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Nº 2903 du vendredi 28 juin 2013

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Randa Nehmé. Une artiste qui révèle l’âme de la pierre

Sa réputation n’est plus à faire. Sculptrice de talent, Randa Nehmé est une passionnée de la pierre qui sous ses doigts prend vie. Cet été la ramène sous les feux de l’actualité par le biais d’un événement artistique placé sous le thème Dissimule ta vie mais ne sois pas sauvage.
 

Depuis qu’elle a découvert la sculpture, Randa Nehmé entretient avec cet art des relations privilégiées. Dès son enfance, elle est proche de la nature, de la terre, des arbres, du soleil, de l’eau, des grands espaces, mais aussi du silence et de la sérénité que cette nature procure. Et son inspiration vient peut-être de là. Déjà très jeune, elle avait l’amour de la pierre et cette passion n’a fait que se développer au fil des années. «Quand on travaille avec cette matière, aime-t-elle à répéter, elle nous rend ce qu’on lui donne. Il s’agit donc d’être conséquents avec nous-mêmes. Je vais au fond de chaque pierre pour dégager son énergie. C’est ainsi que naissent mes volumes creux et pleins». Elle donne carrément vie à la pierre dans des formes voluptueuses et sensuelles, lisses et arrondies. Elle découvre en parallèle les arts martiaux qui auront une influence certaine sur ses œuvres. «Les arts martiaux tout comme la sculpture requièrent de la rectitude, de la discipline. Nous sommes dans ces deux domaines à la recherche du geste vrai. Ils ont aussi la particularité d’être un véhicule vers la sagesse et la sérénité».
Chacune des expositions qu’elle organise est un événement, du fait qu’elle ressent chaque détail. Le spontané paraît presque une évidence. Elle en fait un moment exceptionnel, placé, pendant un laps de temps, hors du temps et de l’espace. Epris d’art et de convivialité, les amateurs de sculpture la suivent, sachant que toutes ses expositions sont à chaque fois différentes. L’idée de départ est de présenter toute une mise en scène: dans un cadre naturel, un immense espace parsemé de roches sauvages, d’arbres de toutes les formes et de toutes les couleurs, ses sculptures mais aussi ses peintures, une révélation à son public et un succès garanti. Une peinture adepte de l’éphémère, qui sans lui, l’œuvre de Randa ne serait pas… «J’aime l’éphémère, dit-elle. La sculpture est éphémère et c’est pourquoi je fais et refais… en attendant ce moment où je n’attendrai plus rien. Je vis mon art et je fais avec». En filigrane, l’horizon, le coucher de soleil et la mer bleue de la Méditerranée. Ses sculptures? des mains de danseurs, une lune accoudée à un olivier, sa grande porte qui ne mène nulle part, son lion de nulle part, plus loin un autre venu d’ailleurs, «drishta» qui, nous explique-t-elle, en sanscrit signifie, la concentration du regard. De cette troisième création dans sa famille de la jungle, il y a toute une histoire à découvrir, à sentir, à travers cet envoûtement en plein air… une multitude d’histoires de la vie, le tout présenté dans une harmonie parfaite et accompagné d’une musique de fond très significative… la sienne quand elle travaille.
Cet espace enchanteur elle s’en occupe personnellement. «Il est ouvert à toute proposition de projet culturel, artistique, élégant et non fumeur», insiste-t-elle. C’est ainsi dans le monde de Randa, «3ala bali» nom de son espace, on s’y plaît et on sourit… C’est Randa. Parmi ses projets également: exposer dans les jardins du musée Mouawad, à Beyrouth.

D.G.

«3ala bali» espace Randa Nehmé, gherfine/amchit.rue Aref Nehmé sera ouvert au public le samedi 29 et le dimanche 30 juin, de 10h à 17h.

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