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Nº 3065 du vendredi 5 août 2016

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Santé

Les soins palliatifs au Liban. Une nécessité et un droit

Accompagner les patients en fin de vie, préserver la qualité de vie et la dignité du malade, soulager les douleurs physiques et psychologiques du patient et de ses proches sont parmi les objectifs de l’unité des soins palliatifs créée récemment à l’Hôtel-Dieu de France.

Selon l’équipe en charge, les soins palliatifs sont une nécessité, parce que de nombreux patients en fin de vie, atteints de maladies irréversibles, meurent sans avoir été soulagés de façon optimale dans leurs souffrances physiques et morales, sans être accompagnés de façon adéquate, soutenus dans leurs projets, écoutés avec attention et disponibilité. C’est, en principe, un lieu de transition où une équipe multidisciplinaire prépare le malade et sa famille à mieux vivre leur situation difficile et les initie au retour éventuel à domicile. «Ce que l’équipe nous a apporté est trop précieux, témoigne une patiente. Ce n’est pas seulement alléger les souffrances, mais c’est nous apprendre à lâcher prise et à changer de raisonnement», souligne-t-elle.
Les soins palliatifs intègrent les aspects psychologiques et spirituels des soins aux patients, proposent un système de soutien pour les aider à vivre aussi activement que possible jusqu’à la mort, et un soutien à la famille afin de tenir pendant la maladie du patient et au cours de son propre deuil.
Le travail en équipe permet de mieux répondre aux besoins des patients et de leurs familles. Les soins palliatifs sont applicables tôt dans le décours de la maladie, en association avec d’autres traitements pouvant prolonger la vie comme la chimiothérapie et la radiothérapie. L’unité de soins palliatifs, un service de sept lits regroupés dans un environnement adapté créé récemment à l’Hôtel-Dieu, reçoit les malades les plus complexes. Ces soins sont un droit pour les malades, mais aussi une obligation pour les médecins qui doivent donner ce choix au malade, afin qu’il décide s’il veut continuer un traitement curatif agressif ou choisir l’option palliative. Le développement des soins palliatifs en est toujours à ses premiers pas au Liban. De telles unités serviront de «modèle» sur le plan national en tant que prise en charge de ces malades, mais aussi au niveau de la formation et de la sensibilisation des professionnels de santé au concept de soins palliatifs.

Nada Jureidini
 

Mise au point
L’équipe pluridisciplinaire de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de France répond aux questions de Magazine.

A qui s’adressent les soins palliatifs?
Ils s’adressent aux personnes atteintes de maladies graves évolutives ou en phase terminale, comme le cancer, les maladies cardiaques et rénales ou maladies neurologiques dégénératives. Ces patients sont à un stade avancé de leur maladie avec des symptômes non gérés. Très souvent, ils y ont recours pour gérer les situations comme dans le cas d’une forte fièvre par exemple. Ils viennent stabiliser leur fièvre et retourner chez eux. Ces soins ne remplacent pas les soins curatifs qui visent à guérir. Ils viennent les compléter puis s’y substituer.

Quel est le rôle du psychologue?
Le psychologue intervient auprès du patient et de sa famille. Il accorde une attention particulière et une écoute aux doutes et aux angoisses du patient et l’aide à prendre des décisions même celles relevant de son traitement. Le malade a également besoin d’aide pour exprimer ses émotions comme la tristesse et la peur. Il y a aussi un accompagnement et un soutien auprès des proches du malade qui se culpabilisent et sont perdus. En plus de les déculpabiliser et gérer les tensions familiales liées à cette situation, le psychologue leur explique comment informer les enfants en bas âge et apaiser ainsi leurs angoisses.

Assurez-vous ces soins à domicile?
Une équipe multidisciplinaire, capable de suivre à domicile les patients qui désirent vivre leurs derniers moments chez eux, sera créée en parallèle à l’unité. Cette équipe assurera conseil et appui aux dispensateurs de soins auprès des malades tels que les membres de la famille ou les soignants.
 

Propos recueillis par Nada Jureidini

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