Remy Munasifi. L’humour pour combattre les stéréotypes
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Nº 2912 du vendredi 30 août 2013

Remy Munasifi. L’humour pour combattre les stéréotypes

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Les vidéos de Remy Munasifi ont fait le tour du Web et de YouTube. Plus de 81 millions de clicks pour découvrir ce talentueux humoriste mieux connu sous le pseudonyme de «GoRemy». Zoom sur le parcours d’un jeune Libano-Irakien qui utilise l’humour pour s’attaquer aux stéréotypes négatifs contre 
les Américano-Arabes.
 

Dans le chemin de Remy Munasifi, rien n’aurait présagé un tel succès outre-Atlantique. En quelques années, il est devenu l’un des humoristes américano-arabes les plus adulés par ses fans et par les médias qui lui font les yeux doux.
 

Les chaînes se l’arrachant
Il suffit de jeter un coup d’œil au nombre d’entretiens qu’il a déjà accordés pour comprendre le phénomène Remy. Les chaînes de télévision se l’arrachent: CNN, Fox News, ABC News, MTV News… Quant à ses admirateurs, ils sont des milliers à télécharger ses vidéos et à aimer sa page sur le réseau social le plus populaire, Facebook.
Mais pourquoi donc un tel succès? Il y a d’abord le fait que ses parodies musicales sont très bien faites et on peut facilement en devenir accro. Prenez par exemple Call me maybe, la fameuse chanson de Carly Jepsen en version arabe. Ça devient un cri d’amour à la kebbé labaniyé! Autre rythme qu’on arriverait à oublier difficilement, ce sont les parodies de la fameuse I’m yours de Jason Mraz. Avec des mots comiques, l’humoriste critique les mariages arrangés dans certains pays arabes. Mais malgré ces critiques, le but de Remy Munasifi est avant tout de rendre hommage à ses deux racines, irakienne et libanaise.
Dans une interview au Washington Post, il explique à quel point ses vidéos portant sur le Moyen-Orient reflètent son attachement à cette région. Mais outre cet amour, il y a également sa passion pour la politique qui se traduit dans ses vidéos.  
Très jeune déjà, il soutenait le Parti libertarien. Pour rappel, ce parti est l’un des principaux partis minoritaires aux Etats-Unis. Il est surtout connu parce qu’il rejette la politique interventionniste américaine et refuse toute alliance militaire. Ce mois-ci, Munasifi a parlé à des jeunes membres du Parti libertarien. Il leur a demandé d’étendre leur soutien à Ron Paul et les a encouragés à produire plus de vidéos pour toucher le peuple américain. Ses paroles ont été très bien reçues montrant une nouvelle fois à quel point cet humoriste a fait des percées importantes.
En effet, cette dernière décennie, à une époque où on note une forte émergence d’humoristes arabo-américains,  Munasifi a su à sa façon travailler pour dissiper les stéréotypes contre les Arabes et les musulmans.
Modifier les fausses perceptions qu’ont les Américains semble être de plus en plus 
un but relativement atteint.

Pauline Mouhanna

Bio en bref
Remy Munasifi a grandi en Virginie. Il a étudié à la Wheeling Jesuit University. Pendant ce temps, il se produisait dans des clubs de comédie de la région. Ses blagues étaient bien reçues. Pendant son séjour à cette université, Remy a été membre du programme Stephen J. Laut destiné à des étudiants dont le dossier est exceptionnel. C’est en 2006 qu’il commence à poster ses vidéos sur YouTube.
Sa première, qui porte sur la course au Sénat en Virginie, a été discutée dans le Washington Times et le National Journal. D’autres, comme Eggs Over Easy et Warcraft: The Rap, ont aussi eu beaucoup de succès.

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Éditorial
Mauvais remake

Si certains se réjouissent des intentions guerrières de l’Occident en Syrie, d’autres, au contraire, en sont consternés. Ce n’est pas qu’ils soient fans du régime syrien ou inquiets de l’avenir de Bachar el-Assad. De toute façon, Washington et ses alliés ont fixé les contours de la frappe avant même qu’elle ne se produise: elle sera «brève et limitée», elle n’aura pas pour objectif de renverser le président syrien mais seulement de le «punir» d’avoir utilisé des armes chimiques. Tout le monde y trouvera son compte. Cette tristesse, mêlée à une profonde déception, vient du fait que l’Occident affiche, une fois de plus, une hypocrisie sans borne, foulant du pied ce qui lui reste comme principes humains, qu’il a lui-même érigés en valeurs universelles. D’ailleurs, l’opinion publique dans les pays occidentaux ne semble pas dupe, puisqu’une majorité affirme être opposée à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Encore une fois, ce n’est pas que les gens ont de la sympathie pour le régime syrien, mais c’est que les arguments, un peu trop hâtivement avancés pour justifier une nouvelle aventure guerrière aux conséquences inconnues, ne sont pas assez convaincants. Les centaines de victimes de la présumée attaque chimique de la Ghouta sont-elles les morts de trop, ceux qui ont donné un coup de fouet à la conscience des grands de ce monde? Les 100000 morts, tombés depuis le début du conflit, n’étaient-ils pas suffisants pour réveiller cette conscience? 100500 semble être le chiffre magique, celui qu’il ne faut pas atteindre ou dépasser, au risque de se voir puni par la très respectable communauté internationale. L’autre prétexte, celui de la «ligne rouge» qu’il ne fallait pas franchir, frôle le ridicule. L’utilisation des armes chimiques est donc prohibée et celui qui oserait violer cet interdit en payera le prix. On peut comprendre, par conséquent, que ce n’est pas l’acte en soi de tuer, d’exterminer, d’annihiler, d’écraser, de découper en morceaux, qui est répréhensible, mais l’outil utilisé pour le commettre. Les avions et les tanks du régime ou les machettes des takfiristes ne semblent pas constituer une transgression de la fameuse ligne rouge. Du moment que les gaz toxiques ne sont pas utilisés, les massacres peuvent continuer en toute tranquillité… et impunité. Poursuivons la réflexion. Cette affaire nous pousse à nous demander si ce n’est pas l’identité des victimes qui réveillerait la conscience du «monde civilisé». Cette remarque est légitime, car il semble que cette conscience reste endormie, comme anesthésiée, lorsque 200 paysans se font massacrer dans la «montagne alaouite» de Lattaquié, que 150 civils pro-régime et militaires sont exécutés froidement à Khan al-Assal et que des dizaines de chrétiens sont passés par les armes à Marmarita et Hawash, dans la région de Homs; pour ne citer que les tueries perpétrées en juillet et août. Mais quand des civils pro-rebelles sont tués, le monde s’émeut et crie vengeance. Il y a enfin une dernière possibilité. Ce ne serait pas l’identité des victimes, mais plutôt celle des tueurs présumés qui servirait d’alarme pour réveiller la conscience internationale. Quand les crimes sont imputés au régime, le monde se révolte, condamne, dénonce et veut jouer le rôle de gendarme et de justicier. Cependant, tous deviennent sourds, aveugles et introuvables, quand les massacres sont l’œuvre des rebelles. Plus affolant encore est le manque d’imagination des décideurs américains. Car c’est exactement le même scénario utilisé en 2003 pour justifier l’invasion de l’Irak qui est reproduit dans le cas syrien. Mais le remake est de moindre qualité que l’original, car le réalisateur, Barack Obama, a été formé sur le tas.


 Paul Khalifeh
   

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