En Syrie et en Israël. Le Hezbollah monte au front

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Assiste-t-on à une offensive d’envergure menée par la branche militaire du Hezbollah? Malgré les assurances de son secrétaire général qui a toujours nié la présence d’éléments du Hezbollah en Syrie, le flou qu’il entretient sur les circonstances de la mort de deux combattants inhumés la semaine dernière, accrédite cette thèse. Quelques jours plus tard, Israël accusait le parti de Dieu d’avoir envoyé un drone sur son territoire.


«Le commandant Ali Hussein Nassif est mort en martyr en accomplissant son devoir de jihadiste». C’est en ces termes que le Hezbollah a annoncé le 1er octobre, via les médias qui lui sont affiliés, les funérailles de son combattant, sans donner plus de détails sur les circonstances de sa mort. La présence de plusieurs hauts responsables du Hezbollah lors de la cérémonie qui a précédé sa mise en terre dans son village natal de Bouday, dans la vallée de la Békaa, ainsi que le déploiement de miliciens armés au milieu du cortège funèbre, ne laissent que peu de doute sur l’importance de ce cadre militaire. Celui que l’on surnommait Abou Abbas occupait un rang très élevé dans la hiérarchie de la branche armée du parti. Le lendemain, la chaîne Al-Manar diffusait les funérailles à Baalbeck d’un autre combattant, Zein El-Abidine Moustafa. Le dernier combattant à avoir été l’objet d’une telle cérémonie était Moussa Ali Chahimi, inhumé le 10 août dernier dans le jardin des Martyrs, dans le quartier de Ghobeiry, dans la banlieue sud de Beyrouth. Nassif, Moustafa et Chahimi ont un point commun. Le Hezbollah n’a jamais communiqué sur les circonstances de leur mort. D’autres l’ont fait pour lui.  

Discret verrouillage
Quelques heures après leur inhumation, plusieurs témoignages à Baalbeck et à Bouday, ont révélé qu’Abou Abbas et Moustafa auraient été tués par une roquette dans une maison «située dans une ville syrienne frontalière du Liban».Un autre membre du Hezbollah, présent à leurs côtés, aurait également péri dans l’attaque. Dans son édition du 2 octobre, le quotidien britannique The Guardian explique que Nassif aurait été tué près de Homs et que son corps, selon une source gouvernementale libanaise, aurait été rapatrié via le poste-frontière de Masnaa. Le puzzle prend forme le lendemain avec la diffusion sur la plateforme Youtube d’une vidéo postée par la brigade Al-Farouk opérant à Qusair, ville située sur la route de Homs, à 10 kilomètres de la frontière libano-syrienne. Dans cette vidéo, la brigade revendique l’assassinat d’Abou Abbas ainsi que celui d’autres combattants du Hezbollah «au cours d’une opération contre un barrage» au cœur de leur champ d’action. Le porte-parole de la brigade à la barbe très fournie explique cependant que l’armée syrienne est parvenue à récupérer les corps des combattants libanais «dans le but d’effacer toute trace de leur présence en Syrie».
 Ces derniers jours a donc sauté un secret de polichinelle que le Hezbollah a eu du mal à garder. Des combattants du parti opèreraient aujourd’hui en Syrie. La rébellion et ses soutiens libanais le disent depuis des mois. Le mois dernier, l’administration américaine avait formellement accusé le parti d’apporter «une aide au régime syrien», ce que ce dernier a toujours nié. Des sources officielles libanaises, citées par le Washington Post dans son édition du 27 septembre, expliquent que le soutien du Hezbollah au régime Assad s’est intensifié depuis l’attentat du 18 juin dernier à Damas qui a notamment coûté la vie à Assef Chawkat. Des allégations étayées par la multiplication pendant l’été, dans les villages du Sud et de la Békaa, des inhumations de combattants du Hezbollah, enterrés en martyrs, dans la discrétion la plus totale. Les familles des victimes sont invitées à ne pas en savoir plus.

