Magazine Le Mensuel

Nº 2855 du vendredi 27 juillet 2012

Confidences Moyen-Orient

Confidences Moyen-Orient

Les vacances sont finies!
Suite au renversement du régime du Colonel libyen Mouammar Kadhafi, des centaines d’anciens combattants se sont rendus en Jordanie pour passer des vacances, histoire de se calmer. Or, depuis leur arrivée, ces Libyens multiplient les problèmes forçant les autorités locales à demander à des dizaines d’entre eux de rentrer au pays. Mais surprise, à l’aéroport où ils attendaient l’avion qui devait les ramener en Libye, 140 d’entre eux ont provoqué une émeute, cassant tout sur leur passage car l’appareil qui devait les transporter avait du retard. Ceci a obligé la police à arrêter plus de dix personnes, accusées d’avoir saccagé l’aéroport militaire.

 

Hamid Karzaï est le président afghan dont le mandat prend fin en 2014, et qui a d’ores et déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas à sa propre succession, a lancé un appel pour le moins surprenant au Mollah Omar. Karzaï voudrait que le chef des Talibans se représente au plus haut poste du pays. Cette annonce est encore plus surprenante qu’Omar avait dirigé l’Afghanistan d’une main de fer pendant près de dix ans, la période la plus sombre de l’histoire afghane où le pays a sombré dans des pratiques moyenâgeuses. Mais qui peut dire que les choses ont réellement évolué, après dix ans de la présidence de Karzaï?

 

Moncef al-Marzouki est le président tunisien qui, depuis sa prise de fonction, a multiplié les ratés semble être enfin capable de remonter la pente. Sa visite à Paris n’est pas passée inaperçue et son allocution à l’Assemblée nationale, un honneur très rare, a marqué les esprits. Le président, qui a renouvelé son soutien à la laïcité et la liberté d’expression dans son pays, a aussi adressé un message sincère au président syrien Bachar el-Assad le priant de quitter le pouvoir pour échapper au sort de Mouammar Kadhafi. Pour la première fois, depuis son élection, le président a directement critiqué le Mouvement Islamiste Ennahda qui tente de créer un système parlementaire en Tunisie au détriment des pouvoirs présidentiels.

 

Interdiction de filmer!
Les autorités bahreïnies qui font face à une révolte populaire de la majorité chiite, n’aiment pas la présence de journalistes et encore moins de producteurs. C’est la raison pour laquelle elles ont considéré Jaine Marlo persona non-grata, bien que la cinéaste américaine soit entrée au royaume avec un visa légal. Ainsi, Marlo qui venait filmer un documentaire sur la grogne populaire a été détenue au lendemain de son arrivée et renvoyée en Jordanie avec interdiction de retour. Face à cette réaction pour le moins violente, Washington n’a fait aucun commentaire. Après tout, sa cinquième flotte est présente dans l’îlot et il est difficile dans ces conditions pour l’Oncle Sam de parler de droits de l’homme avec le Roi Hamad Bin Issa Al Khalifa!

 

En pointillé…
L’ambassadeur syrien à Bagdad, Nawaf el-Fares, qui a annoncé sa dissidence avant de fuir au Qatar, a occupé durant les jours qui ont suivi son annonce les premiers plans médiatiques afin de dénoncer le régime de Bachar el-Assad. Seul problème, Nawaf en a trop dit, allant même à s’accuser d’avoir pris part aux attentats terroristes et meurtriers qui ont touché l’Irak depuis 2003. En effet, l’ambassadeur a admis avoir facilité l’entrée d’armes et de combattants en Irak sur ordre de son régime afin d’affaiblir le gouvernement de Nouri el-Maliki. Ce dernier n’a pas apprécié ces aveux et a ordonné qu’une plainte soit présentée contre l’ambassadeur car «il a les mains imbibées du sang du peuple irakien». El-Fares aurait peut être mieux fait de se taire!

 

 

 

 

 

 

Mechaal au Maghreb
Jamais un officiel aussi haut placé du mouvement palestinien Hamas ne s’était rendu au Maroc, mais Khalid Mechaal a voulu briser ce tabou. Résultat, il vient de visiter ses alliés islamistes au pouvoir à Rabat, s’affichant auprès du Premier ministre Abdelilah Benkirane et les officiels du Parti Justice et Développement. Le Hamas, en effet, s’inquiète du rôle modéré joué par le nouveau président égyptien, Mohammad Morsi, qui refuse de prendre leur parti contre le président Mahmoud Abbas. C’est ce qui a poussé Mechaal à demander au gouvernement marocain de jouer le premier rôle sur la scène palestinienne, l’incitant à s’activer sur le dossier de la réconciliation avec le Fateh jusqu’alors monopolisé par les dirigeants égyptiens. Reste à noter que les portes du palais royal sont restées fermées devant le responsable palestinien, mais est-ce vraiment une surprise ?

