprise des rebelles. Des combats d’une grande violence dans lesquels sont utilisés des canons de gros calibre, des obus de mortier et, bien évidemment, des avions.
Alep se meurt et le drame ne semble pas près de s’interrompre. Car à Moscou comme à Damas, on estime que la deuxième ville de Syrie ne peut pas être concernée par la trêve, tant que la plupart des groupes rebelles combattront aux côtés du Front al-Nosra, la franchise d’al-Qaïda en Syrie. La violence des bombardements de la part du régime - mais pas seulement - témoigne aussi d’une volonté de Damas de faire fuir les derniers civils d’Alep afin de pouvoir viser ensuite les rebelles toujours présents dans les quartiers est. Cela participe donc d’une stratégie bien précise visant à isoler les rebelles pour lancer, enfin, la grande bataille d’Alep.
La recrudescence des combats a poussé Staffan de Mistura à reprendre son bâton de pèlerin pour tenter de convaincre la Russie de rétablir la trêve. Mardi, le diplomate s’est rendu à Moscou pour y rencontrer Sergueï Lavrov, suivant ainsi le message du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, qui exhortait, dans un communiqué, les Etats-Unis et la Russie à «redoubler d’efforts pour remettre sur pied la cessation des hostilités». A De Mistura de relever le défi de convaincre Moscou de faire pression sur le régime syrien, afin que soit étendue à Alep la détente instaurée vendredi soir à Damas et Lattaquié.
La tâche s’avère compliquée. Car une cessation des hostilités, appelée par les Russes «régime de silence», ne pourra intervenir que si «les terroristes» cessent leurs «attaques aux lance-roquettes et aux mortiers contre les quartiers résidentiels». Malgré les efforts déployés par De Mistura, il n’est pas sûr que sa cause soit entendue.
John Kerry lui-même, venue en visite express à Genève lundi, a évoqué, une situation devenue «à bien des égards hors de contrôle».
Si Moscou et Washington poussent tous deux à la poursuite des négociations intersyriennes, de lourdes divergences des points de vue demeurent. Toutefois, le secrétaire d’Etat américain a donné de la voix, lundi, demandant notamment aux rebelles de se désolidariser du Front al-Nosra, afin de permettre la reprise des négociations. En face, Moscou a évoqué des «négociations actives», tout en soulignant que l’offensive sur Alep est une conséquence directe de la présence sur place du Front al-Nosra, organisation non concernée par la trêve. «Les aviations russe et syrienne n’ont pas effectué de frappes contre les groupes d’opposition armée qui ont annoncé cesser le feu et ont fourni leurs positions» aux représentants russes ou américains, a indiqué le Centre russe pour la réconciliation en Syrie. Mais pour le département d’Etat américain, le cessez-le-feu doit être «national» et Alep n’a «jamais» été exclue des négociations sur la trêve.
Lundi soir et mardi matin, des bombardements de tirs de roquettes effectués par des groupes rebelles contre les quartiers tenus par le régime, sur les secteurs de Mogambo, Macharqa, Achrafié et la rue Nil, dans l’ouest de la ville, ont encore fait au moins onze victimes civiles et une cinquantaine de blessés. D’autres combats ont opposé, dans la nuit, les forces du régime à des groupes rebelles dans le secteur de Zahra et les abords du quartier d’al-Rachidine, des quartiers situés dans l’est de la ville, mais contrôlés par le régime.
Depuis Genève, où il s’est entretenu lundi avec John Kerry, Staffan de Mistura a annoncé de nouvelles mesures pour faire tenir la trêve. «Nous préparons un meilleur mécanisme pour surveiller et contrôler un nouveau cessez-le-feu», a-t-il déclaré. Des propos confirmés par le secrétaire d’Etat américain qui a indiqué: «Au cours des prochaines heures, nous allons tenter de voir s’il est possible de parvenir à un accord, non pas simplement pour remettre sur pied la cessation des hostilités, mais pour que cette cessation ‘‘tienne’’». Les jours qui viennent pourraient donc être déterminants.

Jenny Saleh
 

Cri d’alarme des médecins
Dans une lettre publiée dans Le Monde, des médecins d’Alep ont lancé un appel alarmant. «Bientôt, il n’y aura plus de professionnels de santé à Alep. Vers qui se tourneront alors les civils qui auront besoin de soin?», s’interrogent-ils. Selon eux, au moins 730 médecins ont été tués en Syrie en cinq ans. «Nos hôpitaux sont près du point de rupture» à cause de l’intensification des frappes qui ont fait certains jours «près de quatre morts et plus de cinquante blessés toutes les heures», ajoutent ces médecins.
Dernier décès en date, celui du pédiatre d’Alep, le Dr Mohammad Wassim Maaz, qui soignait les enfants en journée et s’occupait des urgences la nuit à l’hôpital al-Qods. Miskilda Zancada, chef de mission de Médecins sans frontières en Syrie, a qualifié sa mort de «tragédie». «Il ne reste plus que 70 à 80 médecins pour 250 000 habitants dans la partie non gouvernementale (de la ville d’Alep), car 95% d’entre eux sont partis ou ont été tués», a-t-elle souligné.