Régionalisation du conflit
Bien que le parti refuse jusqu’à présent de réagir à toutes ces présomptions, la médiatisation des funérailles d’Abou Abbas, filmées et diffusées par les médias qui lui sont proches, est un signe. Sans doute était-il devenu difficile pour le Hezbollah de contrôler les fuites et les interrogations des familles, de ses partisans, de ses partenaires et des services de renseignements étrangers. Une façon comme une autre d’acquiescer sans confirmer. Sur la base de déclarations de sources proches du Hezbollah, de membres de l’Armée syrienne libre (ASL) et de diplomates occidentaux, le quotidien britannique The Times révèle que 1500 combattants du Hezbollah sont actuellement déployés sur le territoire syrien.
Se dessine ainsi en Syrie un conflit d’ordre régional. Face à la rébellion syrienne, financée et armée par la troïka sunnite composée de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar, se dressent les forces agissantes et coalisées de l’axe syro-iranien en soutien d’un allié stratégique qui ne doit pas tomber aux mains de l’Occident. Le 3 octobre, l’état-major de l’ASL publiait un communiqué dans lequel il menace «les groupuscules d’Assad et ses chabbihas, ainsi que les milices iraniennes des Gardiens de la Révolution, du Hezbollah libanais et de l’armée du Mehdi irakienne». Déjà présente, la communautarisation du conflit pourrait s’intensifier entre chiites et sunnites qui se disputent le contrôle de la région. Au Liban, l’engagement militaire du Hezbollah aux côtés du régime contre la majorité sunnite pourrait bien envenimer la situation. Mais, jusqu’à présent, le Hezbollah, présent au gouvernement et garant de ce fait de la stabilité du pays, s’est toujours gardé d’attiser ces tensions-là, prélude à une déstabilisation du pays qui ne sied pas à ses intérêts. D’autant que le parti est toujours actif à la frontière sud.

Israël en alerte
Samedi matin, les radars de surveillance militaire israéliens détectent au large de la Méditerranée, dans un secteur proche de Gaza, un drone qui a réussi à entrer dans l’espace aérien d’Israël. Pendant 20 minutes, les opérateurs radar ont lutté à distance contre les pilotes du drone pour prendre le contrôle de l’appareil. Incapable de le maîtriser, le commandement de l’armée israélienne a fini par l’abattre au-dessus de la forêt de Yatir, dans le sud de la région du Mont Hébron. L’armée israélienne a écarté l’hypothèse d’un drone venu de la bande de Gaza, et examine la possibilité qu’il ait été lancé par le Hezbollah. Lundi, la presse israélienne développait les mêmes conclusions. «De tous les acteurs hostiles qui cherchent à porter atteinte à la sécurité nationale israélienne, deux seulement ont la capacité et l’expérience pour envoyer des drones dans l’espace aérien national: l’Iran et son mandataire chiite, le Hezbollah», expliquait lundi The Jerusalem Post. Pour le député Miri Regev, ancien porte-parole de l’armée israélienne, il s’agit d’un «drone iranien lancé par le Hezbollah».   
Certains responsables israéliens cités par les médias locaux craignent que la mission de l’aéronef consistait en fait à tester les moyens de détection et le temps de réaction de l’armée israélienne. Certains redoutent même qu’il ait eu le temps de filmer la centrale nucléaire israélienne de Dimona, une zone sensible et stratégique sous haute surveillance, ce que toutefois l’armée dément. L’état-major iranien et le secrétaire général du Hezbollah ont tous deux désigné la centrale de Dimona comme une cible privilégiée. Ce lundi, un haut responsable militaire iranien a commenté, non sans ironie, l’incursion du drone dans le sud de l’Etat hébreu. Jamaluddin Aberoumand, coordinateur adjoint des Gardiens de la Révolution islamique, a en effet affirmé que l’affaire de l’aéronef illustre la «vulnérabilité de la défense anti-aérienne israélienne».
Après plusieurs mois de discrétion voire de silence radio, la branche militaire du Hezbollah est à nouveau sur le devant de la scène. Bien que le parti ne soit jamais vraiment sorti des écrans radar de la communauté internationale, il s’était, ces derniers temps, toujours astreint à ne pas attirer l’attention. Mais les enjeux du conflit en Syrie étaient sans doute trop importants pour le parti mais aussi pour ses parrains iraniens. Après avoir avancé ses pions et stabilisé la scène politique locale, le voici aujourd’hui en train de s’atteler à l’ouvrage dans un contexte particulier qui l’oblige à s’impliquer davantage. A ses yeux et au vu des forces en présence, se joue en Syrie non moins la pérennité du projet de résistance face à Israël, mis à mal par le coup de force des puissances sunnites de la région. Depuis sa prise du pouvoir, le Hezbollah a su manœuvrer en épargnant au Liban les conséquences qu’aurait pu avoir sa présence dans le gouvernement. Mais les défis auxquels le Hezbollah est confronté, tant sur le plan politique que communautaire, ne font-ils pas finir par contraindre le parti à faire un choix?