 

 

 

Gannouchi à vie
Le Cheikh Rachid el-Gannouchi vient d’être réélu à la tête du mouvement islamiste tunisien Ennahda, un poste qu’il occupe depuis 1991. Au cours du neuvième congrès tenu dans la capitale Tunis, il a été réinvesti avec 73% des voix, alors qu’aucun poids lourd du mouvement ne s’était présenté contre lui. Mais ce qui inquiète le plus est le fait que les journalistes, qui ont suivi les cinq jours de conférence, ont été menacés à plusieurs reprises par des membres du parti qui n’avaient guère apprécié la façon dont ils couvraient pour leurs rubriques les débats très animés. Résultat, plusieurs d’entre eux ont décidé de boycotter les sessions car ces pratiques leur ont rappelé les comportements des hommes du régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

 

 

 

Guerre de mots
Critiqué de tous bords, le Premier ministre turc traverse une bien mauvaise passe. En effet, le chef de l’opposition, le leader du Parti Populaire Républicain Kemal Kilicdaroglu, a comparé Erdogan à «un petit Anouar Pasha». Ce dernier n’est autre que le ministre de la Guerre du Mouvement des Jeunes Turcs durant la Première Guerre mondiale, connu pour son fanatisme et pour avoir conduit le pays vers une défaite humiliante. Répondant aux accusations du Premier ministre qui lui reprochait de défendre le régime dictatorial en Syrie, il s’est interrogé sur «l’existence d’une démocratie au Qatar, en Arabie saoudite ou même au Soudan. Erdogan n’a-t-il pas honte de signer des accords militaires avec le régime criminel de Khartoum?» Décidément, la crise syrienne n’en finit pas d’avoir des conséquences sur tous les pays de la région.

 

Bouazizi humilié même après sa mort
La mémoire de Mohammad Bouazizi, qui s’était immolé un jour de décembre 2010 dans la ville de Sidi Bouzid et qui, à travers ce geste avait déclenché le Printemps arabe qui causera la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali, la mort de Mouammar Kadhafi et l’emprisonnement de Hosni Moubarak, n’a pas été respectée. En effet, un juge vient d’ordonner que la mère de l’icône de la révolution tunisienne soit emprisonnée, l’accusant de mépriser la cour. Cette dernière qui vit toujours dans des conditions difficiles a demandé que les autorités locales lui signent un document administratif. Mais elle était renvoyée chaque jour au lendemain. Résultat, elle a perdu ses nerfs, a sangloté et s’est mise à crier. Le juge, nommé à l’époque de Ben Ali a tout simplement ordonné l’incarcération de la femme âgée de 70 ans!

 

Le Soudan proche du scénario syrien? 
La république du Soudan fait face, depuis quelques semaines, à une vague de protestations estudiantines contre la montée des prix et contre le régime autoritaire du président Omar Hassan el-Bachir. Alors que le général au pouvoir ne compte rien céder, le chef de l’opposition, le dernier Premier ministre démocratiquement élu, al-Sadeg el-Mehdi, a mis en garde contre la possibilité de voir la situation dégénérer en un conflit armé semblable à celui de la Syrie. El-Mehdi a ainsi appelé l’armée et les forces de l’ordre à ne pas se plier aux instructions du gouvernement de tirer sur la foule. Il n’est pas sûr cependant que ces mises en garde soient prises en considération par les militaires au pouvoir depuis 1989 et qui sont impliqués dans des guerres au Darfour, au Kordofan et dans la province du Nil Bleu. D’ailleurs, Khartoum a réagi face à ces menaces internes comme elle l’a toujours fait: en attaquant le voisin du sud accusé d’être la cause de tous les maux.

 

9 ans Telle est la durée du couvre-feu imposé au Pays des Rafideins. En effet, depuis l’invasion des troupes américaines en 2003 et le renversement du régime de Saddam Hussein, cette décision prise par les GIs est toujours en vigueur. Par conséquent, les citoyens irakiens doivent terminer leurs affaires durant la journée pour rentrer chez eux avant la tombée de la nuit. Depuis, le nombre d’heures a été réduit et dorénavant le couvre-feu est imposé de minuit à cinq heures du matin, ce qui a quand même causé beaucoup de problèmes pour un grand nombre d’irakiens, notamment en cas d’urgence médicale. Le Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui prétend que la situation sécuritaire s’est améliorée sous son régime reste flou sur ce sujet, et malgré les nombreuses demandes présentées aux autorités pour rétablir une vie normale, le gouvernement hésite toujours par peur de voir la violence monter d’un cran.

 

3 millions sont les Syriens qui ont perdu leur travail durant l’année 2012. Ce chiffre a été avancé par le président de l’Union des travailleurs syriens qui a noté que des milliers de boutiques, entreprises et usines avaient dû fermer leurs portes à cause des événements qui secouent la Syrie depuis mars 2011. Or, ces chiffres contredisent ceux qui avaient été présentés par le ministère du Travail syrien qui prétend que seules 90 mille personnes ont été renvoyées. Chaaban Azzouz, président du syndicat, a cependant bafoué cette annonce, ajoutant: «Ce chiffre n’est pas exact et je peux même dire que c’est un mensonge». Qui aurait imaginé que sous le régime Baas, le président du l’union des travailleurs, nommé par le gouvernement, oserait un jour contredire ses supérieurs!

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