Zaven Kouyoumdjian. L’enfant terrible de la télévision
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Nº 3077 du vendredi 5 mai 2017

Zaven Kouyoumdjian. L’enfant terrible de la télévision

 
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    Zaven Kouyoumdjian. L’enfant terrible de la télévision
    Animateur de show télévisé, producteur, Zaven Kouyoumdjian a fait ses débuts en tant que journaliste-reporter en 1992 à Télé-Liban. De 1999 à aujourd’hui, il a présenté plusieurs émissions sur la...
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Animateur de show télévisé, producteur, Zaven Kouyoumdjian a fait ses débuts en tant que journaliste-reporter en 1992 à Télé-Liban. De 1999 à aujourd’hui, il a présenté plusieurs émissions sur la Future TV, dont le célèbre Siré wenfatahit (Un récit raconté).

Malgré sa notoriété, Zaven Kouyoumdjian a réussi à garder les pieds sur terre. L’allure décontractée, un franc sourire aux lèvres, il ne joue pas à la star. Lorsqu’on lui demande quel est le secret de sa longévité, alors que l’on sait que la durée de vie du star-system est de dix ans en moyenne, il répond avec une grande simplicité: «Je n’ai jamais construit ma carrière sur un physique ou un âge déterminé, mais sur le fait que j’étais un journaliste qui avait quelque chose à raconter. Plus on avance en âge, plus on se développe. Etant mon propre producteur, j’ai su garder mon empreinte et défier le temps».
Depuis ses débuts, à 22 ans, en tant que reporter sur la chaîne nationale, Zaven Kouyoumdjian s’est employé à développer son talent et sa méthode de travail. «J’ai été le premier à utiliser un ordinateur portable sur un plateau de télévision, le premier à introduire l’Internet. J’ai dépassé tous les tabous de manière à me renouveler constamment».
A l’heure où toutes les émissions recherchent le sensationnel et ont pour but ultime l’audience, Zaven Kouyoumdjian affirme qu’il n’est pas esclave de l’audimat. Il reconnaît être passé par plusieurs phases avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui. «Je suis passé par la trash TV. Si j’ai réussi à durer, c’est parce que j’ai été reporter, correspondant au palais présidentiel, j’ai également fait du sensationnel, puis je suis devenu sérieux. Plus j’étais mature, plus mes sujets devenaient sérieux. Les gens matures ne font pas de scandales et généralement, ceux-ci s’avèrent à la fin être de faux scandales. Il y a 20 ans, je l’aurais fait, mais aujourd’hui, mon but n’est pas l’audimat. Je cherche à être un bon exemple et à offrir une belle image. Je ne fais pas la promotion d’un maître-chanteur, mais je suis prêt à donner une tribune à la femme que l’on fait chanter, si celle-ci le désire».

Vingt-cinq ans de carrière
Aujourd’hui, Zaven Kouyoumdjian, du haut de ses 25 ans de carrière, cherche à jouer le rôle du père. Mais au fond de lui, il est resté l’enfant terrible des médias qu’il a toujours été depuis ses débuts. «Vouloir offrir cette image du père, même si cela ne me plaît pas vraiment, crée une forte pression», dit-il.
En 1992, il est le premier journaliste arménien à la télévision. Depuis, il a réussi à briser le cliché de l’Arménien qui ne possède pas correctement la langue arabe, ouvrant la voie à beaucoup d’autres. Zaven Kouyoumdjian s’est également lancé dans l’écriture, qui constitue pour lui une autre manière de s’exprimer. Son premier livre, Lebanon shot twice, paru en 2003 en trois langues (anglais, arabe, français) est un best-seller. Il est classé par le New York Times dans le top 100 Artwork qui capture la mémoire collective des nations après-guerre. Ce livre raconte la guerre du Liban à travers des images de gens ordinaires. Depuis, il a écrit trois autres livres: A witness on society (écrit en arabe et paru en 2012), God bless your evening (en arabe, paru en 2015) et Lebanon on screen: The greatest moments of lebanese television and pop culture (en anglais, paru en 2016).
Des moments forts, Zaven Kouyoumdjian en a connu beaucoup à la télévision. En 1996, il est le seul journaliste à couvrir les massacres perpétrés par les Israéliens à Cana et Mansouri, dans le cadre de l’opération Les raisins de la colère. Devant cette horreur, les larmes qu’il verse en direct lui valent le Certificat d’honneur de l’Ordre de la presse libanaise.
A 24 ans, il est le plus jeune présentateur à la télévision. Il anime des émissions politiques sur Télé-Liban: 30/31 puis 5/7. Il est le visage de la campagne de la télévision nationale qui veut briser les tabous en offrant l’image d’une chaîne jeune.  «La pression est énorme lorsqu’on est célèbre si jeune, mais aujourd’hui je dois être mature. Il m’importe beaucoup que les thèmes traités et les invités que je reçois soient de qualité. C’est un devoir envers les spectateurs».