Julien Abi-Ramia

 


Une cache d’armes explose
Mercredi 3 octobre, dans le village de Nabichit, situé dans le sud de la Békaa, à vingt kilomètres au nord-est de Zahlé, une série d’explosions a été entendue par les habitants jusqu’à Khraybe et Khodr, à cinq kilomètres à la ronde. Selon le Hezbollah, il s’agit d’un « ancien dépôt de munitions, d’obus et de vestiges des bombardements israéliens de 2006 dans la région ». Le bilan est extrêmement lourd, les dizaines d’ambulances et la forte présence de militants du Hezbollah sont là pour témoigner. Trois de ses membres ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été blessés. Les dégâts matériels sont importants. L’ANI rapporte qu’une maison a été entièrement détruite et plusieurs autres bâtiments ont été endommagés.
    
 
Bataille technico-juridique
Le drone furtif qui a violé le réseau israélien de sécurité aérienne et qui a fait la une des médias à travers le monde, le samedi 6 octobre, est à inscrire au chapitre d’un affrontement technico-juridique avec les Etats-Unis, comme l’affirme un expert militaire à la retraite. Il s’agit d’empêcher Washington de continuer à utiliser les robots aériens de façon arbitraire. L’expert dévoile l’échec des négociations menées secrètement entre les grandes puissances en vue d’encadrer l’usage de ces drones via l’élaboration de lois internationales définissant les conditions et les circonstances de leur usage, sachant que Washington en possède quelque 10000 et souhaite en multiplier le nombre. Les progrès technologiques, explique l’expert, font de ces robots aériens des armes capables de détruire des renforts, des véhicules militaires et des infrastructures et d’exécuter la mise à mort aérienne de groupes et d’individus. Le spécialiste pense que ce n’est pas par hasard que la violation de l’espace aérien israélien a coïncidé avec la commémoration de la guerre d’octobre. Les drones israéliens qui attaquent le Liban font partie d’un large réseau robotique aérien américain qui cible des objectifs situés sur un grand axe arabo-islamique qui s’étend du Mali et de la Libye jusqu’au Pakistan, en passant par le Yémen. Ces engins violent la souveraineté de ces pays en dehors de toute légitimité internationale et parfois de connivence avec les gouvernements en place. La même source révèle qu’un massacre qui a fait 13 morts et quelque 20 blessés a eu lieu au Yémen, le mois passé, lorsque deux convois ont été bombarbés «par erreur» par les Américains. Les auteurs de cet «accident» qui n’a pas été médiatisé, ne peuvent pas être traînés devant la justice internationale ou locale vu le décalage géographique entre l’emplacement du drone et le lieu à partir duquel il a été télécommandé. La réussite du robot «mystérieux» à traverser quelque 52 km entre la mer de Gaza du côté ouest jusqu’au sud de la Galilée du côté est, est le fruit de l’abattement par les Iraniens du drone furtif fort sophistiqué, le RQ 170, le 4 décembre 2011.

 


 

A Qaa
Les chrétiens dépossédés de leurs terres



Dans le village grec-catholique de Qaa, au nord de la Békaa, situé à la frontière avec la Syrie, les habitants se voient dépossédés de leurs terres. Prise dans l’étau du conflit syrien et de la majorité chiite, la municipalité a fait appel à l’Eglise pour mettre un terme à ces expropriations.



