Les professionnels optimistes. La saison estivale porteuse d’espoir
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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

Les professionnels optimistes. La saison estivale porteuse d’espoir

 
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    Les professionnels optimistes. La saison estivale porteuse d’espoir
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L’espoir est de mise pour les acteurs du secteur touristique qui attendent beaucoup de la saison estivale. Si les chiffres de 2010 sont encore loin, cet été s’annonce tout de même comme un bon cru.
 

L’annonce faite par Riyad, le 13 février dernier, de la levée de l’interdiction imposée à ses ressortissants de se rendre au Liban a suscité, on s’en doute, des soupirs de soulagement dans le secteur touristique. Depuis le début du conflit syrien, en 2011, la désertion des touristes du Golfe, appréciés des Libanais pour leurs grandes dépenses dans les secteurs touristiques et dans le commerce de détail, avait littéralement plombé l’activité, déjà mise à mal par les problèmes sécuritaires. La levée de l’«embargo» saoudien s’était d’ailleurs traduite quasi instantanément par la venue de près de 12000 touristes au pays du cèdre, lors des dernières vacances en Arabie saoudite, selon le Premier ministre Saad Hariri. Sur les deux premiers mois de l’année, le nombre de touristes a marqué une hausse prometteuse de 4,2%, grâce au retour dans le pays des Koweitiens et des Saoudiens, par rapport à la même période de 2018.
Quelques mois plus tard, l’optimisme reste de mise parmi les professionnels du secteur qui évoquent l’activité estivale. Le président du syndicat des hôteliers, Pierre Achkar, indique à Magazine que durant le mois d’avril, avec les vacances de Pâques, «le secteur hôtelier a enregistré plus de 80% de taux d’occupation à Beyrouth». «On voit de plus en plus de touristes européens venir, pour quelques jours, le Liban n’étant finalement qu’à trois ou quatre heures de vols», souligne-t-il. Toutefois, il reste impossible de comparer l’impact en termes économiques des touristes européens et des touristes arabes. «Les touristes européens vont venir quelques jours, tandis que les Arabes, quand ils se déplacent au Liban, restent au moins quinze jours et leurs dépenses ne sont pas les mêmes», précise Pierre Achkar. De même, il souligne que le prix des nuitées dans les hôtels ont baissé et qu’il faudrait au minimum un an de bonne fréquentation pour que les tarifs repartent à leur niveau habituel.

Des milliers de demandes de visas
Le président du syndicat des hôteliers avance que pour l’instant, «les réservations sont d’environ 50% pour Beyrouth et beaucoup moins sur le reste du territoire pour le mois de juillet». «Mais le marché arabe réserve souvent à la dernière minute», relève-t-il. Quelques indices toutefois, lui font supposer que la saison sera à la hauteur des espérances. «Nous savons par les consulats libanais qui délivrent les visas aux accompagnants des Arabes (les Saoudiens étant exemptés de visa) qu’il y a des milliers de demandes déposées». Pierre Achkar compte aussi sur l’embargo sur la Turquie qui pourrait «aider» les Saoudiens à choisir la destination libanaise. Autant d’arguments qui font présager une saison touristique florissante après des années de vaches maigres. Le professionnel estime que les réservations déjà enregistrées pour juillet laissent penser que le cap des 70% de taux d’occupation pourra être atteint, voire davantage. En plus des touristes européens et arabes, le pays du cèdre devrait pouvoir compter, comme chaque année, sur les Libanais de la diaspora.
Pierre Achkar espère toutefois que les rumeurs quant à une éventuelle guerre dans la région — consécutive aux tensions entre l’Iran et les Etats-Unis ou à une action israélienne contre le Hezbollah — ne viendront pas freiner le flot de touristes attendus. «Il y a eu un grand effort ces dernières années en direction de la diaspora libanaise, mais avec les rumeurs de guerre véhiculées par les médias avant l’été, certains s’interrogent sur le maintien de leur séjour. Ils se demandent comment ils vont sortir du pays en cas de guerre, car nous n’avons qu’un seul aéroport et par la Syrie ce n’est plus vraiment possible comme en 2006.»

