L’instabilité devient chronique
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

L’instabilité devient chronique

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    L’instabilité devient chronique
    Cette semaine, les observateurs de la scène libanaise tirent la sonnette d’alarme. Les problèmes liés à la crise syrienne et à l’indigence de l’Etat deviennent insurmontables.    Christian Science monitor Quand le...
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Cette semaine, les observateurs de la scène libanaise tirent la sonnette d’alarme. Les problèmes liés à la crise syrienne et à l’indigence de l’Etat deviennent insurmontables.   

Christian Science monitor
Quand le Hezbollah enterre ses morts

Le correspondant au Liban du Christian Science Monitor, Nicholas Blanford, propose une plongée dans l’intimité de la douleur des familles des soldats du parti de Dieu tombés en Syrie.
Le Hezbollah est en train de subir ses plus lourdes pertes dans sa lutte pour sauver le régime Assad en Syrie. Pour les familles des martyrs, les funérailles émouvantes sont un moyen de garder le moral. Le cercueil, drapé dans l’étendard jaune vif du Hezbollah, est entouré par une foule criant son deuil. Dans le quartier de Ghobeiri, dans le sud de Beyrouth, elle vient enterrer Mohammad Jaber. Debout sur scène, sous une grande affiche montrant les visages d’autres combattants tombés en Syrie, un jeune garçon conduit les chants de prière et guide la foule avec une voix assurée et régulière. Les hommes frappent leurs poitrines avec leurs mains droites au rythme du chant, un geste symbolisant le deuil chez les chiites.
Jaber, 21 ans, a été tué la semaine dernière près de la ville de Yabroud, dans la région syrienne du Qalamoun, au cours d’une mission de sauvetage convoyée au secours de deux combattants. Sous les tirs, Jaber et un médecin ont couru dans un bâtiment où se trouvaient les deux hommes, raconte l’un de ses frères d’armes lors de ses funérailles. Lorsque le médecin a essayé d’ouvrir la porte d’entrée, une bombe a explosé et tué les deux hommes.

 

La croix
Le maté prospère
Le journal nous parle cette semaine d’une boisson extrêmement prisée.
Assis au milieu des montagnes libanaises, Wissam el-Halabi approche ses lèvres de sa gourde fumante avant d’avaler une gorgée de maté, une boisson traditionnelle d’Amérique du Sud devenue une institution au Liban. Depuis longtemps, les Libanais vivant dans les montagnes se délectent de cette boisson légèrement amère, rapportée au cours du XIXe siècle d’Argentine, de Bolivie ou l’Uruguay. «Le maté est originaire d’Argentine et on raconte qu’il a été rapporté ici par des migrants qui en sont revenus», explique Samah Halaoui, un cheikh druze.
Cette boisson, fabriquée à partir d’une espèce particulière de houx, est notamment populaire parmi cette minorité religieuse dispersée entre la Syrie, Israël et le Liban. Le cheikh considère d’ailleurs sa gourde et sa paille en argent comme une partie intégrante de son habillement. Le Yerba, maté que l’on trouve au Liban, vient presque exclusivement d’Argentine. En 2012, elle en a exporté près de 1 500 tonnes vers Beyrouth, son troisième plus gros client.

Haaretz
Tensions aux frontières

Le spécialiste des questions de défense au quotidien israélien Ha’aretz, Amos Harel, revient sur les derniers incidents qui ont éclaté à la frontière sud du Liban.
L’importance des derniers accrochages à la frontière israélo-libanaise va au-delà des conséquences immédiates. Les incidents qui avaient éclaté jusqu’alors à la frontière triangulaire entre Israël, la Syrie et le Liban ont été attribués par l’armée israélienne à des groupes extrémistes sunnites. Cette fois, la défense a rapidement accusé le Hezbollah d’avoir placé l’explosif qui a blessé trois soldats. Tout de suite après l’explosion [de vendredi dernier], l’armée a tiré des obus de char sur le village de Kfarkila, au nord du village de Metula. Pour le moment du moins, le Hezbollah reste calme − tout comme Israël l’a fait après la série de frappes aériennes qu’il aurait effectuées en Syrie et au Liban depuis le début de l’année 2013, visant des convois transportant des armes pour le Hezbollah.
Pourtant, l’incident de la semaine dernière illustre un changement progressif des règles du jeu sur le front nord [d’Israël], après des années de calme quasiment complet. Lentement, le Hezbollah et le régime Assad enlèvent leurs gants dans leur lutte contre Israël. Les attaques qu’ils attribuent à Israël sont désormais traitées comme des attentats terroristes.


Slate
Le Liban, une fédération?

Bachir el-Khoury s’interroge sur le modèle libanais de gouvernance. Des slogans appelant à l’instauration d’un Etat fédéral au Liban ont envahi les murs de plusieurs quartiers de la capitale et de la banlieue est de Beyrouth. Ce phénomène, rare dans un pays où le fédéralisme reste un sujet tabou, s’est développé de manière clandestine, sans qu’aucun parti ou regroupement civil ne revendique le parrainage de ces graffitis.



La sécheresse menace
Laure Stephan s’intéresse aux problèmes et aux conséquences liés à l’absence de précipitations.
L’hiver, sec et très doux, a aggravé les 
pénuries chroniques d’eau douce que connaît le Liban. Le recours des Beyrouthins au 
secteur privé pour remplir les citernes des toits − l’eau potable est en majorité consommée en bouteille − s’est accru. «La demande des hôtels est constante. Celle des particuliers se concentre entre juin et octobre. Mais, cette année, les besoins ont explosé: mon activité a triplé en février», atteste Ziad Rachkidi, 
propriétaire de camions-citernes. Réputé riche en eau mais confronté à des problèmes de stockage, le Liban est desservi par un réseau public vétuste et pollué, dont les fuites sont évaluées à 40%. L’alimentation des nappes souterraines souffre du manque de précipitations. «Nous sommes à 400 mm de pluie, soit environ 50% de la moyenne saisonnière (...)», indique Marc Wehaïbé, chef du département météo de l’aéroport de Beyrouth. Les récentes averses de mars, qui ont donné lieu à des chutes de neige en montagne, «permettront difficilement de rattraper le déficit». Le Liban est menacé de sécheresse au cours des mois prochains. L’intensification du trafic de camions-citernes témoigne déjà des difficultés. D’après un rapport de la Banque mondiale de 2003, moins de 700 puits sont exploités parL’instabilité devient chronique
n Cette semaine, les observateurs de la scène libanaise tirent la sonnette d’alarme. Les problèmes liés à la crise syrienne et à l’indigence de l’Etat deviennent insurmontables.   

 
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Trois dossiers font la une de l’actualité 
libanaise revisitée par la presse étrangère. Les affrontements meurtriers de Tripoli et l’attentat à la voiture piégée de Nabi Othman figurent en première ligne aux côtés d’articles plus généraux qui s’inquiètent sur l’installation de l’insécurité au Liban. Autre sujet fréquemment évoqué dans les médias étrangers, les tensions croissantes entre Israël et le Liban qui prennent un nouveau tournant.

 

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

Santé

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