Entre les plaines arides et les pentes rocailleuses de la région, la frontière entre le Liban et la Syrie n’a jamais été formellement dessinée. Mais les habitants du village de Qaa la connaissent. Ils exhibent des titres de propriété, remontant à des décennies, sur des terres où patrouillent depuis des lustres les gardes-frontières syriens. Des terres qui leur sont interdites aujourd’hui. Depuis le début du conflit en Syrie, le village libanais sert d’abri provisoire aux familles qui ont fui les combats. Des rebelles de l’ASL pourraient bien s’y cacher. Toutes les semaines, des blindés de l’armée régulière effectuent des incursions et tirent en direction du village. Les contreforts de Qaa servent de point de passage pour toute sorte de contrebande. Pris au piège, les habitants se sentent impuissants. Ils voient leurs terrains expropriés à cause des documents administratifs non homologués par les autorités. Conséquence, Syriens et chiites se sont engouffrés dans la brèche et prennent de facto possession de terres qui ne leur appartiennent pas. Les appels au secours de la municipalité aux autorités libanaises sont restés lettre morte. Aujourd’hui, elle se tourne vers l’Eglise maronite pour enrayer un exil qui ne dit pas son nom.
Jeudi 4 octobre, le comité d’urgence de la vente de terrains par des chrétiens, affilié à la Ligue maronite, a tenu une conférence de presse dans les locaux du Centre catholique d’information, à Jal el-Dib, au cours de laquelle il a évalué l’ampleur du phénomène. Etaient présents le directeur du centre, le père Abdo Abou Kassem, l’un des membres du comité d’urgence Talal Doueihy, le conseiller municipal de Qaa, l’avocat Bachir Matar et le porte-parole des propriétaires fonciers du village, l’ancien maire Nicolas Matar. Prenant la parole, Abou Kassem a expliqué qu’il était «de la responsabilité de l’Etat d’agir et de prendre ce dossier à bras-le-corps. Il se doit d’offrir aux habitants de Qaa les services élémentaires qu’il offre à tout autre citoyen libanais. Le changement démographique en train de s’opérer n’est dans l’intérêt d’aucun Libanais».   
Nicolas Matar en appelle au ministère des Travaux publics et à la Direction générale de l’urbanisme. «Nous demandons au gouvernement de régulariser notre situation. Nous n’en pouvons plus. Cela fait 60 ans que nous frappons à leurs portes. Le travail cadastral et cartographique doit être effectué».
Bachir Matar prend appui sur les alinéas I et J du préambule de la Constitution. «Il n’est point de discrimination entre la population fondée sur une quelconque allégeance, ni de division, de partition ou d’implantation. Aucune légitimité n’est reconnue à un quelconque pouvoir qui contredise le pacte de vie commune». Sur les 182 millions de mètres carrés des terrains de Qaa, 80 millions ont été saisis. A titre de comparaison, la ville de Beyrouth s’étend sur 18 millions de mètres carrés.
Le conseiller municipal accuse même certains habitants de faciliter la prise de contrôle, par certains Syriens et des Libanais d’autres communautés, de terrains pour des raisons financières. De plus, il met en cause les autorités qui, «lorsque les contrevenants fonciers sont arrêtés, ils peuvent être libérés après avoir payé une caution de 100000 LL. Sept immeubles sortent de terre et quatre puits ont été creusés, tous de manière illégale, à quelques mètres du poste-frontière de l’armée syrienne».
Après le dossier de Lassa, dans la montagne de Jbeil, la Ligue maronite se trouve face à un autre dossier sensible.

J. A-R.
 


Les chrétiens vendent aux musulmans
Les derniers travaux de La Ligue maronite montrent que la vente par les chrétiens de leurs terrains aux musulmans agite toutes les régions. A Naqoura, ce sont 4,6 millions de mètres carrés que les chrétiens ont vendus aux musulmans. Dans le Chouf, les propriétaires chrétiens ont vendu aux chiites, aux druzes et aux sunnites plus de 4 millions de mètres carrés de terrain. Dans le Kesrouan, le chiffre s’élève à 3,6 millions de mètres carrés. A Minieh-Denniyeh, ce sont 3,1 millions de mètres carrés qui ont changé de main. A Nabatiyeh, 2,8 millions de mètres carrés appartenant à des chrétiens ont été vendus à des musulmans.

 


 

Mohammad Beydoun, ancien ministre et député
Je suis prêt à remplacer Berry



Adversaire déclaré du tandem Hezbollah-Amal, Mohammad Abdel-Hamid Beydoun ne mâche pas ses mots. Ses critiques sont acerbes dans la mesure où il ne reconnaît pas dans ces deux courants une représentation digne de la communauté chiite. Serait-il un successeur potentiel de Nabih Berry? Sa réponse est claire: Oui si le 14 mars m’appuie.



Le Rassemblement chiite indépendant est-il dirigé contre le Hezbollah et Amal et pourquoi n’y avez-vous pas participé?
La rencontre a eu lieu parce que des personnalités du rassemblement ont été victimes d’agressions. Ce qui les réunit c’est la volonté qu’il y ait plus d’un avis dans la communauté chiite et qu’elle ne soit pas monopolisée. Lorsqu’une communauté se transforme en casernes militaires, c’est le prélude à la guerre civile. La rencontre de solidarité est une bonne initiative mais il n’est pas indispensable d’en faire une propagande médiatique.

Pourquoi a-t-on qualifié le rassemblement de «chiisme de l’ambassade» américaine?
Toutes ces campagnes menées contre les chiites indépendants sont le signe de l’échec du tandem chiite qui gouverne aujourd’hui comme il l’avait fait tout au long de la tutelle syrienne. Ce tandem a dominé l’Etat depuis 1984, soit 30 ans de chiisme politique. Le féodalisme chiite, devenu bien plus corrompu que par le passé, est dénoncé par les chiites. Les actions du Hezbollah et d’Amal sont à leur sens l’échec des réformes. Alors que les débats autour de la loi électorale battent leur plein, le Hezbollah et Amal n’avancent aucun projet. Berry et d’autres ont envoyé à la mort des jeunes pendant la guerre au nom des réformes. Le Liban aujourd’hui se disloque et l’important est que la communauté chiite, outre son nationalisme, compte un courant réformiste important qui n’est pas celui du tandem. Celui-ci ne parle pas au nom des chiites car il n’a aucun programme de réforme. Il a pris le pouvoir et entraîne le pays vers l’effondrement.

