Magazine Le Mensuel

Nº 2910 du vendredi 16 août 2013

general

Les maronites de l’émigration. Le retour aux racines

L’Académie maronite a remis dernièrement des diplômes à ses soixante premiers étudiants, venus d’Argentine, des Etats-Unis, du Canada… Ces jeunes émigrés libanais avaient suivi un programme interactif de quatre mois, couronnés d’un séjour de trois semaines au Liban, où ils ont renoué avec la terre de leurs ancêtres.
 

Le 12 janvier 2013, la Fondation maronite dans le monde, à l’initiative de son président, l’ancien ministre Michel Eddé, inaugurait l’Académie maronite, un programme pédagogique et culturel destiné aux jeunes du monde de l’émigration. L’idée a germé à la suite d’une étude portant sur les maronites, indiquant que plus de 80% de cette communauté vivaient à l’étranger.
Pour la Fondation maronite, il devenait primordial d’aider ces jeunes émigrés à rester en contact avec la mère patrie et à mieux la connaître, le pourcentage des maronites du Liban frisant les 25% aujourd’hui.
L’idée a fait son chemin. Le 15 janvier dernier, la première session s’ouvrait avec les soixante jeunes qui sont invités, quatre mois plus tard, à passer trois semaines au Liban. Ce qu’ils firent en juillet dernier.

Les connaissances maronites
Le programme s’adresse en priorité aux quatrième et cinquième générations. Il comprend un échange interactif de quatre mois sur Internet, avant la visite au Liban à l’issue de laquelle une attestation leur est remise. Entre autres objectifs, un volet économique destiné à orienter les investissements annuels des émigrés vers des secteurs productifs et créateurs d’emplois.
Le but de l’académie est de maintenir dynamique le lien entre ces émigrés et l’Eglise mère et, par conséquent, avec le patriarcat maronite, symbole de l’unité de l’Eglise maronite, instance suprême pour tout maronite où qu’il se trouve.
Les premiers étudiants ont été sélectionnés en fonction de leurs connaissances des maronites. Leur séjour à l’académie leur a permis d’approfondir leurs connaissances et l’histoire de leurs ancêtres, celle des maronites du Liban et leur rôle dans la coexistence, symbole de ce pays.
Les jeunes maronites, âgés entre 18 et 30 ans, venus d’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada), d’Amérique latine (Brésil, Mexique et Argentine), d’Europe (Suisse), d’Australie et d’Orient (Egypte), ont pu avoir une vision du Liban. Ces jeunes sont nés, en majorité, dans leurs pays d’adoption. Certains appartiennent déjà à la troisième génération. Leurs ancêtres sont venus de Jbeil, Zghorta, Zahlé, Bickfaya, Aïtanite, Antélias, Kour ou Bécharré.
Leur premier contact avec la patrie de leurs aïeux fut riche et fructueux. Ils ont fait le tour de plusieurs régions. Les portes du palais présidentiel de Baabda et du musée leur ont été ouvertes et ils ont pu prendre conscience des particularités du Liban, du principe de la coexistence, base de la formation de ce pays, de son pluralisme communautaire, ainsi que l’attachement des maronites à la langue arabe.
La Fondation maronite dans le monde est née en 2008. Son fondateur, Michel Eddé, a réalisé l’importance de la présence d’une telle fondation pour rétablir les contacts entre les émigrés et leur mère patrie, surtout que la première vague d’émigrants, à la fin du XIXe siècle, était presque totalement chrétienne, et surtout maronite. Parmi les objectifs de la fondation: aider les chrétiens d’origine libanaise dans le monde à récupérer leur nationalité libanaise et à connaître le processus d’inscription de leurs états civils auprès des autorités libanaises. Autre objectif: agir auprès du gouvernement et du Parlement libanais afin de faire adopter des lois facilitant les procédures de recouvrement de la nationalité libanaise. Son but est aussi de sensibiliser les chrétiens d’origine libanaise dans le monde à participer à la vie publique de leur pays tant aux niveaux politiques, que culturels, économiques et sociaux. A l’actif de la fondation, des réalisations pratiques concernant le décret de naturalisation, ainsi qu’un projet de loi portant sur la facilitation de la procédure de récupération de la nationalité libanaise.

 

Arlette Kassas

50 milliards de dollars en 10 ans
Une étude sur l’immigration des Libanais a établi que plus de 70% de ceux qui quittent provisoirement ou définitivement le pays le font faute d’emploi. Selon les chiffres, au cours des dix dernières années, quelque 50 milliards de dollars américains ont été virés par les 
émigrés, sans contrepartie.

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