Chamoun Mouannès Run Lebanon: le dernier défi d’un passionné de la course
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Nº 2942 du vendredi 28 mars 2014

Chamoun Mouannès Run Lebanon: le dernier défi d’un passionné de la course

 
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    Chamoun Mouannès, dont le nom est lié à la marche et à la course, a relevé un nouveau défi. Son dernier exploit: parcourir les 
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Chamoun Mouannès, dont le nom est lié à la marche et à la course, a relevé un nouveau défi. Son dernier exploit: parcourir les 
10 452 km2, soit la surface de l’ensemble du territoire libanais, le drapeau du Liban sur le dos. A vos marques, prêts, partez.
 

Passionné de la marche et de la course, il l’est également pour la nature. Lui, c’est Chamoun Mouannès, chef de file des randonneurs au Liban qui vient d’achever Run Lebanon, une course étalée sur six mois et sur l’ensemble du territoire libanais. Cet homme, qui arbore sur son dos le drapeau du Pays du Cèdre, est un amoureux de la montagne, de la nature et compte à son actif plusieurs courses. Excellent marathonien, il a battu plusieurs records. Il fait des promenades dans les vieux sentiers de randonnée, pourtant en voie de disparition. Ce fondateur du club, the Hidden roads and foot trails of Lebanon, a créé un parcours unique dont la totalité permet de protéger les petits segments isolés. Ce qui, par ailleurs, permettait aux villages intéressés d’investir intelligemment dans leur patrimoine naturel et touristique, et de préserver ainsi ce capital de manière durable grâce aux traversées du Nord au Sud. Il n’a de cesse de se renouveler et de contribuer à encourager la nouvelle génération au plaisir de la course et de la marche «susceptibles, dit-il, d’éloigner la nouvelle génération de la drogue, de l’alcoolisme et de la sédentarité, fléaux très dangereux et qui menacent les jeunes». Il a sillonné donc tout le Liban à la découverte de tous ses coins et recoins au point d’être devenu une référence en la matière. A travers son parcours, il découvre des villages abandonnés, des grottes magnifiques, des vestiges de temples, des animaux que l’on ne  croyait plus trouver au Liban, des plantes rarissimes...
Coureur professionnel, il est aussi entraîneur. Il aime partager sa passion, c’est pourquoi, il organise des randonnées avec des scouts, mais aussi avec des handicapés, des amateurs et même des professionnels. D’ailleurs, certains étrangers ont recours à lui pour aller à la découverte de ces promenades fabuleuses qui leur permettent à la fois de pratiquer la marche, leur sport favori. «Ces randonnées sont destinées, dit-il, aux amoureux de la nature et de la marche. Au cours de ces excursions, ils logent chez l’habitant», précise-t-il. Les villageois sont accueillants et n’hésitent pas à ouvrir leurs portes pour y loger, désaltérer et même offrir à manger aux randonneurs. «La générosité libanaise, dit-il, est bien réelle, nous l’avons souvent testée».
Chamoun Mouannès a également pratiqué la marche et la course dans divers pays du monde dont les Etats-Unis, le Canada, la France, la Grèce, l’Italie, la Belgique… son rêve est de traverser la muraille de Chine. Parmi ses passions aussi, les plantes médicinales. Il a plus d’une recette en tête et des remèdes à tous les maux. De ses marches, il ramène de jeunes pousses de diverses sortes d’arbres dont des cèdres et des pins qu’il plante, veillant à contribuer au reboisement du Liban.

