Magazine Le Mensuel

Nº 3073 du vendredi 6 janvier 2017

Cinéma en Salles

Tarek-Gabriel Sikias raconte nuts. La femme dans un monde d’hommes

Premier film libanais à sortir en salle en 2017, Nuts, avec Darine Hamzé, raconte une histoire de femmes éprises de liberté. Le producteur, Tarek-Gabriel Sikias, nous en parle.

Nuts, comme des fous, comme la combinaison maximale au poker, comme avoir des c… Le film dévoile progressivement son histoire: une histoire de femmes. Celles de Lana et Jenny; l’une s’exprime le mieux autour d’une table de jeu; l’autre est faite pour l’amour. Deux amies effrénées de désir, de libertés et d’envie. Mais qui vivent au Liban, là où la femme n’a pas voix au chapitre. Pourtant, rien n’arrête les êtres insoumis en quête de liberté.
Voilà en quelques mots l’intrigue première du prochain film libanais à sortir en salle. Nuts, produit par Tarek-Gabriel Sikias, fondateur de la maison de production Laser Films (www.laserfilms.com), écrit par Tania Sikias et réalisé par Henri Barges. Un véritable travail de composition à trois. Tarek Sikias explique à Magazine qu’il y a une vingtaine d’années, en poursuivant ses études à New York, il réalise un court métrage autour d’une femme mariée qui quitte son mari la nuit, à New York, pour aller jouer au poker, jusqu’à s’endetter et devoir jouer à la roulette russe pour y échapper ou en finir. L’idée est là et l’envie de la développer le reprend il y a trois ans. Il se lance alors dans un processus contraire à celui qui est d’usage au Liban, où le réalisateur, également scénariste, recherche un producteur. Ici, c’est le producteur qui part en quête. Pour le scénario, il pense à sa sœur Tania, diplômée de l’Iesav et vivant à Paris, au cœur de l’écriture. Pour la réalisation, pas d’hésitation; ce sera Henri Barges, avec qui il a collaboré à plusieurs reprises, dans le cadre de Laser Films, pour la production de publicités. Au cours de rencontres, à Paris ou virtuelles, chacun donne sa vision et contribue à l’élaboration du scénario.

Saveur libanaise
Même avec un réalisateur français, le film reste libanais, puisqu’«il est écrit par un Libanais, ajoute M. Sikias. L’étranger lui donne une valeur ajoutée. Son œil perçoit peut-être des choses que nous ne voyons plus, le chaos dans la rue ou les fils électriques tendus d’immeuble à immeuble. Il a ce petit plus que nous n’avons plus, mais cela n’enlève rien à la saveur libanaise du film».
L’intrigue initiale «a été transposée au Liban, avec les mentalités, l’environnement et le contexte social du pays, le qu’en dira-t-on, la recherche de la liberté dans une société anti-femme». Cela tonne d’autant plus fort que le sujet est de plus en plus d’actualité, que le développement d’une société, d’une région, se mesure souvent à la manière dont la femme est traitée. Nuts sera forcément lu par le prisme du combat d’une femme, quelle que soit la couleur de ce combat. L’intention y est depuis le départ. «C’est une histoire de femmes dans un monde d’hommes, dans une société masculine, machiste, au Liban et, surtout, dans la région. C’est un défi en soi, à travers le parcours de deux femmes et l’addiction. Une femme qui joue au poker, ce n’est pas courant; ça risque de provoquer des remous, de choquer. Ce qui est bien aussi». En tout cas, le film ne laissera pas indifférent.
Pourtant, il ne s’agit pas d’un film «prise de tête». Nuts «s’adresse à tous; c’est un film populaire, divertissant, direct, bien fait, réel et plein d’humour. Une comédie noire». S’il fallait délimiter le genre, à l’image de Thelma & Louise, du style Tarentino, les frères Coen, Guy Ritchie, et qui lorgne vers le mafieux. Un film porté par un casting qui vaut à lui seul le détour: Darine Hamzé, Gabriel Yammine, Hassan Mrad, Alexandra Kahwagi, Edmund Hedded, Tarek Tamim, Paul Matar, Badih Abou Chacra, Renée Dik, Nayla Moudabber, Issam Merheb et Abboudy Mallah.
Sortie le 19 janvier dans les salles libanaises.

En salle aussi
The birth of a nation
Drame de Nate Parker.

Resident Evil: The final chapter
Action de Paul W.S. Anderson.

The Great Wall
Action de Yimou Zhang.

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