Un goût pour la polémique
Bien qu’il se soit assagi avec les années, Zaven Kouyoumdjian a quand même conservé son goût pour la polémique. «J’aime secouer la société, c’est la raison pour laquelle j’ai toujours une longueur d’avance sur les autres». S’il faut qu’il y ait du sensationnel, néanmoins celui-ci doit être vrai. «Il y a 20 ans, ce sont les stars qui créaient le sensationnel, actuellement n’importe qui réussit à le faire». Il ne porte aucun jugement. «Pour moi, tout n’est pas blanc ou noir. Le plus grand scandale, je ne le présente pas comme tel, mais plutôt comme une expérience, comme un vécu, car je n’ai aucun jugement préconçu».
Même s’il paraît très naturel et spontané à la télévision, Zaven Kouyoumdjian reconnaît que tout est écrit à l’avance.
Sa pire angoisse est d’être un jour atteint par la maladie d’Alzheimer. «Ma plus grande terreur est celle qu’on dise un jour que l’homme qui a écrit l’histoire de la télévision a oublié son propre nom». Son ambition est de devenir
le créateur de la première télévision professionnelle et sérieuse en ligne dans le monde arabe. «J’ai fait office de pont entre la télévision traditionnelle et la télévision moderne». Son souhait le plus cher? «Je cherche surtout à laisser un impact chez les gens».


En chiffres
25
L’âge de sa carrière dans le monde des médias.

90
Le nombre d’épisodes de l’émission 5/7 sur Télé Liban.

656
Le nombre d’épisodes de l’émission Siré Wenfatahit qui a duré 13 ans sur la Future TV.

4
Le nombre de livres qu’il a écrits.

6
Le nombre des années passées à Télé-Liban avant de rejoindre la Future TV.

Joëlle Seif

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Éditorial
Des pressions sur la livre

Dans son dernier rapport trimestriel sur le Liban, paru le 27 avril, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme: le modèle économique libanais n’est plus viable et doit être remplacé par une formule capable d’assurer les besoins financiers et économiques du pays.Le rapport de l’institution internationale regorge de chiffres et d’indicateurs négatifs. Les plus alarmants sont le déficit de la balance commerciale, qui a atteint 15,7 milliards de dollars, fin 2016, et le volume des importations, qui ont grimpé à 26% du produit intérieur. Cela signifie que plus du quart de la richesse produite par les Libanais est utilisée pour importer des produits de l’étranger.Ces mauvaises prestations macroéconomiques s’accompagnent de mauvaises nouvelles pour les ménages: une hausse des prix de 3,13%, selon l’Association des consommateurs. Cette hausse, qui intervient alors que l'érosion du pouvoir d’achat se poursuit, serait due à deux facteurs: le débat parlementaire sur la grille des salaires dans le secteur public et la nouvelle batterie de taxes et d’impôts envisagée pour la financer. Le vote de la grille a finalement été reporté sine die mais les commerçants en ont profité pour majorer les prix de certains produits de consommation, comme les boissons alcoolisées, les produits de luxe et les cigarettes.Cette conjoncture, couplée à la crise politique larvée qui menace d’exploser à tout moment, s’est traduite par des pressions sur la livre libanaise. Selon des sources bancaires, la Banque du Liban (BDL) a dépensé entre 1,5 et2 milliards de dollars en deux mois pour intervenir sur le marché des changes afin de soutenir la monnaie nationale. Par conséquent, les réserves en devises de la BDL sont tombées sous la barre des 40 milliards de dollars.Les pressions sur la livre seraient dues au débat politique concernant la loi électorale, qui a montré combien le fossé était profond entre les forces politiques, et l’incertitude quant au renouvellement du mandat du gouverneur de la banque centrale, Riad Salamé.       Pendant ce temps, la présence d’1,5 millions de réfugiés syriens continue de peser sur l’économie, en l’absence de toute aide internationale sérieuse, susceptible de réparer une partie des dégâts causés aux infrastructures.En parallèle, les milieux financiers s’attendent à un durcissement des législations américaines et internationales relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme. Cette transformation des lois internationales limite les capacités du secteur bancaire libanais et le prive de certains de ses atouts, principalement le secret bancaire, réduit à sa plus simple expression.Face à ces réalités inquiétantes, la classe politique continue de se chamailler autour de la loi électorale et d’autres sujets, alors que chaque jour qui passe, la BDL dépense entre 20 et 30 millions de dollars pour soutenir une livre dont plus personne ne veut.


 Paul Khalifeh
   

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