Que dites-vous des victimes du Hezbollah tombés en Syrie sous le slogan du devoir jihadiste, alors que le gouvernement applique la politique de la dissociation? Il a été également question de l’arrestation de 13 membres du Hezb.
Depuis quelque temps, nous entendons des allusions au sujet des victimes du Hezbollah tombés en Syrie. La base chiite est révoltée. Elle se déclare prête à combattre Israël mais pas le peuple syrien. Ceci signifie, hélas, la fin de l’expérience du Hezbollah jugée prometteuse dans le monde arabe.

Comment est perçu aujourd’hui le Hezbollah par les jeunes Arabes?
Tous ceux qui sont contre le Printemps arabe servent le plan sioniste. Le sens réel du Printemps arabe est de donner aux citoyens le droit à la parole, alors que les régimes dont celui de Bachar el-Assad ne respectent pas leurs opinions publiques comme Israël n’a aucun respect pour l’opinion arabe. La position du Hezbollah comme celle de l’Iran aux côtés du régime syrien ne peut s’expliquer que comme contraire à la conviction, aux principes et à l’intérêt national. Cette politique se maintient car la décision finale se trouve en Iran.

Qu’en est-il de l’explosion de Nabichit?
Nous prions Dieu d’avoir pitié de la région et de ses habitants car ce qui fait peur, c’est qu’il est interdit à l’armée d’approcher de tout incident qui concerne Hezbollah. Comment peuvent-ils se dire avec l’Etat et avec l’armée qu’ils empêchent d’approcher? Les services de sécurité ne sont nullement concernés par ce qui est arrivé. Il y a eu des morts et des blessés et l’Etat doit établir un rapport et rendre des comptes. Qui est le responsable et répondra-t-il de son acte?

L’armée est intervenue à Dahié et a arrêté certaines personnes recherchées par la justice…
Ceci parce que le monde considère que les protecteurs sont les ravisseurs et qu’ils protègent la drogue. Ils protègent tous genres d’abus de la loi. Peuvent-ils prétendre qu’ils sont pour la sécurité? Ils ont reconnu avoir perdu le contrôle, autrement dit la représentativité chiite car ils prétendent à celle-ci en se basant sur leur pouvoir de contrôle.

Les tribus telles que les familles Mokdad et Jaafar se sont-elles repliées?
Le Hezbollah a senti que les tribus pouvaient passer outre son pouvoir, il a décidé d’utiliser l’armée contre elles. Mais ceci ne signifie pas qu’il fasse appel à la sécurité à Dahié et la Békaa. Le fait est que le Hezbollah a lui-même frappé le prestige de l’Etat, de l’armée et des forces de sécurité. Aujourd’hui, il dit à ses partisans: «J’ai demandé la présence de l’armée mais celle-ci n’a pas répondu ». Le Hezbollah a lancé sa campagne contre l’armée en déclarant qu’elle était la responsable de la sécurité et non lui-même. Cette campagne a pour but de couvrir son échec et la triste image qu’il donne des chiites qui, eux-mêmes, s’en plaignent.

Qu’y a-t-il de vrai dans les documents diffusés par la chaîne Al Arabia impliquant le Hezbollah dans l’assassinat du député Gebran Tuéni?
Je n’ai rien à dire car je ne suis pas à même de m’assurer de leur authenticité. Mon seul commentaire est que le Hezbollah avait déjà nié toute implication dans l’assassinat de Hariri, puis il y a eu le TSL et les quatre suspects appartiennent au parti et ceci lui pose une grave question. Le problème actuel est l’intégration du Hezbollah dans la politique intérieure et dans le confessionnalisme car sur quoi fonde-t-il son combat en Syrie? Est-ce sur une idéologie? Non, c’est à partir du communautarisme. Ceci donne un signal négatif sur l’avenir du Liban.

L’Armée syrienne libre a laissé entendre qu’elle affronterait le Hezbollah à Dahié. Qu’en dites-vous?
Ces propos sont inacceptables. L’ASL agit dans son pays mais chez nous l’action revient à l’Armée libanaise. Il revient à L’Armée libanaise et au président de la République dont je salue les positions de faire comprendre au Hezbollah que le Liban refuse que quiconque intervienne dans les affaires syriennes ou prenne position contre le peuple syrien.

