Médecine
Logo

Nº 3107 du vendredi 1er novembre 2019

Médecine
Médecine

Médecine (45)

Chaque année, de nombreux patients voient leur traitement compliqué par des infections. Malgré les critères et les inspections de plus en plus draconiens, aucun établissement de santé ne se voit épargné par les cas d’infections nosocomiales.
 

L’hôpital est tout autant un créateur de maladie qu’une institution destinée à guérir. Comment lutter contre les infections nosocomiales? Où se situe l’HDF par rapport à la palette occidentale de prévalence des infections associées aux soins? Magazine a fait le point avec la nouvelle présidente de l’Hôtel Dieu de France, Martine Orio. «Les infections nosocomiales (ou encore infections associées aux soins, IAS), représentent un problème de santé publique inhérent aux soins, redouté au sein de la communauté médicale», explique-t-elle. «L’IAS est contractée dans un hôpital, une clinique… alors qu’elle était absente au moment de l’admission du patient et qualifiée comme nosocomiale si elle apparaît après 48 h d’hospitalisation. Avant ce délai, on considère qu’elle était en incubation». «Les IAS sont un véritable fléau, lourd de conséquences fâcheuses. Elles aggravent le pronostic du patient car elles sont dues à des germes de plus en plus résistants, provoquent des décès, nuisent à l’image du praticien et de l’hôpital…Toutefois, aucun établissement de santé ne peut prétendre ne pas avoir de cas d’IAS ou annuler ce risque. Le réduire reste un des objectifs de l’HDF», assure sa présidente.

Prévention et sécurité
«Le Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) présidé par le Dr Dania Chlela, a organisé en mars une enquête de prévalence des IAS au sein de l’établissement, qui a permis de retrouver une prévalence globale des IAS de 4.9 %. Ces résultats s’inscrivent dans les normes internationales les plus basses, au même niveau que ceux de la moyenne nationale de 2017 en France (5%) et  du Center for Disease Control (CDC) aux Etats-Unis en 2018 (3,2%)», révèle Martine Orio. Le Dr Ghassan Sleilati, précise que «cette enquête a été menée sur 3 jours répartis en une semaine (pour augmenter la probabilité de détecter une IAS). Le CLIN a recueilli les données relatives à l’ensemble des patients hospitalisés dans les services de l’HDF pour plus de 24 h (et non seulement sur des échantillons). L’enquête a porté sur les infections pulmonaires associées à la ventilation, sur la bactériémie, sur les infections sur KT, ainsi que sur les infections de site opératoire, urinaires sur sonde vésicale… Le résultat a permis d’identifier une prévalence globale des IAS de 4.9 % [3.51% - 6.64%].» Comment lutter alors contre les IAS? Le Dr Chlela insiste sur l’importance «d’organiser et de coordonner une surveillance continue des IAS et de leur signalement, d’assurer la prévention notamment par l’élaboration et la mise en œuvre de recommandations de bonnes pratiques d’hygiène, d’information des professionnels de l’établissement et des usagers en matière d’hygiène et de transmission des infections…». Et Martine Orio de conclure en souhaitant «une égale transparence de la part des divers établissements hospitaliers, une discussion et mise en commun de protocoles d’isolement, de lavage des mains, de contrôle de l’environnement (air, eau, …) afin d’assurer une prévention, un système d’alerte et une plus grande sécurité aux patients.»

Marlène Aoun-Fakhoury

                                                                                               

<< Début < Préc 1 2 3 4 Suivant > Fin >>
Éditorial
La bête blessée reste dangereuse

Les pontes du système doivent trembler dans leurs fauteuils. Excédés par des décennies d’humiliation, qui a culminé avec une crise économique et financière sans précédent, les Libanais ont poussé un tonitruant cri de colère. Ça suffit!Le peuple libanais mérite mieux que cette classe parasitaire qui s’est enrichie d’une manière éhontée en pillant les biens de l’Etat et les ressources du pays. Une caste d’irresponsables et d’incapables qui ont mené le pays à sa ruine; une clique de corrompus qui éprouvent un tel mépris pour le peuple qu’ils étaient persuadés qu’ils pouvaient impunément continuer leurs pires excès sans que personne ne leur demande jamais de comptes; une bande de mafieux, qui ont détourné des dizaines de milliards de dollars empruntés à des taux improbables pour financer leurs palais, les mariages somptueux de leurs enfants, et autres indécences, au lieu de reconstruire une infrastructure détruite par leur interminable guerre, lorsque certains étaient miliciens et d’autres financiers de milices.En redistribuant une infime partie de ce qu’ils pillaient pour entretenir une clientèle plus ou moins importante, ils ont réussi à se régénérer, d’une campagne électorale à l’autre, en pensant pouvoir se reproduire à l’infini, rassurés que les murs du confessionnalisme qu’ils se gardaient bien d’abattre, empêcheront les Libanais de s’entendre, un jour, sur une cause unique. Mais ce système bien verrouillé a fini par rendre l’âme parce qu’il n’y avait plus rien à piller. Cupides, avares et mesquins, ils n’ont pas eu assez de courage ni d’intelligence pour puiser quelques miettes dans les fortunes colossales qu’ils ont amassées pour continuer à entretenir leur clientèle, si bien qu’une bonne partie de leur base, qui a sombré dans une grande pauvreté ou un désespoir extrême, s’est retournée contre eux.La révolte des Libanais est spontanée et authentique. Mais pour réussir à arracher au pouvoir des concessions durables et sérieuses, ils doivent rester focalisés sur la question sociale et économique qui transcende les communautés. Ceux qui essaient de les entraîner sur le terrain politique espèrent dissiper leur énergie et diviser leurs rangs. Chacun souhaite pour lui-même, pour ses enfants et pour ceux qu’il aime une meilleure justice sociale, davantage d’opportunités d’emploi, un avenir plus sûr. Mais lorsque des questions d’ordre politique sont abordées, il y aura autant d’avis qu’il y a de manifestants dans la rue. C’est là un piège dans lequel la classe politique veut précipiter le mouvement de contestation dans l’espoir de le torpiller.   Même blessée, surtout blessée, la classe politique reste très dangereuse. Comme elle a pillé l’Etat, elle n’hésitera pas à précipiter le pays dans les pires abîmes pour conserver ses privilèges. Il faut rester vigilant.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Syndic de copropriété
Habiter un appartement au Liban impose d’y consacrer un budget spécifique. En effet, les dépenses ne se limitent pas simplement à l’achat ou aux loyers. Des frais supplémentaires viennent s’y…

Bannière
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved