Hammana Artist House. Un nouveau lieu de résidence artistique
Logo

Nº 3063 du vendredi 22 juillet 2016

Hammana Artist House. Un nouveau lieu de résidence artistique

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Hammana Artist House. Un nouveau lieu de résidence artistique
    Nouvel espace pour les arts de la scène, Hammana Artist House, à l’initiative de Robert Eid, et dirigé par le collectif Kahraba, invite le public, le samedi 23 juillet, à...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Nouvel espace pour les arts de la scène, Hammana Artist House, à l’initiative de Robert Eid, et dirigé par le collectif Kahraba, invite le public, le samedi 23 juillet, à prendre part à la pose de la première pierre. Aurélien Zouki, cofondateur de Kahraba, nous parle en détail de ce projet.

Un nouveau lieu sur la scène culturelle locale, non exclusivement beyrouthine, mais libanaise, dans son entité, dans sa globalité, dans une véritable vision de décentralisation. Hammana Artist House, le nom est peut-être provisoire, mais le concept y est, en attendant son inauguration officielle au cours de l’année 2017.
Avant que ne fusent les questions sur le choix du lieu, pourquoi Hammana justement, retour au point de départ, à l’initiateur, au mécène du projet, Robert Eid, le propriétaire de cette maison qui se transforme en lieu de résidence d’artiste, en centre culturel et artistique. «Il est très rare, affirme Aurélien Zouki, de voir une personne vouloir investir dans un projet culturel et artistique, et plus encore au niveau des arts de la scène». Au fil des rencontres avec différentes parties qui seraient à même de mener à bien le projet, Kahraba fait une proposition que Robert Eid décide d’adopter, invitant ainsi le collectif à diriger le lieu et même à le penser depuis sa conception, jusqu’à son contenu. Depuis deux ans déjà, le travail est lancé… «Il y a encore tout à penser et je crois qu’on n’imagine même pas encore tout ce qui peut s’y faire».

 

De rencontres et de convivialité
Comme prélude à un monde de possibles, l’espace en soi d’abord. Jouxtant la maison à deux niveaux, un théâtre sera construit, délimité par les superficies du terrain. Constitué d’une centaine de places, «il fonctionnera en boîte fermée, explique Aurélien. En hiver, le public sera installé à l’intérieur, et en été, l’une des façades s’ouvrira pour mettre un gradin démontable permettant d’accueillir plus de spectateurs. «C’est magique», ajoute-t-il, les yeux pétillant déjà d’excitation à l’idée de ce qui va advenir.
Le parcours se poursuit. Toujours à l’extérieur, une extension sera construite servant comme atelier de scénographie et destinée à la construction de tout matériel nécessaire à un spectacle, des marionnettes aux costumes aux masques, puisque, d’abord, ces éléments font partie de l’esthétique du collectif et, ensuite, pour permettre à la compagnie invitée, une fois logée sur place, d’avoir tous les outils de travail à portée de main et dans les meilleures conditions. Puisque l’une des vocations premières de ce centre est de «contribuer à aider les compagnies, jeunes et moins jeunes, à travailler et à combler ainsi cette demande, qui manque beaucoup dans le pays, d’espace de répétition».
A l’intérieur de la maison, différentes salles seront aménagées, chacune servant un objectif précis. Un vaste espace sera consacré à la vie commune, là où les artistes partageront leur repas, leur discussion, leurs idées. La salle accueillera également des rencontres, des expositions, des concerts intimistes et des «dîners-spectacles» autour de différentes propositions artistiques agrémentés de gastronomie, car le centre bénéficiera d’une cuisine professionnelle.
Un espace de convivialité, de rencontre et d’échange, cette dimension est particulièrement chère au collectif Kahraba, tout son travail s’articulant autour et à la base de ces moments de rencontre, entre les artistes, avec les partenaires, avec le public, avec le voisinage. «Ces moments humains constituent le meilleur ferment pour qu’une initiative soit enracinée, qu’elle puisse durer dans le long terme, que tout le monde se l’approprie, se sente chez soi dans cette maison, dans ce lieu». «Je ne crois pas dans les initiatives intellectuellement pensées et conçues, ajoute-t-il, si elles n’ont pas un terrain humain véritable. Notre expérience nous l’a montré et nous allons prolonger ce que nous faisons, depuis Hammana».

