Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse. Reconnaissance du journalisme indépendant
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Nº 3004 du vendredi 5 juin 2015

Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse. Reconnaissance du journalisme indépendant

 
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Le prix Samir Kassir pour la liberté de la presse a été décerné pour la dixième fois. Ce prix est un symbole du soutien de l’Union européenne à la liberté d’expression au Liban, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et dans les pays du Golfe.
 

C’est au palais Sursock que la Délégation de l’Union européenne a organisé, en collaboration avec la Fondation Samir Kassir, la remise du prix Samir Kassir pour la liberté de la presse. Une fois de plus, cette récompense a porté haut le flambeau du journalisme indépendant et courageux. «C’est un hommage à Samir Kassir dont la voix a été réduite au silence depuis bientôt dix ans, mais qui demeure une source d’inspiration pour les journalistes. Des journalistes déterminés, malgré les risques accrus, à poursuivre leur mission au nom de la liberté d’expression, de la presse indépendante et du journalisme professionnel, aussi bien à travers les nouveaux outils de l’ère numérique que par l’intermédiaire des médias traditionnels». C’est en ces termes que les organisateurs ont lancé ce prix auquel plus de 158 personnes ont participé.
Dans la catégorie des articles d’opinion, c’est le Syrien Ayman el-Ahmad, journaliste indépendant auprès de plusieurs sites d’information syriens et arabes, qui a décroché le prix pour son article Papa, qui est Michel Seurat? Un article publié dans le magazine en ligne Le Printemps maudit et dans lequel il rend hommage à l’écrivain Michel Seurat qui a mené des travaux sur la structure du pouvoir en Syrie et sur la société syrienne.
Dans la catégorie des articles d’investigation, c’est Hicham Manaa qui est le gagnant pour son article au titre évocateur: Les masques nettoyants brûlent les visages des consommateurs dans lequel il revient sur le non-respect des normes sanitaires dans le secteur de la santé de l’Egypte et, notamment, sur les produits cosmétiques toxiques. Le journaliste égyptien a publié les résultats de son enquête dans le magazine en ligne Veto.
Dans la catégorie des reportages audiovisuels, c’est un réfugié palestinien en Syrie, Mohammad Nour Ahmad, qui a remporté le prix pour son film intitulé Je suis bleu. Il y évoque le rôle de la musique et l’importance qu’elle revêt, son film tourne autour d’un piano en plein cœur du camp de Yarmouk en Syrie.
Ce concours est ouvert aux journalistes de la presse écrite (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, imprimée ou en ligne) ou audiovisuelle (chaînes de télévision, sociétés de production, télévision en ligne), tous ressortissants des pays suivants: Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats arabes unis, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Territoires palestiniens occupés, Qatar, Syrie, Tunisie et Yémen.
Les candidats ont soumis un article d’opinion ou un article d’investigation ou un reportage audiovisuel sur un sujet traitant de l’Etat de droit, les droits de l’homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la liberté d’expression, le développement démocratique et la participation citoyenne.
Dans son intervention, Gisèle Khoury, présidente de la Fondation Samir Kassir, a repris les mots du journaliste assassiné: «La guerre est un choix. Si dans le passé, il y avait eu une classe politique qui avait d’autres horizons que ceux de la violence, on aurait pu éviter la guerre civile. Vingt-quatre ans après l’arrêt de la guerre,  s’il y avait eu une nouvelle classe politique dont la priorité n’est pas le clientélisme et le communautarisme, on aurait évité les lois obsolètes dont celles concernant les élections ou une mauvaise gestion du dossier des réfugiés. Le Liban aurait été le phare des Arabes et leur rêve profond». Angelina Eichhorst, ambassadrice de l’UE, a assuré de son côté que «la liberté d’expression est une priorité pour l’UE».

