Alain Hakim. Des galons au galop
Logo

Nº 2942 du vendredi 28 mars 2014

Alain Hakim. Des galons au galop

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Alain Hakim. Des galons au galop
    Nouveau venu à la politique, il ne s’est pas encore défait de la transparence et de la spontanéité qui le caractérisent et qui font tant défaut dans ce milieu. Alain...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Nouveau venu à la politique, il ne s’est pas encore défait de la transparence et de la spontanéité qui le caractérisent et qui font tant défaut dans ce milieu. Alain Hakim est un homme ouvert, qui n’hésite pas à livrer ses impressions sur sa récente expérience à la tête du ministère de l’Economie et du Commerce, et qui a tôt fait de communiquer son enthousiasme et son optimisme. Portrait.
 

Il n’appartient pas à une famille politique traditionnelle et jusqu’à sa nomination par le parti Kataëb, pour le représenter dans le nouveau gouvernement, il était inconnu du monde de la politique. Il est toutefois, loin d’être nouveau venu, dans le domaine des affaires et sur le plan académique. Directeur général adjoint du groupe Crédit libanais, il est également président directeur-général du groupe Hermès T.T. et membre du conseil d’administration de plusieurs filiales du groupe Crédit libanais. Bardé de diplômes, il est maître de conférences à la faculté de gestion et de management et à l’Institut supérieur des études bancaires de l’Université Saint-Joseph. «Je viens d’une famille modeste, normale, qui a subi la guerre comme beaucoup d’autres familles libanaises». Au départ, il est tenté par une carrière militaire, «que malheureusement je n’ai pas pu entreprendre, alors que j’ai présenté trois fois une demande en ce sens». Il est en première année d’université et, à l’école militaire, on ne comprenait pas pourquoi il était prêt à quitter l’université pour l’armée. Il poursuit ses études et travaille en parallèle. Après quatorze ans à la Société Générale de banque, il rejoint le Crédit libanais.
Alain Hakim a quatorze ans lorsque la guerre de 1975 éclate. Comme beaucoup de sa génération, il prend les armes et y participe en voulant être toujours au bon endroit. «Je me suis engagé au début avec le Tanzim, puis avec les phalangistes avant de rejoindre le PNL et les Forces libanaises de Bachir Gemayel sans toutefois y adhérer», confie le ministre. Mais ce n’est qu’en 2011 qu’il fait la connaissance de Sami Gemayel et qu’il est séduit par ses idées. «J’ai été attiré par son esprit et son discours d’ouverture sur tout le monde». Il va à sa rencontre proposant son aide dans le domaine économique pour mettre sur les rails une infrastructure socioéconomique. «J’ai commencé en tant que participant et consultant pour la mise en place d’un rassemblement, une sorte de conseil d’hommes d’affaires. Mais pour faire partie de ce conseil, il fallait être membre des Kataëb. C’est ainsi que j’ai adhéré au parti en 2013. Etre partisan est une conviction», reconnaît Alain Hakim. Il croyait rester dans l’ombre, mais il s’est vu propulser au-devant de la scène.
Il est indéniable que sa nomination par le parti pour le représenter au gouvernement a soulevé nombre d’interrogations. «Le parti Kataëb est le mieux organisé et le plus ancré dans la vie politique libanaise. Il est en même temps pragmatique et démocratique.

 