 

Pluridisciplinarité
Comme pour confirmer ses dires et cimenter davantage ce facteur humain, vital, nécessaire et auquel de rares festivals accordent une place, au cours de l’entretien qui a lieu à Mar Mkhayel, dans un petit café du coin, un homme passant dans la rue s’arrête l’espace d’une minute. Il lui demande si le festival, Nehna wel amar wel jiran, aura lieu cet été sur les escaliers du Vendôme, s’il l’a reconnu, réponse affirmative, en précisant qu’il s’y rend à chaque fois avec sa famille. Du coup, les visages s’éclairent et le projet prend une portée autre…
Même si le centre sera consacré aux arts du spectacle, le collectif Kahraba est déterminé à y développer des activités parallèles, englobant tout le spectre artistique et culturel, cinéma, poésie, musique… à l’adresse de tous ceux qui travaillent dans ces domaines, artistes, institutions, associations, festivals, pour faire en sorte «que cet outil magnifique qui est en train d’exister ne soit pas refermé sur lui-même». Cela fait également partie de l’essence même du collectif qui cherche à décloisonner les frontières entre les arts et les disciplines, à créer des rencontres, des échanges et des opportunités d’inspiration mutuelles, «car sinon, ajoute-t-il, on ne se côtoie pas beaucoup, non par manque de curiosité, mais parce que chacun est en train de tellement lutter pour mener à bien son projet qu’on rate ce que font les autres, et qui peut être intéressant et illuminant à la fois».
Comptant autant sur le public de Beyrouth, que sur celui de Hammana et des régions alentour, la programmation est pensée en fonction de ces liens à tisser, pour qu’elle soit complète, que les Beyrouthins aient envie d’y aller et de rester au-delà du temps de la représentation, que les habitants de la région se sentent encore plus impliqués, que le public local se fidélise, que l’échange soit mutuel, que les questionnements, les problématiques, les influences se partagent et fusionnent, selon le «modus operandi» du collectif et la vision à long terme du projet.
Le collectif Kahraba s’installera à Hammana de manière permanente. «Il est nécessaire d’être sur place toute l’année pour activer le projet, permettre toutes ces rencontres, avec le public, avec les partenaires. Le collectif est énormément en itinérance dans le pays, c’est notre passion, la source de notre travail. Là, on fait vraiment le pas pour sortir de manière permanente de la capitale. Cela ne va pas nous empêcher de continuer à faire ce qu’on fait ou nous pousser à abandonner les autres régions. Au contraire, insiste Aurélien Zouki, on est convaincu que pour être dans le voyage et la rencontre, on a besoin d’avoir un point de départ, d’ancrage, car ainsi le rayonnement prend un autre sens et devient un lien, un pont qui s’inscrit dans l’idée de consolider ce réseau de partenaires locaux libanais dans toutes les régions», et leur ouverture régionale et internationale.

Nayla Rached

www.hammanaartisthouse.org


Le programme du 23 juillet
15h00 Parade musicale avec L’impérial Kikiristan.
15h30 Théâtre Géologie d’une fable du collectif Kahraba.
16h15 Chant lyrique avec Elizabeth Baz.
17h00 Conte musical d’après l’œuvre d’Oscar Wilde, Le prince heureux, avec l’Ensemble Elsewhere et la conteuse libanaise Chrystèle Khodr.
18h15 Cirque et Cabaret de curiosités, Opticirque, avec la compagnie Longshow.
19h00 Pose de la première pierre, sous le patronage de l’ambassadeur de France au Liban, Emmanuel Bonne.
20h00 Spectacle aérien Tanda, avec Pauline Barboux et Jeanne Ragu.
20h30 Concert de Rima Khcheich.