Danièle Gergès

Prix Samir Kassir
Ce prix est attribué, chaque année, par l’Union européenne depuis 2006. Il a gagné en popularité depuis son lancement avec un nombre croissant de candidats à chaque édition, venant de la région méditerranéenne, du Moyen-Orient et du Golfe. Les thèmes sont liés à l’Etat de droit et aux droits de l’homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la liberté d’expression. Le jury est composé de sept membres votants arabes et européens actifs dans le monde des médias et de la société civile et d’un observateur représentant l’Union européenne. Le vainqueur de chaque catégorie reçoit 10 000 euros.

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Éditorial
Idées berceuses

La réunion entre Michel Aoun et Samir Geagea était prévisible, après six mois de discussions entre leurs représentants respectifs et, surtout, en raison des conseils prodigués par le Vatican. Elle casse l’angoissante routine dans laquelle se complaisait la vie politique libanaise. Sur un plan strictement chrétien, la rencontre Aoun-Geagea peut contribuer à solder un passif vieux de 25 ans entre les deux hommes, et, par conséquent, à apaiser les tensions latentes au sein de la communauté. A condition, bien entendu, que cette démarche ne reste pas orpheline et fasse l’objet d’un suivi assidu, à travers des initiatives au niveau de la base populaire des deux grands partis chrétiens. Les sceptiques dans les deux camps sont nombreux et ne croient pas au sérieux de cette réconciliation. Pour la renforcer, il faut prouver qu’ils ont tort.La réconciliation personnelle entre Michel Aoun et Samir Geagea est certes importante mais elle n’est pas suffisante, car les deux hommes ne représentent pas uniquement leur auguste personne, mais deux projets politiques, qui s’opposent sur plusieurs points. Pour qu’elle soit solide et durable, l’entente doit donc comporter un volet politique. Le fait d’avoir signé une déclaration d’intentions est la preuve d’une volonté commune d’aller au-delà de la dimension personnelle de la relation. L’accord conclu entre les deux partis comporte des principes généraux, qui expriment effectivement les appréhensions des chrétiens. Mais ils ne dépassent pas le cadre d’idées, qu’il faut maintenant essayer de traduire en mesures concrètes afin d’initier un réel changement. Or, c’est là que le bât blesse. Car pour transformer en actes certaines des idées formulées, des réformes importantes sont nécessaires, ce qui déplaît fortement aux alliés respectifs des deux leaders chrétiens. Prenons par exemple l’accord sur la nécessité d’élire un président «fort» et «représentatif» au sein de sa communauté. En évoquant la question de l’élection présidentielle au Liban devant la délégation libanaise conduite par Tammam Salam, le roi Salmane d’Arabie saoudite a énuméré des critères qui s’appliquent plus à un président consensuel que représentatif. Les deux candidats «forts», à savoir Michel Aoun et Samir Geagea, sont donc exclus d’emblée de la course.L’attitude des deux partis chrétiens vis-à-vis de la bataille des jurds de Ersal pourrait être une autre source de problème entre eux s’ils ne parviennent pas à gérer la question avec doigté. Michel Aoun estime prioritaire l’éradication des groupes terroristes, qui occupent quelque 400 kilomètres carrés du territoire national dans cette région. Il appuie le Hezbollah dans sa stratégie, y compris la décision du parti de mener lui-même la bataille si l’Armée libanaise n’obtient pas le feu vert du gouvernement. Samir Geagea, quant à lui, refuse d’accorder une quelconque couverture au Hezbollah et estime que seule l’armée est habilitée à défendre les frontières du pays. Toutefois, le Courant du futur, avec derrière l’Arabie saoudite, ne semble pas pressé d’enlever cette épine «jihadiste» du pied du Hezbollah et du gouvernement syrien.On peut égrener comme cela, pendant des heures, les sujets qui séparent Michel Aoun et Samir Geagea, pour des raisons de politique locale ou à cause de leur positionnement régional.Il en ressort que la rencontre entre les deux hommes est un développement nouveau, sans pour autant être un événement exceptionnel, susceptible d’initier des dynamiques inattendues. Sauf si les deux partis sont prêts à tourner le dos à leurs alliés… ce qui est fort improbable dans cette vie, comme dans l’au-delà.


 Paul Khalifeh
   
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