L’eau vecteur de paix ou de guerre
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Nº 3092 du vendredi 3 août 2018

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Arme naturelle pour la guerre et pour la paix, l’eau fait aujourd’hui l’objet de nombreux conflits ou chantages dans la région. Le point avec Fadi Comair, Directeur général des ressources hydrauliques et électriques au Liban.

A l’heure actuelle, une guerre du Nil se prépare. Ses belligérants? L’Egypte et l’Ethiopie. En cause, le barrage de la Renaissance qui privera l’Egypte de 80% du débit du Nil et qui comprend le stockage de 60 milliards de m3 d’eau en cours par l’Ethiopie. Ce pays entend mettre à genoux l’Egypte qui, une fois la construction du barrage achevée, ne pourra plus subvenir aux besoins en eau de son peuple et surtout de ses agriculteurs. Les Ethiopiens considèrent, en effet, que l’accord négocié en 1959 entre l’Egypte et le Soudan, concernant le partage du contrôle et de l’utilisation des eaux du Nil, est un accord perdant pour l’Ethiopie. Par ailleurs, l’Ethiopie veut se placer en leader dans la région d’Afrique du Nord et cherche, avec ce barrage, à devenir le premier fournisseur d’énergie en Afrique avec les 7 000 mégawatts produits grâce à l’eau stockée. D’après le Directeur général des ressources hydrauliques et électriques au Liban, Fadi Comair, l’Ethiopie aurait très bien pu produire les 7 000 mégawatts sans recourir à ce stratagème. «Dans le cadre du Nil, la production hydroélectrique est basée sur le débit et sur la pression de l’eau et non sur les conduites forcées. Les Ethiopiens auraient très bien pu installer, dans le cours de l’eau, des turbines et produire l’énergie voulue, avec un petit barrage de dérivation de 2 ou de 3 milliards de m3 d’eau», explique-t-il. Il s’agit donc d’une manœuvre politique, surtout que d’autres pays (dont Israël), espèrent voir fléchir l’Egypte. Lors de la brève présidence Morsi en Egypte, l’Ethiopie a saisi l’occasion pour entamer la construction du barrage, financé en déduisant un salaire par an de chaque Ethiopien.
Le même problème se pose entre la Turquie et l’Irak d’un côté, et la Turquie et la Syrie d’un autre. Pour ce qui est du conflit Turquie-Syrie, cette dernière ne suit pas de très près la problématique hydraulique avec la Turquie, au vu de la situation actuelle. Par contre, l’Irak en souffre aujourd’hui énormément, à cause du remplissage des barrages successifs qui ont été construits dans la région du sud-est de l’Anatolie. Alors qu’un accord avec les Turcs avait été conclu il y a quelques mois, la réalité a été autre. Le président Erdogan, qui a gagné les élections, a débuté le remplissage en mai, afin de gagner les voix électorales des agriculteurs du sud-est de l’Anatolie turque et faire pression sur le gouvernement à l’issue des élections irakiennes.

La solution de l’hydrodiplomatie
Fadi Comair a lancé ce concept il y a une vingtaine d’années. Il allie la diplomatie à la science de l’eau, aux négociations et à la médiation, dans le cadre des bassins transfrontaliers. Il s’agit de bassins partagés par plusieurs pays mais prenant leur source dans un seul. Pourquoi l’hydrodiplomatie? Pour que l’eau soit un catalyseur de paix. Pour qu’au niveau des bassins transfrontaliers, l’on puisse utiliser l’eau afin de générer des bénéfices économiques, politiques, environnementaux et surtout appliquer la notion de partage équitable de l’eau et de son utilisation raisonnable auprès des pays riverains. Cette notion figure, en effet, dans le texte onusien de 1997 qui prône la création d’une agence de bassins. Avec pour objectif d’appliquer ce concept de partage équitable de l’eau et d’utiliser l’eau comme outil pour la paix et non pour la guerre.

Natasha Metni Torbey

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Éditorial
Gouvernement: ce que cachent les apparences

En apparence, les écueils qui retardent la formation du gouvernement sont de nature interne, liés aux demandes des uns et des autres concernant le nombre de ministres et la répartition des portefeuilles. Le président de la République, Michel Aoun, et le Courant patriotique libre (CPL) exigent au moins 11 ministres, ce qui leur permettra d’assurer le tiers de blocage au gouvernement. Il s’agit pour eux de restaurer, d’une manière contournée, une partie des prérogatives retirées au chef de l’Etat par l’accord de Taëf, notamment la compétence de dissolution du Parlement. Les Forces libanaises (FL) réclament, pour leur part, quatre ministres dans un Cabinet de 30 membres, dont un portefeuille régalien. Une demande que la formation de Samir Geagea juge raisonnable vu le bloc de 14 députés qu’elle a obtenu aux élections législatives. Walid Joumblatt exige que les trois ministères revenant aux druzes lui soient attribués, arguant du fait que 6 des 8 députés de cette communauté appartiennent à son bloc parlementaire. Le seigneur de Moukhtara veut, en fait, retrouver le rôle de balancier qu’il affectionne tant et qu’il a perdu à la Chambre. Saad Hariri, enfin, ne souhaite pas que l’un des sièges sunnites soit octroyé à une personnalité proche du 8-mars ayant, de surcroît, des ambitions de devenir Premier ministre.Cependant, la réalité est que les conditions posées par les différents acteurs cachent des enjeux bien plus importants que le nombre de ministres et la nature des portefeuilles attribués à tel ou tel parti. En effet, la formation de ce gouvernement intervient à un moment-clé de l’histoire de la région, marqué par la victoire de Bachar al-Assad et de ses alliés en Syrie, et par la décision de l’administration américaine d’essayer de mettre sur les rails l’«accord du siècle» pour un règlement du conflit israélo-palestinien, que d’autres appelleraient «la liquidation de la cause palestinienne». On comprend mieux, dès lors, que les puissances régionales et internationales se livrent à un bras de fer au Liban afin que leurs alliés respectifs conservent assez d’influence pour peser dans la balance lorsque viendra le moment des grandes décisions. La partie est cruciale, surtout pour les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, dont les amis au Liban ont perdu la majorité des deux tiers au Parlement. S’ils sont également mis en minorité au gouvernement, Washington et Riyad ne disposeront plus de leviers politiques assez efficaces pour influer sur le processus de prise de décision. Le Hezbollah et ses alliés auront alors les coudées franches pour exécuter leur agenda sur lesquels figurent des points allant de la normalisation des relations avec Damas, au renforcement des liens avec l’Iran, en passant par l’obstruction au plan de Donald Trump. Il ne faut plus s’étonner que la formation du gouvernement traîne autant. La surprise aurait été qu’il voit le jour rapidement.


 Paul Khalifeh
   

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