Comment percevez-vous les débats sur la loi électorale en cours dans les commissions parlementaires et les divergences des projets?
Il existe deux projets: celui du gouvernement qui favorise le monopole du vote chiite du Hezbollah et Amal sur les députés chrétiens grâce à la proportionnelle. Pourquoi avoir relié Baabda au Metn, Jbeil au Kesrouan, mis Bachoura avec Beyrouth I? Parce que là où Aoun semble affaibli, il est sauvé par le vote chiite. De toute évidence, si un dialogue sérieux ne s’établit pas, nous allons vers un retour à la loi de 1960. Cela si les élections ont lieu. Le plus probable est que si Bachar el-Assad est en place jusqu’à la date des législatives, le Hezbollah tentera de les empêcher car il ne permettra pas la victoire du 14 mars, comme il l’avait fait pour la présidence de la République.

Que comprenez-vous des efforts du président Berry pour arriver à une entente sur la loi électorale?
Berry a entamé une nouvelle étape et veut se dissocier du 8 mars. Mais en réalité, il ne peut pas se dissocier du Hezbollah. Il tente de se placer en partenaire impartial afin d’entamer des négociations avec le 14 mars et les Saoudiens. En ce qui concerne ces derniers, il veut s’assurer d’un retour au perchoir de la Chambre. A mon avis, Berry était l’un des piliers de l’effondrement de l’Etat libanais. Tant qu’il sera à la tête du Parlement, celui-ci n’aura aucun rôle.

Les rencontres des membres du 14 mars et Fouad Siniora avec Berry vous dérangent-elles?
Non, elles ne me dérangent pas mais elles ne sont pas bien perçues par les partisans du 14 mars qui n’en tirent aucun profit. Je reviens sur le fait que le Parlement n’ouvre même pas ses portes et qu’en 2012 il ne s’est réuni que deux fois pour légiférer. Le député mérite-t-il réellement son salaire? Pour l’opposition et la majorité, la principale scène politique reste le Parlement supposé leur être constamment ouvert pour leur permettre de débattre. Le 14 mars avait déclaré vouloir présenter un projet de loi pour suspendre le traité libano-syrien de fraternité et de coopération après le plan Samaha-Mamlouk, le parlement s’est réuni et le projet n’a pas été présenté.

Mohammad Abdel-Hamid Beydoun succèderait-il à Nabih Berry à la tête du Parlement?
Je ne suis pas intéressé par la succession de Berry mais par le fait que dans la communauté chiite politique, il manque deux facteurs: la compétence et l’intégrité. Ces deux facteurs font défaut au tandem. Je citerais un exemple: les plantations illégales dans la Békaa alors qu’Amal et le Hezbollah tiennent au ministère de l’Agriculture.

Etes-vous prêt à prendre le titre de président de la Chambre?
Si tel est le souhait du 14 mars, pourquoi pas? L’important est qu’il trouve les qualités indispensables.

Propos recueillis par Saad Elias

 


 

Michel Sleiman en Amérique du Sud
A la rencontre de la diaspora



Tout au long de sa tournée sud-américaine du Pérou, en Argentine et en Uruguay, le chef de l’Etat, Michel Sleiman, a transmis le même message à la diaspora libanaise: inscrivez vos enfants au plus vite auprès des ambassades libanaises afin de recouvrer leur nationalité libanaise.



