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Nº 2852 du vendredi 6 juillet 2012

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ECONOMIE

Hausse des taux d’intérêt. Tributaires de l’environnement extérieur

Le Premier ministre Najib Mikati a donné un avant goût de la politique fiscale que son gouvernement entendait adopter, lors de l’annonce de son plan de réforme économique. Le chef du gouvernement a souligné «qu’il n’y aura pas de nouvelles dépenses publiques sans des sources de revenus supplémentaires». Il s’agit là de l’une des règles fondamentales des Finances publiques. Toutefois, le ministère des Finances est-il conscient du fait que le relèvement de la taxe sur les taux d’intérêt bancaires de 5% à 7% serait, pour le moins que l’on puisse dire, nuisible tant pour les dépositaires que pour les banquiers eux-mêmes? Tout simplement, les rendements sur les dépôts bancaires constituent pour des dizaines de milliers de familles libanaises une des sources vitales de leurs revenus mensuels. Quant aux banques, il est clair que pour la deuxième année consécutive, leurs profits sont en recul et qu’une telle politique fiscale contribuerait à réduire davantage leur marge de bénéfices. A titre indicatif, l’activité bancaire en termes de financement des opérations d’exportation a enregistré seulement au cours des deux derniers mois, une baisse variant de 30% à 40%.
Parallèlement, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a fait preuve d’un franc-parler avec les banquiers, au cours de leur dernière réunion mensuelle. Il a estimé que le ministère des Finances détient dans son portefeuille un excédent de bons du Trésor qui lui permettrait de ne pas recourir à une nouvelle émission d’obligations en livre, affirmant par ailleurs que la Banque centrale n’a nullement l’intention d’être en lice avec les banques lors d’une éventuelle émission de titres souverains. «La conjoncture actuelle est inappropriée pour l’utilisation de l’outil des taux d’intérêt afin d’attirer des capitaux étrangers», a dit le patron de la BDL. De plus, il n’a pas caché sa prudence à cette étape, en attendant les solutions qui seraient proposées pour le règlement des crises dans la zone euro et le cours que prendraient les événements dans la région. En fait, lerisque qui toucherait le secteur bancaire domestique est lié à l’environnement extérieur du Liban, qui pourrait à tout moment connaître une grave escalade, entraînant automatiquement une dégradation de la notation du risque souverain libanais. Une révision à la baisse de la notation de la créance libanaise aurait pour résultat un relèvement obligé des taux d’intérêt. Les conséquences désastreuses seraient immédiatement ressenties tant sur les finances publiques que sur les coûts d’investissement et les prix à la consommation. Partant de ce scénario, pourquoi le gouvernement prendrait-il le risque de couper l’herbe sous les pieds de dizaines de milliers de dépositaires qui trouvent dans le rendement sur leur épargne à la banque une sorte de pension-retraite. De plus, pourquoi ce mauvais choix de faire assumer au secteur bancaire, dont l’activité représente 6% à 7% du volume de l’économie, environ 30% des impôts versés par les sociétés opérant au Liban? Et ceci, si l’impôt sur leurs bénéfices devait passer de 15% à 20%, soit 5% de plus que l’impôt sur les revenus des autres société

 

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