Maurice Matta. L’ambassadeur de l’optimisme éternel
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Nº 3103 du vendredi 5 juillet 2019

Maurice Matta. L’ambassadeur de l’optimisme éternel

 
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    Maurice Matta. L’ambassadeur de l’optimisme éternel
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«Je viens du monde de l’économie et je n’ai jamais prétendu être un journaliste». C’est ce qu’affirme Maurice Matta, responsable de la page économique du quotidien an-Nahar, producteur et présentateur de la section économique du journal télévisé de la MTV ainsi que de l’émission The Start. Magazine l’a rencontré.
 

Le jeune homme souriant, en jeans et polo, qui nous accueille au siège du quotidien an-Nahar ne ressemble pas au journaliste sérieux et professionnel que l’on voit sur les plateaux de télévision ou dans les congrès et forums économiques. A 31 ans, Maurice Matta a déjà derrière lui 10 années de carrière, lui qui n’a jamais eu en tête l’idée de faire un jour de la télévision. «C’est vrai qu’à 21 ans, il est difficile de parler de bourse, de marchés financiers et de gagner la confiance des investisseurs et des hommes d’affaires, mais heureusement j’ai réussi à convaincre les gens et j’ai brisé ce tabou». Depuis qu’il a 15 ans, Maurice Matta lit quotidiennement le Nahar. «J’aimais lire les analyses et écouter les personnes plus âgées que moi». Attiré par la médecine, il finit par opter pour les sciences économiques qu’il étudie à l’Université Saint-Joseph.
Son expérience avec les médias remonte à 2005 alors qu’il est membre fondateur de Kunhadi et s’occupe de la communication de l’association. «Entre 2006 et 2009, je passais souvent à la télévision pour parler de l’association mais ce n’est qu’en 2009 que j’ai fait mon entrée à la MTV où je suis devenu le responsable du bulletin économique». Pour le jeune homme, la télévision est un défi permanent. «Chaque jour à l’antenne est comme le premier jour. Sans la confiance que m’a témoigné le Pdg de la MTV, Michel Murr, je n’aurai pas réussi».

Ghost advisor
En 2011, il est responsable de la page économique du quotidien al-Balad et anime un programme sur la radio qui porte le même nom. Il est conseiller auprès de l’Union des banques arabes et de l’Union des banquiers arabes. Maurice Matta est également le «ghost advisor», de nombreux ministres, députés et chefs d’entreprise. Il a même été approché pour se présenter aux élections législatives. «Mes journées devenaient de plus en plus remplies». Il y a six ans, il est contacté par le quotidien an-Nahar pour occuper le poste de responsable de la page économique. «A 25 ans j’étais le plus jeune chargé de cette rubrique de toute l’histoire du quotidien. C’était une grande responsabilité pour moi. Je me suis adapté aux personnes qui sont plus âgées que moi».
Maurice Matta crée ce qu’on appelle l’économie médiatique, qui n’existait pas au Liban. Workaholic, il travaille entre 16 et 17 heures par jour tous les jours de la semaine. «J’ai le sentiment d’avoir grandi avant l’âge. Entre la télé et le journal, j’ai été privé de beaucoup de choses: les voyages, les soirées entre amis, les événements avec la famille». Petit à petit, il s’est construit une crédibilité et la responsabilité qu’il assume est devenue un grand poids pour lui. «Avec les invités que je reçois, c’est plus une discussion qu’une interview. Il est difficile de poser des questions alors que je connais déjà les réponses». Maurice Matta a rencontré les plus grandes personnalités économiques et financières dans le monde. Sa grande peur et la question qui le taraude continuellement c’est de savoir ce qui vient ensuite, «What’s next for me?».

