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Nº 2895 du vendredi 03 Mai 2013

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Injection de 1,3 milliard $
40% des prêts logement épuisés

L’injection de près de 1,3 milliard de dollars par la Banque centrale en début d’année sur le marché pour dynamiser l’octroi de prêts bancaires à des taux préférentiels en vue d’activer le cycle économique dans le pays a commencé à donner des résultats. Les fonds destinés au financement de nouveaux projets ont été épuisés, alors que 40% de ceux dédiés aux prêts logement ont été utilisés. Pour rappel, la Banque du Liban (BDL) avait consenti à prêter aux banques à des taux symboliques de 1% en vue de leur permettre de prêter à leur tour à leur clientèle à des taux débiteurs n’excédant pas 5%  ou 6%.

Consommation
Recul de 26,8 points à fin juin

Si on se base sur l’indice de confiance du consommateur publié par MasterCard, portant sur les prévisions de la confiance du consommateur pour les six mois à venir, le Liban accuserait un recul significatif de son indice de 26,8 points de janvier à juin 2013. Il a régressé de 17,5 points par rapport au dernier semestre de 2012. Cette régression est la plus aiguë dans les pays du Moyen-Orient couverts par l’étude de MasterCard. Cet indice est calculé en prenant en considération cinq paramètres: taux d’emploi, revenu régulier, marché boursier, économie et qualité de vie.  

Hôtels
Baisse des tarifs de 21,4%

Selon le rapport de STR sur la performance du secteur de l’hôtellerie dans la région Mena, Beyrouth a enregistré la moyenne du taux d’occupation le plus faible durant le mois de mars 2013, soit une contraction à double chiffres de 17,2% sur un an. En ce qui concerne la moyenne du tarif/chambre au cours dudit mois, elle a baissé dans une proportion de 21,4% sur un an à 151,76%.  

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Éditorial
Libérez les deux évêques!

L’enlèvement de Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep, et Boulos Yazigi, évêque de l’Eglise grecque-orthodoxe de la même ville, le 22 avril, est un crime répréhensible à tous les égards. Sur un plan général, la privation de liberté, pour des motifs injustifiés, par des groupes ne disposant d’aucun mandat pour le faire est un retour à la loi de la jungle. Humainement, ces deux prélats, de par leur fonction et leur vocation, sont des messagers de paix, d’amour et de dialogue, ils ne méritent certainement pas le mauvais traitement qui leur a été infligé. A un niveau religieux, ils ont été enlevés parce qu’ils sont chrétiens, ce qui constitue une atteinte inadmissible au principe de la liberté de culte. Vu du prisme de la crise syrienne, les deux évêques étaient en mission humanitaire, pour tenter d’obtenir la libération de deux prêtres kidnappés dans la même région, il y a deux mois. Leur enlèvement est une violation de tous les principes, y compris des règles de la guerre, qui interdisent de s’en prendre à des médiateurs et des messagers. Si deux éminents évêques, dont le frère du patriarche de la plus grande Eglise d’Orient, ont été traités avec autant de légèreté et de rudesse, quel sort sera-t-il réservé au commun de leurs ouailles. C’est sans doute l’un des principaux messages que les ravisseurs (des Tchétchènes paraît-il; mais qui croit qu’ils peuvent agir sans couverture locale?) veulent transmettre aux chrétiens de Syrie et de toute la région: «Même vos évêques ne jouissent d’aucune immunité, alors que dire de vos prêtres, vos diacres, vos bonnes sœurs et vos fidèles?». Malgré le caractère abject de cet acte, on constate avec tristesse et consternation qu’il n’a pas suscité la vague de réprobation qu’il mérite. Faut-il, à Dieu ne plaise, qu’ils soient torturés et leurs têtes plantées sur un clocher (comme le cheikh Saadeddine d’Alep, égorgé et décapité avant que sa tête ne soit exposée sur le minaret de sa mosquée), pour que l’on entende, enfin, quelques timides condamnations? Pourtant, pour bien moins que cela, nous avons vu, ces deux dernières années, des personnalités politiques et publiques et des dirigeants, monter sur leurs grands chevaux, pour dénoncer avec véhémence la «répression sauvage», «les crimes odieux», «les atteintes inacceptables aux libertés individuelles et collectives…». Nous avons vu des médias entrer en campagne pour défendre un blogueur interpellé, ou un militant arrêté, des ONG se mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique… Mais pour les deux évêques, c’est le silence radio, tous ont perdu la voix… et la conscience. Cette triste affaire est un exemple vivant de la politique des deux poids deux mesures, qui n’est malheureusement plus l’apanage des grandes puissances, mais aussi de supports médiatiques censés informer les gens. On constate que l’information fait l’objet d’une sélection rigoureuse et d’une hiérarchisation répondant à une grille de lecture politique. Malgré toutes les tentatives destinées à minimiser la gravité de l’enlèvement des deux évêques et à le banaliser, en le traitant comme un fait divers ordinaire, cet acte constitue un développement extraordinaire. Il montre que plus personne n’est à l’abri, que certains groupes franchissent toutes les lignes rouges sans que personne ne leur demande de comptes et, plus grave encore, que les opposants syriens qui occupent le devant de la scène médiatique n’ont aucun pouvoir sur ceux qui tiennent le terrain. Si l’Occident n’est pas parvenu à obtenir la libération de deux évêques, quelles garanties peut-il encore fournir que les armes qu’il livre aux rebelles ne finiront pas entre les mains des coupeurs de têtes et autres barbares lâchés dans la nature… à deux pas de chez nous?


 Paul Khalifeh
   

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