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Nº 3107 du vendredi 1er novembre 2019

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Santé (307)

Les conduites anorexiques et boulimiques sont de plus en plus fréquentes, notamment chez les jeunes. Un trouble alimentaire qui peut devenir signe de souffrance et mettre la vie du patient en danger. L’accompagnement de ces comportements alimentaires implique une attitude multidisciplinaire.
 

L’augmentation considérable des troubles anorexiques et boulimiques constatée par tous les acteurs du soin de cette pathologie touche en particulier les moins de 26 ans. En effet, la société de consommation prône la maigreur comme valeur esthétique et sous l’influence de la mode, les regards banalisent ce phénomène. Les médias, non seulement ne critiquent pas cette déformation des critères de santé mais l’encouragent à leur insu. On voit croître le nombre d’adolescentes vulnérables, qui s’adonnent aux vomissements pour pouvoir manger, tout en maigrissant, et deviennent prisonnières d’un comportement qu’elles pensaient pouvoir maîtriser. 
Au Liban, les jeunes femmes sont «prisonnières également d’une image sociale, dans un pays où l’apparence physique est synonyme de beauté, de succès, il n’est pas rare de succomber à la pression de rester ou devenir mince», déplore Mélissa Rizk, nutritionniste spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire, et professeure à l’USJ.  «Il y a une prévalence de plus de 59% des femmes libanaises à haut risque de souffrir de troubles du comportement alimentaire, versus une prévalence mondiale de 0,3%», alerte-t-elle.   

Combiner les thérapies
«Ce problème grave requiert une intervention par les acteurs de la santé tant en termes de soins que de prévention, car les troubles du comportement alimentaire (TCA) peuvent conduire à des situations de dénutrition sévère, mettant la vie en danger. D’autre part, la restriction, les crises de boulimie et les vomissements créent de véritables addictions difficiles à résorber, et nécessitent un traitement complexe, au carrefour du somatique et du psychique», ajoute Mélissa Rizk. «Ainsi, pour soigner le déséquilibre psychosomatique de l’anorexie et de la boulimie, il est indispensable d’établir des complémentarités thérapeutiques entre médecine, psychiatrie, psychothérapie, nutrition… D’un point de vue physiologique, la personne souffrant d’un TCA doit consulter un nutritionniste, un expert de l’alimentation, qui lui explique l’importance de manger sainement, et lui signale les impacts extrêmement négatifs des mauvaises habitudes alimentaires. Il contribuera également à établir un plan de repas adapté aux besoins du patient. Dans le cas de l’anorexique, il s’agit de l’aider à reprendre du poids graduellement et de manière saine, sans peur des calories. En revanche, pour les personnes souffrant de boulimie, il favorise un plan qui ne soit pas aussi restrictif que celui qu’elles ont essayé de s’imposer (menant aux frustrations et aux crises), en leur permettant de se faire plaisir au moment des repas au quotidien», avance la nutritionniste. «Ainsi, dans le cas de surpoids, il ne s’agit pas de se concentrer sur une perte de poids rapide», signale la spécialiste, «mais de changer les habitudes alimentaires de la personne afin de l’aider à atteindre un bon état de santé. Cela passera également par un programme de sport, qui favorisera une perte de poids saine.»