C’est un appel à reconstruire les liens avec leur pays d’origine. Des liens qui devraient se traduire prochainement par l’octroi du droit de vote aux immigrants qui ont conservé leur nationalité d’origine.
Depuis des années, les présidents de la République libanaise n’avaient plus effectué de visites dans ces pays lointains, où pourtant l’importante diaspora libanaise joue un rôle prépondérant. En 1954, le président Camille Chamoun s’était rendu au Brésil, en Argentine et en Uruguay. A l’occasion de sa visite à Sao Paulo au Brésil, une avenue a été baptisée,  « Avenue de  la République libanaise », en hommage au président libanais.
Cinquante-huit ans plus tard, c’est le président Michel Sleiman qui se rend en Argentine, en Uruguay et au Pérou. Il avait déjà fait, en 2010, une visite au Brésil. Il adresse partout le même message de rapprochement des Libanais de la diaspora de leur pays d’origine. Les crédits nécessaires, affirme le chef de l’Etat, seront votés ces quelques jours au ministère des Affaires étrangères pour mettre en place le système de vote électronique auprès des ambassades du Liban permettant aux émigrés de participer à la vie politique au Liban.
Pour le président Sleiman, dit-on, les 6 millions d’Hispaniques,  descendants de Libanais, constituent «l’or blanc» du Liban et l’une de ses principales sources de richesses. Le Liban reçoit annuellement plus de 7 milliards de dollars des émigrés, a-t-il souligné, marquant ainsi l’important apport des émigrés à l’économie nationale.
On compte plusieurs millions d’émigrés d’origine libanaise dans le monde. La plus importante communauté est installée en Amérique latine, notamment au Brésil (10 millions), en Argentine (1 million 500 mille), en Colombie (840 mille) et au Mexique. Les Libanais d’Uruguay constituent la troisième communauté du pays après celle de l’Espagne et de l’Italie. Ils sont actuellement quelque 70 000 habitants d’origine libanaise.
A tous les Libanais qui vivent en Amérique latine, le président Sleiman a rappelé l’importance de leurs liens avec leur mère-patrie. Il les a rassurés sur l’avenir politique et économique du Liban, d’autant, a-t-il dit, que «la transition démocratique dans le monde arabe est une bonne chose pour le Liban et son avenir».
M. Sleiman a également mis l’accent sur la stabilité du Liban, leur pays  d’origine et leur a affirmé que la situation s’était rétablie «en dépit de certains événements inquiétants que l’on a pu voir à un moment donné». Dans ses interventions, le chef de l’Etat s’est voulu rassurant sur l’avenir qu’il a qualifié de prometteur du Liban sur les plans politique, économique et sécuritaire. «Nous sommes conscients de l’inquiétude que vous ressentez, dit-il, en ce qui touche le Liban, à l’ombre des circonstances que traversent les pays arabes, et surtout à la vision des horribles photos illustrant la situation dans le pays que vous aimez. Je voudrais toutefois vous assurer que la situation que connaissent les pays arabes et les transformations qu’ils subissent vers plus de démocratie ne peuvent que servir l’intérêt du Liban à l’avenir.»
Si en Argentine et en Uruguay, c’est le discours libanais qui a prévalu, au Pérou, le président Sleiman a prononcé un discours au 3ème Sommet de l’Aspa à Lima, dans lequel il a plaidé pour une paix juste et globale au Proche-Orient. Devant un parterre de quelque 400 hommes d’affaires et entrepreneurs des pays de l’Aspa, qui réunit les membres de la Ligue arabe et de l’Union des nations d’Amérique latine (Unasur), M. Sleiman a défendu le droit de retour des Palestiniens, notamment les réfugiés au Liban depuis plus de six décennies.
Le président Sleiman a mis à profit son périple pour une plus large communication avec les membres des diasporas en Amérique latine. Son allocution d’adieu en Argentine est significative: «Je vous attends au Liban», leur a-t-il dit. Répondront-ils à l’appel?

Arlette Kassas



Les rencontres
Au cours de son passage à Montevideo, le chef de l’Etat s’est entretenu avec son homologue José Mujica et a visité le Parlement uruguayen. Il a accueilli des délégations libanaises à son hôtel.
En Argentine, il a été reçu par la présidente Cristina Fernandez de Kirchner qui a fait l’éloge de la communauté libano-syrienne en Argentine. Le président a toutefois mis un bémol à cette déclaration en précisant qu’il y avait les Syriens et les Libanais. Il a rencontré le président du Sénat et des députés argentins d’origine libanaise comme il l’a fait également à Buenos Aires où il s’est vu octroyé un doctorat honorifique de l’université du 3 février de Buenos Aires. Il n’a évidemment pas manqué le monument consacré à Gibran Khalil Gibran, où il a planté un cèdre.  


Le sommet de l’Aspa
Au Pérou, le président Sleiman a participé au 3ème sommet de l’Aspa, initialement prévu en février 2011 et reporté en raison des événements liés au « printemps arabe ».
Les représentants de 20 des 32 membres de l’Aspa ont participé au Sommet. Toutefois, seuls quatre chefs d’Etat arabes ont fait le voyage: le président Sleiman, le président tunisien Moncef Marzouki, l’émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani et le roi de Jordanie, Abdallah II. M. Sleiman s’est entretenu avec le roi de Jordanie et avec ses homologues équatorien, tunisien et chilien.

