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Nº 3083 du vendredi 3 novembre 2017

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Créé en 1956, le groupe Magazine fait partie des groupes de presse les plus anciens et les plus importants du Proche-Orient et du monde arabe. Au cours de sa longue existence, le groupe fut le témoin d'importants événements et traversa la guerre libanaise en affrontant toutes les difficultés. Aujourd'hui, premier groupe francophone, il touche le plus grand évantail de lecteurs de toutes catégories socio-professionnelles et se dote des moyens lui permettant d'espérer un avenir toujours meilleur... Parcourez avec nous l'histoire de notre Groupe:

1956 Lancement de Magazine. Généraliste libanais de langue française, Magazine est une revue hebdomadaire depuis sa fondation jusqu’à septembre 2016. A cette date, elle change de format, de contenu et de périodicité et devient un mensuel d’actualité politique, économique et lifestyle. Plus de la moitié de la publication est consacrée à l’économie, à la finance, à la fiscalité, au commercial, à l’industrie, à l’entrepreneuriat et au management.
Magazine le Mensuel reste une référence dans la perfection éditoriale et la qualité d’impression. Le traitement de l’actualité se fait sans complaisance et dans une indépendance totale.

 

1959 Le groupe édite un nouvel hebdomadaire généraliste en langue arabe: Ousbou Al ArabiDiffusé dans tous les pays arabes sans exception, Ousbou Al Arabi répond aux attentes des lecteurs arabes sur le plan politique et socio-économique. Ousbou Al Arabi a été parmi les premières revues à couvrir l'actualité panarabe et, grâce à sa crédibilité politique, a réussi à pénétrer dans tous les pays arabes. Un véritable exploit dans une région où les dissensions sont la règle.

1986 Le groupe publie, en accord avec le groupe Marie-Claire, la revue

 Marie-Claire Nour à l'intention de la femme arabe. Diffusé dans les pays du Golfe et en Arabie Saoudite, le mensuel est jugé, par les autorités religieuses de ces pays, trop occidental. Malgré une brillante réussite, il est arrêté en 1989.

1987 En partenariat avec Les éditions Larivière, le groupe publie sous licence, une adaptation de la revue mensuelle spécialisée Défense et Armement.

Elle s'adresse plus particulièrement aux cadres et aux responsables militaires du monde arabe, ainsi qu'au public s'intéressant aux stratégies et aux techniques les plus modernes dans le domaine de l'armement. Devant les difficultés de ce marché publicitaire extrêmement pointu, le titre est arrêté en 1993.

1993 Le groupe lance Femme Magazineun mensuel féminin de langue française qui, par ses rubriques diversifiées et par sa qualité rédactionnelle et artistique, a su se démarquer, s'imposer et devenir la référence des mensuels au Liban. Femme Magazine se veut moderne et authentique, engagée agréable et sérieuse.

2000 Inspiré par la réussite de Femme Magazine, Al Mar'a Magazine voit le jour. Un mensuel féminin en langue arabe offrant à la femme arabophone des horizons nouveaux et des conseils dans tous les domaines qui la concernent: famille, enfants, loisirs, conseils de beauté… Il met en valeur les femmes qui réussissent leur vie personnelle et professionnelle.

2000 Déco Magazine. En accord avec Maison Française (Socpresse), Déco Magazine est un trimestriel en langue française. Il traite d'architecture et de décoration et s'adresse à tous ceux pour qui l'art de vivre est un véritable mode de vie. Son objectif est d'allier, dans la perfection de la forme, le bon goût à l'utile. Déco Magazine s'adresse aussi bien aux professionnels qu'au grand public.

Éditorial
La perception compte que la réalité

La première année du sexennat du général Michel Aoun, élu le 31 octobre 2016 après deux ans et demi de vacance à la première magistrature de l’Etat, vient de s’achever. Partisans et détracteurs du mandat avancent des bilans tellement contradictoires qu’on a l’impression qu’ils ne parlent pas du même pays. Les fidèles du chef de l’Etat égrènent une longue liste de «réalisations», qui n’auraient pu être concrétisées sans la présence, au palais de Baabda, d’un «président fort». Les réussites du mandat vont de l’adoption d’une nouvelle loi électorale introduisant le mode de scrutin proportionnel et le vote des émigrés, à la bataille de l’«Aube des jouroud», qui a permis la libération, par l’armée libanaise, du territoire des groupes terroristes, en passant par les nominations administratives, militaires, sécuritaires, diplomatiques et juridiques, bloquées depuis des années. Au crédit du chef de l’Etat, également, le renforcement de la sécurité préventive, qui a épargné au pays de nombreux attentats, la condamnation à mort d’Ahmad el-Assir et d’autres extrémistes, dont les procès avançaient au ralenti à cause de l’absence d’une volonté politique. Sur le plan économique et social, les partisans du mandat soulignent le vote du budget 2017, après 12 ans de dépenses selon la douzième provisoire – qui autorise toutes sortes d’abus –, et l’adoption de l’échelle des salaires dans la fonction publique, qui renforce le pouvoir d’achat de dizaines de milliers de familles. Dans le bilan des contempteurs du mandat, ces «réalisations» ont cédé la place à une interminable liste de fiascos, d’échecs et de défaillances. «L’Etat est en déliquescence», déplore l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui se livre dans les colonnes de Magazine à un réquisitoire au vitriol contre le pouvoir actuel (voir page 16). Pour les détracteurs du président Aoun, les nominations ne sont qu’un partage du gâteau entre les partenaires de la coalition gouvernementale. Plus qu’une faute, l’échelle des salaires serait un péché, selon eux, car son financement impose des charges et des taxes supplémentaires aux chefs d’entreprises, aux sociétés, à la classe moyenne et les catégories les plus démunies. Le vote du budget n’est en aucun cas une source de fierté, car il s’agit de l’année fiscale écoulée, et déjà le gouvernement a dépassé les délais constitutionnels dans l’examen et l’approbation du budget 2018. De plus, la loi fondamentale votée au Parlement permet de mesurer la gravité du phénomène du gaspillage des deniers publics, avec des centaines de milliards de livres qui partent en fumée entre les administrations publiques, les dépenses inutiles et les fonds secrets (voir page 34). Entre ces deux descriptions antagonistes du Liban, il y a la perception qu’ont les Libanais de leur pays. Rares sont ceux qui ont le sentiment que leur vie s’est améliorée d’une année à l’autre. La tâche qui attend le mandat est tellement titanesque, que les réalisations accomplies, aussi importantes soient-elles, n’ont que très peu pesé dans le jugement que les Libanais se font des conditions et de la qualité de leur vie.


 Paul Khalifeh
   

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