Une capacité d’écoute incontournable
«Par ailleurs, les TCA apparaissent souvent avec d’autres troubles psychologiques», poursuit Mélissa Rizk. «Il est donc important de tenir compte de ces mauvaises et dangereuses habitudes alimentaires, qui sont souvent le reflet d’autres problèmes sous-jacents, tels qu’un manque de confiance en soi, une anxiété ou une dépression… Par conséquent, l’accompagnement d’un TCA ne peut pas se faire uniquement d’un point de vue physiologique, en se concentrant sur la perte ou la prise de poids. Le nutritionniste spécialisé dans les troubles de comportement alimentaire doit être doté d’une grande capacité d’écoute, puisqu’il sera confronté à des personnes malades, en quête  d’aide et de soins.» Et la nutritionniste d’ajouter: «il est primordial de faire preuve d’empathie, d’attention et de compréhension pour déterminer précisément les origines d’un problème nutritionnel. En plus des compétences médicales, il faut user de pédagogie pour expliquer aux patients pourquoi certains aliments leur sont déconseillés, ou comment leur régime alimentaire a un impact négatif sur leur santé. Dès lors, il est essentiel de faire preuve de persuasion, sans pour autant se montrer autoritaire. Ainsi, dans le cadre de la prise en charge des troubles alimentaires, certaines notions de psychologie, voire de psychiatrie, sont indispensables.»

Marlène Aoun-Fakhoury

Jeudi, 18 Décembre 2014 03:08

Le vaccin contre la grippe: moins efficace?

Le vaccin contre la grippe pourrait être moins efficace cet hiver. L’efficacité du vaccin contre la grippe varie d’une année à l’autre. L’an dernier, son taux d’efficacité a été de 50 ou 55%, ce que les experts considèrent relativement bon. Le vaccin de cette année devait protéger contre le virus grippal H3N2. Toutefois, l’émergence inattendue d’une toute nouvelle souche du virus pourrait maintenant en réduire l’efficacité. Le vaccin offre une protection efficace contre 48% des échantillons de virus H3N2 analysés jusqu’à présent, ce qui signifie qu’il est moins efficace contre le 52% restant.

 

Les MICI
Touchent aussi les jeunes

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) peuvent se déclarer dès le plus jeune âge. Chez les enfants et les adolescents, le tableau clinique est similaire à celui des adultes. Les premiers signes sont des douleurs abdominales sur des semaines, voire des mois, associées à une perte d’appétit et de poids. Chez les plus jeunes, il y a toutefois une particularité. Ils peuvent présenter un retard de croissance, car ces pathologies peuvent perturber la puberté. Les patients sont fatigués et ont des maux de ventre. Ils ne peuvent plus suivre leurs activités sociales et sportives.

 

 

 

 

 



L’heure de coucher
Liée aux pensées négatives

Les personnes qui dorment moins longtemps et celles qui se couchent tard ont davantage tendance à être submergées par des pensées négatives répétitives. Elles sont enclines à se soucier excessivement de l’avenir, à trop creuser le passé et à souffrir de pensées intrusives désagréables sur lesquelles elles sentent ne pas avoir de contrôle. Ces pensées sont souvent typiques du trouble d’anxiété généralisée, de la dépression majeure, du stress post-traumatique, du trouble obsessionnel compulsif et de l’anxiété sociale. Les personnes atteintes de ces troubles ont tendance à avoir des problèmes de sommeil.

Le régime méditerranéen
Influence l’âge biologique?

Le régime méditerranéen riche en légumes, fruits, noix et huile d’olive et faible en produits laitiers et en viande est lié à des télomères plus longs, ce qui est considéré comme un signe de longévité. Plus l’alimentation des individus se rapproche du régime méditerranéen, plus leurs télomères sont longs. Pour chaque point sur 9 d’adhérence à ce régime, la différence de longueur correspondait en moyenne à 1,5 année de vie. Un changement de 3 points dans l’adhérence correspond à 4,5 ans de vieillissement en moyenne, une différence comparable à celle d’être fumeur et non-fumeur.

Carence en vitamine E
Lien avec la fausse couche

Une carence en vitamine E augmenterait le risque de fausse couche chez les femmes à très faible revenu. Au Bangladesh par exemple, les femmes enceintes qui ont un faible taux de vitamine E sont pratiquement deux fois plus à risque de faire une fausse couche que celles qui ont un taux normal. 10% des femmes avec de faibles taux de vitamine E dans leur sang ont fait une fausse couche, comparativement à seulement 5% chez celles qui démontrent un taux suffisant. Cette vitamine joue donc un grand rôle dans la protection de l’embryon et du fœtus durant la grossesse.