L’union des chrétiens
A travers ma nomination, et celles des deux autres ministres, Sejaan Azzi et Ramzi Jreige, le parti a voulu montrer qu’il y avait une place pour les anciens, pour les supporters et pour les nouveaux partisans. Ma désignation est une sorte de motivation de la nouvelle génération et des nouveaux membres du parti. Je n’ai pas de relation personnelle ou familiale avec les Gemayel ni aucun jeu d’intérêt dans cette nomination. Trois tranches sont représentées, en particulier celle de Ramzi Jreige et la mienne. Ce n’est pas une nomination gratuite, mais un message que toute personne peut arriver grâce à un parcours éducationnel et professionnel, loin de tout héritage politique».
Le ministre de l’Economie et du Commerce croit fermement en une communauté chrétienne unie à tous les niveaux. «Il existe beaucoup de points communs chez les différentes forces chrétiennes, le problème est que personne ne les voit». La courte durée de vie dont est censé bénéficier le gouvernement n’inquiète pas Alain Hakim qui se lance au pas de charge depuis le premier jour de sa nomination. «Le temps ne devrait pas poser de problème, car dans le service public il y a une continuité administrative que je voudrai respecter. Malheureusement, c’est une notion peu connue au Liban. J’essaie de préserver ce qui a déjà été réalisé par mes prédécesseurs, sans en faire table rase, et d’améliorer certaines choses. Je ne me bats pas contre des moulins à vent. Il existe des possibilités de travail immédiates qui peuvent paver la voie à mon successeur. C’est dans cette optique que je fonctionne».
Dans un gouvernement qui donne l’impression que personne n’est véritablement à sa place, à part Elias Bou Saab et Alain Hakim, on peut dire de ce dernier qu’il est l’homme qu’il faut à l’endroit qu’il faut. Pourtant selon le ministre, un bon gestionnaire réussit là où qu’il soit. Du signe astrologique du Taureau, il en porte parfaitement les caractéristiques. «Je suis transparent et direct. La politique et ses labyrinthes ne m’intéressent pas. Je suis un homme de terrain et d’action. Je n’aime pas parler, je préfère agir», dit-il. Positif de nature, il croit profondément qu’il n’y a pas de mauvaises personnes, il n’y a que de mauvais interlocuteurs. Optimiste, il croit en ce qu’il fait. Se prononçant sur une éventuelle démission des ministres Kataëb du gouvernement, à l’ordre du jour il y a encore peu de temps, Alain Hakim se conforme à la décision du parti. «C’est une question d’éthique, de déontologie et de conviction. Il n’est pas question que je reste si le parti en décide autrement». Des ambitions politiques, Alain Hakim n’en a pas. Se présenter aux élections législatives ne l’intéresse nullement, mais quoi qu’il en soit, il se plie aux directives du parti. Marié à Grace Akkad depuis 1987, ils ont deux enfants, Natasha (25 ans) et Christopher (23 ans), tous deux internes en médecine. Ce sont eux d’ailleurs qui lui ont inspiré le titre de docteur. Très proche de sa famille, il s’occupe beaucoup d’eux. «Ils sont la raison principale pour laquelle je ne veux pas faire de politique».

 

Un monde simple
Pour Alain Hakim qui vient du milieu de la finance et des affaires, le monde politique est 
un tout autre monde. «Quand on s’y habitue, c’est un univers simple dans lequel il faut savoir s’y prendre». Avec beaucoup de transparence et de simplicité et sans vouloir paraître utopique, il confie que le Conseil des ministres ressemble à une grande famille avec ses différentes composantes. «Il y a les jeunes et les moins jeunes, les anciens et les nouveaux, les petits groupes qui se forment à l’intérieur, tout cela sous le regard du président du Conseil et du président de la République». Il existe une grande proportion de nouvelles personnes dans ce gouvernement, mais pour le ministre de l’Economie, il n’existe entre elles aucune animosité personnelle, pas d’antécédents et aucune relation conflictuelle. «C’est une assemblée très dynamique et très motivée». En peu de temps, il s’est déjà découvert beaucoup d’affinités avec quelques ministres tels que Rony Araygi, Elias Bou Saab, Alice Chaptini, Nouhad Machnouk, Hussein el-Hajj Hassan, Nabil de Freige et Akram Chéhayeb. «Si seulement il n’y avait pas la politique». Notre entretien tire à sa fin et nous le clôturons sur une note positive que nous communique le nouveau ministre: «Je suis confiant. Je ne pense pas que la durée de vie de ce gouvernement sera plus que celle prévue. J’ai le sentiment que l’élection présidentielle aura lieu dans les délais, qu’il y aura plus d’un candidat à la présidence et que l’élection se déroulera en bonne et due forme».

Joëlle Seif 
Photos Milad Ayoub-DR 

Un souffle d’optimisme
«Je crois dans l’économie et la 
consommation et dans le Liban», affirme le ministre de l’Economie et du Commerce. «La situation économique du pays n’est pas aussi désastreuse qu’on le pense. Ce n’est pas moi qui le dis, mais ce sont bien les chiffres qui le montrent». Pour lui, le Liban n’est pas pire que le Japon ou l’Allemagne complètement détruits après la Deuxième Guerre mondiale et qui, actuellement, font partie des plus fortes 
puissances économiques du monde. «Aujourd’hui, la croissance du Liban est 
supérieure à celle de la France et les chiffres pour l’avenir sont optimistes».

Ce qu’il en pense
Social Media: «C’est le futur au niveau 
professionnel et personnel. D’ailleurs, de par mes fonctions au Crédit libanais, je suis 
principalement concerné par les réseaux sociaux et leur gestion».
Ses loisirs: «Je fais beaucoup de sport, de la musculation en particulier. J’aime 
beaucoup la musique et la lecture lorsque j’ai le temps».
Sa devise: «Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui 
voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire et surtout la grande armée des gens beaucoup plus sévères qui ne font rien. Jules Claretie».