La liste terroriste élargie?
Moscou a demandé, le 26 avril dernier, que soient placés sur la liste d’organisations terroristes de l’Onu les groupes Ahrar el-Cham et Jaïch al-islam, deux groupes rebelles syriens pourtant représentés dans les négociations intersyriennes à Genève. Selon l’ambassadeur de Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine, cette demande a été faite «parce que ces groupes combattant en Syrie sont étroitement liés aux organisations terroristes, principalement au (groupe) Etat islamique et à al-Qaïda qui leur fournissent un soutien logistique et militaire».
Jaïch el-islam est représentée à Genève au plus haut niveau, puisque l’un de ses dirigeants politiques, Mohammad Allouche, a été nommé négociateur en chef par le Haut comité des négociations, qui réunit les principales composantes de l’opposition et de la rébellion syriennes. Allouche a vivement réagi, lançant que «les terroristes sont ceux qui commettent des massacres et non ceux qui se défendent (...) Les terroristes sont ceux qui utilisent leurs avions et leur artillerie pour tuer nos enfants». 

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Éditorial
Les anomalies d’une nation décapitée

La présidentielle est rangée dans les tiroirs place de l’Etoile, ou carrément mise au rancart, en attendant que les principaux ténors, dont on attend le feu vert, aient pris conscience du danger réel que court le pays: citoyens, entreprises, économie, autonomie… Chacun va d’un projet, taillé à sa mesure, allant jusqu’à contrevenir à la Constitution par des propositions anticonstitutionnelles, dépassant toute logique; à titre d’exemple celle d’un président de la République élu pour un mandat de deux ans. La nation poursuit son cours vers la dérive que rien n’arrête. Le peuple reste impuissant, malgré ses tentatives d’envahir les rues en signe de protestation. Mais ne suivra-t-il pas, encore une fois, ceux qui le mènent au désastre depuis des décennies.Les gens du «pouvoir» ont trouvé la parade en organisant tant bien que mal des municipales, toujours problématiques, à quelques jours de leur déroulement. Les appels pressants des candidats aux électeurs des municipales seront-ils entendus? Se heurteront-ils à des oreilles assourdies par de vaines promesses? Les citoyens éclairés se laisseront-ils une fois de plus berner, convaincus à juste titre de remplir leur devoir national? La baguette magique peut-elle opérer quand elle est manipulée par les mêmes «chorégraphes sur une même musique»?Quant à l’élection parlementaire, dont le sujet revient sur le tapis par à-coups, elle est, de toute évidence, renvoyée aux calendes grecques. Il serait inimaginable et un rêve trop beau de croire que le paysage sous la coupole puisse changer. Qu’une nouvelle génération prenne la relève dans un Parlement, dont les membres, confortablement installés dans leurs privilèges, ne se réunissent que pour voter la majoration de leurs émoluments, encaisser leurs chèques ou reconduire leurs mandats.Nos députés sont incapables ou ont-ils des raisons cachées de ne pas voter un budget depuis 2005? Pourront-ils encore le faire avant la fin de cette décennie? Où sont nos économistes chevronnés, professeurs des grandes universités nationales et d’ailleurs? Ne sont-ils pas écoutés ou ne veut-on pas les entendre? Alors que l’Arabie saoudite présente déjà son budget de 2030 en prévision d’un avenir improbable du pétrole, nos caisses résonnent dans le vide et l’Etat plonge dans la détresse de la faillite.Contrairement au proverbe qui veut qu’un problème en chasse un autre, au Liban ils s’accumulent et ne sont pas résolus. Ainsi, les déchets reviennent au galop, toujours sans aucune solution de longue haleine, mais on n’en parle plus ou presque. L’impression qui prédomine est que les Libanais s’y sont habitués ou désespèrent de les voir disparaître.Comble d’ironie, même si celle-ci paraît cynique, il est demandé aux Libanais de fournir l’électricité et l’eau aux réfugiés syriens, sous leurs tentes, alors qu’elles leur sont rationnées ou qu’ils en sont privés; depuis des années, ils paient le prix fort d’une double électricité et d’une eau desservie dans des citernes dont on ignore l’origine. Il est vrai que la situation de ces réfugiés n’est pas enviable, mais les pays riches se font forts de prendre des mesures drastiques pour empêcher ces caravanes de migrants de franchir leurs frontières. Le président français a fait l’ultime geste de générosité en invitant deux familles à rejoindre la France. Ne nous est-il pas permis de protester contre une situation aussi grotesque et minable?A l’occasion de cette semaine, marquée par la deuxième résurrection du Seigneur célébrée par la communauté grecque-orthodoxe, on ne peut que déplorer les divergences entre les Eglises chrétiennes qui, hélas, peinent à s’unir autour d’une même liturgie.Enfin, et cela n’est pas le moindre problème qui resurgit à chaque occasion: les rixes qui opposent des jeunes au nom de leurs héros respectifs. C’est ainsi qu’hélas, les étudiants de l’AUB, membres du Parti syrien national social, se sont confrontés à leurs compagnons de cours du parti Kataëb en raison des insultes que les premiers ont proférées contre le président martyr Bachir Gemayel dont le souvenir est toujours dans la mémoire de tous les Libanais.A ce sombre tableau on pourrait ajouter d’autres sinistres titres, mais on n’en finirait plus. Le seul espoir est qu’un messie tombe d’on ne sait quelle planète pour sauver un pays dont l’Histoire et la civilisation remontent si loin dans le temps.


 Mouna Béchara
   

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