Combien ça coûte
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Nº 3107 du vendredi 1er novembre 2019

Combien ça coûte
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Combien ça coûte (30)

Habiter un appartement au Liban impose d’y consacrer un budget spécifique. En effet, les dépenses ne se limitent pas simplement à l’achat ou aux loyers. Des frais supplémentaires viennent s’y ajouter, notamment ceux relatifs au syndic de copropriété. 
Avec le nombre incommensurable d’immeubles qui poussent au Liban actuellement et la non-disponibilité des copropriétaires et/ou locataires, le recours à des agences de gestion d’immeubles devient incontournable. Synonymes de syndic de copropriété, ces entreprises deviennent le représentant légal des occupants de l’immeuble en question. Elles ont pour mission de veiller, au quotidien, à l’entretien de l’immeuble, de faire respecter le règlement de copropriété et de faire exécuter les décisions prises en assemblée générale annuelle des copropriétaires. Grande disponibilité, connaissances profondes en matière de budget et de comptabilité, contacts divers pour des affaires de technicité de bâtiment, de droit immobilier, de fiscalité, de droit social (pour la gestion des contrats de travail des employés d’immeuble, personnel pour l’entretien ménager et l’entretien des espaces verts, concierge, etc.). Autant de conditions qui exigent l’intervention d’un syndic professionnel. Une deuxième option s’offre aux copropriétaires: désigner un syndic de copropriété bénévole durant l’assemblée générale des copropriétaires. L’avantage? Les frais de gestion et d’administration sont économisés. Les autres prestations (électricité, ascenseurs, concierge, entretien…) peuvent varier entre 20$ par mois par copropriétaire (pour les anciens immeubles) et 1 500$ par mois par copropriétaire (pour des immeubles plus récents).

Quelles dépenses prévoir?
Le contrat de base est conclu entre le syndic (l’entreprise en question) et le syndicat de copropriété (formé des copropriétaires). De nature obligatoire, le contrat doit comprendre les éléments suivants:
● Les prestations de gestion courante;
● La date de prise de fonction et la durée du contrat (susceptible d’être renouvelable);
● Les modalités de paiement (mensuelles, semestrielles, annuelles).
● Le coût du contrat se situe, en moyenne entre 120 et 200$ par copropriétaire.

Les honoraires
Un forfait de gestion courante de l’immeuble est soumis aux copropriétaires. Il définit les tâches assurées par le syndic de manière régulière. Il s’agit de:
● La convocation, la préparation et la tenue de l’assemblée générale: 50 à 70$ par réunion.
● L’entretien et la maintenance de l’immeuble: entre 300 et 500$ par mois par copropriétaire. 
● La comptabilité et la gestion financière du compte séparé au nom du syndicat des copropriétaires: environ 350$ par copropriétaire.
● La gestion de l’employé de l’immeuble, concierge ou gardien: 200 à 400$ par mois par copropriétaire.
● Toutes les démarches administratives: 200$ par mois par copropriétaire.  
Lorsque des travaux d’entretien de l’immeuble ne relevant pas de la maintenance ou des parties communes s’imposent, le syndic de copropriétés a la possibilité d’exiger des honoraires supplémentaires qui sont votés en assemblée générale. Ceux-ci doivent être clairement définis et sont en général exprimés en pourcentage.

Natasha Metni Torbey
 

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Éditorial
La bête blessée reste dangereuse

Les pontes du système doivent trembler dans leurs fauteuils. Excédés par des décennies d’humiliation, qui a culminé avec une crise économique et financière sans précédent, les Libanais ont poussé un tonitruant cri de colère. Ça suffit!Le peuple libanais mérite mieux que cette classe parasitaire qui s’est enrichie d’une manière éhontée en pillant les biens de l’Etat et les ressources du pays. Une caste d’irresponsables et d’incapables qui ont mené le pays à sa ruine; une clique de corrompus qui éprouvent un tel mépris pour le peuple qu’ils étaient persuadés qu’ils pouvaient impunément continuer leurs pires excès sans que personne ne leur demande jamais de comptes; une bande de mafieux, qui ont détourné des dizaines de milliards de dollars empruntés à des taux improbables pour financer leurs palais, les mariages somptueux de leurs enfants, et autres indécences, au lieu de reconstruire une infrastructure détruite par leur interminable guerre, lorsque certains étaient miliciens et d’autres financiers de milices.En redistribuant une infime partie de ce qu’ils pillaient pour entretenir une clientèle plus ou moins importante, ils ont réussi à se régénérer, d’une campagne électorale à l’autre, en pensant pouvoir se reproduire à l’infini, rassurés que les murs du confessionnalisme qu’ils se gardaient bien d’abattre, empêcheront les Libanais de s’entendre, un jour, sur une cause unique. Mais ce système bien verrouillé a fini par rendre l’âme parce qu’il n’y avait plus rien à piller. Cupides, avares et mesquins, ils n’ont pas eu assez de courage ni d’intelligence pour puiser quelques miettes dans les fortunes colossales qu’ils ont amassées pour continuer à entretenir leur clientèle, si bien qu’une bonne partie de leur base, qui a sombré dans une grande pauvreté ou un désespoir extrême, s’est retournée contre eux.La révolte des Libanais est spontanée et authentique. Mais pour réussir à arracher au pouvoir des concessions durables et sérieuses, ils doivent rester focalisés sur la question sociale et économique qui transcende les communautés. Ceux qui essaient de les entraîner sur le terrain politique espèrent dissiper leur énergie et diviser leurs rangs. Chacun souhaite pour lui-même, pour ses enfants et pour ceux qu’il aime une meilleure justice sociale, davantage d’opportunités d’emploi, un avenir plus sûr. Mais lorsque des questions d’ordre politique sont abordées, il y aura autant d’avis qu’il y a de manifestants dans la rue. C’est là un piège dans lequel la classe politique veut précipiter le mouvement de contestation dans l’espoir de le torpiller.   Même blessée, surtout blessée, la classe politique reste très dangereuse. Comme elle a pillé l’Etat, elle n’hésitera pas à précipiter le pays dans les pires abîmes pour conserver ses privilèges. Il faut rester vigilant.


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Syndic de copropriété
Habiter un appartement au Liban impose d’y consacrer un budget spécifique. En effet, les dépenses ne se limitent pas simplement à l’achat ou aux loyers. Des frais supplémentaires viennent s’y…

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