Papillomavirus
Injections de vaccin dès 9 ans

Deux injections de vaccin au lieu de trois dès l’âge de 9 ans pour lutter contre le cancer du col de l’utérus sont les dernières recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La vaccination est conseillée par l’OMS chez les filles âgées de 9 à 13 ans. Le passage de trois à deux injections ne diminue en rien l’efficacité de la protection, assure l’OMS. C’est simplement une garantie de meilleure accessibilité des vaccins aux populations les plus vulnérables dans les pays pauvres. Le cancer du col de l’utérus provoque près de 1000 décès par an. La vaccination HPV est le meilleur moyen de l’éviter avec le dépistage par frottis.


 

NADA JUREIDINI
 

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Éditorial
La bête blessée reste dangereuse

Les pontes du système doivent trembler dans leurs fauteuils. Excédés par des décennies d’humiliation, qui a culminé avec une crise économique et financière sans précédent, les Libanais ont poussé un tonitruant cri de colère. Ça suffit!Le peuple libanais mérite mieux que cette classe parasitaire qui s’est enrichie d’une manière éhontée en pillant les biens de l’Etat et les ressources du pays. Une caste d’irresponsables et d’incapables qui ont mené le pays à sa ruine; une clique de corrompus qui éprouvent un tel mépris pour le peuple qu’ils étaient persuadés qu’ils pouvaient impunément continuer leurs pires excès sans que personne ne leur demande jamais de comptes; une bande de mafieux, qui ont détourné des dizaines de milliards de dollars empruntés à des taux improbables pour financer leurs palais, les mariages somptueux de leurs enfants, et autres indécences, au lieu de reconstruire une infrastructure détruite par leur interminable guerre, lorsque certains étaient miliciens et d’autres financiers de milices.En redistribuant une infime partie de ce qu’ils pillaient pour entretenir une clientèle plus ou moins importante, ils ont réussi à se régénérer, d’une campagne électorale à l’autre, en pensant pouvoir se reproduire à l’infini, rassurés que les murs du confessionnalisme qu’ils se gardaient bien d’abattre, empêcheront les Libanais de s’entendre, un jour, sur une cause unique. Mais ce système bien verrouillé a fini par rendre l’âme parce qu’il n’y avait plus rien à piller. Cupides, avares et mesquins, ils n’ont pas eu assez de courage ni d’intelligence pour puiser quelques miettes dans les fortunes colossales qu’ils ont amassées pour continuer à entretenir leur clientèle, si bien qu’une bonne partie de leur base, qui a sombré dans une grande pauvreté ou un désespoir extrême, s’est retournée contre eux.La révolte des Libanais est spontanée et authentique. Mais pour réussir à arracher au pouvoir des concessions durables et sérieuses, ils doivent rester focalisés sur la question sociale et économique qui transcende les communautés. Ceux qui essaient de les entraîner sur le terrain politique espèrent dissiper leur énergie et diviser leurs rangs. Chacun souhaite pour lui-même, pour ses enfants et pour ceux qu’il aime une meilleure justice sociale, davantage d’opportunités d’emploi, un avenir plus sûr. Mais lorsque des questions d’ordre politique sont abordées, il y aura autant d’avis qu’il y a de manifestants dans la rue. C’est là un piège dans lequel la classe politique veut précipiter le mouvement de contestation dans l’espoir de le torpiller.   Même blessée, surtout blessée, la classe politique reste très dangereuse. Comme elle a pillé l’Etat, elle n’hésitera pas à précipiter le pays dans les pires abîmes pour conserver ses privilèges. Il faut rester vigilant.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Syndic de copropriété
Habiter un appartement au Liban impose d’y consacrer un budget spécifique. En effet, les dépenses ne se limitent pas simplement à l’achat ou aux loyers. Des frais supplémentaires viennent s’y…

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