Magida enflamme Sharjah
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Nº 2987 du vendredi 6 février 2015

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Magida enflamme Sharjah

 
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Magida el-Roumi a dernièrement donné un concert humanitaire à Sharjah. Les revenus de cet événement unique ont été remis à la Big Heart Foundation, une initiative philanthropique lancée par cheikha Jawaher Bint Mohammad Al Qasimi, épouse de l’émir de Sharjah et l’avocat UNHCR pour les enfants réfugiés. Cheikh Sultan Ben Ahmad Al Qasimi, président de la Sharjah Media Corporation et de Sharjah Media Centre (SMC), a estimé que le concert de la chanteuse libanaise était très important et une première dans l’émirat. La diva, ravie de contribuer à la Big Heart Foundation, a chanté durant deux heures, éblouissant les spectateurs avec ses hits.

Louane Emera
En marche pour le César

L’ex-candidate de The Voice 2013 est officiellement nommée pour le César du Meilleur espoir féminin. A 18 ans, portée par le succès de La famille Bélier, la jeune artiste reviendra à la télévision, au cours de la cérémonie des César 2015 qui se tiendra le 20 février. Louane Emera a vite partagé son bonheur sur son compte Twitter.

La France bat le Qatar
Quintuple championne de handball

L’équipe française a décroché, dimanche 1er février, à Losail, à Doha, sa cinquième étoile du championnat du monde de handball (1995, 2001, 2009, 2011 et 2015). Les Qataris n’ont jamais lâché notamment au cours de ce match final, mais trois points seulement les ont classés seconds du monde et sacré les Français champions (25-22).
La France devance désormais la Roumanie et la Suède au palmarès des mondiaux, et le Qatar peut se vanter de sa médaille d’argent mondiale.

American Sniper
Entre succès et controverse

Depuis sa sortie, American Sniper, le long métrage de Clint Eastwood, suscite la polémique. Le film raconte l’histoire vraie de Chris Kyle, un tireur d’élite de l’armée américaine qui a tué 160 ennemis en Irak. Héros pour les uns, assassin pour les autres, il est interprété par Bradley Cooper, nommé pour ce rôle. Entre le succès du film et la controverse qu’il a suscitée, Michelle Obama l’a défendu. Elle considère qu’il est le «portrait complexe et émouvant d’un ancien combattant et de sa famille». «Même si je sais que [American Sniper] a été critiqué, j’ai senti que, plus que d’autres films, celui-ci touche à beaucoup d’émotions et d’expériences telles que je les ai entendues racontées directement par des familles de militaires au cours de ces dernières années», souligne la Première dame américaine.

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Éditorial
Etat de barbarie

En brûlant vif le pilote jordanien Moaz el-Kassasbeh et en mettant en ligne la vidéo de son assassinat, digne des meilleures productions hollywoodiennes, l’organisation de l’Etat islamique a montré qu’elle était capable de pousser toujours plus loin les limites de la barbarie. On pensait avoir atteint le summum de l’horreur en regardant les lapidations, la punition par le fouet, l’amputation d’un membre ou les décapitations collectives d’otages. On commençait même à s’habituer à ces scènes, aussi insoutenables soient-elles. Mais Daech nous a surpris en inventant un châtiment inédit, dans le seul but de casser la routine. Car telle est la fonction première de ce crime filmé par des professionnels disposant d’un matériel dernier cri et monté par des techniciens macabres mais compétents: répandre la terreur pour déstabiliser autant ses ennemis que ses sujets. Il est, en effet, plus commode d’affronter un adversaire paralysé par la peur et de gouverner une population soumise par la terreur, que de se battre contre un ennemi confiant et courageux et d’administrer un peuple rebelle. Les théoriciens des slogans «Daech est un grand mensonge», «une invention du régime syrien» ou «Daech n’est pas notre problème» sont bien obligés, aujourd’hui, de se rendre à l’évidence. Les troupes d’Abou Bakr el-Baghdadi se trouvent à deux heures de route de Beyrouth et elles se renforcent tous les jours davantage. Cette organisation existe et elle est beaucoup plus puissante et dangereuse qu’ils ne le pensaient. Ou peut-être le savaient-ils très bien, mais se croyaient-ils à l’abri et se frottaient-ils déjà les mains en se voyant rafler la mise après que Daech et le Hezbollah se soient mutuellement anéantis? Il ne faut pas sourire, car certains politiciens libanais, voire des dirigeants de pays soi-disant grands, ont cru - et peut-être le croient-ils encore - qu’il est possible d’instrumentaliser cette organisation pour servir leurs propres intérêts. Qu’elles soient infantiles ou diaboliques, ces attitudes ont les mêmes résultats dévastateurs. Certains pensent qu’il sera possible, un jour, lorsque la guerre sera terminée, de coexister avec le califat de Baghdadi. Après tout, un Etat en plus ou en moins ne changera pas grand-chose au destin de cette région tourmentée, pourvu que les affaires redémarrent, que les investissements affluent, que l’argent coule à flots, que les comptes en banque gonflent. Ce type de raisonnement est nuisible, car il a tendance à minimiser la gravité de la situation et à ignorer les réalités. Par conséquent, la mobilisation générale de toutes les capacités de la nation, impérative pour combattre et vaincre Daech, faiblira. Abou Bakr el-Baghdadi en sortira plus puissant et sa défaite sera plus coûteuse, en temps et en ressources… et ce n’est pas bon pour les affaires! Sans une reformulation des priorités dans la tête de certains dirigeants internationaux, la défaite à l’échelle régionale de Daech sera impossible. La même logique s’applique à l’échelle locale. Une partie des Libanais a tardé à considérer Daech comme un danger existentiel. D’autres sont conscients du danger que représente cette organisation, mais estiment que la combattre n’est pas une priorité. Il faut qu’ils accordent leurs violons, surtout que Daech n’est plus une simple organisation terroriste. Il est devenu un Etat totalitaire, qui veut imposer, aux musulmans d’abord et au reste de l’humanité ensuite, sa vision de l’islam.


 Paul Khalifeh
   
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