Un «trend» russe à créer
Malgré ses craintes que de simples rumeurs plombent la saison, le président du syndicat des hôteliers salue le travail effectué ces dernières années pour redorer la cote du Liban auprès des agents de voyage, notamment européens. La dernière édition du Forum Visit Lebanon, qui s’est tenue les 30 et 31 mai, a ainsi accueilli 130 agents voyagistes européens mais aussi russes. «Ils reviennent chez eux en promouvant la destination Liban, ça a bien marché en Europe. Les Russes pour le moment ne viennent pas en masse, c’est un ‘trend’ à créer. Ils ont besoin de beaucoup plus de resorts comme ils peuvent trouver en Turquie», note Pierre Achkar. «Les Russes sont habitués à des complexes balnéaires immenses comme ils en trouvent en Turquie, en Grèce, à Chypre. Ici, nous avons la mer et de petits hôtels pour nager, pas le genre de produits qu’ils recherchent».
Reste à savoir si la stratégie annoncée en avril par le ministre du Tourisme, Avedis Guidanian, pour attirer les touristes chinois, russes et indiens, portera ses fruits. «20% des activités» du ministère seront déployés pour atteindre cet objectif. Cela suffira-t-il? Malgré le fait que le secteur constitue un pilier de l’économie libanaise, comme l’a d’ailleurs rappelé le rapport McKinsey, le tourisme ne dispose qu’un d’un bien maigre budget pour mettre en œuvre ses campagnes de promotion à l’extérieur. «La Jordanie dispose d’une enveloppe de 25 millions de dollars uniquement pour faire sa promotion, avance Pierre Achkar. Le Liban n’en a que 2 millions».

Enfin des bus Hop-On Hop-Off à Beyrouth
Impossible de ne pas les remarquer. Depuis la mi-mai, trois bus Hop-On Hop-Off ont fait leur apparition dans les rues beyrouthines. Reconnaissables entre mille, ils arborent une couleur rouge rutilante, libanisée avec quelques représentations des principaux sites touristiques de la capitale, comme Raouché ou la place des Martyrs.
A l’instar des grandes capitales européennes ou américaines, Beyrouth pourra donc désormais se sillonner en bus à double étage, avec toit ouvrant et des explications dispensées en cinq langues (arabe, français, anglais, espagnol et chinois) durant une heure trente. Ces autobus proposent des tours de 9h30 à 18h30 et desservent toutes les trente minutes quinze stations touristiques. Pour y grimper, il faudra débourser 33$ pour une validité de 24 heures, ou 53$ pour conserver son ticket durant 48 heures. L’achat de ces billets se combine avec des réductions sur les entrées de divers sites touristiques beyrouthins, comme le Musée national, le musée archéologique de l’AUB, le musée Sursock et le musée des minéraux MIM. Les vestiges archéologiques, églises et mosquées ne sont pas oubliées, tout comme les centres commerciaux. Tout le long du parcours qui débute et finit place des Martyrs, les passagers peuvent monter et descendre à leur guise, ce qui leur permet de visiter, au gré de leurs envies, différents quartiers de la capitale.
C’est Viviane Nasr qui a eu l’idée de faire venir ces bus touristiques au Liban. Séduite par l’idée lors d’une escale londonienne, elle a mis deux ans à le concrétiser pour, dit-elle, «montrer une vraie image du Liban». Elle conclut donc une franchise avec la société espagnole City Sightseeing et importe trois bus flambants neufs.
Après Beyrouth, Viviane Nasr ambitionne déjà de proposer de nouveaux circuits au départ de Dbayé vers Jbeil et, pourquoi pas de faire rouler ses bus au Liban nord ou dans la Békaa.
Plus d’infos sur: www.citysightseeing-lebanon.com

 

Jenny Saleh

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

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