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Nº 3017 du vendredi 4 septembre 2015

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Dans la presse internationale. Focus sur le «ras-le-bol des Libanais»

La série de manifestations qui se déroulent au Liban fait l’actualité dans la presse internationale. Comment cette affaire est-elle traitée? Magazine fait le point.

La crise des ordures s’intensifie, la police évacue de force les militants occupant un ministère, titreLe Point dans deux articles datant du 1er septembre 2015, détaillant l’effet action-réaction des manifestations qui ont lieu au Liban et tablant sur «l’organisation de nouvelles législatives» et sur la fin des «affaires de corruption». «Cette mobilisation illustre le ras-le-bol de la population face à la corruption endémique, au dysfonctionnement de l’Etat et à la paralysie des institutions politiques», précise l’hebdomadaire, insistant sur le fait que «les députés se montrent également incapables d’élire un président de la République, poste vacant depuis mai 2014. En plus du règlement de la question du traitement des déchets, les protestataires réclament l’organisation de nouvelles législatives. Le pouvoir n’a pas encore officiellement réagi aux revendications de la société civile». «La pression monte encore d’un cran au Liban: des dizaines de jeunes militants occupent (…) le ministère de l’Environnement. Ils réclament la démission du ministre titulaire du poste, Mohammad Machnouk», écrit pour sa part le journal Les Echos, évoquant la crise sanitaire et politique que traverse le pays du Cèdre.

Dans un article intitulé La crise des ordures au Liban prend une nouvelle tournure, le journaliste Julien Licourt signale, dans Le Figaro, qu’«au-delà des ordures, la contestation s’érige contre un système sclérosé, incapable d’assurer une fourniture d’électricité continue pendant une journée ou de mettre fin aux nombreuses coupures d’eau que subissent les habitants. Les manifestants protestent contre le système confessionnel qui régit le pays depuis la fin du mandat français, en 1943».

 

 

Un Etat pourri
Le journal Le Monde consacre une part de son édition du 1er septembre à la campagne menée par «Vous puez», pour qui «les amas de détritus nauséabonds qui s’amoncellent dans les rues sont le reflet des échecs d’un Etat pourri par la corruption».

Sit-in dans les locaux du ministère de l’Environnement au Liban, titre L’Obs, indiquant que «les manifestants, massés dans un couloir du ministère», ainsi que ceux «rassemblés en solidarité avec ceux qui s’étaient retranchés à l’intérieur», réclament tous et d’une même voix «la chute du régime».

Selon la plateforme suisse Swissinfo, «plusieurs dizaines de Libanais ont organisé mardi un sit-in dans les locaux du ministère de l’Environnement réclamant la démission du ministre Mohammad Machnouk» parce qu’«exaspérés par la crise du ramassage des ordures ménagères que connaît Beyrouth depuis des semaines». La plateforme explique dans son article que «les protestataires ont expliqué être arrivés par petits groupes pour tromper la vigilance des gardes. Aux cris de «Machnouk, dehors!», ils se sont regroupés dans les couloirs du dernier étage du bâtiment».

Un scénario que reprend la chaîne Euronews dans un article publié sur son site web, revenant aux origines de cette protestation qui «a commencé avec la fermeture de la plus grande décharge du Libanet l’amoncellement des déchets dans les rues». «Mais au-delà de la gestion de ce dossier, ce sont la corruption et l’égoïsme des politiciens libanais que la jeunesse dénonce. Les députés, sans aucun scrutin populaire, ont prorogé leur mandat deux fois depuis 2009 et se sont montrés incapables d’élire un président, poste vacant depuis un an et demi», rapporte Euronews.

Le Liban comme l’Irak
Etablissant une comparaison entre le Liban et l’Irak, le Huffington Post explique que ces deux pays «ont passé les deux dernières décennies embourbés dans des conflits sectaires qui y ont entraîné une forte lutte. (…) Les manifestations actuelles au Liban et en Irak indiquent que l’ère des conflits sectaires prend du recul laissant la place à des manifestations nationalistes unifiées».

En Allemagne, l’«affaire» libanaise prend également de l’ampleur. La chaîne internationale d’information en continu, située à Bonn, la Deutsche Welle, met l’accent sur le fait que le mouvement «Vous puez», ainsi que d’autres mouvements similaires ont réussi à «regrouper des partisans au-delà de tout clivage politique et religieux au Liban, conduisant à des protestations de masse», rappelant que «les tensions politiques au Liban ont été exacerbées par la guerre civile en Syrie, le pays du Cèdre ayant accueilli plus d’un million de réfugiés syriens».

Protestations de masse contre les montagnes d’ordures, pouvons-nous lire dans le titre de l’article portant sur le Liban et publié dans Der Spiegel. Allant dans le même sens que le Huffington Post, l’hebdomadaire allemand considère que «la paralysie politique au Liban est aussi une conséquence de la guerre civile qui sévit en Syrie» et que «le gouvernement libanais, accusé d’être incapable de résoudre la crise des déchets, est également critiqué de vouloir attribuer cette affaire à des entreprises ayant des liens avec nombre de politiciens et fixant de nouveaux contrats avec des prix ‘démesurés’». De son côté, le New York Times estime que l’«occupation» du ministère de l’Environnement par les protestataires reflète à la fois la réticence des autorités à une répression décisive et un manque de concentration des manifestants, qui, malgré leur détermination, ont tendance à dévier du chemin qui les mène vers le succès. La prise de contrôle inattendue du ministère par un certain nombre de militants réclamant la démission du ministre de l’Environnement a laissé perplexes certains Libanais, qui se sont demandé si tel était le bon chemin à prendre. Cet acte a ouvert la voie à une instabilité prolongée dans un pays fragile déjà confronté à de multiples crises», signalant que les «protestations de colère qui ont tout à coup éclaté le mois dernier face à l’incapacité du gouvernement à faire face à la crise des ordures ont évolué dans des manifestations antigouvernementales graves. Les manifestants cherchent, en effet, à contester une classe politique qui a dominé le Liban et sapé sa croissance depuis la guerre civile qui a pris fin en 1990».

Natasha Metni

Un nouveau printemps?

Sous la plume de Bachir Khoury, le site français Slate explique: «Excédés par des années de décrépitude, l’absence d’horizon et un conflit syrien qui gangrène leur pays, plusieurs milliers de Libanais manifestent depuis une dizaine de jours au centre de la capitale».

«Les manifestants ont ainsi appelé à la ‘chute du régime’ et à une ‘Révolution’ pour mettre fin au ‘système confessionnel’ en place, exigeant plus ponctuellement la démission du ministre de l’Environnement et l’élection d’un chef de l’Etat», note l’auteur.

Mais les manifestants «craignent toutefois une manipulation du mouvement citoyen de la part des partis et leaders communautaires». «Certains veulent se l’approprier, tandis que d’autres cherchent à le détruire parce qu’il met en cause l’ensemble de la classe politique, toutes tendances confondues», souligne une manifestante.

 

 

 

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