Il s’entoure des hommes de Khatami et Rafsandjani. Rohani forme une équipe de modérés expérimentés
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Nº 2909 du vendredi 9 août 2013

Il s’entoure des hommes de Khatami et Rafsandjani. Rohani forme une équipe de modérés expérimentés

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    Il s’entoure des hommes de Khatami et Rafsandjani. Rohani forme une équipe de modérés expérimentés
    Dimanche 4 août, le président iranien, Hassan Rohani, a prêté serment devant le Parlement. Quel est le vrai visage de ce nouveau président qui définira le cours des événements en...
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Dimanche 4 août, le président iranien, Hassan Rohani, a prêté serment devant le Parlement. Quel est le vrai visage de ce nouveau président qui définira le cours des événements en Iran et au Moyen-Orient durant les cinq prochaines années?

Le président Rohani a profité de la cérémonie d’investiture pour adresser un message aux pays occidentaux en soulignant que les sanctions visant son pays n’étaient pas viables et que seul un dialogue sur un pied d’égalité pouvait faire baisser les tensions. «Si vous voulez une réponse appropriée, n’utilisez pas le langage des sanctions mais plutôt celui du respect. La transparence est la clé de la confiance, mais elle ne peut être à sens unique et sans mécanisme pratique dans les relations bilatérales et multilatérales. La détente, la confiance mutuelle et constructive déterminent notre chemin. Je déclare clairement que nous n’avons jamais cherché la guerre avec le monde», a dit le nouveau président. Néanmoins, au mois d’août, la Chambre des représentants américaine a adopté de nouvelles sanctions contre Téhéran qui, dans le cas où elles seraient entérinées par le Sénat en septembre, toucheraient toutes les industries liées au secteur pétrolier, entre autres l’exploitation minière et l’automobile.
Hassan Rohani a mis en exergue le fait que son élection était un choix «pour la modération et contre l’extrémisme». «Je déclare que la République islamique d’Iran cherche la paix et la stabilité dans la région. L’Iran est un port de stabilité dans notre région troublée. Nous ne cherchons pas à changer les frontières et les gouvernements. Le régime politique de chaque pays dépend de la volonté de sa population», a-t-il ajouté.

De nombreux défis
Le nouveau président se trouve confronté à de nombreux défis, notamment l’opposition des ultraconservateurs. En effet, lors d’une entrevue télévisée durant l’élection, Rohani avait déclaré en brandissant une petite clé argentée que «tout peut se résoudre avec la clé de la bonne gestion et de l’espoir. Sachez-le. Le problème nucléaire aussi va se résoudre. Les sanctions seront levées. La prospérité reviendra». Le président Rohani avait également promis la libération des prisonniers politiques, arrêtés en 2009, lors de la contestation contre la réélection du président sortant Mahmoud Ahmadinejad. Il avait également critiqué l’état des connexions Internet en Iran ralenties par le régime pour un meilleur contrôle, réclamé l’égalité des droits pour les femmes et dénoncé le climat sécuritaire  imposé par son prédécesseur.
Selon un article paru dans le quotidien Le Monde, citant François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran en 2001, Rohani jouirait de la confiance du guide de la révolution, Ali Khamenei, qui l’avait nommé négociateur en chef dans le dossier nucléaire, en 2003, après les révélations touchant au programme clandestin iranien. Selon Stanislas Lefebvre de Laboulaye, ancien directeur général des affaires politiques et de sécurité au Quai d’Orsay, cité par Le Monde, Rohani serait un homme d’appareil, très composé. «Il était courtois. Sur le nucléaire, il s’était comme nous formé sur le tas. Mais il savait de quoi il parlait». Rohani s’est également distingué en 2003 par l’obtention d’une suspension provisoire de l’enrichissement nucléaire iranien à l’issue d’une rencontre au palais de Saadabad en Iran avec les ministres européens des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, Jack Straw (Royaume-Uni) et Joshka Fischer (Allemagne).
Le talon d’Achille de Rohani reste, cependant, également lié au dossier nucléaire, plus particulièrement aux événements de l’été 2005, époque durant laquelle la conclusion d’un accord sur le nucléaire semblait imminente à l’aube de la nouvelle élection présidentielle qui accordera la victoire à Mahmoud Ahmadinejad. L’équipe de Rohani supplie alors les Européens de conclure un accord avant l’entrée en fonction du président conservateur, une offre qui sera rejetée, côté européen, en l’absence de contreparties. L’arrivée au pouvoir du président Ahmadinejad va entraîner le renvoi de Rohani et la reprise de la conversion d’uranium à Ispahan.