Photos: DR - Paul Baila - G. Galland

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Le cerveau dans l’orteil

Le coup d’Etat manqué en Turquie – et tous les mystères qui l’entourent – a été une occasion de mesurer la vulnérabilité du Liban et de vérifier, une fois de plus, à quel point notre pays est travaillé par des courants d’influence extérieurs. Les manifestations de joie après l’échec de la tentative de putsch, et les commentaires jubilatoires dans les médias et les réseaux sociaux saluant la déchéance annoncée, un peu trop hâtivement, de Recep Tayyip Erdogan, ont suivi la ligne de fracture confessionnelle traditionnelle. Ce sont essentiellement – pour ne pas dire exclusivement – des sunnites qui ont exprimé, parfois bruyamment, leur satisfaction après l’échec du coup militaire. A l’opposé, les chiites, et ceux qui s’identifient à eux politiquement, sans pour autant appartenir à leur communauté, n’ont pas caché leur joie dès l’annonce du coup d’Etat. Il fallait voir, sur les écrans de télévision, ces soi-disant «experts» se fendant de pompeuses analyses sur les implications stratégiques et géopolitiques de la chute d’Erdogan sur les rapports de force régionaux. Certains ont persisté à dire que le putsch avait réussi, alors que des soldats turcs se faisaient piétiner en direct par des manifestants en colère sur les ponts du Bosphore.La réaction des Libanais est primaire, car elle est surtout motivée par des pulsions confessionnelles qui sont tout sauf rationnelles. Erdogan a-t-il été sacré leader des sunnites pour que les fils de cette communauté au Liban se croient obligés de le défendre? Les chiites sont-ils de fervents partisans de la laïcité, s’il s’avère que le putsch a été organisé par des militaires soucieux de défendre l’héritage d’Atatürk? Sont-ils devenus des «Gulénistes», s’il apparaît que le coup a été fomenté, comme le soutient le gouvernement turc, par Fethullah Gülen, qui est, il faut le rappeler, un prédicateur sunnite?Les sunnites, qui ont salué la survie d’Erdogan, ne se rendent-ils pas compte qu’ils sont plus proches des positions de l’Iran et de la Russie plutôt que de celles de l’Arabie saoudite? En effet, Téhéran et Moscou ont fait preuve, dès les premiers instants, d’une très grande circonspection vis-à-vis des événements du 15-16 juillet, alors que Riyad s’est muré dans un silence suspect. A l’inverse, les chiites, qui ont applaudi au putsch, ne réalisent-ils pas que les Etats-Unis et l’Union européenne ont tardé à inonder les médias de leurs ritournelles sur le respect des droits de l’homme et du processus démocratique? En bons opportunistes, ils ne l’ont fait que lorsqu’il est devenu clair que le putsch avait échoué et qu’Erdogan resterait le maître de la Turquie.Les sunnites continueront-ils à considérer Erdogan leur héros si le virage qu’il a amorcé timidement en Syrie, sous l’impulsion de la Russie, se confirmait? Que feraient les chiites si les soupçons sur un rôle de la CIA dans le putsch étaient avérés? Il ne faut pas oublier que Gülen vit depuis 2009 aux Etats-Unis et ses relations avec Langley ne sont pas un secret.Probablement que rien ne changerait, car ceux qui ont remplacé leur cerveau par des réactions épidermiques et confessionnelles ont perdu toute capacité de réfléchir.


 Paul Khalifeh
   

Santé

Les hépatites virales. Infectieuses, coûteuses et… meurtrières
Les hépatites virales tuent plus que le sida ou la tuberculose. Les traitements coûteux et un grand nombre de types…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved