Le monde multipolaire, une réalité. Moscou revient en force
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Nº 3034 du vendredi 1er janvier 2016

Le monde multipolaire, une réalité. Moscou revient en force

 
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    Omniprésente sur la scène internationale, la Russie de Vladimir Poutine a su montrer en 2015 qu’elle n’a pas perdu son rang de superpuissance. L’année 2015 aura été, sans conteste, celle de...
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Omniprésente sur la scène internationale, la Russie de Vladimir Poutine a su montrer en 2015 qu’elle n’a pas perdu son rang de superpuissance.

L’année 2015 aura été, sans conteste, celle de Vladimir Poutine. Le président russe s’est montré omniprésent sur la scène internationale, qu’il s’agisse des dossiers syrien, iranien ou ukrainien. Même le prestigieux Time ne s’y est pas trompé en le nommant personnalité de l’année.
Après avoir passé une année 2014 plutôt difficile − entre la crise ukrainienne, le crash du MH-17, les sanctions occidentales à son encontre et les disputes sur le dossier syrien −, la Russie s’est affirmée, cette année, acteur incontournable des grands dossiers qui agitent la planète. A la manœuvre, le patron du Kremlin, Vladimir Poutine, secondé par son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, une personnalité incontournable elle aussi.
Alors que les Etats-Unis et l’Europe avaient tenté d’isoler l’influence de Moscou dans le jeu international, notamment via la crise ukrainienne, Poutine a fait preuve d’une habileté sans pareille sur le plan géopolitique. Et fait comprendre au bloc occidental, que la Russie n’était pas jetée aux oubliettes malgré ses problèmes économiques.
La vision de Poutine s’est vue renforcée par la logique bipolaire qui a longtemps structuré l’affrontement entre l’Est et l’Ouest. Pour lui, l’Occident mené par Washington n’aurait eu de cesse de vouloir neutraliser la Russie depuis 1989 et la chute du mur de Berlin, en l’isolant économiquement et en la cernant militairement via l’Alliance atlantique. Loin de se laisser abattre, le leader du Kremlin s’est imposé en acteur incontournable au Moyen-Orient, notamment en Syrie.

 

Alliance avec les chiites
Intraitables dans le dossier syrien, les Russes ont éliminé toute solution - et résolution aux Nations unies - qui ne leur convenaient pas. Moscou s’est de fait allié à l’«axe de la Résistance», qui va de l’Iran au Hezbollah libanais en passant par la Syrie. En face, le bloc sunnite porté par l’Arabie saoudite, la Turquie et les pays du Golfe, alliés aux Etats-Unis et aux Européens. Dans sa logique, Vladimir Poutine voit son intervention en Syrie comme relevant d’objectifs aussi bien stratégiques que tactiques. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est resté droit dans ses bottes pour soutenir le président syrien Bachar el-Assad, bloquant toute résolution qui ne lui aurait pas été favorable et déterminé à empêcher qu’il finisse comme Mouammar Kadhafi, en Libye. Sans concession, celui que l’on surnomme parfois le «Rambo moscovite» a dénoncé les interventions militaires de l’Otan hors mandat de l’Onu. Mois après mois, le leader russe est resté intraitable, jusqu’à faire entendre aux Occidentaux que la priorité numéro 1 demeurait d’éradiquer le terrorisme. La toute récente résolution onusienne, adoptée à l’unanimité après quatre veto russes, en est la preuve. Une solution dans la crise syrienne ne peut être trouvée sans Moscou. Plus que jamais, la stratégie russe semble s’inscrire dans cette conception - plutôt réaliste - de relations internationales basées sur les rapports de force. En soutenant Assad coûte que coûte, Poutine joue aussi la légitime défense, puisqu’il estime que le président syrien représente encore un rempart contre l’islamisme. Un islamisme qui pourrait gangréner le Caucase et déstabiliser la Russie, qui compte vingt millions de citoyens musulmans.

 

Les volte-face d’Obama
Il ne faut pas non plus oublier que si la Russie de Vladimir Poutine a pu revenir ainsi comme superpuissance, c’est aussi parce que les Etats-Unis se sont retirés, politiquement et militairement, de nombreux théâtres d’opérations, multipliant d’ailleurs les volte-face sur le dossier syrien. Les Etats-Unis de Barack Obama ont montré qu’ils ne veulent plus se laisser absorber par un nouveau conflit dans le Grand Moyen-Orient, rebalançant leurs priorités vers la région Asie-Pacifique.
Reste maintenant à définir les contours du nouveau leadership russe. Peut-il tenir en ayant pour allié principal l’Iran chiite dans un Moyen-Orient très majoritairement sunnite? Quid des sanctions occidentales à son encontre que les Etats-Unis, en tout cas, ne semblent pas prêts à lever? D’autant que sur le dossier ukrainien, Moscou est toujours très réticent à appliquer les accords de Minsk et à retirer ses troupes de l’est de l’Ukraine.

Jenny Saleh
 

Angela Merkel
Leader d’une Europe fragile

Personnalité de l’année pour le Time, la chancelière allemande, Angela Merkel, aura dominé l’année 2015 en apparaissant comme leader d’une Europe fragile, sur le plan économique, avec notamment la crise de la dette grecque, puis en ouvrant grand les portes aux migrants, surtout les déplacés syriens, fuyant la guerre dans leur pays.

 

Le pape François
L’engagement continue

Le Saint-Père continue de s’engager, avec la publication notamment de son encyclique, Laudato Si, consacrée à la question écologique, et dans laquelle il s’adresse à «chaque personne qui habite cette planète», selon ses dires.
Ses prises de position en faveur de la planète, mais aussi du pardon de l’avortement, ou encore de la défense des divorcés remariés, sont saluées ou décriées.

Donald Trump
Le milliardaire scandaleux

Milliardaire américain candidat aux primaires républicaines, Donald Trump n’en finit plus de faire des déclarations fracassantes.
Dernière cible en date, les musulmans, ce qui a provoqué une vague d’indignation. La question reste de savoir s’il est en mesure de gagner les primaires républicaines…

Dilma Rousseff
La présidente affaiblie

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, est sous le coup d’une procédure de destitution pour différentes accusations, entamée le 3 décembre dernier.
La présidente de la République est notamment soupçonnée d’avoir maquillé les comptes de l’Etat brésilien ou encore d’être impliquée dans l’affaire de corruption Petrobras dans laquelle plusieurs milliards d’euros ont été détournés.


JANVIER
11 France: «Marches républicaines» en hommage aux victimes des attentats de Charlie Hebdo. Les dirigeants de plusieurs pays participent au défilé.
15 Deux otages humanitaires italiennes en Syrie libérées.
18 Philippines: visite du pape François.
25 Grèce: victoire du leader de Syriza, Alexis Tsipras, aux élections générales.
26 Libby Lane, 1ère femme ordonnée évêque par l’Eglise d’Angleterre.

FÉVRIER
1er Italie: Sergio Mattarella président.
5 Taïwan: crash d’un avion à Taipei.
12 Minsk: accord sur un cessez-le-feu et une zone démilitarisée en Ukraine.
28 Moscou: Boris Nemtsov, leader de l’opposition russe, assassiné.

MARS
1er Alger: accord de paix entre le gouvernement malien et les rebelles touareg d’Azawad.
3 Eruption du volcan Villarrica au Chili.
7 50e anniversaire de la marche pour les droits civiques aux Etats-Unis.
10 Côte d’Ivoire: Simone Gbagbo, ex-Première dame, condamnée à 20 ans de prison.
19 Début du tour du monde de l’avion solaire Solar Impulse.
24 Crash de la Germanwings dans les Alpes françaises. 150 morts.

AVRIL
2 Attaque de l’Université de Garissa, au Kenya, par les Shebab somaliens.
11 Poignée de main entre Barack Obama et Raul Castro, au Panama.
18 Italie: exposition du Suaire de Turin.
25 Népal: séisme. Plus de 7 000 morts.

MAI
5 L’armée nigériane libère 234 femmes et enfants enlevés par Boko Haram.
17 Deux sœurs palestiniennes canonisées au Vatican.
23 L’Irlande légalise le mariage gay.
30-31 Une vague de chaleur cause plus de 2 000 décès en Inde.

JUIN
8 Réunion du G7 en Allemagne.
23 Une vague de chaleur en Inde et au Pakistan. Plus de 3 000 morts.
24 Julian Assange révèle des écoutes américaines des présidents français.
26 La Cour suprême américaine valide le mariage gay aux Etats-Unis.
30 Tsipras rejette des propositions de l’UE pour la dette grecque.

JUILLET
9 L’UE cherche un compromis sur la dette grecque, faisant vaciller la cohésion européenne.
12 Voyage papal en Amérique latine.
20 Réouverture de l’ambassade américaine à La Havane, à Cuba.

AOÛT
2 Incendies dévastateurs en Californie.
7 Attaque contre l’hôtel Byblos à Sévaré (Mali), revendiquée par des jihadistes proches de Mokhtar Benmokhtar.
21 Attaque terroriste dans le train Thalys reliant Amsterdam à Paris.
28 Découverte de 71 corps de migrants syriens dans un camion en Autriche.

