D’Imst en Autriche à Bhersaf au Liban. La belle aventure des villages SOS
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

D’Imst en Autriche à Bhersaf au Liban. La belle aventure des villages SOS

 
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    D’Imst en Autriche à Bhersaf au Liban. La belle aventure des villages SOS
    Février 1969. Bhersaf, ce village du Metn voit s’ériger sur son sol les prémices du premier village SOS. Michel Gemayel et son épouse, de passage à Paris, découvrent le magnifique...
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Février 1969. Bhersaf, ce village du Metn voit s’ériger sur son sol les prémices du premier village SOS. Michel Gemayel et son épouse, de passage à Paris, découvrent le magnifique rêve du village SOS à travers un article paru dans la presse française.

Etudiant en médecine à l’Université d’Innsbruck en Autriche, Hermann Gmeiner n’a d’autre obsession, dès 1945, que celle d’offrir un gîte aux enfants qui en sont privés. L’Europe est en pleine guerre et le lancinant spectacle des petits mendiants et des tout jeunes vagabonds ne quitte pas le jeune homme. Les orphelinats, pensait-il, sont gris et tristes. Il fallait trouver autre chose pour venir en aide aux petits démunis. Dans son esprit germe alors l’idée de créer ce qui est devenu le Village d’enfants. Il lance un SOS à ses compatriotes qui, généreux et parfois curieux aussi, n’hésitent pas à contribuer même modestement, au projet fou de Gmeiner. Le jeune étudiant, secondé par ses camarades d’université, réalise son rêve. Bientôt à Imst en Autriche s’élève le premier village d’enfants. De petites maisons gaies aux toits roses accueillent les enfants dès 1945. Elles sont gérées par des mamans d’adoption vigilantes et dévouées qui ont en charge, chacune, des groupes de huit orphelins et enfants abandonnés. Ceci commence évidemment en Autriche.
Cette conception prend de l’ampleur au fil des ans et la renommée des villages dépasse l’Europe et atteint le Liban grâce à Michel Gemayel et à son épouse qui y voient une réponse à leur souhait de venir en aide aux petits Libanais démunis. Ils offrent un terrain à Bhersaf et avancent les fonds pour la construction de deux maisons. L’affaire est lancée et les bienfaiteurs ne tardent pas à apporter leur soutien. Un premier donateur fut Farid Hélou que le projet passionne. Il fait un don de 15000 L.L., aide importante en 1970, et se promet de continuer à soutenir l’œuvre. Après sa disparition, quelques mois plus tard, son neveu Robert prend la relève.
Les travaux achevés, on voit se dresser en février 1970, les trois premières maisons du village. Il ne restait plus qu’à donner une âme aux pierres. Il fallait recruter des mamans ayant la vocation et la foi dans le projet. La Fédération internationale des Villages d’enfants SOS vient à la rescousse et délègue une de ses meilleures spécialistes, Mme Helga Zundel et une jardinière d’enfants, Berta Natter. Elles avaient pour mission de former un chef de village, de sélectionner des mamans et de surveiller pendant deux ans la bonne marche du projet.
Très vite tout est mis en place. Les finances sont tenues par des administrateurs et chaque maman gère les dépenses de sa «famille». Toutefois, des questions restaient alors en suspens. Elles concernaient surtout les réactions que le projet pourrait susciter chez les villageois et combien il correspondrait aux traditions sociales libanaises. Mais très vite tout est rentré dans l’ordre.
Les enfants des bidonvilles, les orphelins et les petits appartenant aux familles nécessiteuses se retrouvaient dans le cadre plaisant des petites maisons et retrouvaient ainsi la chaleur d’un foyer.
Même si, au départ, la Fédération internationale assurait la majeure partie du financement, les dons faits par les Libanais ne tardèrent pas à venir et l’exemple de Farid Hélou fut très vite suivi par de nombreuses personnalités, associations et organisations locales et étrangères. L’ambassade d’Autriche de son côté ne ménage pas son aide et l’hôpital de Bhannés offre ses soins aux enfants. Dans le cadre de ce village, les convictions religieuses sont absolument respectées.

Mouna Béchara


Les premiers appuis
L’aventure, née à Vienne, continue plus de cinquante ans après au Liban avec l’aide au départ de l’Office du Développement social, du Mouvement social de Mgr Grégoire Haddad, de l’Orphelinat musulman dirigé par Mohammad Barakat. Helga Zundel découvre des collaborateurs actifs également chez les religieuses franciscaines. Les familles chrétiennes et musulmanes coopérèrent en commun au succès du village SOS dont les amis augmentent au fil des ans. Chaque personne peut prendre en charge un enfant, même pour des montants minimes. Il ne s’agit pas seulement d’offrir de l’argent, mais le plus important est d’aller à la rencontre des enfants.
 

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Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

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