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Un monde décadent

Triste spectacle que celui qu’offraient les Arabes réunis au Koweït. Alors que la région bouillonne et que le monde, même occidental, souffre d’une crise économique et même sociale aiguë, le sommet qui réunissait les représentants des Etats arabes au Koweït sonne creux. Une fois de plus, il n’aura fait que confirmer les divergences qui opposent les pays de la région, divergences qu’ils ont tenté en vain de mettre en sourdine, faute de pouvoir les occulter. En quête de solutions à toutes ces crises, ils n’ont réussi qu’à confirmer, quasi officiellement, leurs faiblesses. Preuve de leur impuissance, la crise syrienne qui entre dans sa quatrième année, avec un bilan de milliers de morts et des millions de déplacés et de réfugiés, au milieu d’un silence assourdissant des dirigeants arabes impuissants à faire aboutir des négociations entre les rebelles et le régime syrien. Ils s’en sont remis au Conseil de sécurité après l’échec des rencontres de Genève et la navette du médiateur Lakhdar Brahimi. On a toujours dit que les Arabes étaient forts en engagements, mais incapables de les respecter. Ainsi, ils jurent, chose rare, d’une même voix, ne pas accepter de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif. Mais cela ne reste que de l’encre qui sèche sur le papier. Même si le sujet a été abordé au Koweït et, une fois de plus, confirmé. Les participants au sommet ont voulu donner le change et éviter de mettre en avant leurs profondes dissensions. Ils ont échoué là aussi car celles-ci sont apparues du fait que sur les vingt-deux membres de la Ligue, seuls treize chefs d’Etat ont répondu «présents» au Koweït. Les autres se sont fait représenter par leurs ministres des Affaires étrangères, refusant visiblement de se retrouver côte à côte avec des homologues que tout divise. Ainsi Riyad, les Emirats et Bahreïn sont à couteaux tirés avec Doha d’où ils ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient d’ingérences du Qatar dans leurs affaires internes, mais aussi pour son soutien aux Frères musulmans que l’Egypte et l’Arabie inscrivent dans le registre des terroristes. Enfin, comme on pouvait s’y attendre après des débats profondément stériles, le communiqué final ne pouvait être que ce qu’il fut et, comme a titré un média européen, ce ne furent que des paroles, et encore des paroles. Les Etats membres de la Ligue rassemblés au Koweït, loin d’être unis, se sont contentés de vagues recommandations classiques sans contenu réel. Les dirigeants censés évoquer et dénoncer l’offensive israélienne sur Gaza, se sont, sans grande surprise et sans illusions, limités à rappeler des mesures que les économistes préconisent, depuis plus de trente ans et qui concernent, notamment, l’agriculture, l’eau, les réseaux routiers, des projets industriels dans la Bande… Autant de sujets que l’on ressasse à chaque sommet arabe et qui demeurent lettre morte. Ainsi vont les Arabes qui, outre leurs antagonismes irrémédiables, souffrent d’un laxisme à toute épreuve. Il faut cependant relever la seule décision concrète votée par les participants au sommet du Koweït: la mise en place d’un fonds doté de deux milliards de dollars destinés à financer les petites et moyennes entreprises. «Une goutte d’eau dans un océan», commente un observateur. Au milieu de ce sombre tableau, le Liban, par la voix de son président, a évoqué son dilemme et ses difficultés à continuer à accorder un abri aux Palestiniens chassés de leurs terres depuis 1948 et rejoints, il y a déjà quatre ans, par des Syriens fuyant les combats particulièrement meurtriers de leur pays. Promesse d’aide lui a été faite. Reste à la remplir. Le Liban, comme chacun le sait et le dit depuis la nuit des temps, est pauvre en ressources naturelles, et riche en ressources humaines. Hélas nos cerveaux sont allés, à leur corps défendant, servir les pays arabes si riches en pétrole et si pauvres en compétences. Le monde est vraiment mal fait, on s’en rend compte malheureusement à travers toute la planète où les peuples de toutes origines connaissent une sorte de décadence, même si elle est particulièrement éclatante dans les pays auxquels nous appartenons.


 Mouna Béchara
   

Santé

Allergies respiratoires. En constante augmentation
L’incidence des maladies allergiques est en constante augmentation. La pollution figure en bonne place dans les explications pour la flambée…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved