Magazine Le Mensuel

Nº 2989 du vendredi 20 février 2015

general

Lutte contre Daech. Hassan Nasrallah sonne le tocsin

Lundi, le secrétaire général du Hezbollah a répondu au discours de Saad Hariri en exhortant ceux qui l’appellent à quitter la Syrie à le rejoindre dans son combat maximaliste contre la menace que fait peser Daech sur le Liban, la région et le monde. Il a pointé les responsabilités d’Israël, de l’Occident et des pays du Golfe dans l’explosion du danger takfiriste.

A l’occasion de la journée de commémoration du souvenir des «commandants martyrs de la Résistance», Abbas Moussaoui, Ragheb Harb et Imad Moughnié, Hassan Nasrallah a ardemment défendu la stratégie mise en place par son parti contre les takfiristes. Après avoir rendu hommage au sacrifice des martyrs, le leader du Hezbollah a présenté ses condoléances à la famille, aux partisans et aux familles des autres victimes de l’attentat qui a coûté la vie à Rafic Hariri. Une déclaration de circonstance et d’apaisement qui précède un long développement sur sa seule préoccupation du moment: la menace de Daech. «De l’autre côté de l’Anti-Liban, une grande échéance attend les Libanais après la fonte de la neige. Daech est déployé sur Ersal et tout au long de la frontière montagneuse. L’Etat doit décider comment faire face à ce danger», prévient Nasrallah, en saluant «les soldats et officiers de l’Armée libanaise et de l’armée syrienne, ainsi que les combattants déployés dans les montagnes […] qui travaillent jour et nuit pour repousser les attaques terroristes».
Les adresses du leader du Hezbollah ont le mérite de polariser le débat politique local. Lorsqu’il explique qu’on ne peut pas «détacher le Liban de son contexte régional» et que «ce qui se passe dans la région fixe l’avenir et le sort du Liban», il répond à ceux qui défendent la politique de distanciation et «les dirigeants du 14 mars qui mettent en doute» la stratégie du Hezbollah en Syrie. Il l’élimine en une phrase car, à ses yeux, «c’est le sort du monde entier qui est en train de se jouer dans notre région». «A l’exception d’Israël qui dit que Daech et al-Nosra ne sont pas une menace, le monde a réalisé que le courant takfiriste représente une menace existentielle», poursuit Nasrallah, en pointant du doigt «le rôle du Mossad et de la CIA».
Dans son discours, le secrétaire général du parti a déroulé sa stratégie de lutte contre Daech. Elle doit être menée sur le plan culturel et spirituel. «Nous considérons à travers notre lutte contre Daech que nous sommes en train de protéger la religion islamique». Après avoir mis en garde les médias et ceux qui continuent de faire une différence entre cette organisation et le Front al-Nosra, Nasrallah s’adresse aux pays du Golfe. «Mettez de côté les haines et la rancune et venez contribuer à freiner Daech. Adoptons une politique différente en Irak. Cherchez les raisons de votre défaite au Yémen. A Bahreïn, les réformes sont un besoin populaire et une nécessité. En Syrie, les combats ne mèneront nulle part. Permettez à l’opposition non takfiriste de se mettre à la table du dialogue». Une stratégie régionale qui doit être menée sans l’aide «ni de la communauté internationale, ni des Etats-Unis».
Après avoir appelé à «une étroite coopération» entre les armées et les gouvernements syriens et libanais, il conclura son discours ainsi: «A ceux qui nous appellent à quitter la Syrie, je les exhorte à aller ensemble en Syrie. Je leur demande aussi d’aller en Irak, et partout ailleurs, pour faire face à cette menace et protéger le Liban et le peuple libanais. C’est ainsi qu’agissent les grands pays».

Julien Abi Ramia

Les dossiers libanais
Après avoir appelé toutes les parties concernées à «ne pas attendre les changements régionaux et internationaux» pour débloquer l’élection présidentielle, Nasrallah a déclaré qu’il souhaitait que le gouvernement puisse «poursuivre son action». Prenant appui sur le dialogue qu’il mène avec le Courant du futur, le leader du Hezbollah a déclaré «encourager tout dialogue entre les différentes composantes libanaises», sur le modèle du document d’entente signé par le parti avec le CPL afin, dit-il, «de multiplier les points de convergence dans l’intérêt du Liban et réduire les malentendus».
Sur le volet sécuritaire, Hassan Nasrallah a appelé à renforcer les mesures du plan mis en place dans la Békaa et à adopter une stratégie nationale de défense. Pour régler en profondeur cette question, le secrétaire général du parti a exhorté la justice à accélérer les procédures contre «les milliers de personnes» poursuivies et les autorités à monter des projets de développement «dans la Békaa et au Hermel, à Tripoli et à Akkar».

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