Société
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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

Société



Soha Kanj Charara, spécialiste en maladies infectieuses à l’Hôpital américain de Beyrouth (AUH), Joseph Assaad, professeur à la faculté de génie de la Lebanese American University (LAU) et à l’Université Notre-Dame de Louaizé (NDU), Gaby Khalaf, directeur du Centre de recherches maritimes du CNRS, et Ibrahim Ossman, doyen associé de la faculté de gestion de l’American University of Beirut (AUB), ont mérité les prix d’excellence du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), pour leurs achèvements dans le domaine scientifique. L’événement a eu lieu, mercredi 12 novembre, au Grand sérail, sous le patronage et en présence du Premier ministre, Tammam Salam. Le chef du gouvernement a remis les trophées aux quatre lauréats sous les yeux de Ramzi Jreige, ministre de l’Information, Angelina Eichhorst, chef de la Délégation européenne, et Giuseppe Morabito, ambassadeur d’Italie.

Ce prix de taille a été attribué au Dr Soha Kanj Charara pour ses recherches et ses découvertes au niveau de la prévention, du contrôle et du traitement des bactéries résistantes aux antibiotiques «difficiles à traiter et pouvant entraîner la mort du patient», selon la spécialiste.

 

 

 

La boîte d’événementiel O de Rose a ravivé le sourire des Libanais venus par centaines prendre part à la Randonnée musicale organisée le 25 août dans la Réserve naturelle des Cèdres du Chouf. Quand la musique s’accorde aux murmures de la nature…
 

Le dimanche 25 août: une journée placée en dehors du temps, une journée inédite pour les Beyrouthins assermentés que nous sommes. Une journée de découverte en musique du pays, d’une des régions du pays, le village de Maasser el-Chouf, et ce qu’il recèle de plus précieux, ses cèdres millénaires, son authenticité humaine. Une sortie dominicale qui marquera les esprits.
C’est grâce à l’initiative de Lara Kanso, créatrice de la boîte d’événementiel O de Rose, et Raja Abdallah, organisateur partenaire à l’origine du concept de la Randonnée musicale inspirée d’un grand festival en Suisse, que cette journée a été rendue possible. Une manière, selon eux, de «condamner fermement la violence qui déchire notre pays». Mais aussi de mettre «la musique et la nature au service de la bonne cause», puisque cet événement culturel est une levée de fonds en soutien aux ONG Chance (Children against cancer) et OffreJoie.
Ils sont venus nombreux les Libanais pour prendre part à cet événement; il y a ceux qui veulent soutenir les ONG, ceux qui désirent découvrir la Réserve des cèdres, ceux qui cherchent un brin de musique au détour de la nature, ceux qui continuent à vivre malgré tout et ceux qui réaffirment à leur manière l’attachement au pays. Ils sont venus nombreux pour toutes ces raisons, en famille, entre amis, comme un cri du cœur, lancé à l’unisson. Bien avant 11h, l’heure fixée pour le début des activités, les visiteurs commencent à arriver par vagues successives à la place du village de Maasser el-Chouf, avant de s’installer dans les bus-navettes devant les transporter à l’entrée de la réserve.
L’itinéraire commence. Sept stations émaillent le parcours auquel ont pris part une quinzaine de groupes musicaux, artistes et poètes libanais: Lebam, Marc Nader, Camille et Lory, Adel Harb, Oak, Joy Fayad, Al Kamandjati, Nachaz, Jebebara, Beirut Vocal Point, Barock Ensemble, ainsi que Ghassan Alameddine, Tina Fish, Edouard Abbas, Walad et Ciqu’enciel. On marche, on discute, on se presse, on s’émerveille. On s’arrête quelques instants, le temps d’écarquiller les yeux face à ce majestueux cèdre de trois mille ans, son tronc imposant, ses racines gigantesques. Une pause photo. Et une autre encore, un peu plus loin, pour immortaliser sur image l’ambiance musicale que les groupes et artistes libanais ont merveilleusement réussi à instaurer. Des ambiances musicales plutôt, entre musique orientale, traditionnelle, populaire, classique, entre folk, pop, flamenco, blues, rock et même de l’a capella. Michèle Paulikivetich, la coordinatrice du programme artistique, a réussi à rassembler, à l’ombre des cèdres, un merveilleux bouquet éclectique de talents diversifiés, à l’image de l’effervescence de la scène locale. Tour à tour, se succédant jusqu’à 16h, ils ont intensifié la féerie des lieux, par leurs sons et sonorités, par l’interaction avec leur public de randonneurs. A mesure que ces derniers continuent d’arriver, ils sont toujours accompagnés de guides, ça et là, veillant à la sécurité des arbres et des visiteurs, donnant indications et conseils, le sourire toujours aux lèvres, aussi bien organisés qu’à l’intérieur d’une ruche.
En navettes, retour vers le village. Le paysage ne cesse de défiler au travers des vitres, entre ses arbres, sa verdure, ses maisons anciennes. Le temps d’apercevoir un homme au seuil de sa porte, habillé du costume traditionnel, esquisser entre ses lèvres souriantes ces célèbres mots de la convivialité libanaise, ces émouvants «Ahla wa sahla». La place du village ne cesse de se remplir, de se désemplir au rythme des bus-navettes oscillant entre l’aller et le retour, tant l’affluence est grande. Là, tout est déjà prêt pour assurer aux visiteurs bien-être et confort, café turc et boissons rafraîchissantes, plats et douceurs traditionnels, savoir-faire des femmes du village, la foire culinaire s’accompagne également d’une visite de la brocante, émaillée de curiosités antiques de tous genres.
La journée se termine encore en musique par le concert de la chanteuse libano-canadienne Randa Ghossoub, à l’auberge Saint-Michel-Arcenciel, au village. Accompagnée de son pianiste italien Giovanni Ceccarelli, elle interprète des classiques de jazz et des chansons françaises et espagnoles.
Ambiance vivifiante, agréable, bon enfant, la deuxième édition de la Randonnée musicale, la première s’étant déroulée également à la réserve du Chouf en 2011, s’est avérée être un véritable succès. En attendant la prochaine édition. Gardons les doigts croisés!

Nayla Rached

Les cèdres du Chouf
Créée en vertu de la loi no 532 du 29 juillet 1996, la réserve est gérée par le comité de la Réserve naturelle des cèdres du Chouf en coopération avec l’Association des cèdres du Chouf et sous la supervision du ministère de l’Environnement. La réserve et les villages environnants ont été déclarés par l’Unesco en 2005 «Réserve de Biosphère - Chouf».
La réserve est surtout admirée pour son époustouflante forêt de cèdres située sur le versant ouest: Maasser el-Chouf, Barouk et Aïn Zhalta-Bmohray. Ces forêts de cèdres constituent le quart de ce qui reste de la forêt des cèdres au Liban dont certains sont âgés de près de 2 000 ans. La Réserve de Biosphère - Chouf vise à remplir trois objectifs: la 
conservation de la faune et de la flore à 
l’intérieur de la réserve, le développement économique et social des communautés situées autour de la réserve et l’amélioration de la recherche, de l’éducation et de l’information ayant rapport au domaine des ressources naturelles. Il est possible de visiter la réserve tout au long de l’année en fonction des 
activités auxquelles s’y prêtent les visiteurs.

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

Santé

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