Signe de changement
Selon France Info, citant Thierry Coville, chercheur à l’Iris: l’élection de Rohani à la présidence de la République islamique serait un signe de changement. Le nouveau président serait ainsi une figure modérée, située à mi-chemin entre les deux courants principaux iraniens, celui qualifié de réformateur du président Mohammad Khatami (1997-2005), et l’autre plus radical de Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013). «Son grand mot d’ordre, c’est d’être contre tous les extrêmes et pour la modération», explique Thierry Coville.
Le nouveau président de la République islamique est également décrit comme un homme de réseaux grâce à ses responsabilités dans toutes les grandes institutions iraniennes et notamment celles portant sur les questions sécuritaires.
Thierry Coville attribue l’élection de Rohani au désir de la société iranienne d’une plus grande modération notamment en termes d’économie et de droits individuels.
Pour réussir sa mission, Rohani s’est entouré de technocrates ayant participé pour la plupart dans les gouvernements des anciens présidents Hachémi Rafsandjani (1989-1997) et Mohammad Khatami (1997-2005). Parmi les hommes choisis par Hassan Rohani figurent ainsi l’ex-ambassadeur d’Iran à l’Onu, Mohammad Javad Zarif, qui devient chef de la diplomatie, et Bijan Zanganeh, qui revient au poste de ministre du Pétrole qu’il occupait sous la présidence de Khatami. La nomination de Mohammad Javad Zarif à la tête de la diplomatie souligne sans doute le désir du nouveau président iranien de sortir de l’impasse opposant la République islamique et les Etats-Unis, depuis plus de trente ans. Zarif, 53 ans, parlant couramment l’anglais, a obtenu son doctorat à l’Université de Denver et aurait été impliqué dans plusieurs négociations secrètes entre les Etats-Unis et l’Iran au cours des vingt dernières années. Sa capacité à orienter la politique iranienne dépendra sans doute de la latitude qui lui sera accordée par le guide suprême.
En tant que ministre du Pétrole sous le gouvernement réformiste de 1997 à 2005, Zanganeh a, lui, contribué à lever des milliards de dollars d’investissements étrangers pour l’industrie des hydrocarbures. Il jouirait du soutien du guide suprême l’ayatollah Khamenei. Un autre parmi les proches de Rohani, Hossein Moussavian, actuellement à Princeton, serait pressenti au poste de négociateur nucléaire.
Rohani se trouve, dès son investiture, dans une position délicate, celle de la troisième voie, cherchant à corriger les excès du conservateur Ahmadinejad sans pour autant trop se démarquer de la ligne du guide suprême, qui voit d’un mauvais œil les réformateurs. Il doit faire face à une situation économique catastrophique et une baisse des exportations de plus de 50% en raison des sanctions imposées par l’Occident, le tout exacerbé par le soutien financier de la République au régime syrien.

Mona Alami

Un tisserand de tapis
Le président Rohani, né Hassan Feridon en 1948, est originaire de Sorkheh, à l’est de Téhéran. Adolescent, il travaillait dans un atelier de tissage de tapis avant d’entrer au séminaire à Qom. Le jeune homme est très influencé par les idées révolutionnaires. A 18 ans, une dizaine d’années avant la révolution, Rohani se rend clandestinement en Irak pour y rencontrer l’ayatollah Khomeini. Il fait des études de droit à Téhéran, suivies d’un master puis d’un doctorat en 1972 à Glasgow. Il termine dans les années 1990. En 1978, il rejoint Khomeini, en France, où il rencontre d’autres révolutionnaires dont Ali Akbar Hachémi Rafsandjani. A la révolution en 1979, il est promu à de hauts postes comme responsable de l’islamisation des programmes de télévision. Il devient plus tard membre du Parlement et du Conseil suprême de défense. Lors de la guerre d’Irak contre Saddam Hussein, Rohani occupera un poste de commandement notamment dans les forces aériennes. A la mort de l’ayatollah en 1989, il devient représentant personnel de Ali Khamenei au Conseil suprême de la sécurité nationale.