De belles histoires
Avec le bulletin économique, Michel Murr lui confie la rubrique Reghem kell chi (Malgré tout) qui passe au début du journal télévisé. «C’est une note d’optimisme et de positivité que nous essayons d’introduire dans le quotidien des téléspectateurs. Nous rapportons de belles histoires concernant des Libanais ou le Liban. D’ailleurs le titre que je préfère est celui d’ambassadeur de l’optimisme». La publication par la Banque du Liban de la circulaire 331, encourageant les banques à soutenir les entreprises, décide Maurice Matta à offrir aux jeunes entrepreneurs une plateforme leur permettant de s’exprimer et d’exposer leurs idées. C’est ainsi que le programme The Start voit le jour. «C’est un nouveau mind set. J’ai voulu en quelque sorte devenir l’ambassadeur des entrepreneurs, leur apporter mon soutien, en leur ouvrant l’antenne de la MTV. The Start est devenue une plateforme pour appuyer les jeunes et les entrepreneurs».
Sa participation en tant qu’expert économique dans l’émission de Marcel Ghanem est une nouvelle étape dans son parcours de jeune économiste. «Ma présence aux côtés de Marcel Ghanem, qui est devenu un frère et duquel j’ai beaucoup appris, est une plus-value pour moi. Je suis convaincu qu’il faut monter pas à pas l’escalier. De cette manière, lorsqu’on tombe, la chute ne peut pas être de haut. En 11 ans de carrière, je ne suis pas tombé. J’ai reçu des gifles mais je suis resté debout». Très professionnel, positif de nature, il essaie de communiquer constamment son enthousiasme. Il est sollicité par Joe Maalouf pour animer une émission matinale sur Jaras Scoop, trois fois par semaine de 9 à 10 heures.
Toutes ces activités n’ont fait qu’augmenter le sentiment de responsabilité que ressent Maurice Matta. «Je n’ai pas droit à l’erreur». Pour le jeune homme, son succès se définit par le time management, la communication, la diplomatie, le fait de ne pas regarder en arrière et surtout l’honnêteté. «Je dois beaucoup à Michel Murr et Nayla Tueni pour leur confiance aveugle en moi, à mes parents qui supportent mes absences continuelles et surtout à mes amis proches à qui je dis très souvent à quel point je les aime». Pour lui, être fatigué quand on rentre chez soi le soir et dormir dans cet état est une véritable bénédiction. Il a la phobie de l’heure, du temps qui passe et surtout des maladies. Dans tout ce qu’il entreprend, il a le souci d’aider les autres. «Il faut toujours se rappeler de redonner ce que l’on reçoit». Il se voit comme un «decision maker», non pas un «follower» et ne renonce à ses principes pour rien au monde.
Pour cet inconditionnel optimiste, le pays est en bonne santé. «A un malade qui a des métastases, on ne dit pas qu’il va mourir. On le traite. Nous sommes un pays malade mais nous n’allons pas mourir. On peut être guéri». D’après Maurice Matta, il y a de bonnes intentions aujourd’hui et il existe de nombreux indicateurs positifs: la correction financière a commencé, le budget est en train d’être voté, le tourisme, la stabilité sécuritaire, le potentiel des jeunes. «Le Liban a connu dans son histoire beaucoup d’envahisseurs et d’occupants. Nous avons vécu des événements tragiques, des assassinats, des guerres, des manifestations. Nous sommes restés plus de deux ans sans président de la République, sans gouvernement, mais le pays est resté. C’est vrai la situation économique et financière est mauvaise mais les banques se portent bien. La situation dans le Golfe et dans l’Union européenne n’est pas meilleure. Nous avons commencé des réformes, nous avons du gaz et du pétrole et surtout un trésor inestimable qui est le capital humain, le Libanais lui-même, plein de ressources. Tant qu’il y a des gens qui se lèvent tous les matins pour aller au travail nous sommes bien». Sa devise? «Je préfère mourir en me battant plutôt que de baisser les bras».

Joëlle Seif
 

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Éditorial
Le facteur temps est décisif

Les ministres rencontrés ou interviewés par Magazine ces dernières semaines, toutes tendances confondues, soulignent le «sens des responsabilités» des représentants de tous les partis au gouvernement et le «sérieux» avec lequel ils abordent les dossiers économiques, financiers et politiques. Ils jettent un regard plutôt positif sur la qualité des débats en Conseil des ministres, même si certains déplorent le temps parfois excessif passé sur des dossiers qui auraient pu être tranchés plus rapidement.Or le temps est, aujourd’hui, un facteur déterminant dans la dynamique de maîtrise de la crise que le gouvernement se promet d’enclencher. Chaque jour qui passe est un jour de perdu. Chaque jour qui passe éloigne davantage le gouvernement des objectifs qu’il s’est fixés au niveau de la réduction du déficit budgétaire. Chaque jour qui passe voit le service de la dette gonfler et le sauvetage de plus en plus périlleux.Cette constatation n’est pas nouvelle mais on ne la rappellera jamais assez. On ne la martèlera jamais assez. C’est parce qu’ils n’ont pas conscience du facteur temps que les responsables ont mené le pays là où il est aujourd’hui, au bord du gouffre. Le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité, adopté en avril dernier, est pratiquement le même que celui qui avait été préparé il y a 9 ans. Les tiraillements et les surenchères politiques avaient empêché sa mise en œuvre. Si ce vaste chantier avait été lancé à l’époque, les milliards de dollars engloutis par l’EDL, qui constituent tous les ans une moyenne de 11% du budget, auraient pu être économisés et le Liban ne serait pas dans la situation délicate qui est la sienne en ce moment. Cet exemple d’incurie des pouvoirs publics peut être multiplié à volonté dans divers secteurs.Le temps n’est plus un luxe que les dirigeants peuvent se payer avec l’argent du contribuable. L’examen du budget par la Commission parlementaire des Finances et du Budget a trop traîné, ce qui est inexplicable, car la composition politique de cette instance est presque similaire à celle du gouvernement, qui a déjà amplement pris son temps pour approuver le projet de loi de Finances au bout de 21 séances marathons. Soit les partis sont atteints de schizophrénie et adoptent une chose en Conseil des ministres puis son contraire en Commission; soit ils sont incapables de tenir leurs troupes et certains députés s’ingénient à défaire ce que leurs camarades ont approuvé au gouvernement; soit les partis tiennent un double langage et, de ce fait, sont moins «responsables» qu’ils n’en donnent l’impression. Cette dernière option nous semble la plus plausible.Pour la démentir, le gouvernement doit montrer son sérieux et sa détermination à aller de l’avant en préparant et en envoyant au Parlement le projet de budget 2020 d’ici la mi-octobre au plus tard, comme le stipule la Constitution. Sinon, le sauvetage relèvera des missions impossibles.     


 Paul Khalifeh
   

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