 

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Éditorial
Sot dans l’inconnu

Il est toujours plus facile, lorsque l’on n’assume pas des responsabilités, et que, par conséquent, l’on n’a pas de comptes à rendre, de s’ériger en donneur de leçons. Il est plus aisé de se livrer à la surenchère quand on n’est pas aux commandes que lorsque l’on est appelé à prendre, tous les jours, des décisions qui engagent le destin d’un pays et qui influent sur l’avenir de millions de personnes. Il faut avoir ces réalités en tête en écoutant Mitt Romney disserter sur la politique étrangère des Etats-Unis et accuser son rival démocrate d’être mollasson. Face à la «passivité» du président sortant, le candidat républicain promet des solutions miracle, basées sur les muscles et les super-budgets militaires. Une bonne partie de son discours électoral est construite autour de la fausse accusation que Barack Obama a «laissé tomber» Israël, oubliant que l’aide militaire, le soutien financier et l’assistance technologique, fournis par l’actuel président à l’Etat hébreu, n’ont jamais été égalés par ses prédécesseurs. En fait, Mitt Romney reproche au locataire de la Maison-Blanche de résister aux pressions -qui frôlent les injonctions- de Benjamin Netanyahu, pour le pousser à couvrir et participer à une attaque préventive contre l’Iran. Accepterait-il, s’il siégeait au Bureau ovale, de s’engager dans une guerre dont les objectifs et les conséquences ne serviraient pas nécessairement les intérêts des Etats-Unis? Mitt Romney plaide donc pour un alignement total de la politique étrangère américaine sur celle d’Israël, même au détriment des intérêts nationaux des Etats-Unis. Un phénomène mis en évidence dès 2006 par les chercheurs John Mearsheimer et Stephen Walt, dans leur remarquable ouvrage sur l’influence du lobby israélien dans les orientations de la politique étrangère américaine. Un travail qui leur a coûté leur emploi, il faut le rappeler. Mitt Romney n’est pas en reste sur le dossier du processus de paix au Proche-Orient. Il affiche un mépris absolu pour les Palestiniens, avec qui la paix «est impensable», peut-on l’entendre dire dans une vidéo filmée à son insu. En d’autres termes, Israël n’a pas l’obligation de rendre les terres qu’il a volées et la situation de conflit et de guerre avec les Palestiniens est appelée à durer ad vitam æternam.    Mitt Romney a exploité à fond l’attaque du consulat américain de Benghazi, au cours de laquelle l’ambassadeur Christopher Stevens a été tué. Il estime que «les attaques contre l’Amérique, le mois dernier, ne doivent pas être prises pour des actes isolés. Elles illustrent la lutte plus large qui traverse tout le Moyen-Orient, une région qui vit son bouleversement le plus profond depuis un siècle.» Le camp républicain a dénoncé la réaction de l’Administration Obama après l’attaque de Benghazi, et le fait d’avoir attendu plusieurs jours avant de la qualifier de «terroriste» et de sous-estimer les menaces anti-américaines. Ces propos sont destinés à la consommation interne car ils n’apportent aucune idée constructive et nouvelle. Pas plus d’ailleurs que ses critiques contre ce qu’il appelle la stratégie d’«espoir» de Barack Obama. Là, le candidat républicain se fend d’une esquisse de stratégie: «Nous ne pouvons pas aider nos amis et battre nos ennemis si nos paroles ne sont pas appuyées par des actes et si la perception de notre stratégie n’est pas celle d’un partenariat mais celle d’une passivité». Traduit en realpolitik, cela ne veut absolument rien dire. Partenariat avec qui? Contre qui? Comment? S’il est élu président, Mitt Romney promet de renforcer les sanctions contre l’Iran pour l’empêcher de développer des capacités nucléaires militaires. Il subordonnerait l’aide financière à l’Egypte au respect du traité de paix avec Israël, augmenterait le budget américain de la Défense. Et, cerise sur le gâteau, il fournirait des armes aux rebelles syriens. Sur ce dernier point, l’actuelle Administration l’a devancé. Car les livraisons d’armes via l’Arabie saoudite et le Qatar –en plus de tous les autres pays qui ne l’ont pas reconnu officiellement- n’auraient jamais pu se faire sans le feu vert des Américains. Concernant l’augmentation du budget militaire, Mitt Romney ne semble pas connaître les chiffres des déficits américains. Sauf s’il compte sur les bons du trésor achetés par la Chine pour financer la dette américaine. Sur l’Iran, l’actuelle Administration a développé le régime des «sanctions intelligentes», douloureuses et efficaces, et qui commencent à donner leur fruit. Mais il n’est pas sûr qu’elles feront plier Téhéran. C’est d’ailleurs fortement improbable.    
Mitt Romney est à cours d’idées. Son discours veut se donner des semblants d’une force qui n’est qu’illusoire, car avec des muscles ramollis et des caisses vides, il ne peut plus mener le monde avec le bâton et la carotte.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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