Ce qu’ils ont dit
En réaction aux propos de Hassan Rohani, l’Union européenne a appelé le lundi 5 août l’Iran à faire de rapides progrès sur le dossier nucléaire. Pour leur part, les Etats-Unis ont assuré qu’ils seraient un partenaire de bonne volonté si le nouveau gouvernement iranien choisissait de s’engager de manière substantielle et sérieuse afin de respecter ses obligations internationales. Javier Solana, qui connaît Rohani en sa qualité de Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne, a, lui, déclaré: «Nous n’avons signé qu’un seul accord avec l’Iran, et c’était grâce à Rohani. Son élection est un événement majeur. J’ai suivi tous ses débats télévisés, il a été très courageux».

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Éditorial
Salade de discours

Les hommes politiques étaient particulièrement communicatifs la semaine dernière. Ils se sont fendus d’une littérature tellement abondante que les Libanais sont servis pour un bon bout de temps: trois discours en mets principal, une flopée de déclarations pour le dessert et, cerise sur le gâteau, un brin de prises de position, assaisonnées d’un zest de commentaires bien pressés. Ils ont néanmoins pu vérifier, une fois de plus, que la quantité et la qualité sont, souvent, inversement proportionnelles. Une partie de ce qu’ils ont entendu était, en effet, tout bonnement indigeste, une autre difficile à avaler, et une troisième plus ou moins raffinée. L’ennui c’est qu’après avoir séparé les belles pièces des morceaux infects, il ne restait plus grand-chose à se mettre sous la dent. Friands des nouveautés, il a fallu qu’ils goûtent à tout pour réaliser qu’il aurait été préférable pour eux de se mêler de leurs oignons... s’ils n’aiment pas qu’on leur raconte des salades. Le plat de résistance était offert par le secrétaire général du Hezbollah. Bien qu’il ait utilisé les ingrédients habituels, sayyed Hassan Nasrallah a un peu trop épicé la sauce, cette fois-ci. Son discours, presque exclusivement consacré aux questions régionales – la crise syrienne, le conflit israélo-arabe, la Palestine... – était plutôt destiné à une clientèle étrangère, car les Libanais restent attachés, en majorité, à la cuisine locale. Visiblement, le chef du Hezbollah trouve le marché domestique trop exigu et envisage d’investir au-delà des frontières, dans le cadre d’une stratégie d’expansion régionale. Cependant, dans le contexte actuel de crise, ce pari est risqué, surtout que le menu qu’il propose, bien que très en vogue entre les années 60 et 90 du siècle dernier, pourrait ne pas être du goût de la génération fast-food. Mais tel qu’on le connaît, Hassan Nasrallah n’est pas près de rendre le tablier... il continuera à servir le même plat jusqu’au bout. De son fourneau saoudien (il fait 41 degrés à Jeddah, température idéale pour cuire à feu doux), Saad Hariri a sorti la carte «menu pour enfant», une formule standard proposée dans toutes les branches de la chaîne 14 mars. Depuis 2005, c’est pratiquement la même salade qui est offerte. A toutes les sauces, on retrouve le Hezbollah et ses armes, responsables, selon l’ancien Premier ministre, de tous les maux dont souffre le Liban. Hariri a vendu sa marchandise à la criée, répétant 45 fois le mot «armes». Sans le savoir, il se fait le promoteur de la théorie de la relation dialectique entre la quantité et la qualité. Le chef du Courant du futur a une vision diamétralement opposée à celle de Hassan Nasrallah et propose le chemin inverse: un retour vers le marché domestique, car l’on n’obtiendra jamais un panier mieux garni que celui que l’on cueille dans son propre jardin. En outre, le marché régional est déjà occupé par ceux qui sont en train de cuisiner les Syriens, les Egyptiens, les Irakiens, les Tunisiens, les Libyens... Les petites bouchées de dessert ont été présentées – sous forme de honteuses surenchères – par les seconds couteaux des deux grands chefs. Gluantes et visqueuses, elles étaient tout simplement repoussantes. Nous ne citerons point les noms de ces assistants car ils ont la réputation de prendre mal les critiques... Avec un tel menu, on voit bien que le palais n’a pas été gâté. Heureusement que l’entrée a été offerte par le président Michel Sleiman. Bien qu’elle n’ait pas été du goût de tout le monde, une bonne partie des clients en a apprécié la saveur. Il a proposé un retour aux sources, aux racines, au bercail, car il n’y a de meilleure cuisine que celle du terroir. Tout compte fait, en cette ère des prorogations tous azimuts, une prolongation de quelques jours du mois du Ramadan aurait été la bienvenue. Car le menu proposé était tellement peu alléchant qu’il aurait mieux valu jeûner plutôt qu’ingurgiter du junk food.


 Paul Khalifeh
   

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