Danièle Gerges

Pour les personnes intéressées, contacter le (03) 181 956 ou email:
chamounmouannes@hotmail.com

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Éditorial
Un monde décadent

Triste spectacle que celui qu’offraient les Arabes réunis au Koweït. Alors que la région bouillonne et que le monde, même occidental, souffre d’une crise économique et même sociale aiguë, le sommet qui réunissait les représentants des Etats arabes au Koweït sonne creux. Une fois de plus, il n’aura fait que confirmer les divergences qui opposent les pays de la région, divergences qu’ils ont tenté en vain de mettre en sourdine, faute de pouvoir les occulter. En quête de solutions à toutes ces crises, ils n’ont réussi qu’à confirmer, quasi officiellement, leurs faiblesses. Preuve de leur impuissance, la crise syrienne qui entre dans sa quatrième année, avec un bilan de milliers de morts et des millions de déplacés et de réfugiés, au milieu d’un silence assourdissant des dirigeants arabes impuissants à faire aboutir des négociations entre les rebelles et le régime syrien. Ils s’en sont remis au Conseil de sécurité après l’échec des rencontres de Genève et la navette du médiateur Lakhdar Brahimi. On a toujours dit que les Arabes étaient forts en engagements, mais incapables de les respecter. Ainsi, ils jurent, chose rare, d’une même voix, ne pas accepter de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif. Mais cela ne reste que de l’encre qui sèche sur le papier. Même si le sujet a été abordé au Koweït et, une fois de plus, confirmé. Les participants au sommet ont voulu donner le change et éviter de mettre en avant leurs profondes dissensions. Ils ont échoué là aussi car celles-ci sont apparues du fait que sur les vingt-deux membres de la Ligue, seuls treize chefs d’Etat ont répondu «présents» au Koweït. Les autres se sont fait représenter par leurs ministres des Affaires étrangères, refusant visiblement de se retrouver côte à côte avec des homologues que tout divise. Ainsi Riyad, les Emirats et Bahreïn sont à couteaux tirés avec Doha d’où ils ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en signe de protestation contre ce qu’ils qualifient d’ingérences du Qatar dans leurs affaires internes, mais aussi pour son soutien aux Frères musulmans que l’Egypte et l’Arabie inscrivent dans le registre des terroristes. Enfin, comme on pouvait s’y attendre après des débats profondément stériles, le communiqué final ne pouvait être que ce qu’il fut et, comme a titré un média européen, ce ne furent que des paroles, et encore des paroles. Les Etats membres de la Ligue rassemblés au Koweït, loin d’être unis, se sont contentés de vagues recommandations classiques sans contenu réel. Les dirigeants censés évoquer et dénoncer l’offensive israélienne sur Gaza, se sont, sans grande surprise et sans illusions, limités à rappeler des mesures que les économistes préconisent, depuis plus de trente ans et qui concernent, notamment, l’agriculture, l’eau, les réseaux routiers, des projets industriels dans la Bande… Autant de sujets que l’on ressasse à chaque sommet arabe et qui demeurent lettre morte. Ainsi vont les Arabes qui, outre leurs antagonismes irrémédiables, souffrent d’un laxisme à toute épreuve. Il faut cependant relever la seule décision concrète votée par les participants au sommet du Koweït: la mise en place d’un fonds doté de deux milliards de dollars destinés à financer les petites et moyennes entreprises. «Une goutte d’eau dans un océan», commente un observateur. Au milieu de ce sombre tableau, le Liban, par la voix de son président, a évoqué son dilemme et ses difficultés à continuer à accorder un abri aux Palestiniens chassés de leurs terres depuis 1948 et rejoints, il y a déjà quatre ans, par des Syriens fuyant les combats particulièrement meurtriers de leur pays. Promesse d’aide lui a été faite. Reste à la remplir. Le Liban, comme chacun le sait et le dit depuis la nuit des temps, est pauvre en ressources naturelles, et riche en ressources humaines. Hélas nos cerveaux sont allés, à leur corps défendant, servir les pays arabes si riches en pétrole et si pauvres en compétences. Le monde est vraiment mal fait, on s’en rend compte malheureusement à travers toute la planète où les peuples de toutes origines connaissent une sorte de décadence, même si elle est particulièrement éclatante dans les pays auxquels nous appartenons.


 Mouna Béchara
   

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