SEPTEMBRE
21 Visite du pape François à Cuba.
22 Visite du pape aux Etats-Unis.
25 Visite d’Etat du président chinois, Xi Jinping, aux Etats-Unis.

OCTOBRE
3-4 Inondations meurtrières dans les Alpes-Maritimes.  
28 Escalade des violences dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem.

NOVEMBRE
13 Attaques de l’EI de Paris. Plus de 130 morts.
20 Attaque terroriste contre le Radisson de Bamako, au Mali.  

DÉCEMBRE
13 Elections régionales en France, grosse poussée du Front national.
25 Zahran Allouche, chef de Jaych el-Islam, groupe salafiste soutenu par l’Arabie saoudite en Syrie, est tué dans un raid aérien syrien dans la Ghouta orientale de Damas.
28 L’armée irakienne chasse Daech de Ramadi, capitale d’al-Anbar.

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Éditorial
Pays-labo

Tout au long de son histoire contemporaine, le Liban a souvent eu le rôle, peu glorieux pour les uns, flatteur pour les autres, de laboratoire du monde arabe. Un rôle de circuit d’entraînement où les décideurs testent des projets, des idées. Terre d’intrigues, de complots et de conspirations, il a vu les puissances régionales et internationales régler leurs comptes sur son sol, avec, comme carburant, la chair et le sang de ses fils. Certaines séquences du long processus du dépeçage de l’Empire ottoman ont été jouées au Liban, au XIXe siècle. Un des épisodes de la fondation de l’Etat d’Israël, l’exode des Palestiniens en 1948, s’est acté sur son sol. C’est aussi le Liban qui a payé le plus lourd tribut du désengagement de l’Egypte du conflit israélo-arabe, avec la guerre civile de 1975, dont les liens avec la négociation et la signature des accords de Camp David n’ont pas été assez explorés par les historiens.Le présent est comme le passé. Il devient, aujourd’hui, de plus en plus clair que l’élection présidentielle est organiquement liée à l’évolution de la situation en Syrie. Décrypter ce lien est indispensable pour deviner ce que peut nous réserver l’année 2016. L’attitude du Hezbollah à l’égard de la candidature de Sleiman Frangié à la présidence de la République est particulièrement éclairante. Le moins que l’on puisse dire c’est que le parti de Hassan Nasrallah ne semble pas pressé de mettre fin à la vacance présidentielle, sinon il aurait saisi au vol l’initiative de Saad Hariri de faire élire un de ses plus fidèles alliés. En revanche, le Courant du futur s’impatiente et a montré qu’il est disposé à faire de sérieuses concessions, en proposant le nom de M. Frangié.Le Hezbollah n’est pas mécontent de l’éventuelle élection de Sleiman Frangié. Au contraire, cette option lui paraissait inespérée, il y a seulement quelques mois. Mais il estime que le moment n’est pas encore venu de débloquer la présidentielle libanaise. Et ce moment ne viendra pas tant que l’évolution de la situation en Syrie ne se précisera pas. Les grandes lignes du règlement de la crise syrienne ont été agréées entre les Etats-Unis, la Russie et l’Iran, et ont été consignées dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée à l’unanimité le 18 décembre dernier. Ce texte contient un calendrier précis et l’esquisse d’un mécanisme d’application, bien que beaucoup de détails restent à régler. La résolution «appuie un processus politique dirigé par les Syriens et facilité par l’Onu, qui met en place, dans les six mois, une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire, et arrête un calendrier et des modalités pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution, et se dit favorable à la tenue, dans les 18 mois, d’élections libres et régulières, conformément à la nouvelle Constitution, qui seraient conduites sous la supervision de l’Onu». Par ailleurs, le texte ne fait aucune allusion au sort réservé au président Bachar el-Assad.Avant de débloquer la présidentielle libanaise, le Hezbollah, et avec lui l’Iran, veulent s’assurer que le processus politique en Syrie est bien mis sur les rails et qu’il est irréversible. Il faudra donc attendre les premiers mois de 2016 pour que l’image s’éclaircisse en Syrie, afin qu’elle se décante au Liban.Entre-temps, le pourrissement des institutions continue, la crise économique s’aggrave, la sécurité est fragilisée, la crise des déchets reste sans solution et le nombre de non-Libanais ne cesse d’augmenter. Il y aurait aujourd’hui au Liban 2,5 millions d’étrangers pour 4 millions de Libanais. Quels arguments peut-on encore avancer pour convaincre les jeunes qu’il y a toujours un espoir et qu’ils peuvent imaginer leur avenir dans leur pays? Aucun, sinon que le Liban fait preuve d’une capacité de résilience exceptionnelle, et que pour beaucoup moins que cela, d’autres Etats ont disparu de la carte du monde.


 Paul Khalifeh
   

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